Les candidats
Difficile de s’y retrouver entre les anciens barons du parti au pouvoir, le PDG, les exclus du PDG, les candidats indépendants, les ministres démissionnaires, les ex-opposants ralliés au régime Bongo, et les ministres sortants tombés dans l’opposition, sans parler des candidats qui se désistent la veille du vote ou mieux, le jour même scrutin. Ainsi va le Gabon.
Candidats de la majorité au pouvoir
Ali Bongo Ondimba : 50 ans. Candidat officiel du Parti démocratique gabonais (PDG). Ali Bongo faisait face à 22 candidats jusqu'à l'annonce, du désistement de cinq d'entre eux en faveur de l'ex-ministre de l'Intérieur (2005-2009) André Mba Obame, laissant 18 candidats en lice.
Paul Mba Abessole : président du Rassemblement pour le Gabon (RPG). Etait vice-Premier ministre avant la présidentielle. Opposant historique d’Omar Bongo, le curé avait rallié le régime après avoir été élu maire de Libreville.
Pierre-Claver Maganga Moussavou : ex-ministre de l'Enseignement technique, candidat pour le Parti Social Démocrate, un parti de la majorité.
Né le 8 avril 1952 à Mouila (province de la Ngounié, sud), Pierre-Claver Maganga Moussavou a été conseiller économique et financier du président Bongo et contrôleur général d'Etat dans les années 1980. Il a été l'un de ses opposants avant de s'allier à lui. Plusieurs fois ministre et deux fois candidat à une élection présidentielle, il est député et conseiller municipal de Mouila.
Bienvenu Mauro Nguema : Mouvement de redressement national unioniste (Morena unioniste, à ne pas confondre avec l’autre Morena resté dans l’opposition)
Opposition
Pierre Mamboundou : de 62 ans, président de l'Union du peuple gabonais (UPG), candidat de l'Alliance pour le changement et la restauration (ACR), une coalition de cinq partis : son parti, deux formations de l'opposition - l'Alliance nationale des bâtisseurs (ANB) et le Parti socialiste gabonais (PSG) - ainsi que deux formations de la majorité sortante : l'Union pour la nouvelle République (UPNR, majorité) et le Rassemblement national des bûcherons (RNB).
Surnommé "l'homme en rouge" pour sa couleur de prédilection - signifiant "carton rouge" au régime. Le seul qui n’a jamais participé à un gouvernement sous Omar Bongo. Né le 6 novembre 1946 à Mouila (sud), Pierre Mamboundou est ingénieur des télécommunications. Il a étudié dans sa ville natale et à Libreville, puis en France.
Proche des milieux de l'opposition en exil, il a créé l'UPG en 1989 mais, accusé par le régime d'avoir fomenté un complot contre le président Bongo, il a été contraint à l'exil en 1990 au Sénégal. Condamné par contumace à dix ans de prison pour "atteinte à la sûreté de l'Etat", il est resté trois ans au Sénégal, avant de rentrer dans son pays en 1993.
Il a été maire, député et candidat malheureux à l'élection présidentielle de 1998.
Il n’a eu de cesse de dénoncer les listes électorales « gonflées » estimant qu’au-delà de 550.000 électeurs « nous sommes en pleine plaisanterie ».
André Mba Obame : surnommé "AMO" par ses partisans.
Ancien ministre de l'Intérieur, exclu du PDG au pouvoir le 15 août 2009, avant la présidentielle. Il a obtenu le ralliement deux jours avant le scrutin de 7 candidats déjà enregistrés comme tels, dont :
- Jean Eyéghé Ndong (un Fang, ex-Premier ministre, exclu du PDG le 15 août, avant la présidentielle. Jean Eyéghé Ndong avait démissionné le 17 juillet du poste de Premier ministre avant d'annoncer sa candidature en indépendant)
- Ernest Tomo (un pasteur)
- Michel dit Mehdi Teale (ancien ministre de la Communication, actuel premier adjoint au maire de Libreville)
- Jean Ntoutoume Ngoua (ancien président du patronat)
- Anna Claudine Assayi Ayo (dirigeante d'une église pentecôtiste)
Zacharie Myboto : 71 ans, pour l’Union Gabonaise pour la Démocratie et le Développement (UGDD).
Né en 1938 à Omoi (sud-est), ancien enseignant, Zacharie Myboto a été longtemps un proche du président Omar Bongo Ondimba et un notable, avant de rejoindre l'opposition en créant l'UDGG en avril 2005. Il avait entamé sa carrière politique sous les couleurs du PDG, a été député et plusieurs fois ministre pendant près d'un quart de siècle (Information, Travaux publics, Equipement). Il avait démissionné avec fracas du gouvernement en 2001 à la suite d'une campagne de critiques contre son action à la tête du ministère des Travaux publics.
Jules Aristide Bourdès Ogouliguendé : Congrès pour la démocratie et la Justice (CDJ) Ancien président de l'Assemblée nationale. Un ancien baron du PDG.
Luc Bengono Nsi : Mouvement de redressement national (Morena, opposition)
Indépendants
Casimir Oyé Mba : s'est désisté, le jour du scrutin sans donner de consigne de vote.
67 ans surnommé "Cam-la-Classe", un des barons du régime du président Omar Bongo dont il a été Premier ministre et ministre à plusieurs reprises. Egalement ancien gouverneur de la Banque des Etats de l'Afrique Centrale (BEAC). En Fang, l'ethnie à la majorité relative dans le pays (entre 30 et 40%)
"Je suis né de race noire, Gabonais et Fang. Comme d'autres naissent Bapunu, Myené, Bakota... Je suis fier d'être Fang, je souhaite que le Bapunu soit fier d'être Bapunu. Je ne suis pas le candidat des Fangs mais celui des Gabonais qui veulent un changement profond dans notre pays. Il y en a de toutes les ethnies", déclara-t-il pendant la campagne électorale.
Marcel Ntchoreret : Cercle Omega (majorité)
Bruno Ben Moubamba : chef d'un réseau d'ONG de la société civile. Il avait appelé à la création d’une Assemblée constituante afin de rédiger une nouvelle Constitution et à l’arrêt du processus électoral, brandissant la « menace d'un vote ethnique » et évoquant une « "ivoirisation" rampante ».
Victoire Lasséni Duboze : 42 ans, ancienne ministre de la Femme, a démissionné du PDG en 2008. Née le 17 novembre 1952 à Grand-Bassam (Côte d'Ivoire) d'un Gabonais et d'une Sénégalo-Gabonaise, mariée et mère de six enfants
Les exclus
Daniel Mengara Minko : président du groupuscule d'opposition Bongo doit partir (BDP-Gabon nouveau) Vit en exil aux Etats-Unis. N’a pas pu se présenter, sa candidature ayant été rejetée par la Cour constitutionnelle. Se dit "arbitrairement privé" de passeport depuis 2004.
Quadragénaire originaire de Minvoul (province du Woleu-Ntem, nord), Daniel Mengara a quitté son pays en 1990 pour des études supérieures d'abord en France, puis aux Etats-Unis où il a créé il y a onze ans le mouvement clandestin BDP. Depuis 1996, il est professeur à l'Université d'Etat de Montclair.
Martin Edzodzomo Ela, indépendant
Ignace Totapen Miyogo, indépendant
Arlette Ngombomoye, indépendante
Joseph Nkorouna, indépendant |