Principales villes : Huambo, Malenje, Benguela, Lubango, Namibe, Lucapa, Uige
Président : José Eduardo Dos Santos
Premier ministre : Antonio Paulo Kassoma
Parti au pouvoir : Mouvement Populaire de Libération de l’Angola (MPLA)
L'Angola en deux ou trois mots ? Petrole, Agosthino Neto, Cuito Cuanavale, Kuito …
Pétrole
Ils ont des noms doux comme celui des femmes : Rosa. Tendres comme celui des fleurs : Violeta, Dalia, Orquidea, Girassol, Louro... Dansants comme la musique : Salsa. Parfois pimentés comme celui des épices : Colorau, Cominho, Alho. (1)
Pour eux, mais surtout, à cause d'eux, des milliers d'hommes sont morts. D'autres milliers resteront à tout jamais amputés, traumatisés, meurtris dans leur cœur et dans leur tête.
Ils ? Ce sont les puits de pétrole, d'où jaillit l'or noir angolais. Bénédiction ou malédiction ? C'est selon.
Le pétrole en Angola, ça ne date pas d'hier. Sa découverte remonte à 1910, par la société portugaise Cunha e Formigal. Et les Américains arrivent : Sinclair, Cabgoc (une filiale de Chevron). On fore, on cherche. Mais faute d'être rentable, on laisse tomber. Jusqu'à 1952, avec l'arrivée de la compagnie belge Petrofina qui en découvre dans le bassin du Congo et démarre la production en 1965. Les Américains reviennent bien sûr : Texaco en tête.
En 1968, Cabgoc lance les premières exportations de pétrole off-shore à partir de l'enclave de Cabinda. Et on en trouve encore. A Soyo, en 1971. Tant est si bien qu'à la veille de son Indépendance en 1975, l'Angola produit près de 9 millions de tonnes par an. Et les réserves supposées sont très prometteuses. Lire la suite
Agostinho Neto
Si vous ne savez pas qui est Agostinho Neto avant de vous rendre en Angola, alors mieux vaut rester chez vous.
António Agostinho Neto, alias "Kilamba" son nom traditionnel, est le premier président de l'Angola indépendant. L'homme fut poète avant d'être politique, si tant est que l'on puisse distinguer les deux tant sa poésie était l'expression des souffrances des peuples colonisés.
Fils d’un pasteur protestant, il part en 1947 faire des études de médecine au Portugal colonial, dirigé d'une main de fer par le dictateur Salazar.
A Lisbonne, un groupe d'"exilés" des colonies portugaises - Amilcar et Vasco Cabral du Cap Vert, Marcelino Dos Santos du Mozambique, son compatriote Mario de Andrade et lui-même - fonde en 1951 le Centre d’études africaines.
Au départ, ce mouvement se penche sur les cultures de leurs pays d'origine, mais très vite, de la culture, de l'art et de l'histoire des peuples colonisés, on passe à la politique.
Neto écrit déjà des poèmes exaltant la culture de l'Angola. Il participe aussi à divers mouvements nationalistes angolais.
Il est incarcéré une première fois en février 1955 et n'est libéré qu'en juin 1957, à la suite d'une campagne de pressions internationales en sa faveur, à laquelle ont participé Jean Paul Sartre, François Mauriac, Aragon et Simone de Beauvoir entre autres.
Le 10 février 1956, Viriato da Cruz, Mario de Andrade et d’autres, issus du Parti communiste angolais interdit, fondent le MPLA (Mouvement populaire de libération de l’Angola) dont le premier leader désigné est Mario de Andrade.
Ses études de médecine achevées en 1958, Agostinho Neto se marie avec Maria Eugenia et fonde le Mouvement anti-colonial clandestin (MAC), qui regroupe des indépendantistes de toutes les colonies portugaises. Lire la suite
Cuito Cuanavale
Chaque nation a ses batailles historiques : Verdun, Trafalgar, Stalingrad … L'Angola a aussi la sienne : Cuito Cuanavale
D'un côté 7 000 soldats de l'armée d'Afrique du Sud et 10 000 combattants de l'UNITA, le mouvement rebelle angolais de Jonas Savimbi.
De l'autre, 20 000 soldats gouvernementaux angolais des FAPLA (Forces armées populaires de libération de l’Angola) et 5 000 soldats d'élites cubains.
On est le 12 janvier 1988.
L'Afrique du Sud veut porter un coup fatal à l'Angola qui menace ses positions en soutenant la SWAPO, le mouvement indépendantiste de Namibie, encore sous domination sud-africaine à l'époque. Pour sa part, l'Angola veut porter le fer dans le bastion et le quartier général du rebelle Savimbi, situé à Jamba, tout au sud du pays. Les Sud-africains y voient une occasion rêvée de laminer l'armée angolaise et pourquoi pas, de pousser le front jusqu'à Luanda, la capitale.
