Si c’est le calme plat sur le plan politique, le parti au pouvoir depuis la fin de l’apartheid, le Congrès national africain (ANC) dominant toutes les instances du pays sans contestation possible, c’est sur le plan social qu’il y a le plus à craindre.
Depuis la mise à bas de l’apartheid en 1994, l’Afrique du Sud a connu trois présidents, Mandela, Mbeki et aujourd’hui Jacob Zuma, si l’on excepte l’intermède de Kgalema Motlanthe lorsque Thabo Mbeki dut démissionner en 2009.
Mandela s’est attelé à la construction "politique" de la nouvelle Afrique du Sud ; Mbeki a pris la main pour rassurer le monde des affaires et les institutions financières internationales. Jacob Zuma a donc tout naturellement hérité de la cocotte-minute : 43 % des Sud-Africains vivent avec moins de deux dollars par jour et le taux de chômage est de 24 % de la population active d'après des chiffres officiels. Il serait en fait de près de 40 %. selon l'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE).
En février 2011, le président sud-africain a annoncé la création d'un fonds de 1,2 milliards de dollars pour combattre le chômage. Le gouvernement s'est engagé à créer 5 millions d'emplois et à ramener à 15 % le taux de chômage dans les dix prochaines années.
En août 2010, une longue grève dans les secteurs publics a cristallisé les mécontentements et tendu les relations entre l'ANC et ses alliés syndicalistes et communistes.
En février 2011, signe d’un profond malaise, trois personnes, dont deux enfants, ont été tuées dans de violentes manifestations qui ont éclaté dans des bidonvilles en protestation contre le chômage massif et des services publics déficients. Les manifestants s’en sont pris à des édifices publics, y compris des commissariats.
Enfin, autre très gros problème en vue pour Jacob Zuma : la réforme agraire. Les observateurs "avisés" qui se sont gaussé des couacs de la réforme entreprise par le président Robert Mugabe au Zimbabwe ne vont pas manquer d’apprécier celle qu’envisage de lancer Jacob Zuma.
Car dans ce pays, la réforme agraire, qui devait transférer d'ici 2014 30 % des terres détenues durant l'apartheid par des Blancs aux Noirs, est restée en grande partie lettre morte.
« La restitution des terres au peuple a toujours été une partie intégrale de la lutte pour la liberté », soulignait le président Zuma, lors d’un discours à l’occasion du 99e anniversaire du parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), en janvier 2011.
Avis de tempête garantis …
L'Afrique du Sud en deux ou trois mots
Apartheid
Ça veut dire "Vivre à part" en langue afrikaans, la langue des Boers, les fermiers Blancs sud-africains descendants des colons hollandais établis dès le XVIIe siècle dans la région du Cap.
Ce système ségrégationniste a été mis en place par le Parti national (fondé par Daniel Malan) dès 1948, après que ce parti eut remporté la majorité au Parlement de l'Union sud-africaine. Ce système politique fondé sur la séparation des races et de leurs droits va être progressivement "affiné" par toute une série de mesures prises jusqu'en 1959 :
- 1949 : interdiction des mariages mixtes (pour mieux différencier les origines ethniques). Cette loi sera renforcée plus tard par une autre, interdisant les rapports sexuels mixtes. Lire la suite
Mandela
Nelson Rolihlahla Mandela, très exactement. Né le 18 juillet 1918 dans l'ancien Bantoustan du Transkei à l'est de la province du Cap Oriental,
Son père, Gadla Henry Mphakanyiswa, était un chef des Thembu, un sous-groupe de l'ethnie Xhosa, la deuxième en importance, après les Zoulous.
Il obtient un diplôme en droit en 1942 à l'Université de Witwatersrand de Johannesburg et 1942 rejoint le Congrès national africain (ANC, parti à l'époque modéré de la bourgeoisie noire créé en 1912)
Il crée, avec Oliver Tambo qu'il avait rencontré à l'université de Fort Hare, le premier cabinet d'avocats noirs d'Afrique du Sud.
En mars 1944, avec Oliver Tambo et Walter Sisulu, homme d'affaires de Johannesburg, ils créent la Ligue de la jeunesse de l'ANC (Youth League), histoire de dynamiser le mouvement. L'apartheid n'est pas encore "officialisé". Il le sera en 1948, avec l'arrivée au pouvoir de Daniel Malan. Mais à la même époque, les "jeunes" de la Youth League, Mandela et Tambo en tête, s'emparent de la direction de l'ANC. La longue lutte peut commencer.
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Diamants
Le premier qui fut trouvé en 1866, par un enfant Boer, Erasmus Jacob, sur les bords de la rivière Orange avait une valeur de 21,75 carats. Ce diamant fut baptisé "Eureka". En 1869, on en trouve un autre, encore plus gros : 83,5 carats. Ensuite, c'est la ruée. Avec la création de toutes pièces de la ville de Kimberley. C'est enfin l'arrivée en 1870 de Cecil John Rodes, jeune Britannique asthmatique qui vient se soigner auprès de son frère, Herbert, déjà aux affaires comme fermier dans le Natal.
Cecil Rodes n'a que 17 ans quand il débarque en Afrique du Sud.
C'est son frère, Herbert, qui partira le premier tenter de faire fortune à Kimberley en 1871. Cecil le rejoint et commence ses affaires en fournissant matériel et boissons fraîches aux mineurs.
