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Afrique du Sud
Jacob Gedleyihlekisa Zuma

Le président sud-africain, qui a été élu le 6 mai 2009 par l’Assemblée nationale, Jacob Gedleyihlekisa Zuma, est né le 12 avril 1942, à Inkandla, dans la province du Kazulu-Natal

Son père, un policier, est mort à la fin de la seconde guerre mondiale, il n’avait alors que 3 ans. Sa mère était domestique à Durban. Pas d’étude. « Les circonstances ne m'ont pas permis d'aller à l'école, j'ai décidé de me construire moi-même », raconta-t-il lui-même, précisant que c’est un de ses cousins qui lui a appris à lire et écrire. Il rejoint l’ANC en 1959, il a alors 17 ans, et entre dans l’Umkhonto We Sizwe, la branche armée, en 1962, après que l’ANC fut interdite en 1960.
Il est arrêté en 1963 dans la province du Transvaal, l’actuelle province du Nord-Ouest, en compagnie de 45 camarades. Il est condamné à dix ans de prison pour conspiration contre le gouvernement. Après sa libération de la fameuse prison de Robben Island en 1973, il participe à la réorganisation des structures clandestines de l’ANC dans la province du Natal, l’actuel KwaZulu-Natal.
Il quitte l’Afrique du Sud en 1975 et restera à l’étranger pendant douze années. D’abord au Botswana, puis au Mozambique fraîchement libéré du joug colonial portugais. Sa principale tache : accueillir les milliers de jeunes sud-africains noirs qui ont fui après le soulèvement et la répression de Soweto en 1976.
Il devient membre du comité exécutif de l’ANC en 1977 puis représentant de l’ANC au Mozambique. Après les accords de Nkomati signés le 16 mars 1984 entre Mozambique et le gouvernement sud-africain, il devient représentant officiel de l’ANC dans ce pays. Il est obligé de quitter le Mozambique en janvier 1987 après les pressions du gouvernement sud-africain dirigé par Pieter Botha sur les autorités de Maputo.
Il passe alors en Zambie où il devient le représentant officiel de l’ANC à Lusaka, et de là, il prend la tête des structures clandestines du mouvement ainsi que des services de renseignements.
Une fois levée l’interdiction de l’ANC en 1990, il rentre au pays et participe activement aux négociations politiques conduites par le président blanc Frederick de Klerk, supervisant le retour des leaders exilés, la libération des prisonniers et le calendrier des mesures de fin de l'apartheid.

En 1990, il est élu président de l’ANC pour la région du Natal Sud, et à ce titre négociera l’accord de paix conclu entre l’ANC et le parti zulu de Buthelzi, l’Inkatha Freedom Party (IFP). Les violences entre les partisans de l’ANC et de l’IFP avaient fait plus de 12.000 morts dans les années 80-95.
En 1991, à la première conférence nationale de l’ANC légalisée depuis le 2 février 1990, il est élu secrétaire général adjoint.
Aux élections de 1994, il échoue à conquérir le poste de Premier ministre de la province du KwaZulu-Natal, poste qui échouera au parti Inkhata.
Il est alors nommé représentant économique du gouvernement dans cette province
En décembre 1994, il est élu "président national" de l'ANC, un poste peu politique et reste président de l’ANC pour sa province du KwaZulu-Natal. Il est réélu à ce poste en 1996.
A l’issue du Congrès de l’ANC qui s’est tenu à Mafikeng en décembre 1997, il est élu vice-président du parti, Thabo Mbeki étant élu président du parti en remplacement de Nelson Mandela.
Après les élections générales de juin 1999, il accède au poste de vice-président du pays.
Nouvelles élections générales en juin 2004, nouvelle large victoire de l’ANC et le même duo accède à la tête de l’Etat : Mbeki président, Zuma vice-président.

