| Année 2001
Afrique-Express N° 227 du 18/04/2001
Lancement du "Mouvement élargi des citoyens"
Le "Mouvement élargi de citoyens", destiné à défendre les droits des Angolais à la vie, a été lancé le 4 avril par les leaders d'associations civiques, professionnelles et hommes politiques dont l'ex-conseiller du chef rebelle Jonas Savimbi, M. Abel Chivukuvuku.
Le mouvement est dirigé par un collège composé notamment du secrétaire du Syndicat des enseignants Miguel Filho, du gouverneur de la filiale angolaise de l'Institut des médias d'Afrique Australe (MISA) William Tonet et d'un leader du Mouvement de Femmes pour la Paix, Mme Cesinanda Xavier.
Lors d'une cérémonie, M. Tonet a estimé que "les Angolais n'avaient jusqu'à présent que des devoirs et qu'ils n'avaient jamais exercé pleinement leurs droits, même le droit élémentaire à la vie". "Nous constatons en Angola l'absence d'un droit des citoyens à la vie. La majorité des Angolais sont victimes d'une exclusion économique et sont privés de conditions minimum de survie. L'exclusion sociale, culturelle et politique domine la vie des Angolais. C'est pourquoi nous exigeons la paix, le dialogue et la réconciliation nationale", selon le texte de la proclamation du mouvement.
Les participants critiquent dans ce texte "certains pays membres de la communauté internationale qui, au lieu d'aider, se limitent à fixer leurs priorités pour leurs intérêts géostratégiques et économiques en Angola". Ils reprochent aussi aux rebelles "leur logique militaire qui est incapable d'apporter des changements sociaux et politiques". Les signataires lancent un appel aux militaires et aux milices des belligérants "à respecter la vie des Angolais, la loi, la Constitution et la démocratie"
Selon M. Tonet, le Mouvement élargi de citoyens a aussi pour but de forcer "l'ouverture démocratique du système politique".
Depuis la reprise à grande échelle des opérations militaires en 1998, la société civile angolaise est intervenue à plusieurs reprises pour tenter de convaincre le gouvernement et l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA-rébellion) à reprendre le dialogue.
Afrique-Express N° 233 du 20/08/2001
Trois conditions pour la tenue d'élections en 2002
Le Conseil de la république angolaise, organe consultatif présidé par le chef de l'Etat, a fixé trois conditions à la tenue d'élections législatives et présidentielle en 2002, dont la rédaction d'une nouvelle Constitution.
Les deux autres conditions sont une stabilisation de la situation permettant la libre circulation des biens et des personnes - notamment le retour dans leurs régions d'origine des personnes déplacées par la guerre - et l'adoption d'une nouvelle loi électorale.
Le Conseil de la république angolaise regroupe les dirigeants des douze partis d'opposition représentés au Parlement et des délégués d'organisations de la société civile et des différentes églises du pays.
Contrairement au président Eduardo Dos Santos qui avait affirmé en avril que les élections n'auraient lieu qu'une fois la guerre civile terminée, le Conseil n'a pas clairement conditionné la tenue du scrutin à l'arrêt des combats entre les forces gouvernementales et les rebelles de l'Union nationale pour l'Indépendance totale de l'Angola (UNITA).
Le Conseil devrait se réunir à nouveau avant la fin de l'année pour faire une "nouvelle évaluation" de la situation et déterminer si les élections peuvent avoir lieu en 2002.
Afrique-Express N° 233 du 20/08/2001
L'UNITA fait sauter un train: 252 morts et 165 blessés
Un attentat du mouvement rebelle UNITA de Jonas Savimbi contre un train en Angola dans la province de Cuanza Nord a fait 252 morts et 165 blessés, selon un bilan provisoire des autorités angolaises.
Ce bilan a été transmis dans une lettre par l'ambassadeur d'Angola auprès des Nations unies Ismael Martins au secrétaire général de l'ONU Kofi Annan.
Dans cette lettre, M. Martins écrit que le train a été "traîtreusement attaqué" par les forces de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA) "Les forces à la solde de Jonas Savimbi, après avoir immobilisé la locomotive avec des mines placées sur les traverses, ont tiré sans discrimination sur ses occupants qui tentaient de fuir dans une atmosphère de panique", écrit l'ambassadeur.
"Cet acte barbare a provoqué jusqu'à présent la mort de 252 personnes", indique la lettre, qui ajoute que 165 blessés sont soignés dans divers hôpitaux angolais.
"Il s'agit d'une action dépourvue de tout objectif militaire qui visait purement et simplement à semer davantage la mort, la souffrance et la destruction parmi le peuple", poursuit la lettre. Le gouvernement angolais a décrété deux jours de deuil national à la mémoire des victimes de l'attentat qui est l'un des plus meurtriers de ces dernières années dans le monde.
Selon la télévision, les maquisards avaient placé une chaîne de mines télécommandées sur le chemin de fer.
Selon un lieutenant de l'armée régulière angolaise, présent lors de l'attaque, des rebelles ont tiré des missiles contre le train alors que des mines explosaient.
Les attaquants ont par ailleurs utilisé des armes légères pour tirer contre les passagers qui abandonnaient le train.
Les victimes ont été enterrées dans une fosse commune ouverte à proximité du lieu de l'attentat.
Dans son communiqué revendiquant l'attentat, l'UNITA avait affirmé que 25 militaires angolais et 11 agents de police qui assuraient l'escorte du convoi avaient été tués.
De son côté, l'armée gouvernementale a démenti dans un communiqué la présence d'une escorte de troupes à bord du train.
Elle a aussi démenti que le train transportait du carburant, des munitions diverses, des équipements et des denrées alimentaires destinés à la caserne de Cambambe, comme l'avait affirmé l'UNITA.
