| Diamants
Quel est le premier producteur mondial de diamants ? La Russie, L'Afrique du Sud ? Le Canada ? Tout faux. C'est le Botswana. On a découvert du diamant dans le pays, un an et demi après son indépendance, le 30 septembre 1966. Qui produit ? L'incontournable sud-africaine De Beers bien sûr, mais associée à 50/50 avec le gouvernement botswanais dans la Debswana Diamond Company.
La production annuelle tourne autour de 32 millions de carats, dont 24 millions de diamants gemmes (qualité joaillerie) et 8 millions de diamants industriels.
Le prix moyen du carat du diamant du Botswana est d'environ 105 dollars US.
Résultat : le secteur du diamant représente 33 % du PIB et 82,9 % des exportations du pays.
Bushmen
Les Bushmen, ce n'est pas grand-chose. Quelques centaines d'aborigènes, les Basarwa plus précisément, qui appartiennent au grand groupe des San. On les trouve au Botswana, en Afrique du Sud et en Namibie.
Depuis 1997, les Bushmen du Botswana sont en guerre. Pas avec des kalachnikovs mais avec la justice de leur pays. Leur combat ? Retrouver leurs terres ancestrales dont ils ont été chassés au nom du développement touristique de la Réserve centrale de Kgalagadi, située au cœur du désert du Kalahari qui couvre 70 % du Botswana.
Les Bushmen estiment que leur déplacement forcé imposé par le gouvernement menace leur mode de vie traditionnel, où la chasse et la cueillette jouent un rôle essentiel. Ils revendiquent le droit de vivre sur leur terre. Ils ont, il est vrai, un peu le droit d'antériorité, puisque l'on croit savoir que leurs ancêtres étaient déjà là il y a quelque 60 000 ans. Excusez du peu.
La réserve de Kgalagadi, qui couvre plus de 52.000 km2 au centre du Botswana, a été créée en 1961 par le protectorat du Bechuanaland, cinq ans avant l'indépendance du pays. A l'époque, les aborigènes furent autorisés à y rester et à mener leur vie de chasseurs semi-nomades.
Dans les années 80, une sécheresse lamina la population animale, et le gouvernement, qui voulait développer le potentiel touristique de la région, décida d'adopter une ligne dure à l'encontre les Basarwa.
Au départ, il n'était question que de développement touristique. Mais le sous-sol s'en est mêlé. Le gouvernement a aujourd'hui dans ses cartons le projet d'une mine de diamants sur ce territoire pour un investissement de plus de deux milliards de dollars. De quoi expliquer sa fermeté.
Mais tenaces, soutenus par diverses ONG dont Survival International, les Bushmen qui avaient été expulsés de leur territoire en février 2002, ont intenté cette même année un procès à l'Etat, procès qu'ils ont gagné à l'issue d'une très longue bataille juridique qui s'est achevée devant la Haute Cour de justice du Botswana en décembre 2006.
La Cour a jugé que l’expulsion des Bushmen avait été "illégale et anticonstitutionnelle" et qu’ils avaient le droit de vivre dans leur territoire ancestral de la Réserve naturelle du Kalahari central et d’y pratiquer la chasse et la cueillette. Sur les 243 plaignants, près de 10 % ont eu le temps de mourir dans les camps où ils avaient été relocalisés avant ce verdict.
Reste que leur retour sur leur terre n'est pas encore des plus aisés et que le gouvernement fait tout pour leur mettre des bâtons dans les roues.

Okavango (ou Okawango, Cubango ou Kubango)
Si Dieu existe, il a dû bien se marrer : faire un fleuve immense, 2 560 km de long, et qui …n'en est pas un. Ou pas vraiment. L'Okavango prend sa source en Angola. Il commence là-bas, par le Rio Cubango, qui prend sa source dans le centre du pays, dans la province de Huambo. En descendant sur la Namibie voisine, mais toujours en Angola, il donne son nom, en compagnie d'une autre rivière, à une province, la province de Cuando Cubango. Puis il s'amuse un peu, en servant de frontière commune à l'Angola et à la Namibie sur environ 300 kilomètres, avant de piquer droit sur le Botswana, mais pour ce faire en traversant une mince bande du territoire de la Namibie.
Et c'est au Botswana qu'il se régale, en format le plus grand delta intérieur du monde. Point de mer à l'horizon, mais le désert du Kalahari dans lequel les eaux de l'Okavango vont se perdre, sur une surface de 15 000 Km 2.
Pour les scientifiques, quand un fleuve ne rejoint pas l'océan, ça s'appelle de l'endoréisme. Pour les touristes, ça s'appelle le paradis.
3000 espèces végétales, 20 espèces de grands mammifères herbivores, 450 espèces d’oiseaux, 95 de reptiles et d’amphibiens et 70 de poissons. On ne vous parle même pas des gros lions. Des milliers d'îlots, de canaux naturels, Enfin, sans jouer les scientifiques, ça représente tout ce dont vous vous avez toujours rêvé si vous avez un tant soit peu le goût de la faune et de la flore dite "sauvages". Et ça se visite en pirogues, en barques à fond plat qu'on appelle localement les mokoro.
C'est de l'or. De l'or bleu.
C’est même tellement de l'or que ça a failli déclencher une guerre entre la Namibie et le Botswana.
En 1997, une sécheresse terrible assèche littéralement la Namibie, qui est déjà des pays africains les plus arides qui soient.
Plus une goutte d'eau dans la capitale namibienne, Windhoek. Alors la Namibie envisage de détourner une partie des eaux de l’Okavango qui traverse son territoire pour alimenter au moins la capitale.
Pas du tout du goût du Botswana qui tire 10 % de son PIB grâce au tourisme dans le delta de l’Okavango.
La ville de Windhoek, au bord du désespoir, avait même mis en place un panneau lumineux géant pour afficher le compte à rebours de ses réserves en eau. Quand le panneau afficha qu'il n'en restait plus que 30 jours de réserve, Dieu, cette fois, a cessé de s'amuser : il plut.
J . Noumen
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