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Algérie
Les grandes dates qui ont marqué l'Algérie depuis son indépendance
Des Accords d'Evian (18 mars 1962) à 2008

2e partie : 1989-1998

Année 1989 : instauration du multipartisme, naissance du Front Islamique du Salut

23 février : la nouvelle constitution mettant fin à l'hégémonie du FLN et qui instaure le multipartisme est approuvée par référendum
10 mars 1989 : création du Front Islamique du Salut (FIS), dirigé par Abassi Madani.
Nuit du 22 au 23 juin : l'affaire de Ouargla.
La maison de Saléha Dekkiche, une femme divorcée, est brûlée à Ouargla et son fils de quatre ans périt dans l'incendie. Les coupables ? Une douzaine d'hommes qui ont monté une expédition punitive contre cette femme accusée d'être une prostituée. L'affaire sera mise en lumière bien plus tard et mise en exergue comme les prémices des méthodes du FIS. En fait, les coupables avaient été "excités" par le mari éconduit de Saléha Dekkiche, mais elle en dit long sur les mœurs en vigueur et les droits des femmes.
23 novembre : des associations de femmes organisent des rassemblements à Alger, Oran et Annaba, pour protester contre "l'escalade de la violence, et de l'intolérance à l'égard des femmes".
16 septembre 1989 : légalisation du FIS par les autorités.

Année 1990 : premier succès électoral du FIS

12 juin : élections locales. Le FIS remporte la majorité et rafle 853 communes sur 1541.
27 septembre : retour de Ben Bella en Algérie.

Année 1991 : le FIS au bord du pouvoir

25 mai : le FIS par la voix de son "syndicat", le SIT (Syndicat Islamique du Travail) appelle à une grève illimitée sur des objectifs politiques : instauration d'une République Islamique.
12 et 13 mars :  l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA), centrale syndicale, dépendante du FLN,  tente de réorienter le mouvement sur des revendications purement sociales et appelle à une grève générale de deux jours.
1er avril :  l'Assemblée Populaire Nationale adopte une nouvelle loi électorale qui institue un scrutin majoritaire uninominal à deux tours.
4 avril : le président Chadli annonce que des élections législatives anticipées auront lieu le 29 juin et le 18 juillet.
26 mai :  environ 20 000 partisans du FIS dans les rues d’Alger
27 mai : cent mille partisans du FIS dans les rues d’Alger.
Les slogans ? "A bas la démocratie ! " "Un Etat islamique sans vote" "Ni charte, ni constitution, parole de Dieu, parole du prophète". "Nous voulons des comptes et non des élections !" "La grève politique est le commencement de l’Etat islamique". "L'armée et le peuple sont avec l'Islam. »
5 juin : proclamation de l'état de siège à la suite d'affrontements entre forces de l'ordre et manifestants du FIS.
30 juin : arrestation d'Abassi Madani et d'Ali Belhadj, le numéro deux du FIS.
26 décembre : 1er tour des premières législatives pluralistes. Le FIS frôle la majorité absolue des sièges dès le premier tour avec 47,5% des voix. Le second tour est annulé.
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Année 1992 : assassinat du président Mohamed Boudiaf, dissolution du FIS

11 janvier : le président Chadli Bendjedid est contraint à démissionner cinq jours avant le second tour des législatives.
12 janvier : les autorités suspendent le processus électoral.
16 janvier : création d'un Haut Comité d'Etat (HCE) sous la présidence de Mohamed Boudiaf, alors âgé de 73 ans, rappelé de son exil du Maroc. Sa nomination à la tête de l'Etat suscite de l'espoir dans l'opinion. Lors de sa première apparition à la télévision, il annonce qu'il parlera «en arabe algérien» pour que tous puissent le comprendre.
9 février :  l'état d'urgence est proclamé, après de violents affrontements entre forces de l'ordre et islamistes. C'est le début des attentats et tueries.
4 mars : le FIS est officiellement dissous par la chambre d’administration du tribunal d’Alger.
29 juin : assassinat du président Boudiaf, au Palais de la Culture et des Arts d’Annaba, en pleine conférence officielle, par un sous-lieutenant du groupe d'intervention spécial (GIS), Lambarek Boumaarafi. Son assassinant a eu lieu en direct à la télévision.
Quinze ans après sa mort, les commanditaires de ce meurtre ne sont toujours pas connus. Bien peu croient à l'acte isolé d'un militaire sympathisant des islamistes.
2 juillet : Ali Kafi préside le HCE. Il était secrétaire général de l'Organisation nationale des moudjahidines (anciens combattants) depuis 1990 et membre du Haut Comité d'Etat depuis sa création.
15 juillet : procès des dirigeants du FIS, condamnés à 12 ans de prison
26 août : premier attentat d'envergure à Alger, dans l’aéroport Houari Boumediène : 9 morts et 128 blessés. Les autorités répliquent sans tarder, et font exécuter sept islamistes  reconnus coupables de l'attentat d'Alger.
30 septembre : création des cours spéciales antiterroristes