Une association civique angolaise, le Mouvement des citoyens (indépendant), a affirmé mercredi qu'"aucune trace d'équipements militaires n'a été vue sur le lieu" de l'attentat. Elle y avait dépêché un groupe d'activistes immédiatement après l'attaque. L'attentat a été condamné par le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan. La France a également condamné l'acte des rebelles angolais.

Afrique-Express N° 234 du 03/09/2001
Grave détérioration de la situation humanitaire
Voici une histoire sans importance, noyée dans le flot des dépêches, mais qui dénote des conditions de vie en Angola.
Fin août, le directeur de l'établissement pénitencier de Cubal, dans la province de Benguela (centre de l'Angola), a poussé un cri d'alarme affirmant que les détenus qu'il a en charge risquaient de mourir de faim d'ici peu s'ils ne recevaient pas de toute urgence une aide humanitaire. Depuis le mois d'avril, cet établissement pénitencier ne recevait plus aucune aide, ni alimentaire, ni sanitaire. Epuisés, les détenus en sont arrivés à ne même plus pouvoir cultiver le potager qui les faisaient survivre
L'intensification des combats entre les forces armées et les rebelles en Angola a entraîné une grave détérioration de la situation humanitaire qui, sauf improbable accord de paix, continuera à s'aggraver, selon des responsables des Nations unies à Luanda.
Le Bureau de coordination des activités humanitaires de l'ONU (OCHA) en Angola estime à 272.000 le nombre de personnes qui, depuis le début de l'année, ont été contraintes de se déplacer à l'intérieur du pays pour fuir les violences liées à la guerre entre les Forces armées angolaises (FAA) et les rebelles de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA).
Au total, l'OCHA évalue à 3,1 millions le nombre de personnes déplacées dans tout le pays depuis la reprise des hostilités entre forces de sécurité et rebelles en janvier 1998. Ce sont dans les provinces centrales de Bié et Cuanza Sul, ainsi que dans celle de Huila (sud) et de Malanje (nord) que les concentrations de personnes déplacées sont les plus fortes.
En dépit des affirmations du gouvernement qui dit contrôler la quasi-totalité du pays, les organisations humanitaires internationales n'ont accès qu'à environ 10% à 15% du territoire angolais et les chiffres d'OCHA pourraient ne refléter que partiellement la gravité de la situation.
Dans son dernier rapport, l'OCHA note que "contrairement à nos attentes, l'accès aux populations à risques, particulièrement dans de nouvelles zones, n'a pas augmenté lors des six premiers mois de l'année". "On estime à 500.000 le nombre de personnes inaccessibles ayant besoin d'assistance", ajoute-t-il.
Les personnes déplacées par la guerre ne peuvent recevoir l'aide des organisations humanitaires que lorsqu'elles arrivent à atteindre les grandes villes, souvent difficile d'accès en raison de la mise en place par l'armée de "périmètres de sécurité" autour de ces agglomérations.
L'insécurité, le mauvais état des aéroports et des routes, les ponts détruits et le manque de carburants dans plusieurs régions expliquent pourquoi, dans la majeure partie du territoire, les organisations internationales ne peuvent porter assistance à ces populations qui errent par milliers dans les coins les plus reculés du pays.
A ces difficultés viennent s'ajouter les menaces de plus en plus précises dont sont victimes les personnels de ces organisations. "Elles viennent de partout, armée, UNITA, bandes criminelles, soldats désoeuvrés", note une fonctionnaire du Programme alimentaire mondial (PAM), responsable de la distribution de nourriture aux déplacés.
En juin, deux avions du PAM très clairement identifiables ont été touchés par des tirs d'origine indéterminée: la première attaque s'est produite le 8 juin au dessus de Luena, dans la province de Moxico (sud), la seconde 7 jours plus tard au dessus de Kuito, dans la province de Bié.
Conséquence, le PAM a interrompu ses vols pendant plusieurs semaines et de nombreuses Organisations non gouvernementales (ONG) et agences de l'ONU ont préféré rapatrier temporairement sur Luanda plusieurs dizaines de leurs collaborateurs.
Très pessimiste, un responsable d'OCHA affirme sous le couvert de l'anonymat qu'en raison de la stratégie adoptée actuellement par l'UNITA et les forces gouvernementales qui se combattent de plus en plus durement dans tout le pays, la situation allait "empirer" dans les mois à venir.
"C'est pire que tout ce que nous avons vu jusqu'à maintenant", assure ce responsable en estimant qu'il n'existe pour l'instant "aucun espace politique" pour un dialogue entre ces deux forces, en guerre presque permanente depuis 26 ans.
Afrique-Express N° 234 du 03/09/2001
Offensive diplomatique de l'UNITA qui propose son plan de paix
Au moment où le président Dos Santos annonçait son éventuel départ du pouvoir, l'UNITA a lancé une nouvelle offensive, cette fois pacifique, en présentant le 24 août des "propositions pour la paix" au gouvernement de Luanda et à la communauté internationale, demandant notamment la levée des sanctions.
Selon l'entourage du chef de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola, Jonas Savimbi,
Ces propositions ont été également "transmises fin juillet" au département d'Etat américain et aux Nations unies, et, récemment, à plusieurs pays européens, dont la France.
L'UNITA propose notamment dans ce texte le "principe d'un gouvernement de transition élargi et représentatif".
Pour ce faire, elle demande que les "deux parties se reconnaissent comme belligérants et s'accordent sur un principe de dialogue". La rébellion exige aussi la levée "sans condition" par Luanda et la communauté internationale des sanctions qui pèsent contre elle. Le 19 juillet, le chef d'une mission des Nations unies présente en Angola, Juan Larrai, avait déclaré à Luanda que l'ONU n'envisageait pas de lever les sanctions décrétées à l'encontre de l' UNITA.
Parmi les autres propositions de l'UNITA adressées au gouvernement des Etats-Unis et aux Nations unies, la création d'un "gouvernement de transition représentatif et élargi" et d'un "Conseil suprême de la paix".
