Principales villes : Abidjan, Bouake, Korhogo, Ferkessedougou, Man, Gagnoa, Daloa, San Pedro, Odienné
Président : Alassane Ouattara (remporte la présidentielle au 2ème tour, le 28 novembre 2010 et prêt serment le 6 mai 2011,après 5 mois de crise politico-militaire)
Premier ministre : Guillaume Soro (Forces nouvelles, ex-rébellion)
Parti au pouvoir : une coalition, le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) qui englobe le PDCI-RDA, le RDR, l'UDPCI, le MFA et les ex-rebelles des Forces nouvelles.
Ethnies : plus de 60 groupes ethniques, dont les Baoulé (23 %), Bété (18 %), Senoufo (15 %).
La Côte d'Ivoire en deux ou trois mots ? Rébellion, Bédié, Elections ?
La douloureuse histoire de la Côte d’Ivoire, de 1637 à 2011
C’est en 1637 que débarquent des premiers missionnaires français à Assinie près du Ghana. Ils n’étaient pas beaucoup. Cinq. Cinq missionnaires capucins venus de Saint-Malo. Pas assez pour oser affronter les populations locales, d’autant que les navigateurs portugais qui avaient déjà frayé sur la côte avaient surnommé le pays la "Côte des méchants hommes".
Méchants, les Krus du Sud-Ouest, les Sénoufos du Nord-Est ou les dioulas qui arpentaient déjà la région, commerce oblige ? Allez savoir. Peut-être tout simplement besoin de personne, d’autant que des royaumes puissants existaient bien avant l’arrivée des Blancs.
Nos missionnaires venus de Saint-Malo n’étaient pas les premiers à avoir foulé le sol de cette côte prometteuse comme en attestent les noms que les Portugais laissèrent aux ports de San-Pédro et de Sassandra.
En attendant la présidentielle …
Chronique d’une farce qui n’en est pas une
Voici, depuis la signature de l’Accord de paix de Marcoussis, en janvier 2003, les seuls faits et déclarations des acteurs politiques ivoiriens à propos de l’élection présidentielle.
Ce texte ne s’attache qu’aux accrocs purement politiques, laissant de côté les événements sanglants qui ont émaillé ces sept années. D'incalculables promesses ont été faites par tous les acteurs de la vie politique ivoirienne. Du "promis juré" au "sans aucun doute" en passant par "de manière certaine", la date de l'élection présidentiele fut annoncée mille fois, et par tous, et sans cesse reportée. Les Premiers ministres "inamovibles" passèrent. Les médiateurs internationaux ont rendu leur tablier. Quant au nombre d'accords signés, on ne compte plus …
Bref rappel : Laurent Gbagbo fut élu en octobre 2000, face au seul général Gueï. En septembre 2002, les rebelles du MPCI (Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire) échouent dans leur tentative de prise du pouvoir mais remettent en cause la légitimité du président Gbagbo. Des négociations de paix se tiennent à Marcoussis, en France, à l’issue desquelles Laurent Gbagbo est reconnu par toutes les parties présentes comme "président", son mandat devant s’achever en octobre 2005. Mais il doit déléguer la plus grande partie de ses pouvoirs à un Premier ministre "inamovible" chargé de conduire le pays à des élections générales, présidentielle et législatives, en octobre 2005.
Au lecteur de tirer lui-même les conclusions qui s’imposent. Quand on s’approche d’un accord, restez aux aguets car un nouveau coup de théâtre est sûrement en préparation. Attention aussi. C'est long, très, très long … Lire la très longue suite en quatorze épisodes
Rébellion
Retour sur le pourquoi d’une rébellion.
Le 19 septembre 2002, les rebelles du MPCI s’attaquaient au pouvoir du président Gbagbo. Sept ans plus tard, si les armes se sont tues, les causes profondes de cette rébellion ont-elles disparu ?
La fracture ethnique s’est-elle évaporée, quelques accords de paix aidant ? Même si, depuis mars 2007, le pouvoir se partage entre partisans du président Gbagbo et ex-rebelles "nordistes" pour la plupart, il faudra sans doute beaucoup d'années avant que les Ivoiriens ne se regardent plus comme des ennemis potentiels selon qu'ils soient Bété, Dioulas, Akhans ou encore Sénoufo, pour ne citer que quelques-unes des nombreuses ethnies qui forment la population de Côte d'Ivoire.
