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Bénin
  • Population : 8,7 millions (2006)
  • Superficie : 113 000 km2
  • Monnaie : Franc CFA (1 euro = 655 FCFA)
  • Langue officielle : Français
  • Capitale : Porto-Novo
  • Principales villes : Cotonou (la capitale économique), Parakou, Abomey
  • Président : Dr. Yayi Boni (depuis le 6 avril 2006)
  • Premier ministre : aucun, le poste n'est pas inscrit dans la Constitution
  • Parti au pouvoir : aucun. Le président Yayi Boni a été élu sans appartenir à un parti politique. Il est soutenu par une coalition de quatre groupes parlementaires à l'Assemblée nationale

Le Benin en deux ou trois mots ?
Embouteillage, Embouteillage, Embouteillage, Erosion, Abomey …

Embouteillage, première …

essenceD'abord le mot originel : mise en bouteille. Et les bouteilles, on les remplit tous les jours au Bénin. Avec de l'essence. Achetée en fraude au Nigeria voisin et revendue à tous les coins de rues par des gosses, des femmes, des chômeurs, des désœuvrés, par tout le monde. Tomber en panne d'essence au Bénin relève de l'exploit. Pas possible de faire plus de 20 mètres sans qu'il n'y ait un revendeur d'essence, commerce en principe interdit par la loi. Mais comme c'est un palliatif au chômage, tous les politiques qui ont essayé d'endiguer le phénomène s'y sont cassé le nez.
Au départ, il y avait une tolérance pour les handicapés, que l'on laissait faire ce petit trafic pour survivre. Avec le temps, les gars se sont perfectionnés et ont fait fabriquer pour le transport des side-cars avec des réservoirs d'essence gigantesques. Et puis tout le monde s'y est mis. Le précieux liquide arrive toujours par motos, mais aussi par pirogues. Pour certains, c'est un vrai métier. Pour d'autres, les organisateurs de réseaux, une rente très lucrative. Pour les pauvres, ceux du bord de la route, les revendeurs, des miettes pour survivre.
Un petit conseil. Beaucoup moins cher que l'essence à la pompe, la qualité n'est pas forcément au rendez-vous.

Embouteillage, deuxième …
Encombrement de la circulation

Ça aussi, c'est le Bénin profond. Qui n'a pas vu les épais nuages de fumée aux carrefours à Cotonou ne connaît rien de la pollution. Ça fume, ça empeste, c'est irrespirable. Et c'est dû à la misère, encore.
Les motos taxis, que l'on appelle les Zémidjans, tous vêtus d'une chemise jaune, sont des milliers à enfourcher chaque matin leurs motos ou leurs mobylettes, pour transporter à bon marché la population. C'est aussi un palliatif. Pour eux d'abord, chômage oblige, et pour les citadins dépourvus de transports en communs adéquats ou de voitures particulières.
La fumée, ça vient aussi de la pauvreté. Pour alléger les "charges", les Zémidjans "coupent" l'essence avec tout ce qu'ils peuvent, remplissent d'huile plus qu'il n'en faut leur moteur pour prolonger sa durée de vie, et le tout donne un cocktail explosif et bien fumant. L'air est tellement irrespirable que les conducteurs de ces engins utilisent les protections pour les yeux que l'on distribue dans les avions pour dormir comme filtre à air, plaquées sur la bouche naturellement.
Ainsi, ne vous étonnez pas de voir des hommes en jaune, masqués par deux œillères de la belle couleur bleu d'Air France, sillonner les villes. Car les Zémidjans, au départ confinés à Cotonou, ont conquis le pays. On les trouve partout. Même au Togo voisin.
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Embouteillage, troisième …
Je crois, tu crois, il croit, ils croient, elles croient …

eglise celesteÇa croit partout au Bénin. Pour un athée, un séjour au Bénin, c'est une pénitence, un chemin de croix. A tous les carrefours, une plaque vous indique la bonne direction, enfin la bonne chapelle, la bonne "secte", la voix divine.
D'abord les poids lourds. L'église catholique, dûment représentée, avec son héros national, Monseigneur De Souza, aujourd'hui décédé, qui fut le maître d'œuvre de la Conférence nationale qui démocratisa le pays en 1990. Respecté par tous, l'homme a sans doute contribué pour beaucoup à ce qu'il n'y ait pas de tueries comme dans d'autres pays. Il a su convaincre l'ancien régime du président Mathieu Kérékou et les nouveaux venus au portillon de la démocratie de ne pas s'entretuer. Le Bénin lui doit beaucoup, assurément.
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Erosion