Cet organisme serait formé par les deux parties belligérantes (MPLA-au pouvoir, et UNITA-rébellion) ainsi que par Holden Roberto, chef du troisième parti historique angolais: le Front national de libération de l'Angola (FNLA).
Dans ce documents, les responsables de l'UNITA ont aussi justifié le dernier attentat de leur mouvement, qui a coûté la vie à plus de 250 passagers d'un train, en déclarant qu'il s'inscrit dans une "suite d'événements de guerre" et "n'est pas incompatible avec des propositions de paix". Ils ont cependant réaffirmé que ce train était un convoi militaire et que les soldats étaient les plus nombreux parmi les victimes, contrairement aux affirmations de Luanda.
Un plan qui a peu de chance de convaincre le gouvernement de Luanda
Manifestement l'UNITA tente par cette offensive diplomatique de trouver une alternative au bourbier militaire dans lequel les belligérants sont enfoncés depuis la reprise de la guerre en 1998. La guérilla tient ses positions dans le nord et l'est du pays mais n'a plus les moyens d'avancer sur Luanda, même si elle finance toujours son effort de guerre par le trafic de diamants, malgré les sanctions internationales.
Depuis la fin de la guerre froide et l'abolition de l'apartheid, elle ne bénéficie plus du soutien américain, via l'Afrique du Sud.
Son chef, Jonas Savimbi, qui "va bien et est toujours sur le terrain", selon ses proches, ne reçoit plus de journalistes dans son fief "pour des raisons de sécurité". Quant aux chances d'une acceptation par Luanda des propositions de l'UNITA, notamment la formation d'un gouvernement de transition élargi, "elles paraissent minces.
Quelques jours plus tôt, le gouvernement angolais avait souhaité que Jonas Savimbi soit jugé par un tribunal international pour "crimes contre l'humanité" et s'était mis à rassembler les preuves de sa culpabilité en citant l'attentat le plus meurtriers de l'UNITA, commis le 10 août contre un train dans le nord du pays.
Un procureur de la République angolaise, Motta Liz, avait affirmé le 18 août que la création d'un tribunal spécial pour juger les crimes attribués à M. Savimbi n'était pas à exclure.
Un mandat d'arrêt lancé contre Jonas Savimbi par les autorités angolaises avait été annulé à la suite de l'approbation l'an dernier par le Parlement d'une amnistie en faveur des rebelles et des prisonniers de droit commun.
Pour l'heure, le gouvernement exige toujours de l'UNITA qu'elle décrète un cessez-le-feu unilatéral, remette ses armes à l'ONU et se transforme en mouvement politique.

Afrique-Express N° 234 du 03/09/2001
Après 22 ans de pouvoir, le président dos Santos annonce son prochain départ
Le président José Eduardo dos Santos, arrivé au pouvoir en 1979, a annoncé le 23 août qu'il ne se présenterait pas à la prochaine élection présidentielle prévue au plus tôt en 2002. "Je pense que j'ai rempli mon devoir. Le parti doit préparer son candidat et ce candidat ne sera pas José Eduardo dos Santos", a déclaré le président à l'ouverture d'une session plénière du comité central du parti au pouvoir, le MPLA (Mouvement populaire pour la libération de l'Angola).
M. Dos Santos, 59 ans, qui a succédé à l'ancien président Agostinho Neto il y a 22 ans, n'a pas précisé quand se tiendront les élections générales, présidentielle, législatives et municipales. "Ce sera soit en 2002, soit en 2003", a-t-il annoncé.
Selon lui, les conditions pour la tenue des élections sont le retour à la paix, une nouvelle Constitution, une nouvelle loi électorale et le recensement précis des électeurs.
Il a affirmé que si les rebelles de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA) continuaient "à ne pas respecter le protocole de Lusaka (accord de paix de 1994) et les résolutions de l'ONU, et à mener leur guerre, les Forces Armées Angolaises (FAA) et la police nationale seront contraintes de multiplier leurs efforts en vue de garantir la stabilité et la sécurité nécessaires à la tenue des élections".
Juste après l'annonce de son retrait, presse indépendante et opposants politiques du régime ont eu des mots très durs à l'égard de l'action du président angolais.
Le militant des droits de l'Homme et poète Rafael Marques a exigé de lui qu'il ordonne un cessez-le-feu unilatéral avant son départ, le jugeant responsable de "l'actuelle situation politico-militaire et socio-économique" déplorable du pays.
L'un des principaux leaders de l'opposition, Nfulumpinga Nlando Victor, ancien candidat à la dernière élection présidentielle de 1992, a affirmé que M. Dos Santos avait pris sa décision en "raison de la détérioration de son image, ruinée par une mauvaise gestion".
Un jugement partagé par la puissante radio catholique Ecclésia qui a également mis en avant la "dégradation de l'image" du président angolais ces derniers mois.
Deux hypothèses circulent pour expliquer cette "sortie" du président Dos Santos. Son état de santé ou alors le "coup politique". L'annonce de son départ prochain du pouvoir pourrait n'être qu'un simple ballon d'essai destiné à tester sa popularité au sein du MPLA.
Si aucun candidat ne parvenait à être désigné pour lui succéder, le président pourrait bénéficier "d'un vote de confiance" et revenir sur le devant de la scène, son pouvoir renforcé.
Quel successeur ?
La succession éventuelle au président Dos Santos devrait dès à présent engendrer une sérieuse bataille entre plusieurs personnalités. On compte sur la ligne de départ Lopo de Nascimento, qui a été Premier ministre du président Neto de 1975 à 1978 puis secrétaire général du MPLA avant d'être remplacé à ce poste lors d'un congrès du parti en décembre 1998 par João Manuel Gonçalves Lourenço. Métis, Lopo de Nascimento représentait à cette époque la branche du MPLA désireuse d'ouvrir davantage le dialogue avec l'UNITA. Lors de ce congrès, ce fut la tendance "dure" décidée à mener la guerre jusqu'au bout contre Savimbi qui l'emporta.