Année 1994 : Liamine Zéroual, nouveau chef d'Etat

25 janvier 1994 : début d'une "Conférence nationale de consensus", boycottée par les principales formations politiques. Bouteflika refuse la présidence de l'Etat.
30 janvier : le général en retraite Liamine Zéroual, ministre de la Défense, devient chef de l'Etat, désigné par l'armée (le Haut Conseil de Sécurité - HCS), lors de cette "Conférence nationale de consensus". Liamine Zéroual était candidat unique au poste de "président de l'État", Bouteflika ayant décliné l'offre.
18 mai : mise en place du Conseil national de transition (CNT).
31 octobre : Liamine Zeroual annonce l’échec du « dialogue » avec les partis d’opposition et annonce des élections » présidentielles pour l'année suivante.

Année 1995 : première élection présidentielle pluraliste depuis l'indépendance

13 janvier : réunis à Rome en Italie sous l'égide de la communauté catholique de Sant 'Egidio, des partis politiques algériens dont le FIS, le FFS et le FLN (au pouvoir), ainsi que la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme signent un Contrat National de sortie de crise et demandent dans leur déclaration la création d'une commission d'enquête sur les violences.
"Aujourd'hui le peuple algérien vit un climat de terreur jamais égalé, aggravé par des conditions sociales et économiques intolérables. Dans cette guerre sans images : séquestrations, disparitions, assassinats, torture systématisée, mutilations et représailles sont devenus le lot quotidien des Algériennes et des Algériens. Les conséquences des événements de juin 1991 et du coup d'Etat du 11 janvier 1992, l'interruption du processus électoral, la fermeture du champ politique, la dissolution du FIS, l'instauration de l'état d'urgence et les mesures répressives et les réactions qu'elles ont suscitées, ont engendré une logique d'affrontement.", écrivent-ils en préambule de leur déclaration qui restera lettre morte.
25 février : promulgation par Liamine Zéroual de la loi sur la "Rahma" (la clémence) pour "les actes de subversion et de terrorisme."
11 juillet : cheikh Abdelbaki Sahraoui, co-fondateur du FIS (Front Islamique du salut, dissous) est assassiné à Paris.
16 novembre 1995 : élection présidentielle
Après plus de trois ans de terribles violences, le premier scrutin présidentiel pluraliste a lieu. Pour la première fois depuis l'indépendance, les 14 millions d'Algériens appelés aux urnes ont le choix entre plusieurs candidats qui sont :

- Liamine Zéroual, chef de l’Etat "désigné" depuis janvier 1994
- Cheikh Mahfoud Nahnah, candidat islamiste, chef du Mouvement de la Société pour la paix (MSP, ex-Hamas), qui prône un islam "tolérant et moderne"
- Saïd Sadi, leader du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD, surtout implanté en Kabylie)
- Noureddine Boukrouh, du Parti du Renouveau Algérien (PRA considéré comme "l'outsider").

Liamine Zéroual est élu dès le premier tour, avec 61,34% des suffrages exprimés, au terme d'un scrutin marqué par un taux de participation record (75,69%), en dépit de l'appel au boycott de sept partis d'opposition alliés au FIS et des menaces des groupes islamistes armés. Cheikh Mahfoud Nahnah, arrive en deuxième position, avec tout de même 25% des suffrages.

Année 1996 : nouvelle constitution

27 mars : sept religieux français, enlevés par le GIA, sont retrouvés décapités le 30 mai au sud d'Alger.
28 novembre : nouvelle constitution adoptée par référendum (84,60% de oui) renforçant les pouvoirs du président et interdisant les partis religieux. (Art. 42. Le droit de créer des partis politiques est reconnu et garanti (…) Dans le respect des dispositions de la présente Constitution, les partis politiques ne peuvent être fondés sur une base religieuse, linguistique, raciale, de sexe, corporatiste ou régionale.). Elle consacre aussi l'Islam comme religion d'Etat.

Année 1997 : apparition du Mouvement algérien des officiers libres (MAOL), basé à Londres

Année 1998  : assassiant de Lounes Matoub

25 juin : Lounes Matoub, chanteur berbère, est assassiné au sommet d'une montagne surplombant Tizi Ouzou de plusieurs balles.
11 septembre : Liamine Zeroual annonce sa volonté de démissionner et la tenue d’une élection présidentielle anticipée pour l'année suivante. La lutte des clans au sein du pouvoir éclate au grand jour. Il aurait démissionné sous la pression des généraux, notamment à cause de sa politique de "dialogue" tenté avec les islamistes.

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