En 1871, deux frères, les De Beers, Johannes Nicholas et Diederik Arnoldus, revendent leur ferme située sur les sites de Kimberley à la Dunell Ebden & Co. Lire la suite
Liberté, avec un grand "L"
Les Sud-africains sont en avance sur l'Histoire, question évolution des moeurs, même si certains présidents pensent que l'Afrique n'est pas encore entrée dans l'Histoire.
Après avoir légalisé l'avortement en février 1997, inscrit ce droit noir sur blanc dans la nouvelle constitution adoptée en mai 1996, après avoir aboli la peine de mort en 1997, l'Afrique du Sud est devenue, le 14 novembre 2006, le premier pays africain à légaliser le mariage homosexuel. Une suite logique de la morale induite par la constitution qui interdit "toute discrimination sur des critères d'orientation sexuelle". Le "Civil Unions Act" a été adopté par 230 députés, 41 votant contre, et 3 s'abstenant. Petit bémol : les associations lesbiennes, gays, bisexuelles et transsexuelles, globalement satisfaites de cette loi, ont regretté que ceux qui célèbrent les mariages puissent refuser d'unir des personnes de même sexe.
Le jour du vote de la loi, l'évangéliste noir Kenneth Meshoe, leader de l'ACDP (Parti démocrate-chrétien africain), a déclaré : "C'est le jour le plus triste en douze ans d'existence de notre Parlement démocratique". Et mis en garde les Sud-africains contre la "colère de dieu". Le lendemain, au Burkina Faso, le journal l'Observateur Paalga se désespérait en titrant un article sur le sujet : "C'est ça leur progrès ?". R-J L.
Le parc Kruger
Le symbole de la faune et de la nature d'Afrique du Sud. Situé à 500 km de Johannesburg, au nord-est, à cheval sur les provinces de Mpumalanga et du Limpopo, c'est un des lieux les plus visités du pays, avec une capacité d'hébergement de 2 000 lits, son propre aéroport (le Kruger Mpumalanga International), 2000 Km de routes et pistes, pour découvrir sur 20 000 km2 des milliers d'éléphants (plus de 8 000), des rhinocéros blancs ou noirs, buffles, lions, léopards, guépards et autres girafes, gnous, impalas, antilopes ou des zèbres en quantité impressionnante.
Sans compter la flore, très riche, et les fresques rupestres de l'ethnie San (le peuple le plus ancien de la région) et des sites archéologiques.
Le parc tient son nom du président Paul Kruger, qui y fit créer une réserve animale en 1896 au bord de la rivière Sabi.
Le parc national Kruger n'a été ouvert au public qu'en 1927.
En 2003, les nouvelles instances dirigeantes de l'Autorité des parcs nationaux sud-africains ont voulu faire retirer les statues de Kruger visibles dans le parc, mais la communauté afrikaner (blanche) a réussi à faire surseoir cette décision.
C'est vrai que Paul Kruger, un Boer, qui a été président de la République du Transvaal de 1883 à 1902, n'est pas vraiment le symbole de la nouvelle Afrique du Sud.
Le parc pourrait être rebaptisé "Parc Nelson Mandela" dans quelques années.
L'Afrique du Sud regorge de parcs nationaux. R-J Lique
Population : 46,923 millions Superficie : 1 219 090 km2 Monnaie : Rand (1 euro = ± 10 Rand - mars 2011) Langues officielles : Anglais, afrikaans Langues provinciales : ndébélé, sotho, sesotho, swazi, tsonga, tswana, venda, xhosa, zoulou Principales villes : Johannesburg, Pretoria, Durban, Le Cap, Port-elizabeth
Capitale : Pretoria de juillet à décembre
Le Cap de janvier à juin Président : Jacob Zuma (6 mai 2009) Vice-présidente : Mme Phumzile Mlambo-Ngcuka Parti au pouvoir : ANC (African National Congress)
L'Afrique du Sud est une des destinations les plus courues d'Afrique. "Envie de soleil, d’un ciel bleu éclatant, d’étendus sauvages, d’océans, de richesse et diversité humaines, d’aventure? (...) Des paysages lunaires du Nord-Ouest à la Route des Jardins, des montagnes du Drakensberg aux plages de l’océan Indien, des vignobles du Cap aux «Big Five» de la savane, de la musique des townships aux habitations traditionnelles… l’été y est haut en couleur." C'est ce qu'annonce le site de l'Office du tourisme sud-africain et c'est vrai. Le pays a organisé avec succès la Coupe du monde de football en 2010, et ce fut un gage de de stabilité et d'infrastructures de haut niveau. Si les troubles politiques semblent appartenir au passé, il reste un sérieux problèmes avec la délinquance et la violence urbaine. C'est à vous de savoir où ne pas mettre les pieds. Elémentaire mon cher Watson. Pour cela, tous les guides et autres organisateurs de voyage vous indiquent aisément les quartiers voire les villes à risque.
Jo'bourg n'a pas bonne réputation. Evitez les townships en touristes goguenards. Quand on lit la page "Conseils aux voyageurs" du ministère français des Affaires étrangères, on pourrait croire que l'on se fait agresser à tous les coins de rue, alors que les récits de voyageurs sur de nombreux sites donnent une autre version des risques encourus.
Environ 7 000 Français résident en Afrique du Sud, et que l'on sache, ils s'y trouvent bien.