Autre prétendant potentiel, l'actuel ministre de l'Intérieur Fernando Dias da Piedade Nando, bras droit du président dos Santos, qualifié de "Premier ministre en exercice" par l'opposition.
Il faudra peut-être aussi compter avec l'ancien chef d'état-major des Forces armées angolaises (FAA), le général Joao Baptista de Matos, qui a été limogé le 26 janvier 2001 par le président Eduardo dos Santos. Le général de Matos était chef d'état-major des FAA depuis 1992. Depuis le lancement de la grande offensive gouvernementale de 1998, M. Matos avait réussi à reprendre aux rebelles tous les fiefs qu'ils tenaient dans le pays et à chasser l'UNITA des villes. La rébellion avait été ensuite forcée de reprendre la guérilla.
Le général Matos avait été l'artisan de l'unification temporaire de l'aile militaire des rebelles fidèles à M. Jonas Savimbi (FALA - Forces armées de libération de l'Angola) et de l'ancienne armée du régime pro-marxiste (FAPLA - Forces armées populaires de libération de l'Angola).
Apprécié par les diplomates étrangers, le général Matos n'a cessé de répéter publiquement que les militaires avaient rempli leur mission et qu'il appartenait aux hommes politiques de rechercher une formule pour parvenir à la paix.
C'est lui aussi qui avait "sauvé "Kinshasa en 1998 en dirigeant l'intervention militaire angolaise contre les rebelles congolais stationnés aux portes de la capitale. UN an plus tôt, il avait aussi préparé et dirigé l'intervention en RDCongo en 1997, contre les forces de Mobutu Sese Seko, qui avait contribué à la prise du pouvoir par Laurent-Désiré Kabila.
Et pourquoi pas avec l'ancien Premier ministre, Marcolino Moco, limogé de ce poste en juin 1996, tout juste après la parution de son livre "Um governo a prova de guerra" (Un gouvernement à l'épreuve de la guerre). Une brochure en quadrichromie, digne d'un chef d'Etat, dans laquelle l'ancien Premier ministre se mettait en valeur à chaque page. Marcolino Moco y développait aussi une volonté d'accélérer les réformes économiques, accusant sans les citer, certains courants conservateurs. Il affichait aussi dans cet ouvrage une croyance dans la volonté de paix de l'UNITA.
Afrique-Express N° 235 du 17/09/2001
Savimbi malade et soigné à Johannesburg ?
Le dirigeant du mouvement rebelle angolais UNITA, Jonas Savimbi, que l'on n'a plus vu en public depuis l'été 1999, serait hospitalisé dans une clinique depuis le début du mois de septembre à Johannesburg (Afrique du Sud), selon l'hebdomadaire portugais Expresso. Toujours selon Expresso qui cite des sources proches des renseignements militaires sud-africains, il serait accompagné du secrétaire général de l'UNITA Paulo Lukamba "Gato" et de hauts responsables des Forces armées rebelles. Savimbi aurait atterri à Lanseria, à 50 km de Johannesburg, à bord d'un avion piloté par un sud-africain.
Ces informations ont été confirmées à Expresso par le révérend Chicane, conseiller du président sud-africain Thabo Mbeki et par un général de l'armée angolaise.
En revanche des proches de Savimbi ont démenti qu'il se trouve en Afrique du Sud. "C'est une fumisterie", a déclaré à l'agence Lusa à Lisbonne le dirigeant de l'UNITA Adalberto da Costa Junior, soulignant que ce type d'informations resurgit périodiquement depuis 20 ans.
Si la présence de Savimbi en Afrique du Sud était confirmée, cela pourrait constituer un nouveau facteur de tension entre Luanda et Pretoria, soupçonnée par les autorités angolaises de complicité avec le chef de l'UNITA.

Afrique-Express N° 235 du 17/09/2001
L'ONU satisfait des mesures prises par le Burkina dans le cadre des sanctions contre l'UNITA
Une mission de l'instance du Conseil de sécurité de l'ONU chargée de surveiller les sanctions contre le mouvement rebelle angolais UNITA, s'est déclarée le 5 septembre à Ouagadougou "satisfaite" par les mesures prises par le gouvernement burkinabé. Au terme d'un séjour de 72 heures, la mission conduite par le chilien Juan Larrain, a noté avec "satisfaction" que les "autorités Burkinabè ont déjà pris un éventail de mesures visant à l'application effective des sanctions".
La mission, dont c'est le troisième et dernier séjour au Burkina Faso, a rencontré les ministres burkinabè des Affaires étrangères, Youssouf Ouédraogo, et de la sécurité Djibril Bassolé.
En janvier 2001, le Burkina, accusé de trafic d'armes en faveur des mouvements rebelles angolais et sierra léonais, avait créé la Haute autorité de contrôle des importations d'armes et de leurs utilisations. Le colonel Bernard Sanou, 51 ans, avait été nommé en juin dernier à la tête de cette instance.
Ouagadougou avait démenti, en mars 2000, les conclusions d'un rapport de l'ONU citant le président Compaore parmi les chefs d'Etat africains impliqués dans un trafic d'armes et de diamants avec le mouvement rebelle angolais. Le Conseil de sécurité avait créé cette "instance de surveillance" chargée de recueillir des informations sur les violations des sanctions imposées au mouvement de Jonas Savimbi depuis 1993, en avril 2000.
Afrique-Express N° 239 du 20/11/2001
Nouvelle crise avec la Zambie : l'armée zambienne capture deux officiers supérieurs angolais
Des soldats de l'armée zambienne ont capturé deux officiers supérieurs angolais dans l'ouest de la Zambie, à proximité de la frontière avec l'Angola, a rapporté le 17 novembre le quotidien gouvernemental Times of Zambia. Les deux officiers, un lieutenant-colonel et un commandant, ont été pris dans la petite ville de Shang'ombo. Leur arrestation a eu lieu huit jours après l'entrée le 9 novembre en Zambie de soldats des Forces armées angolaises (FAA) qui pourchassaient des rebelles de l'UNITA.
