Amilcar Lopes Cabral très exactement, qui signait du pseudonyme "Abel Djassi" est l'homme qui a conduit le Cap Vert et la Guinée Bissau à l'indépendance, sans avoir eu la joie de connaître cet instant heureux puisqu'il est mort assassiné le 20 janvier en 1973 en Guinée Conakry.
Le Portugal a reconnu l'indépendance de la Guinée Bissau le 25 avril 1974 et le Cap Vert a proclamé son indépendance le 5 juillet 1975.
Dans ces deux pays, et même au-delà, Amilcar Cabral reste un mythe.
Amilcar Cabral est né à Bafata en Guinée Bissau. Son père, Juvenal, était un instituteur capverdien et sa mère, Iva Pinhel Evora, une couturière bissau-guinéenne. Après des études secondaires sur l'île de San Vicente au Cap Vert, il étudie à l'Institut d'agronomie de Lisbonne au Portugal.
Là, il fréquente d'autres futurs révolutionnaires issus des colonies portugaises comme les Angolais Agostinho Neto et Viriato Da Cruz, le Mozambicain Eduardo Mondlane (fondateur du Frelimo, qui fonderont "la maison de l'Afrique" (voir la biographie de Neto).
A la fin de ses études en 1952, il est envoyé en Guinée Bissau par les autorités portugaises pour y travailler comme agronome et y effectuer un recensement des terres cultivées et des zones forestières.
Peu à peu, il prend du galon : inspecteur général du commerce pour la Guinée en 1954.
Mais il n'abandonne pas pour autant ses idées nationalistes. En 1955, il crée le Mouvement pour l'Indépendance Nationale de la Guinée (MING), puis le 19 septembre 1956, le Parti Africain Indépendant (PAI), qui deviendra en 1964 le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC).
Ses compagnons sont alors Aristide Pereira, Rafael Barboza et son demi-frère, Luis Cabral (né lui d'une mère portugaise).
Au départ, les dirigeants du PAIGC ne veulent que négocier pacifiquement l'indépendance de leur pays. Mais le 3 août 1959, l'armée portugaise réprime dans le sang une grève des dockers au port "Pidjiguiti" de la capitale, Bissau. (Le monument Pidjiguiti en forme de poing sur la place des Héros Nationaux honore la mémoire des 50 dockers massacrés par les Portugais)
Bilan ? 50 morts. C'en est trop pour Cabral et ses compagnons qui se lancent alors dans la lutte armée.
Le 1er novembre 1960, ils créent le Mouvement de la libération de la Guinée et du Cap Vert (MLGCV), et ils sont alors activement soutenus par la Guinée Conakry de Sékou Touré. C'est à cette époque qu'Amilcar Cabral prend le pseudonyme d'Abel Djassi.
Petit à petit, les indépendantistes gagent du terrain au propre comme au figuré. Quand le PAIGC est officiellement créé lors de son premier congrès en février 1964, Cabral et ses hommes occupent déjà plus de la moitié de la Guinée Bissau. Entre temps, Cabral a pris du poids sur la scène internationale : il participe à toutes conférences tiers-mondistes de l'époque, fréquente « Che » Guevara, rencontre Fidel Castro à la Havane en 1966 et dénonce devant l'ONU l'occupation portugaise.
Le PAIGC a son quartier général à Conakry depuis 1961. C'est là qu'il est assassiné par un groupe emmené par un "dissident" du PAIGC, Mamadou Touré. Ce dernier sera lui-même rapidement exécuté, laissant plané le mystère sur les véritables commanditaires du meurtre de Cabral. Amilcar ne verra donc pas flotté le drapeau d'une Guinée Bissau indépendante, le 24 septembre 1974. C'est son frère, Luis, qui sera le premier président du pays.
R-J Lique
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