Mais l’affaire de corruption qui entache un contrat de vente d’armes par la société française Thalès est déjà dans l’air depuis février 2003 quand une unité d'enquête d'élite de la police, les Scorpions, délivra un mandat d'arrêt à l’encontre d’Alain Thétard, ancien représentant du groupe Thomson CSF en Afrique du Sud. Le groupe Thomson CSF a été rebaptisé depuis Thales. L’enquête était liée aux contrats publics d'armement passés en 2000 par le gouvernement sud-africain.
La presse sud-africaine avait révélé en novembre 2002 que la police enquêtait sur des documents qui pourraient lier, via un intermédiaire, Jacob Zuma à des pots-de-vin d’un montant de 500.000 rands (60.000 dollars) sollicités par Thomson-CSF.
Selon l'hebdomadaire Mail and Guardian, Zuma aurait tenté de négocier ces 500.000 rands en échange d'une "protection" de Thales.
Dans un premier temps, seul l'homme d'affaires Schabir Shaik, dont la famille s’était illustrée dans la lutte de libération contre l'apartheid, sera poursuivi en octobre 2004 pour corruption et fraude, en tant qu’ancien conseiller financier de Jacob Zuma.
Dès l’ouverture du procès de Schabir Shaik, la justice sud-africaine abandonna les charges pesant sur le groupe français Thales via sa filiale locale « Thint Pty Ltd », en vertu d’un accord passé avec l'accusation aux termes duquel un ex-dirigeant de Thomson CSF en Afrique du Sud a reconnu avoir rédigé un document considéré comme central par l'accusation.
Cet accord, qui aurait été scellé au début de l'année 2000, prévoyait, selon l'accusation, un versement annuel de 500.000 rands (62.500 euros) de la part du groupe français au vice-président sud-africain, en contrepartie de son soutien. Dans un "fax codé", Alain Thétard, ex-dirigeant de la filiale sud-africaine de Thales, évoquait un "effort" demandé au groupe français en échange de la "protection" du vice-président sud-africain sur des "enquêtes en cours" et de son "soutien permanent" pour des "projets futurs".
Alain Thétard avait reconnu avoir rédigé la version manuscrite de ce fax, mais assura par la suite qu'il s'agissait d'un simple "brouillon" sur lequel il avait couché des idées en désordre.
Après sept mois de procès, le 2 juin 2005, Shabir Shaik a été jugé coupable de corruption et de fraude fiscale par la Haute Cour de Durban et condamné à 15 ans de prison pour avoir versé 1,3 million de rands (160.000 euros) à Zuma entre 1995 et 2001.
Dès Schabir Shaik condamné, Jacob Zuma est démis de son poste de vice-président le 14 juin 2005 par le président Thabo Mbeki.

Une affaire pouvant toujours en cacher une autre, en décembre 2005, Zuma est inculpé pour le viol d’une jeune femme séropositive par un tribunal de Johannesburg. Il ne sera acquitté qu’en mai 2006, non sans voir provoqué un certain émoi en ayant reconnu avoir eu des relations sexuelles non protégées avec la jeune femme tout en la sachant séropositive et en ayant déclaré que pour seule protection, il avait pris une douche après leurs ébats.
Commence alors la lutte pour la conquête du pouvoir, une lutte qui passait inexorablement par l’éviction de Thabo Mbeki. Ce sera chose faite lors du congrès de l’ANC en décembre 2007.
Fort du soutien du puissant syndicat, la COSATU, Zuma est élu président de l’ANC en recueillant le vote de près des trois quarts des 3 900 délégués face à Thabo Mbeki. 
Dix jours plus tard, Jacob Zuma est à nouveau inculpé dans le dossier de l’affaire Thales mais le 12 septembre 2008, un juge prononce un non-lieu en sa faveur pour vice de forme, invoquant des ingérences politiques.
La vengeance étant un plat qui se mange froid ou chaud, dès les charges contre Zuma disparues, le comité directeur de l’ANC qu’il contrôle retire sa confiance à Thabo Mbeki, soupçonné d'avoir instrumentalisé la justice pour barrer la route de la présidence à Jacob Zuma. Le 21 septembre, après ce désaveu, Thabo Mbeki démissionne de la présidence et est remplacé à la tête de l’Etat par le vice-président de l’ANC, Kgalema Motlanthe
Ce ne sera que le 7 avril 2009, quelques jours avant les élections générales, que le président du tribunal de Durban annulera définitivement les 16 chefs d'accusation qui pesaient encore sur Zuma, un Jacob Zuma qui sortait ainsi de huit ans de procédure judiciaire et qui déclara alors : « Ma conscience est claire, je n'ai commis aucun crime contre le peuple d'Afrique du Sud. »
Sans se prononcer sur le fond de l’affaire, le tribunal de Durban avait estimé que "les abus de pouvoir" commis notamment par l'ancien directeur des services d'enquête rendaient la procédure invalide.
Mandela s’est attelé à la construction « politique » de la nouvelle Afrique du Sud ; Mbeki a pris la main pour rassurer le monde des affaires et les institutions financières internationales. A Zuma de calmer la cocotte-minute : 43% des Sud-Africains vivent toujours avec moins de deux dollars par jour et le taux de chômage frôle les 40 %.
R-J Lique

 
 
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