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Grand Popo, l'étape obligée pour les amoureux de la mer et de la nature
Située à mi-chemin de Cotonou et de Lomé au Togo, Grand-Popo, c’est le paradis pour les amoureux de la mer et de la nature encore « sauvage ».
La nature, elle, elle en fait voir de toutes les couleurs à Grand-Popo, en rongeant lentement, minutieusement mais très régulièrement et très sûrement, son rivage. Et le problème, c’est que la nature, dans son travail de sape, elle est bien aidée par les hommes.

Par où commencer ? Tiens, par un rapport. Lequel voulez-vous ? Celui de 1990, l’autre de 1999, ou le tout dernier de décembre 2007 ? Des rapports sur les questions environnementales et les problèmes d’érosion marine au Bénin, il y en a eu des tonnes.
Amusez-vous cinq minutes. Allez sur Internet, ouvrez Google et pour lancer une recherche, tapez simplement ces mots : « érosion, barrage, grand-popo, bénin, togo ». Vous allez voir que les rapports sur la question, ça foisonne.
De celui du « Symposium de Cotonou sur le renforcement des capacités en évaluation environnementale », - un joli celui-là de 707 pages s’il vous plait – au dernier né « Rapport National sur l’Environnement Marin et Côtier du Bénin », rédigé en février 2007 pour le compte du ministère de l’Environnement et de la Protection de la Nature, tous font les mêmes constats : il y a bien sûr la mer, ses grosses vagues et ses courants changeants, mais il y a aussi les hommes, qui construisent des grands barrages hydroélectriques, comme celui d’Akossombo sur la Volta au Ghana ou celui de Nangbéto sur le fleuve Mono au Togo. Et ces barrages bloquent d’énormes quantités de sédiments qui ne se déversent plus dans la mer à l’embouchure des fleuves. Résultat, la mer peut continuer allègrement son travail de sape. Et dans la région de Grand-Popo, ça devient sérieux.
Le phénomène n’est pas nouveau. Le premier à se pencher sur la question fut un Français, Henri Hubert, qui nota qu’entre 1900 et 1905, la mer avait avancé de 7 mètres. Entre 1922 et 1944, selon les experts, Grand-Popo a même bien failli être engloutie. Des constructions y ont laissé leur peau. Mais la nature s’amuse aussi. Etonnement, le rivage a repris du poids, si l’on peut dire, entre 1982 et 1986, puis il perdu à nouveau brutalement 15 mètres de plage en seulement 18 mois.

Situé à 180 Km de l'embouchure du Mono, le barrage de Nangbéto a été mis en service en 1987. Et toujours selon les experts, ce barrage bloque pas moins de 100 000 m3 de sables et de sédiments qui logiquement devraient venir « engraisser » la côte. Et pire encore, quand il faut dégorger le barrage en période de crue, alors le brusque lâchage des eaux du fleuve emmène tout sur son passage.

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On arrête là pour les questions scientifiques, mais vous l’avez compris, Grand-Popo est attaquée sur son flanc avant par la mer et abandonnée sur son flanc arrière par le fleuve Mono. Personne n’a rien fait jusqu’à présent.
Les différents gouvernements béninois se sont assis sur les rapports, arguant le plus souvent d’un manque de moyens financiers. Mais les choses semblent toutefois bouger depuis l’arrivée au pouvoir du président Yayi Boni, qui a fait ajouter au ministère de l’Urbanisme et l’Habitat, une prérogative spécifique : la Lutte contre l’érosion côtière. Le président s’est rendu lui-même sur le rivage pour constater de visu les dégâts, ce qui n’est pas bien compliqué en soi, mais que n’ont jamais daigné faire ses prédécesseurs.
Le phénomène de l’érosion est devenu si grave au Bénin, qu’une association s’est créée. Son intitulé indique par lui-même l’ampleur du problème : le Front uni de lutte contre l’avancée de la mer (FULAM). Cette organisation rassemble les populations victimes de l’érosion côtière entre la ville de Sèmè tout à l’est du Bénin, près de la frontière avec le Nigeria, jusqu’à Grand-Popo, à l’ouest.
Sur la partie est de la côte, c’est la construction du port en eau profonde à Cotonou qui a ravagé toute la côte.
Bon, promis, on arrête-là pour les problèmes.