Cette incursion a été suivie de nombreux incidents provoqués par les soldats angolais qui ont tué sept villageois et en ont enlevé une centaine d'autres, dont 37 ces derniers jours, selon le journal qui cite un responsable de la région, Domimic Simuchinga.
Sur cette centaine de personnes enlevées, les soldats angolais en ont libéré une soixantaine. En échange de la libération des otages restant, ils auraient réclamé une "portion du territoire zambien", selon des responsables gouvernementaux à Lusaka.
Le président zambien Frederick Chiluba s'est récemment déclaré attristé par cette attitude des soldats angolais, espérant que ces incidents puissent se régler pacifiquement.
La Zambie partage une frontière de 1.000 km avec l'Angola, déchiré par une guerre civile depuis 26 ans.
La Zambie accueille actuellement plus de 250.000 réfugiés venus pour la plupart de deux pays voisins en guerre, l'Angola et la République démocratique du Congo (RDC).
Le ministère angolais des Relations extérieures a démenti l'incursion de troupes angolaises en territoire zambien et a annoncé l'envoi prochain d'un émissaire à Lusaka pour discuter de la situation à la frontière entre les deux pays.
Les rebelles de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA) "qui ont traversé la frontière et se sont installés en Zambie pourraient éventuellement être à l'origine" de la mort et de l'enlèvement de villageois dans l'ouest de ce pays, ajoute-t-il.
Le ministère précise que les troupes angolaises "avaient pris le contrôle le 8 novembre d'une base d'appui logistique aux rebelles, à proximité de la frontière avec la Zambie", demandant aux autorités zambiennes de se rendre sur les lieux dans le cadre de la commission mixte de défense et de sécurité. Afrique-Express N° 236 du 01/10/2001
L'idée de paix commence à occuper les esprits
Lancement d'un référendum contre la guerre par l'église et création d'une coalition de partis politiques pour un cessez-le-feu et un gouvernement de transition
Alors que les combats meurtriers continuent et que les populations civiles sont de plus en plus effroyablement touchées par l'état de guerre dans lequel vit le pays depuis la reprise des combats entre les forces gouvernementales et celles de rebelles de l'UNITA en 1998 (on meurt de faim dans le sud du pays dans la province de Cuando Cubango), plusieurs mouvements de la société civile, religieux ou petits partis politiques en appellent désespérément à un cessez-le feu entre les belligérants.
Le 29 septembre, un référendum contre la guerre a été lancé par l'église catholique, qui a ouvert au même moment une campagne nationale pour la paix.
Un bulletin permettant aux citoyens angolais de voter contre ou pour la paix a été mis en circulation lors du lancement de ce "référendum informel" qui devait couvrir l'ensemble du territoire de ce pays déchiré par une crise politico-militaire depuis l'indépendance en 1975.
"Pour qu'on puisse parler de la paix il faut qu'on arrête la guerre. C'est pourquoi nous menons cette initiative", a déclaré le président du Mouvement catholique pour la paix (Mouvement Pro Pace), Mgr Zacarias Kamwenho.
Les résultats de ce référendum seront communiqués aux belligérants, gouvernement et rébellion de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA), selon les organisateurs, soutenus également par une ONG nord-américaine Open Society, qui est engagée dans des projets d'enseignement et droits de l'homme en Angola. Une semaine auparavant, le 21 septembre, une coalition de 35 partis de l'opposition a demandé au pouvoir et aux rebelles un cessez-le-feu sans conditions, et proposé la création d'un gouvernement de transition chargé de gérer le pays jusqu'à la tenue d'élections générales.
Des représentants de cette coalition, intitulée Parti de l'opposition civile (POC), ont estimé que "la transition vers les élections n'aurait aucun sens si la période allant du cessez-le-feu au scrutin était gérée par l'actuel gouvernement dont le mandat est caduc".
Le mandat de ce Gouvernement d'unité et de réconciliation nationale (GURN), mis en place en 1997 conformément à l'accord de paix signé à Lusaka en 1994 qui n'a pratiquement jamais été appliqué, a en effet expiré en 1998.
Le GURN comprend des personnalités des douze partis siégeant au Parlement angolais, parmi lesquels des dissidents de la rébellion de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA).
Le président en exercice du POC, Paulino Pinto Joao, ancien conseiller chargé de l'idéologie et de la propagande du pouvoir, a indiqué que "l'ambiguïté et l'indécision sur les élections angolaises plongent le pays dans une +anormalité+ constitutionnelle".
Le POC s'est prononcé pour l'arrêt immédiat des hostilités entre les Forces armées angolaises (FAA) et l'UNITA avant la tenue d'élections et demandé au président José Eduardo dos Santos de "convoquer officiellement les élections conformément à la loi". M. dos Santos avait dans un premier temps annoncé la tenue de ces élections présidentielle et législatives en 2001, ensuite en 2002, puis l'avait finalement conditionnée à la fin de la guerre.
Lui même, âgé de 59 ans et au pouvoir depuis 1979, avait annoncé qu'en tout état de cause qu'il ne se représenterait pas à la présidentielle, demandant au parti au pouvoir, le Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA), de désigner un autre candidat.
Le Conseil de la République présidé par M. dos Santos, organe consultatif composé de représentants des partis politiques, des églises et de la société civile, a récemment estimé que les élections ne pouvaient pas avoir lieu tant que la guerre se poursuivait.
Un point de vue que vient de partager l'ONU. Le retour à la paix en Angola est "un préalable" à la tenue d'élections générales, a estimé un groupe d'experts de l'ONU venu en mission pendant huit jours en Angola afin d'évaluer la possibilité d'organiser prochainement un tel scrutin.