Le 19 septembre 2002, les rebelles du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI) tentaient en vain de prendre le pouvoir à Abidjan, alors que le président Laurent Gbagbo était en visite officielle en Italie. La motivation principale des rebelles était simple : briser une fois pour toutes le cercle infernal dans lequel se trouvaient enfermées les populations issues du Nord du pays, depuis que le président Henri Konan Bédié, qui avait succédé au "père" de la Nation Félix Houphouët-Boigny en 1993, avait lancé pour des raisons électorales le désastreux concept d'Ivoirité. Ce concept d'Ivoirité n’était rien d'autre qu'un artifice juridique à la seule fin d'exclure des élections, à la fois le principal représentant du Nord du pays, l'ancien Premier ministre Alassane Ouattara, en lui déniant la nationalité ivoirienne, mais aussi les électeurs qui lui étaient potentiellement favorables, en l'occurrence les populations originaires elles aussi du grand Nord ivoirien. En 2002, quand les rebelles du MPCI se sont emparé des préfectures de Korhogo ou de Bouaké, ils y ont trouvé des milliers de cartes d'identité dont les titulaires s'acharnaient en vain à en obtenir la délivrance. En langage clair, les "Touré", les "Koné" étaient devenus a priori des étrangers "potentiels" pour l'administration en place et des centaines de milliers d'Ivoiriens semblaient voués à ne plus avoir de nationalité du tout.
Comment le dauphin de Félix Houphouët-Boigny, qui inventa la désastreuse "ivoirité", a foncé droit dans le mur sous les yeux ébahis de la France
Henri Konan Bédié qui, en tant que président de l’Assemblée nationale et conformément à la Constitution de l’époque, a succédé à la tête de l’Etat au président Félix Houphouët-Boigny en décembre 1993, est un des principaux responsables des multiples crises politiques qui ont plongé la Côte d’Ivoire dans l’état où elle se trouve actuellement.
Quand le premier président de la Côte d’Ivoire, Félix Houphouët-Boigny, décède le 7 décembre 1993, l’avenir du dauphin est déjà tout tracé : depuis une modification constitutionnelle adoptée en novembre 1990, c’est au président de l'Assemblée nationale que revenait de terminer le mandat du chef de l'Etat en cas de décès, démission ou empêchement de ce dernier. Henri Konan Bédié qui était président de l’Assemblée nationale depuis 1980 devait donc tout naturellement succéder au « vieux » malgré quelques hésitations et réticences du Premier ministre de l’époque, un certain Alassane Ouattara, à lui remettre les clefs du pouvoir.
Trois ans plus tôt, en 1990, Houphouët-Boigny avait créé spécialement pour Ouattara le poste de Premier ministre, et lui avait quasiment donné carte blanche pour redresser l’économie du pays en crise depuis 1987, année où la Côte d’Ivoire annonça qu’elle était dans l’impossibilité de payer ses dettes extérieures.
Dès cette date, les deux hommes, Bédié et Ouattara, menèrent une guerre de l’ombre pour la succession à un Houphouët, déjà octogénaire.
Houphouët mort, Ouattara tentera en vain de faire bloquer par la Cour suprême la passation de pouvoir au profit de Bédié.
Aussi, Bédié accède-t-il à la présidence dans un contexte déjà hostile où des divisions étaient apparues au sein du parti historique de la Côte d’Ivoire, le PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire), au pouvoir depuis l’indépendance.
Quand Houphouët meurt en décembre 1993, Bédié n’a que deux ans devant lui pour asseoir son autorité, le mandant présidentiel dont il hérite arrivant à terme en septembre 1995. Ouattara, quant à lui, retourne à Washington pour devenir directeur général-ajoint du FMI, mais il garde un œil sur la politique ivoirienne, et le 27 juin 1994, ses partisans au sein du PDCI, emmenés par Djeny Kobina, créent un nouveau parti, le Rassemblement des Républicains (RDR).
Dès lors, Bédié sait qu’il aura deux adversaires à la présidentielle à venir : l’éternel opposant du régime, Laurent Gbagbo, leader du FPI (Front populaire ivoirien) et, sans aucun doute, Alassane Ouattara. Un peu lourd pour Bédié qui n’a jamais vraiment brillé en politique ni connu un parcours difficile et formateur. Lire la suite en onze épisodes