Blaise Compaoré réélu sans surprise après 23 ans de pouvoir
Le chef de l'Etat sortant, Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 1987, a remporté sans surprise l'élection présidentielle du 21 novembre avec plus de 80% des suffrages.
A 59 ans, il briguait théoriquement son dernier mandat mais son parti, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), a exprimé sa volonté de supprimer la limitation du nombre de mandats présidentiels, fixé à deux quinquennats aux termes de l'article 37 de la Constitution votée en 1991. Objectif : permettre à Blaise Compaoré de se représenter après 2015, un projet qu'il n'a pas exclu tout en se gardant d'indiquer son choix.
M. Compaoré a été réélu dès le premier tour avec plus de 1,35 million des voix, soit 80,2% des suffrages exprimés, selon les résultats proclamés par la Commission électorale nationale indépendante (Céni).
Ses deux principaux opposants, le député-maire de Dori (nord) Hama Arba Diallo (8,18%) et Bénéwendé Stanislas Sankara (6,34%), chef de file de l'opposition, sont loin derrière.
Hama Arba Diallo était investi candidat par le Parti pour la démocratie et le socialisme (PDS), le Parti africain de l’indépendance, (PAI), Faso Metba, le Front des forces socialistes (FFS), le Front patriotique pour le changement (FPC), et l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS
Bénéwendé Stanislas Sankara était de son parti, l’Union pour la Renaissance/ Mouvement Sankariste (UNIR/MS).
Les autres candidats étaient l'ex-commandant Boukary Kaboré (2,3%), dit "le lion", ancien compagnon d'armes du président Thomas Sankara (1983-1987), l'indépendant Maxime Kaboré (1,47%) et deux autres opposants, Pargui Emile Paré (0,85%) et François Ouampoussogo Kaboré (0,64%).
François Ouampoussogo Kaboré était le candidat du Parti pour la démocratie et le progrès/Parti socialiste (PDP/PS), fondé par l’historien Joseph Ki-Zerbo (décédé en 2006).
Quatre de ces candidats, Stanislas Sankara, Hama Arba Diallo, Boukary Kaboré et François Ouampoussogo Kaboré ont rejeté ces résultats, arguant de "graves irrégularités".
Sur 3,2 millions d’inscrits, la participation a atteint 54,9%. |