Le ministre de l'Intérieur, Fernando da Piedade Nando, bras droit du chef de l'Etat, a déclaré récemment que le pouvoir était "en train de tout faire pour que les élections se tiennent au moins au second semestre 2002 (..) avec où sans Jonas Savimbi".

Afrique-Express N° 238 du 31/10/2001
Luanda demande à l'ONU de couper les télécommunications de l'UNITA
Le gouvernement angolais a demandé le 19 octobre à l'ONU qu'elle ordonne la coupure des télécommunications internationales de la rébellion de l'UNITA.
En plus de l'embargo international déjà en place contre l'UNITA, "nous souhaitons que le Conseil de sécurité de l'ONU commence à penser à mettre en ¦uvre d'autres sanctions, dont la coupure des télécommunications", a déclaré Joao Pedro, porte-parole du ministère des Relations extérieures.
Selon le gouvernement, la rébellion dispose d'importants équipements de télécommunication satellitaire et de plusieurs sites sur internet qui lui permettent d'être reliée au reste du monde.
Dans une lettre à ses homologues de l'ONU, Joao Bernardo de Miranda, ministre des Relations extérieures, a estimé pour sa part que les sanctions contre l'UNITA ont réduit sa "capacité militaire" et ont "contribué à une stabilisation progressive de la situation en Angola".
"Mon gouvernement est satisfait" et "espère que cet engagement se poursuivra", a-t-il ajouté.
Le Conseil de sécurité des Nations Unies a voté à l'unanimité ce même 19 octobre en faveur de l'extension pour six mois du mandat du comité chargé du contrôle des sanctions contre les rebelles angolais de l'UNITA.
Dans une résolution, le conseil a demandé au secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan de nommer quatre experts pour travailler avec ce comité, présidé par l'ambassadeur chilien à l'ONU, Juan Larrain.
Afrique-Express N° 238 du 31/10/2001
Divergences sur le travail de l'Assemblée
Pour les 132 députés du parti au pouvoir, le Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA), la priorité de la nouvelle législature parlementaire qui s'achèvera en juin 2002 est de parvenir d'ici trois mois à présenter un projet de Constitution. Selon le MPLA, présidé par le chef de l'Etat José Eduardo dos Santos, la rédaction d'une nouvelle Constitution est un élément-clé, puisqu'elle doit déterminer le type de régime dont sera doté l'Angola, présidentiel ou semi-présidentiel, et définir la structure des organes de décision locaux. Depuis près d'un an, une commission constitutionnelle examine les propositions des différents groupes parlementaires, sans qu'aucun consensus n'ait été trouvé sur ces deux points essentiels. D'où la volonté du MPLA d'accélérer les choses.
L'UNITA, principal groupe d'opposition, composé de fidèles de Jonas Savimbi, chef de la rébellion armée de l'UNITA, mais aussi de dissidents de son mouvement, estime pour sa part que la priorité absolue est le rétablissement de la paix.
Le régime de M. dos Santos a mis quatre conditions au retour à la paix: cessez-le-feu unilatéral de l'UNITA, remise de son arsenal militaire à l'ONU, démilitarisation de ses troupes et fixation d'une date pour l'arrêt définitif de la guerre. Une fois ces conditions remplies, le pouvoir sera disposé à engager le dialogue avec la rébellion, a rappelé Fernando da Piedade Dias Nando, ministre de l'Intérieur et coordinateur d'une commission gouvernementale chargée de la paix et de la réconciliation nationale.
Afrique-Express N° 238 du 31/10/2001
Dialogue de sourd entre l'UNITA et le pouvoir
Le 25 octobre, le chef de l'Etat José Eduardo dos Santos a affirmé que le retour à la paix dans son pays dépend uniquement de Jonas Savimbi, chef de la rébellion de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA), à l'issue d'une rencontre avec le président du Malawi Bakili Muluzi, également président en exercice de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC).
Si M. Savimbi en a la volonté, "la solution au problème de la paix pourra être trouvée demain ou après demain", a ajouté le président angolais.
Si le chef de la rébellion "ne s'engage pas" en faveur de la paix et du désarmement de ses forces, "nous sommes prêts à résoudre ce problème en engageant les généraux (de l'UNITA) qui conduisent la guerre", a ajouté M. dos Santos.
Le lendemain, le chef de l'UNITA Jonas Savimbi (cité par l'agence portugaise Lusa), dans une lettre adressée à l'évêque angolais de Lubango, Mgr Zacarias Camuenho *, se disait prêt à entamer le "dialogue nécessaire" pour mettre un terme à la guerre "absurde" qui se poursuit en Angola. "La direction du mouvement est prête à entamer le dialogue nécessaire pour mettre fin à cette guerre que j'ai toujours considérée absurde, dès que le gouvernement (de Luanda) le souhaite et aussitôt que la communauté internationale le permettra", a écrit Jonas Savimbi réitérant dans sa lettre "sa totale disponibilité" pour rechercher "une paix juste et définitive en Angola par le dialogue".
* Le prélat du diocèse de Lubango a récemment reçu le prix Sakharov "pour la liberté et l'esprit" conjointement avec l'Israélienne Nurit Peled-Elhanan et le Palestinien Izzat Ghazzawi, pour sa contribution à la promotion des droits de l'Homme.

Afrique-Express N° 238 du 31/10/2001
Création d'une commission pour étudier l'attitude de députés pro-rébellion
L'Assemblée nationale a décidé de créer une commission parlementaire chargée d'étudier le comportement de députés favorables au leader de la rébellion, Jonas Savimbi. Cette commission doit rassembler les preuves du soutien de ces députés à Jonas Savimbi, et remettre un rapport qui sera débattu au Parlement en vue de prendre "les mesures adéquates" contre ces élus.
L'UNITA est représentée à l'Assemblée nationale par 70 députés sur 222, divisés entre des dissidents proches du pouvoir et des partisans déclarés de Savimbi. Le 15 octobre, à l'ouverture de la nouvelle législature parlementaire 2001-2002, le président de l'Assemblée, Roberto de Almeida, avait mis en garde ceux qui défendent le "terrorisme" en Angola, sans toutefois les nommer.
