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Guinée Bissau
Articles de la revue afrique-express - année 2002

Afrique-Express N° 244 Mercredi 06 février 2002

Le Premier ministre, nouveau président du parti au pouvoir

Le Premier ministre Alamara Nhassé a été élu président du Parti de la rénovation sociale (PRS), au cours d’un congrès extraordinaire qui s’est tenu mi-janvier. 59% des présents au congrès se sont prononcés en sa faveur, face à cinq autres candidats.
Les priorités d’Alamara Nhassé qui succède au président Kumba Yala, à la direction du PRS : restructurer le parti, en vue des élections de 2004.

La Ligue des droits de l’Homme décapitée par la justice

La Ligue bissau-guinéenne des droits de l’Homme a “dénoncé avec véhémence” les accusations de détournements de fonds portées contre son vice-président et son ancien président, Fernando Gomes, dont elle a exigé la “libération sans condition”.
Le vice-président de la Ligue, Joao Vaz Mané , avait été arrêté le 26 janvier et remis en liberté le 1er février. Fernando Gomes, aujourd’hui leader d’un parti d’opposition, l’Alliance socialiste guinéenne (ASG) , a quant à lui été purement arrêté.
Tous deux sont accusés d’avoir détourné des fonds alloués en 1998 à la Ligue des droits de l’Homme par une fondation néerlandaise. Pour l’ASG, l’arrestation de M. Gomes est “une persécution politique sans fondement”.

Nouveau parti d’opposition
Un 17 ème parti politique, le Parti de l’unité nationale, qui se réclame de l’opposition, va voir le jour. Le président-fondateur de ce parti, qui prend ses marques en vue des élections présidentielle et législatives de 2004, est un opérateur économique de 43 ans, Idrissa Diallo , qui n’avait pas manifesté publiquement jusqu’à présent d’engagement politique.

Afrique-Express N° 245 Jeudi 28 février 2002

Carlos Gomes, nouveau président du PAIGC

Carlos Gomes, 53 ans, a été élu le 7/02/2002 président du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap Vert (PAIGC), actuellement dans l’opposition.
Carlos Gomes a été élu à l’issue du deuxième tour de scrutin, par 367 voix (61.2%) contre 233 (38.8%) pour son adversaire Aristide Gomes. Francisco Benante, président sortant et Manel Saturnino Costa, avaient été éliminés dès le premier tour, où ils avaient obtenu respectivement 38 et 111 voix. Comptable de formation, M. Gomes avait été élu député du PAIGC en 1996.

L’ex-président de la Cour suprême et son adjoint libérés sous caution

L’ancien président de la Cour suprême de Guinée-Bissau et son adjoint ont été libérés sous caution le 13/02/2002, après avoir purgé trois mois de prison. Emiliano Nossolini dos Reis, ancien président de la Cour, et son adjoint Venancio Martins , sont accusés d’avoir détourné des fonds publics pour une valeur de 78 millions de FCFA.

Afrique-Express N° 247 Mardi 02 avril 2002

Nominations dans le gouvernement

Mme Fatoumata Djau Baldé, précédemment directrice de l’Institut national de la Mère et de l’Enfant, a été nommée secrétaire d’Etat au Tourisme , le 13/03/2002.

Malal Sané, ancien ministre de la Communication sous le régime de Joao Bernardo Vieira (renversé en 1999), a été nommé le 12/03 secrétaire d’Etat à la Pêche.

Delfim Da Silva, lui aussi ancien ministre des Affaires étrangères sous le régime de Joao Bernardo Vieira, a été nommé conseiller pour les Affaires diplomatiques et politiques avec rang de ministre d’Etat .
Le gouvernement dirigé par le Premier ministre Alamara Nhassé, a été formé le 12 décembre 2001.