érosionLa nature est cruelle. Le Bénin possède un front de mer formidable, mais la mer ne l'entend pas ainsi. Les rouleaux de l'Atlantique sont ravageurs, dangereux et insatiables. Jour après jour, minute après minute, ils rongent le littoral, inexorablement, lentement mais sûrement. La cote Est de Cotonou s'écroule littéralement dans la mer. Dans le quartier "Jack" d'Akpakpa, de somptueuses villas ont des allures de ruines romaines, les pieds dans l'eau. La nature est indomptable, mais les hommes ont aussi leur part de responsabilité.
A Cotonou, c'est la construction d'une digue pour le port qui a dévié les courants et renforcé leur puissance. L'Etat a baissé les bras, sans même d'ailleurs les avoir levés un jour.
Pour aider l'océan dans son travail dévastateur, les hommes ont aussi pillé le sable des plages pour la construction. 3.500.000 m 3 par an selon des évaluations officielles. Un homme a tenté de résister à cette érosion maudite. Le sieur da Silva, propriétaire du complexe hôtelier l'Eldorado à Cotonou. Seul, il a fait "murer" le rivage pour protéger son hôtel et sa plage privée. Mais la mer a quand même gagné du terrain, comme en témoignent des bungalows écroulés sur la plage.
Le nouveau président du Bénin, Yayi Boni, a décidé de prendre le problème en main. Faute de pouvoir dompter les vagues, le dragage du sable se fera dorénavant sur des plans d’eau à l'intérieur du pays et non plus sur les plages.

Abomey ou Agbome

Abomey, c'est "la" ville historique s'il en est. Située à 145 Km au nord de Cotonou, Abomey était la capitale du royaume du Dã Homè (qui signifie en langue Fon "dans le ventre du roi Dã"), fondé au 17e siècle et qui donna son premier nom au pays, le Dahomey. La dynastie eut douze rois et fut très prospère grâce au commerce des esclaves (hé oui, c'est pas beau) et très expansionniste...
Au 19e siècle, le roi Gbéhanzin (ou Béhanzin), onzième de la dynastie du Dahomè, eut maille à partir avec les Français qui avaient déjà la mainmise sur Porto-Novo et Cotonou. Malgré de farouches combats auxquels participaient ses Amazones, authentiques guerrières, Gbéhanzin dut se rendre à l'armée française le 25 janvier 1894. Avant son départ en exil, d'abord en Martinique puis en Algérie, il proclama officiellement la suppression des sacrifices humains annuels qui avaient cours dans le royaume. Il mourut à Alger en 1906. Sa dépouille mortelle a été transférée à Abomey en 1928.
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R-J Lique

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Le Bénin est un pays calme, politiquement parlant. Depuis 1990 et la tenue d'une Conférence nationale qui a réinstauré le multipartisme, ce pays a connu trois président différents (Nicéphore Soglo, Mathieu Kérékou et actuellement le Dr. Yayi Boni) et diverses majorités à l'Assemblée nationale.
Même si les partis politiques ont encore une très forte base régionale, il n'y a pas de conflits ethniques latents.
La principale préoccupation des Béninois reste leur niveau de vie, et c'est surtout l'espérance d'une vie meilleure qui détermine leur choix politique.
Il n'y a pas de mouvements  rebelles connus ou actifs dans le pays.

Sur le plan touristique, les Béninois sont d'une gentillesse exquise. Vous serez surpris par l'absence de tracasseries lors des formalités douanières ou aéroportuaires.
A Cotonou, on peut prendre un taxi, voire un Zemidjan, à toute heure du jour ou de la nuit en toute sécurité.