Afrique du Sud
Diamants
Le premier fut trouvé en 1866, par un enfant Boer, Erasmus Jacob, sur les bords de la rivière Orange : 21,75 carats. Ce diamant fut baptisé "Eureka". En 1869, on en trouve un autre, encore plus gros : 83,5 carats. Ensuite, c'est la ruée. Avec la création de toutes pièces de la ville de Kimberley. C'est enfin l'arrivée en 1870 de Cecil John Rodes, jeune Britannique asthmatique qui vient se soigner auprès de son frère, Herbert, déjà aux affaires comme fermier dans le Natal.
Cecil Rodes n'a que 17 ans quand il débarque en Afrique du Sud.
C'est son frère, Herbert, qui partira le premier tenter de faire fortune à Kimberley en 1871. Cecil le rejoint et commence ses affaires en fournissant matériel et boissons fraîches aux mineurs.
En 1871, deux frères, les De Beers, Johannes Nicholas et Diederik Arnoldus, revendent leur ferme située sur les sites de Kimberley à la Dunell Ebden & Co.
En 1873, Rhodes achète une concession sur le territoire de l'ancienne ferme des De Beers.
En 1876, alors qu'il s'est déjà emparé de plusieurs autres concessions, il retourne en Angleterre pour terminer ses études puis revient en Afrique du Sud en 1880. Cette fois il n'est pas venu en dilettante.
Dès avril de cette même année, avec son ami Charles Dunell Rudd, ils unissent leurs sociétés pour fonder la fameuse De Beers Mining.
En 1885, il a acheté quasiment toutes les mines de Kimberley, mais pas toutes. En 1887, il reste encore trois groupes sur le terrain : la De Beers Mining Co, compagnie de Rhodes, la Kimberley Central Mining Co de Barney Barnato, un poids lourd du secteur et la Compagnie française des mines de diamants du cap de Bonne Espérance.
A coups d'associations et de gros chèques Cecil Rhodes rachète tout et Barney Barnato jette l'éponge en empochant néanmoins le 18 juillet 1889 un agréable chèque de 5 338 650 livres, signé de la main de Cecil Rhodes.
Dès lors, la De Beers Consolidated Mines Ltd a quasiment le monopole du diamant en Afrique du Sud en contrôlant 90 % de la production des diamants bruts de l'époque.
Quant à Cecil Rhodes, à partir de 1889, il poursuivit une carrière d'homme politique et d'homme d'affaires qui l'a amené à être Premier ministre de la province du Cap en 1980, puis à étendre l'empire britannique sur les territoires de l'actuelle Zambie et du Zimbabwe, anciennement Rhodésie, baptisée ainsi en l'honneur du sieur Rhodes.
Il est mort près du Cap le 26 mars 1902, mais a été enterré dans les monts Matopos au Zimbabwe.
Le diamant brut le plus gros du monde, baptisé Cullinan, 3 106 carats (10 x 6 x 5 cm, plus de 621,2 grammes), a été découvert en Afrique du Sud en 1905. On l'a appelé ainsi parce que la mine où il a été trouvé appartenait à un certain Thomas Cullinan. Ce petit bijou, acheté par le gouvernement du Transvaal, a été offert au roi Edouard VII d'Angleterre pour son anniversaire le 9 novembre 1907, une bonne manière pour les Boers de sceller définitivement la paix avec l'empire britannique.
Edward VII a ensuite demandé à la Asscher's Diamond Co. d'Amsterdam de le tailler pour en faire neuf diamants qui ont été nommés Cullinan I, Cullinan II, Cullinan III jusqu'à Cullinan IX.
Aujourd'hui, l'Afrique du sud est au cinquième rang des pays producteurs de diamants, avec 8,8 % de la production mondiale
De Beers, qui aujourd'hui contrôle 40 % du marché du diamant brut dans le monde, est détenu à 45 % par le groupe minier Anglo American, la famille sud-africaine Oppenheimer en possède 40 % et l'Etat botswanais les 15 % restants.
Selon le Syndicat national des mineurs (Num) le salaire minimum mensuel d'un mineur en Afrique du Sud est de 3.300 rands (460 USD).
En 2005, De Beers Consolidated Mines (DBCM), qui rassemble les opérations sud-africaines du groupe, a vendu 26 % du capital de ses activités sud-africaines à la société Ponahalo, un groupe d'actionnaires noirs, pour un montant d'environ 3,8 milliards de rands (478 millions d'euros).
Mais la De Beers, ça ne rigole pas toujours : au Botswana, la compagnie a licencié 461 mineurs qui s'étaient mis en grève en 2004.
Plusieurs mannequins célèbres, comme la Britannique Lily Cole, ou encore Iman, ont cessé d'être les "ambassadrices" de la De Beers, accusée par l'ONG Survival, d'avoir fait expulser des Bushmen de la Réserve du Kalahari, toujours au Botswana, pour permettre l'exploitation de diamants. R-J Lique
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