Afrique-Express N° 248 Jeudi 18 avril 2002

Ouverture du “forum national de réconciliation”

Un “forum national pour la réconciliation” s’est ouvert le 15/04/2002 à Bissau avec la participation de quelque 80 intervenants de diverses sensibilités, autorités religieuses, armée, partis politiques et organisations des droits de l’Homme.
Le forum a pour but, selon ses organisateurs, “de promouvoir à travers un dialogue direct entre la société civile et les militaires, un climat de réconciliation et de consolidation du pouvoir politique et de la démocratie”.
Le thème des assises, organisées par le Bureau des Nations unies pour la Guinée-Bissau (UNOGBIS) en collaboration avec le gouvernement, est: “Dialogue national pour la démocratie et les droits de l’Homme”.
Ce forum s’ouvre au moment où la Guinée-Bissau traverse une situation économique et sociale difficile après deux crises politico-militaires. Dans un message transmis au forum par son conseiller juridique Juliano Ferreira, le président bissau-guinéen Kumba Yala s’est déclaré militant “d’un dialogue franc et sincère entre la société civile, l’armée, le gouvernement et l’opposition, sans démagogie et stratagème souterrains”. Il a exhorté ses voisins (Sénégal, Guinée, Gambie) à appuyer son pays dans le processus de renforcement de la démocratie, de la paix et du bon voisinage.
Le forum doit prendre fin avec la production d’un document intitulé “Déclaration de Bissau”. Le président menace d’arrêter son ex-Premier ministre Le président Kumba Yala a menacé le 05/04/2002 de “jeter en prison” son ancien Premier ministre Faustino Imbali , qu’il a accusé d’avoir détourné 2,2 millions de dollars destinés à l’armée. Kumba Yala avait déjà lancé le 29 mars ces accusations, fermement démenties peu après par M. Imbali. Faustino Imbali a été limogé en décembre dernier, après avoir dirigé le gouvernement pendant huit mois.

Afrique-Express N° 251 Mardi 18 juin 2002

Amnistie de putschistes présumés, arrestation d’autres

 Le président bissau-guinéen Kumba Yala a annoncé le 11/06/2002 une amnistie pour 169 personnes soupçonnées d’avoir participé à une tentative de coup d’Etat en décembre 2001, tout en révélant qu’une autre tentative de putsch a été déjouée en mai dernier.
Pour cette dernière tentative présumée, six personnes ont été arrêtées depuis le mois dernier, a précisé le président, lors d’une rencontre avec des diplomates, des officiers supérieurs, des responsables de l’administration et des membres de la société civile.
Selon le président Yala, toutes ces tentatives de putsch sont le fait de “réseaux parallèles” de Bissau-Guinéens installés dans le pays mais aussi en Gambie. Annonçant l’amnistie des 169 suspects de la tentative de décembre 2001, dont 47 demeuraient en prison, le chef de l’Etat a présenté à l’assistance une douzaine d’entre eux, remis en liberté, a-t-il dit, “au nom de la réconciliation nationale”.
Parmi eux se trouvaient huit hommes présentés comme des éléments du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) , qui lutte depuis près de vingt ans pour l’indépendance de cette région du sud du Sénégal, frontalière de la Guinée-Bissau.
“Les Nations unies se chargeront de faire sortir du pays les Sénégalais de Casamance, car ils n’ont pas de place ici”, a ajouté le président.
L’annonce de cette amnistie survient alors que se déroule au tribunal régional de Bissau le jugement d’autres putschistes présumés, accusés d’avoir pris part en novembre 2000 à une rébellion conduite par le général Ansumane Mané.
Celui-ci avait été tué en novembre 2000. Un ancien compagnon du général Ansumane Mané , a été condamné vendredi à huit ans de prison par le tribunal régional de Bissau pour “atteinte à la sûreté de l’Etat”. Il est reproché au commandant Agusto Gomes de Sà - et à quarante-six autres co-accusés - d’avoir participé à la tentative de coup d’Etat de novembre 2000.

Le commandant Agusto Gomes de Sà, a rejeté toutes les accusations portées contre lui, devant ses compagnons d’armes et dans une salle d’audience archi-comble. “Je n’ai jamais assisté à une réunion, ni parlé avec qui que ce soit de coup d’Etat”, a affirmé le prévenu avant d’ajouter : “j’ai tout simplement été sur -pris par des soldats en armes qui voulaient m’arrêter. Alors, j’ai tiré des coups de feu en l’air pour les disperser”.
L’avocat de M. Gomes de Sà, Me Pedro Infanda a déclaré à la presse qu’il fera appel du verdict car, selon lui, “aucune preuve n’a été présentée par le ministère public pour justifier une telle sentence”. L’opposant Fernando Gomes interdit de sortie du territoire Fernando Gomes, leader de l’Alliance Socialiste Guinéenne (ASG, opposition), est interdit de sortie du territoire de Guinée-Bissau par le Procureur général, depuis la mi-mai.
M. Gomes, ancien président de la Ligue guinéenne des Droit de l’Homme (LGDH) , a pu palper la réalité de cette mesure en ne pouvant se rendre au Brésil pour participer à un colloque internationale sur les droits de l’homme. Aucune charge judiciaire ne pèse actuellement sur lui. Il avait été arrêté en janvier avant d’être libéré sous caution. Il avait été mis en cause par un rapport d’audit d’une ONG hollandaise dont les financements en faveur de la LGDH avaient été détournés.