En référence aux attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, Roberto de Almeida avait déclaré que "comme d'autres pays", l'Angola doit faire face "à des actions de pur terrorisme, bombardement de villes, enlèvement d'enfants, placement de mines antipersonnel et de bombes dans les bâtiments publics".
Après avoir rompu tout contact avec Jonas Savimbi, rendu responsable de l'échec du traité de paix de Lusaka en 1994, le régime avait ordonné en 1998 l'expulsion du Parlement de 15 députés fidèles au chef de la rébellion qui avaient finalement été réintégrés à la suite de pressions diplomatiques.
Afrique-express N° 239 du 20/11/2001
Une nouvelle loi sur la sécurité nationale?
Le président José Eduardo dos Santos a demandé la création d'une commission chargée de travailler à la mise en place d'une nouvelle loi sur la sécurité nationale et le secret d'Etat, l'actuelle législation datant du régime marxiste.
Dans un décret portant création de cette commission, M. dos Santos a ordonné à un groupe d'experts de réfléchir à une loi qui corresponde à "l'établissement de la démocratie et d'une société de droit". La commission comprend un ancien secrétaire du Conseil des ministres, Carlos Maria Feijo, et l'actuel responsable des services angolais de la sécurité nationale Fernando Miala.
La loi actuelle date de 1978 et avait été mise en place à la suite d'un coup d'Etat manqué contre l'ancien président Agosthino Neto.
Critiquée par les défenseurs des droits de l'Homme et de la liberté d'expression, elle a notamment permis entre 1997 et 2000 l'interpellation de plusieurs journalistes angolais et étrangers, accusés d'atteintes à la sécurité nationale.
Afrique-express N° 239 du 20/11/2001
Gel des avoirs de l'UNITA : les banques suisses sous contrôle
Les banques suisses ou tout organisme détenant des fonds appartenant aux dirigeants de l'UNITA, qui depuis 1998 sont gelés et ont l'obligation désormais de les déclarer sans délai aux autorités fédérales, a annoncé le Conseil fédéral (gouvernement suisse).
En outre, la liste des responsables de l'UNITA dont les fonds ou autres ressources financières ont été gelés depuis novembre 1998, passe de 80 noms à 170 noms, en application d'une décision du Comité des sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU, prise le 2 octobre dernier.
L'entrée ou le transit par la Suisse de ces personnes sont interdits.
Jusqu'ici, les banques ou autres organismes qui avaient dû geler ces fonds, en application d'une ordonnance du Conseil fédéral, n'étaient pas tenus d'en informer les autorités, ce qui a pour conséquence qu'on ignore qui sont les personnes concernées en Suisse et quels montants ont été gelés, a expliqué un porte-parole officiel.
"Outre l'élargissement de la liste, ce qui est nouveau, c'est que quiconque détient ou gère des avoirs dont il faut admettre qu'ils tombent sous le coup du gel, doit l'annoncer au Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco), comme c'est le cas pour les talibans, les dirigeants birmans ou ceux de l'ex-Yougoslavie", a indiqué un porte-parole du Seco.
Afrique-express N° 239 du 20/11/2001
Difficile dialogue des évêques avec le président
Les évêques catholiques angolais ont affirmé avoir reçu le 15 novembre des "éclaircissements" du président dos Santos sur sa volonté de paix après son discours du 11 novembre qui contenait des contradictions.
"Maintenant, nous comprenons mieux (la teneur du discours de M. dos Santos). Nous sommes satisfaits. Il y a une volonté plus concrète de sa part de faire en sorte que les Angolais s'entendent et retrouvent la paix", a déclaré l'un des évêques, Mgr Oscar Braga, à l'issue d'un entretien avec le chef de l'Etat.
Dans son discours prononcé à l'occasion du 26ème anniversaire de l'indépendance (11 novembre 1975), M. Dos Santos s'était montré prêt à accueillir "tous les citoyens qui s'apprêtent à quitter l'aile militaire de la rébellion" de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA), ajoutant qu'il ne souhaitait cependant pas de nouvelles négociations avec ce mouvement.
M. Dos Santos a toujours posé des conditions à la rébellion avant toute relance du dialogue, dont un cessez-le-feu unilatéral, suivi d'un désarmement complet des maquisards fidèles au chef de l'UNITA, Jonas Savimbi.

Afrique-Express N° 239 du 20/11/2001
384 400 personnes déplacées par la guerre depuis janvier
La guerre a contraint depuis le mois de janvier 384.400 personnes à abandonner leurs villages pour fuir les combats et aller se réfugier dans les grandes villes, a annoncé le bureau de coordination des actions humanitaires de l'ONU en Angola (OCHA).
Le mois de septembre a été le plus violent de l'année, forçant quelque 61.000 habitants de 12 des 18 provinces du pays à fuir les campagnes. De janvier à novembre, ce sont les provinces de Huila, Huambo et Bié (sud) et de Malanje (nord) qui ont été les plus frappées par la violence et ont enregistré le plus grand nombre de personnes déplacées.
L'OCHA affirme que 13.500 de ces personnes déplacées ont été entassées dans des camps provisoires, ou camps de transit, à Benguela, Huambo, Huila, Malanje et Luanda où elles vivent "au-dessous des conditions humanitaires acceptables", c'est-à-dire qu'elles manquent de presque tout. Les autres ont pu être installées dans des camps définitifs où elles vivent dans des conditions plus décentes.
L'OCHA indique que les programmes visant à installer les personnes déplacées dans des endroits proches de terres cultivables ont du être suspendus ou limités, en raison de l'insécurité liée aux combats où de la présence de mines.
Les actes de violences les plus courants dénoncés par l'OCHA sont les attaques contre les civils, les pillages de villages, le placement de mines dans des zones agricoles et les enlèvements. Une situation qui a pourtant fait dire au président dos Santos, le 1er novembre, que la guerre civile était "pratiquement finie" (!).