 

Grand PopoFinalement non, on continue. On va vous parler des problèmes des tortues de mer, car il y a en a au Bénin, qui viennent comme toutes les tortues de mer, chaque année, pondre des centaines de petits œufs dans un gros trou qu’elles creusent dans le sable, en haut des plages.
Quatre espèces de ces magnifiques animaux ont été répertoriées sur les côtes béninoises : la tortue olivâtre, la tortue luth, la tortue verte et la tortue imbriquée.
Une ONG, «  Nature Tropicale », s’occupe de leur protection, mais ce n’est pas facile bien que la capture des tortues soit interdite au Bénin.
Rien que sur la commune de Grand-Popo, un rapport indique qu’en 2001 par exemple, 1247 tortues ont été protégées et relâchées en mer, l’espèce la plus courante dans la région étant la Tortue olivâtre. Le problème des tortues, ce sont les pêcheurs, qui les prennent dans leur filet où elles se noient, ou alors qui les tuent tout simplement pour se venger quand elles ont endommagé leurs filets de pêche. Là encore il y a du travail, et là encore il y a la question d’argent et de moyens financiers qui entre en jeu.

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Bien. Promis, juré, on arrête avec les problèmes et les choses pas gaies.
Au fait, pourquoi dit-on « Grand-Popo » ? Tout simplement par ce que « popo » signifient pêcheurs en portugais. De l’autre côte de la frontière, on avait même baptisé un autre village, « Petit-Popo », qui est aujourd’hui la ville d’Aného au Togo. Les premiers arrivés sur cette côte furent les Portugais, qui y pratiquèrent bien évidemment la traite des Noirs.
Le commerce du “bois d’ébène” eut ses beaux jours à Ouidah et Grand-Popo, avant de décliner à partir de 1770 au profit de Porto-Novo,
Il reste encore quelques bâtisses de cette époque coloniale à Grand-Popo qui fut autrefois le premier port du Bénin, bien avant Cotonou.
Portugais, puis Allemands, puis Français s’y succédèrent jusqu’à ce qu’en 1857 les chefs de la tribu Mina vendent à la France la plage de Pla (Grand-Popo).
Bon, tout ça c’est bien beau, mais pourquoi vous nous parler de Grand-Popo ? Et bien tout simplement à cause de sa plage, fabuleuse, immense, souvent dangereuse mais si belle ! On peut malgré tout se baigner à la belle saison (voir ci-contre). Certains y pratiquent le surf ou la planche à voile.
Sable, cocotiers à perte de vue, pêcheurs qui franchissent avec courage et non sans peine la redoutavble barre que forge la mer à quelques encablures du rivage. Ça vaut le détour, croyez-nous.

R-J Lique
Grand Popo Grand Popo
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Grand-Popo et ses environs, en bref

  • Un peu plus de 40 000 habitants.
  • A égale distance de Lomé au Togo et de Cotonou (environ 80 Km).
  • La commune de Grand-Popo (289 km² au total) est située dans le département du Mono, au sud-ouest du Bénin, et comporte compte 44 villages étalés sur 7 arrondissements (Adjaha, Agoué, Avloh, Djanglanmè, Gbèhoué, Sazué, Grand Popo).
  • La région est dotée d’un très riche réseau hydrographique constitué du fleuve Mono, de la lagune de Grand-Popo (15 km2), de lac et de marais.
  • Deux saisons sèches : décembre à mars et août
  • Deux saisons pluvieuses : avril à juillet et septembre à novembre.
    Les pluies sont très abondantes en juin.
  • Septembre et mars sont les deux saisons de ponte intensive des tortues de mer.
  • La pêche aux requins a lieu entre juillet et mars.


Les fêtes

  • L’incontournable célébration nationale du vodou, le 10 janvier.
  • Une fête purement locale, la Nonvitcha, crée en 1921 par la diaspora en pour réunir dans la fraternité les membres des communautés Xwéda et Xwla. Elle a lieu tous les ans à la Pentecôte.
    La Nonvitcha est même enregistrée comme association sous le régime de la loi française de 19001, depuis 1933. On était encore à l’époque du Dahomey, colonie française.
  • En 2008, un artiste plasticien béninois, Prudencio Agbodandé, a réussi l’exploit d’y organiser un festival dénommé Gamesu (qui veut dire « il est temps ») pour sensibiliser la jeunesse béninoise aux arts plastiques.
    Allez voir son site et ses œuvres ICI
Ci-dessous la lagune d'Agoué
Agoué Agoué
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Des liens sur Grand-Popo
grandpopo.net : un site d'autochtones, avec des infos intéressantes sur le peuplement, la culture, et des photos.

reynier.com : un site d’un historien, avec beaucoup d’informations sur la colonisation allemande au Togo, qui a bien sûr « débordée » jusqu’à Grand-Popo
 
 
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