Afrique-Express N° 254 Lundi 02 septembre 2002

Nouvelle crise politique : le Premier ministre sur le départ ?

Les Bissau-Guinéens s’attendent à changer encore une fois de Premier ministre dans les prochaines semaines, la crise étant désormais ouverte entre le président Kumba Yala et le chef du gouvernement, Alamara Nhassé, en poste depuis huit mois.
Si la rupture devait être consommée, le pays aurait un troisième Premier ministre en moins de deux ans.
Le 25 août, le Premier ministre a fait part au grand jour de divergences avec le président, affirmant qu’il n’avait absolument pas été associé aux récents limogeages et nominations au sein du gouvernement et de la hiérarchie judiciaire. “Je n’ai jamais fait de proposition au président à propos du limogeage de qui que ce soit”, contrairement à ce qui est affirmé dans les décrets présidentiels, a déclaré M. Nhassé, président du Parti de la rénovation sociale (PRS), parti auquel appartient également Kumba Yala.

Les tensions entre le président Yala, au pouvoir depuis janvier 2000, et son actuel Premier ministre, auraient commencé début juillet. Le procureur de la République d’alors, Caetano Ntchama , avait accusé M. Nhassé d’ingérence dans les affaires judiciaires, lui reprochant d’être intervenu pour faire libérer plusieurs personnes soupçonnées de détournement de fonds.
M. Ntchama étant considéré comme un homme de confiance de Kumba Yala, le reproche avait été interprété comme venant du président lui-même. A la mi-août, sous la pression notamment du PRS, le président Yala limogeait cependant le procureur, en même temps que le président de la Cour suprême, sans que le Premier ministre soit, apparemment, consulté.
Le ministre de la Pêche , Artur Sanha , secrétaire général du PRS, était lui aussi remercié, puis nommé président de la Cour suprême. Une levée de boucliers s’en suivait, l’opposition jugeant inadmissible que le secrétaire général du parti au pouvoir, de surcroît mis en cause dans une affaire de meurtre, occupe ce poste.
Quatre jours plus tard, le 19 août, Artur Sanha était limogé de sa nouvelle fonction de procureur, des sources proches de la présidence affirmant qu’il avait lui-même refusé le poste.
Le 21, le PRS manifestait son “désaccord avec la décision du président” Yala, à qui il demandait de renommer M. Sanha à son poste de ministre de la Pêche. Le 24, deux autres figures du PRS, le ministre des Trans-ports et un secrétaire d’Etat, étaient à leur tour limogés du gouvernement. En plus d’un divorce entre le président et son Premier ministre, nombre d’observateurs s’attendent donc à une implosion du PRS.
M. Nhassé avait succédé à Kumba Yala en janvier dernier à la présidence du parti, dont l’actuel Premier ministre se prévaut du soutien, alors que le président compte sur celui de l’armée et de certains cadres du régime de l’ancien président Joao Bernardo Vieira, renversé en 1999.

Résultat des courses (provisoire)

