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Porto Novo, la capitale au parfum "Brazil"

Porto-Novo, le « nouveau port » en portugais. D’aucuns affirment que la capitale du Bénin doit son nom depuis 1730 au navigateur portugais, Eucharistus de Campos qui trouva dans cette localité une ressemblance avec la ville de Porto au Portugal. Rien n’est moins sûr.
Quant à la fondation du royaume de Porto-Novo par les autochtones, même les historiens béninois en débattent encore et ne sont même pas tout à fait sûrs que ce soit le roi Té-Agbanlin, un Adja qui a émigré vers le sud-est du Bénin, qui en soit vraiment le premier fondateur.

Ce dont on est sûr c’est que Porto-Novo, capitale administrative du Bénin, posée sur l’embouchure du fleuve Ouémé, est à une trentaine de kilomètre de Cotonou, la capitale économique où siègent tous les ministères et la présidence. Porto-Novo n’abrite que l’Assemblée nationale, aménagée dans l’ancien palais des gouverneurs français, qui avaient fait de cette ville le point de départ pour la conquête du Dahomey, le nom historique du Bénin.
La ville porte deux noms : « Hôgbonou » qui signifie « l'entrée de la grande maison » en langue Fon et « Adjatchè » en langue Yoruba.
Fons, Yorubas, Portugais, Français, mais aussi « Brésiliens », c’est-à-dire les anciens esclaves revenus au pays une fois libres, tout ce beau monde a laissé son empreinte culturelle et architecturale. Ne vous étonnez donc pas du cachet très particulier de la Grande mosquée, une réalisation quasi-unique en Afrique.
Ne vous étonnez pas non plus de voir trôner une gigantesque statue qui représente le dernier roi de Porto-Novo, située place Jean-Bayol tout juste à l’entrée de la ville.

Question musées vous aurez le choix entre le musée ethnographique "Alexandre Sènou Adandé ", le Musée Honmè et le musée da Silva.
Le musée ethnographique a été créé en 1966 sur des collections du Centre Régional de l'Institut Français d'Afrique Noire (IFAN). Le musée Honmè que les Porto-Noviens appellent « le Palais Royal » est tout simplement l’ancien palais des rois de Hogbonou. Enfin le musée da Silva, créé par cette famille d’afro-brésilien justement et dont on a parlé à propos de l’érosion côtière, est principalement axé sur l’histoire de l’esclavage.

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Mais délaissons un peu le passé pour nous projeter au 21e siècle, car Porto-Novo vient de se souvenir qu’elle était bel et bien la capitale du Bénin, avec un Grand « C » et qu’il lui faudrait peut-être un jour ou l’autre assumer ce rôle avec dignité.
Aussi, le nouveau président béninois Yayi Boni a ressorti des placards un peu poussièreux le Programme Spécial de Réhabilitation de la Ville de Porto-Novo, et en 2006, un forum avec toutes les autorités et opérateurs concernés par ce projet a accouché de nombreuses résolutions d’envergure.

Au programme : transfert effectif des institutions de l’Etat, en l’occurrence, la Présidence, les ministères et même les ambassades à Porto-Novo.
Et pour dynamiser la ville tombée quelque peu en léthargie, on envisage de déclarer « zone franche » pour une période de dix ans, Porto-Novo et ses environs à savoir les villes de Sèmè, Missérété, Adjarra et Avrankou.
Toujours sur le plan économique, on projette de reconstruire le port de Porto-Novo, pour dynamiser les échanges commerciaux avec le Nigeria. Ce port en eau profonde se situera à Sèmè, où l’on projette aussi la construction d’un nouvel aéroport.
Au programme encore, la mise en valeur de la cité lacustre des Aguégés complètement étouffée par sa grande rivale d’un point de vue notoriété, la cité lacustre de Ganvié.

Enfin, détail qui ne manque pas de sel, il est prévu aussi dans ce plan d’action « d’œuvrer pour le retour effectif des restes du Prophète Joseph Samuel Billéou Oschoffa au Bénin et ériger son mausolée ». Pour votre info, le sieur Joseph Samuel Billéou Oschoffa n’est autre que le fondateur de l’Eglise du christianisme céleste dont on vous a parlé à propos de la religion au Bénin, et qui est décédé et enterré au Nigeria. Le siège "mondial" de l'Eglise du christianisme céleste est basé à Porto-Novo.

Pour l’heure, l’homme qui est chargé de superviser tout ce programme est le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin, Ataou Soufiano. Il pourra travailler avec le tout nouveau maire de Porto-Novo, Moukaram Océni, membre du Parti du renouveau démocratique (Prd), élu aux communales en mai 2008.
De fait, la ville commence à bouger. On y a construit – et au Bénin c’est important -, le nouveau siège de la Fédération béninoise de football. On y montre celui de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (Haac) qui était à Cotonou.

Quant aux hommes, laissons le mot de la fin à un "local", l’un des plus anciens politiciens du pays, Albert Tévoédjrè, qui, s’adressant au président Yayi Boni après avoir été nommé médiateur de la République, lui rappelait les bonnes manières qu’il faut avoir avec les Porto-Noviens : « A Porto-Novo, nous sommes volontiers turbulents, parfois pagailleurs, toujours gouailleurs. Nous disons franchement ce que nous pensons, nous résistons à la contrainte injustifiée et nous aimons beaucoup le rire et la fête. Si vous savez transformer nos turbulences en plaisanteries, vous aurez toujours raison de nos apparentes rigidités ». R-J Lique

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