Mais laissons parler Fidel Castro lui-même : "C’est fin 1987, on le sait, que l’Afrique du Sud lança sa dernière grande invasion de l’Angola dans des circonstances qui en mettaient en danger la stabilité même.
À cette date, donc, l’Afrique du Sud et les Etats-Unis assenèrent leur dernier coup, le plus menaçant, contre un fort groupement de troupes angolaises qui progressaient à travers les sables en direction de Jamba, à la limite sud-est de la frontière angolaise, où était censé se trouver le poste de commandement de Savimbi, une offensive à laquelle nous nous étions toujours opposés si on n’interdisait auparavant à l’Afrique du Sud d’intervenir au dernier moment en faisant intervenir son aviation, sa puissante artillerie et ses forces blindées. L’histoire classique se répéta une fois de plus. Extrêmement enhardi, l’ennemi avança en profondeur vers Cuito Cuanavale, une ancienne base aérienne de l’OTAN, et se prépara à porter un coup mortel à l’Angola.
Le gouvernement angolais adressa alors des appels au secours désespérés au Groupement de troupes cubaines : le désastre était en effet imminent, sans doute le pire de tous dans le cadre d’une opération militaire dans laquelle, comme d’autres fois, nous n’avions aucune responsabilité." Lire la suite
Kuito, ville fantôme Reportage/photographies
Kuito peut faire la coquette. Elle est devenue une vedette, un haut lieu de pèlerinage, C’est devenu le nec plus ultra de s’y rendre et de pouvoir, à son retour, murmurer, l’air grave et sombre : « J’ai vu ».
De l’écrivain Bernard Henri Levi à tant d’autres, on se pâme devant les ruines et l’on commente à l'envi les horreurs de la guerre. On mélange tout dans le même sac et l’on parvient souvent à la conclusion que l’Angola est un pays riche, dotés de dirigeants corrompus qui laissent ses pauvres mourir sur le bas-côté de la route tout en nageant dans les dollars du pétrole et des diamants.
Voici donc un petit reportage photographique, réalisé en 1997, bien avant que Kuito ne devienne à la mode. Vous y verrez tout simplement dans quel état se trouvent certaines régions de l’Angola après la guerre. Il y a du travail, même pour un pays « riche ».
Voici d’où repartent les Angolais qui méritent peut-être plus d’indulgence que de jugements péremptoires. La suite
Qu’on se le dise : l’Angola n’est plus un pays en guerre depuis la mort du chef rebelle Jonas Savimbi en 2002.
Le pays est en pleine reconstruction et affiche une sérieuse volonté de s’ouvrir au tourisme.
L’Angola a accueilli la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) en 2010, et, comme tous les pays organisateurs d’une telle compétition, de grands chantiers pour développer ses infrastructures d’accueil et hôtelières ont vu le jour.
Mais on peut déjà visiter le pays en long et en large, en prenant soin de préparer son itinéraire, de bien choisir ses modes de transports et d’adapter son budget en conséquence.
Si l’on peut aller facilement par route de Luanda, la capitale, à Uige, dans le nord-est, ou jusqu’à Huambo, dans le centre, c’est beaucoup plus hasardeux pour aller à Lobito, et quasiment impossible jusqu’à Menongue, dans le Sud.
Reste que l'Angola est vaste et dispose de sites touristiques remarquables, encore «vierges» de toute présence étrangère.
Des chutes de Kalandula, près de la ville de Malanje (accessible en voiture) aux parcs nationaux (le pays en compte cinq), en passant par les bords de mer magnifiques, y compris à Luanda (la presqu’île de la Ilhia, qui fait face à la ville, ou la péninsule de Mussolo), vous aurez de quoi vous en mettre plein les yeux.
Si vous aimez le désert, descendez jusqu’à la province de Namibe.
Signe qui ne trompe pas, l’Angola participe depuis peu à la plupart des grands salons touristiques internationaux, à la fois pour y faire sa promo, bien sûr et pour attirer les investisseurs dans le secteur.
Un vaste programme sous-régional a été conclu début 2008, entre l'Angola, le Botswana, la Namibie, la Zambie et le Zimbabwe pour réaliser un projet touristique transfrontalier dénommé Okavango-Zambèze.
En Angola, ce projet concernera la province de Kuando -Kubango, dans le Sud.
Enfin, en attendant que les déboires de la compagnie aérienne nationale, la TAG, soient résolus, l’Angola est desservi par toutes les grandes compagnies aériennes.
Attention aux mines encore nombreuses dans certaines régions, mais là encore, tout est question de bon sens.