Afrique-express N° 241 du 17/12/2001
Réchauffement des relations entre Ouagadougou et Luanda
Les relations entre le Burkina Faso et l'Angola vont connaître très prochainement un "réchauffement" a estimé le 10/12/2001 à Ouagadougou, le président du parlement burkinabè, Mélégué Maurice Traoré, de retour d'une mission à Luanda. Ce séjour constituait la première visite officielle d'une haute personnalité burkinabè en Angola depuis plusieurs années. Le Burkina Faso a été longtemps accusé par les Nations unies d'entretenir un trafic d'armes vers le mouvement rebelle angolais en dépit d'un embargo qui frappe l'UNITA.
Plusieurs missions du Conseil de sécurité de l'ONU chargé de surveiller les sanctions contre l'UNITA et le Front révolutionnaire Uni (RUF, rébellion sierra léonaise) s'étaient rendues à Ouagadougou au cours des cinq derniers mois de l'année 2000.
Début décembre 2000, les ambassadeurs de l'Union Européenne (UE) avaient fait part au président Compaoré de l'"inquiétude de l'UE à la suite de certaines accusations relatives à des violations des embargos sur les armes décidés par les Nations unies à l'encontre de la Sierra Leone et de l'UNITA". Ouagadougou avait alors "solennellement et fermement réaffirmé sa condamnation de l'UNITA et du RUF".
En mars, le président de l'Assemblée nationale angolaise, Victor Francisco De Almeida, s'était rendu à Ouagadougou plaidant pour l'amélioration des relations bilatérales. Le ministre des Affaires étrangères angolais est maintenant attendu à Ouagadougou.
Le président Compaoré a adressé à la mi-novembre pour la première fois un télégramme très chaleureux à son homologue angolais José Eduardo Dos Santos, à l'occasion de la fête nationale angolaise.
Afrique-express N° 241 du 17/12/2001
L'ONU envisage de discuter avec l'UNITA
Le secrétaire-adjoint des Nations Unies aux Affaires africaines, Ibrahim Gambari, a admis le 13/12/2001 que l'ONU pourrait engager des contacts avec les rebelles angolais en vue d'exploiter la possibilité de rétablir la paix.
"Je crois qu'il y a une perspective pouvant permettre à engager des contacts avec l'autre partie" (la rébellion), a déclaré M. Gambari. En visite en Angola depuis le 8/12/2001, M. Gambari s'exprimait à l'issue d'une rencontre avec les délégués des organisations humanitaires et des groupes de la société civile angolaise.
Le régime de Luanda a rompu tout contact avec la rébellion dirigée par Savimbi en 1998, le rendant responsable de l'échec du traité de paix et de la reprise à grande échelle de la guerre.
Interrogé sur un possible renforcement des sanctions contre la rébellion de l'UNITA, M. Gambari s'est limité a souligné que "l'objectif des sanctions n'était pas celui de punir" l'UNITA. "Nous agissons dans le but de la persuader à suivre le chemin de la pacification". Avant la reprise à grande échelle de la guerre civile en 1998, l'ONU a été l'architecte du traité de paix inter angolais de 1994 (accords de Lusaka). Depuis l'échec de ce traité, l'ONU ne dispose plus en Angola que d'un bureau chargé de la coordination des activités humanitaires et du respect des droits de l'Homme, composé d'une trentaine de fonctionnaires.
Kofi Annan, le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a été invité par le gouvernement angolais à se rendre en Angola en janvier 2002.
Afrique-express N° 241 du 17/12/2001
Le président Dos Santos critique "l'interférence" du Portugal en Angola
Le président angolais, José Eduardo dos Santos, a dénoncé le 04/12/2001 "l'interférence du Portugal" dans les affaires intérieures de l'Angola et a accusé les services secrets de l'ancienne puissance coloniale d'avoir créé le chef de la rébellion angolaise, Jonas Savimbi.
"Les interférences du Portugal datent d'il y a longtemps. Il s'agit de séquelles du passé", a déclaré M. Dos Santos, interrogé par des journalistes sur la présence au Portugal de représentants de la rébellion de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (UNITA) de M. Savimbi. "Le Portugal a fait la promotion de Savimbi (...) On peut presque dire que Savimbi est une création des services secrets du Portugal", a ajouté le président Dos Santos. "Nous ne tolérerons jamais les interférences du Portugal dans nos affaires intérieures", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse tenue à l'issue de la visite du Premier ministre du Cap Vert, José Maria Neves.
"Le Portugal a toujours eu une attitude étrange par rapport à l'Angola", a dit le chef de l'Etat en rappelant que ce pays, "ancienne puissance coloniale, n'avait pas reconnu (le nouveau régime de) l'Angola au lendemain de son indépendance" en 1975. "Cela explique beaucoup de choses", a-t-il estimé. "L'Angola veut avoir de bons rapports avec tous les pays mais ne supporte pas d'ingérence dans ses affaires internes", a-t-il conclu.
De nombreux militants et dirigeants de l'UNITA résident au Portugal et le gouvernement angolais mène depuis plusieurs semaines une campagne pour dénoncer la diffusion à Lisbonne par les media portugais des communiqués de guerre et des déclarations politiques de l'UNITA. La plupart des militants et dirigeants de la rébellion présents au Portugal possèdent la double nationalité angolaise et portugaise et rien ne les empêche donc de diffuser leur propagande dans la presse portugaise.
Lisbonne courroucée
"L'Etat portugais non seulement n'intervient pas dans les affaires internes de l'Angola ni d'un autre pays, mais il ne tolère pas que cela puisse être fait dans ses affaires", a réagi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Horacio Cesar. Le Portugal "maintient et veut maintenir des rapports d'Etat à Etat avec l'Angola, sur la base des liens communs et d'amitié entre les deux peuples", a-t-il ajouté. |