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Guinée Bissau
La noix de cajou

La noix de cajou, c’est à la fois la richesse et le malheur de la Guinée Bissau. Quand le cajou va, tout va. Mais quand les cours chutent ou que la production stagne, rien ne va plus dans ce pays où 90 % de la population rurale vit de la noix de cajou. C’est encore la première exportation du pays, en attendant le pétrole, et devant la pêche.
La récolte de la noix de cajou, fruit de l’anacardier, est un travail pénible, réservé aux …femmes et aux enfants. La saison de la récolte commence en mars et ensuite commencent les problèmes de la commercialisation. Cette année 2008, le gouvernement n'a pas fixé un prix de référence pour le kilo de noix, laissant le marché ouvert aux spéculateurs qui proposent aux paysans, non pas de la monnaie sonnante et trébuchante, mais du riz. C'est une vielle tradition en Guinée Bissau. On troque, selon les années, deux kg de noix de cajou contre un kg de riz.
Problème, le prix du riz augmente et de lui de la noix de cajou baisse. Résultat en 2007, la noix de cajou s'est vendue localement autour de 20 centimes de dollar le kilo, alors que le riz importé coûtait 50 centimes de dollar. Pas difficile de comprendre que pour le producteur de base, plus il produit, moins il gagne.

cajouAinsi, la petite noix que vous savourez en prenant l'apéritif un soir d'août au bord de la plage, a-t-elle considérablement augmenté de valeur en étant passé de main en main pour arriver même jusqu'en Inde, avant de revenir dans votre coupelle. C'est aussi tout le problème de la Guinée Bissau. Elle exporte des noix brutes, non décortiquées, un travail qui se fait en Inde justement. Ce pays est Premier producteur mondial de cajou, l'Inde est aussi le premier pays transformateur.
L'autre problème de la Guinée Bissau, c'est le Sénégal où il n'y a pas de taxes sur les exportations de cajou. Résultat, une bonne partie de la production bissau-guinéenne est vendue en contrebande de l'autre côté de la frontière où les commerçants peuvent offrir des prix d'achats plus élevés puisqu'ils ne paieront pas de taxes à l'export. Mais dans ce trafic, ce ne sont ni le paysan de base, ni l'Etat bissau-guinéen qui y gagnent. Le gouvernement de la Guinée Bissau voit ainsi s'envoler une grande partie de ses recettes douanières et portuaires même s'il a interdit toute exportation par voies terrestres.
Mais malgré tous ces aléas, la production augmente et est passée de 14.811 tonnes en 1990, à 91.350 tonnes en 2001 et 96 117 en 2007.

Deux variétés de cajou sont cultivées en Guinée Bissau : le cajou dit "de terre" ou cajou local et le cajou Mozambicain.
Le plus cultivé, le cajou de terre a été importé du Brésil au XVIIe siècle. Ses noix sont petites et pèsent entre 4 à 5 grammes.
Le cajou Mozambicain a été introduit, il y a une vingtaine d'années, à partir du Mozambique, bien entendu. Ses noix sont plus grosses et pèsent entre 6 et 8 grammes.
Si vous ne connaissez que l'amande sucrée salée, sachez que l'on peut faire aussi du jus de fruit, du vin de cajou et même du rhum ou de l'eau-de-vie. Un conseil : gare au rhum ! Il paraît qu'il tue plus qu'il n'enivre.
Rj Lique

 
 
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