Vu les incessants limogeages dans l’administration, voici les dernières hommes en poste. Pour combien de temps ? C’est une autre affaire.
Le président bissau-guinéen Kumba Yala a limogé le ministre des Transports et des communications, Certorio Biote , ainsi que le secrétaire d’Etat à l’Administration territoriale, Tibna Sambé Na Wana, ont tous deux été limogés. M. Biote n’a pas encore été remplacé au ministère des Transports et communications et le poste de secrétaire d’Etat à l’Administration territoriale a purement été supprimé.
Par ailleurs, Cirilo Cassama, ingénieur, a été nommé conseiller du président pour les Affaires de pêche, avec rang de ministre d’Etat.
Le président Yala avait déjà un conseiller chargé de la pêche, Oscar Suca Bal -dé. Aucune explication n’a été donnée concernant ces décisions présidentielles.
Le secrétaire général du PRS (parti présidentiel), Artur Sanha, qui était ministre de la Pêche, a été nommé à la mi-août président de la Cour suprême, mais il a aussitôt refusé ce poste, et a été remplacé par Mamadu Amiro Djalo, avocat, également membre de la direction du PRS.
La nomination de M. Sanha à la Cour suprême faisait suite au limogeage du procureur général et du président de la Cour suprême, Caetano Ntchama et Antonio Sedja Mam, considérés comme responsables de la multiplication des affaires juridico-politiques dans le pays.
Le ministère de la Pêche a été confié à Dionisio Cabi, précédemment ministre de la Justice. Le poste de ministre de la Justice est pour l’heure vacant. Le poste de procureur de la République est détenu (jusqu’à quand ?) par Mamadou Seido Baldé (ex-conseiller à la Cour suprême).

Prolongation du mandat de l’UNOGBIS jusqu’en décembre 2003

Le mandat du Bureau spécial des Nations unies à Bissau (UNOGBIS) , qui devait expirer à la fin de cette année, a été prolongé jusqu’en décembre 2003. Cette prolongation de la mission de l’UNOGBIS a été accordée à la demande des autorités bissau-guinéennes, selon David Stephen, représentant spécial de l’ONU à Bissau.
“Notre bureau est une mission d’appui à la réconciliation nationale. Nous n’allons pas nous mettre à la place des Bissau-guinéens, mais allons les appuyer dans la recherche de la paix”, a-t-il déclaré.

Créée à la fin du conflit politico-militaire (juin 1998 à mai 1999), l’UNOGBIS a pour mission de mettre en place des mécanismes pour la consolidation de la paix et de la réconciliation nationale. L’UNOGBIS s’occupe également de droits de l’Homme.

Nouvelle condamnation à 10 ans de prison ferme d’un proche du général Mané

 L’ex-commandant de la marine nationale , Mohamed Lamine Sanha, proche du défunt général Ansumane Mané, a été condamné le 13 août à 10 ans de prison ferme par le tribunal régional de Bissau. Reconnu coupable de “confiscation de pouvoir, association pour tentative de coup d’Etat et menace à la sécurité de l’Etat”, le commandant Sanha a écopé de la plus lourde peine jusque-là prononcée dans le cadre du procès des “hommes du général Mané”.
Le général Ansumane Mané, avait été accusé en novembre 2000 de tentative de coup d’Etat avant d’être abattu par les forces loyalistes alors qu’il était en fuite. Depuis, plusieurs officiers proches de lui ont été condamnés à des peines de prison ferme par la justice et d’autres attendent encore de connaître leur sort.

Afrique-Express N° 255 Mardi 17 septembre 2002

Le président Kumba Yala réussit l’exploit de diviser son propre camp
Le parti au pouvoir menacé de scission

Le secrétaire permanent du Parti de la rénovation sociale (PRS , au pouvoir), Artur Sanha , a menacé de quitter le parti et de fonder sa propre formation politique. “Le PRS doit résoudre immédiatement la crise économique actuelle, sinon, je claque la porte”, a-t-il lancé au cours d’une conférence de presse, le 12 septembre. Ainsi, a-t-il ajouté, “j’irai aux prochaines élections avec ma propre formation”. Les dissensions au sein du parti du président Kumba Yala se sont aggravées depuis le limogeage d’Artur Sanha du gouvernement, le 15 août dernier. M. Sanha était alors ministre de la Pêche et de la mer. Le PRS avait exigé son retour au gouvernement ce qu’a refusé le président Yala.

Coup de chauffe avec son Premier ministre

 Même si le Premier ministre Alamara Nhassé a qualifié de “petit malentendu qui a été vite réglé”, il y a bien eu un sérieux malaise entre lui et le président Kumba Yala. Avant que les deux hommes ne s’expliquent, le Premier qu’il n’avait pas été associé aux récents limogeages et nominations au sein du gouvernement et de la hiérarchie judiciaire. 

Un millier de mines détruites

Un millier de mines, dont 60% de mines antipersonnel, ont été détruites au cours d’une cérémonie organisée le 13/09 à Cabuca (200 km à l’est de Bissau). Cette cérémonie entrait dans le cadre de l’application de la convention d’Ottawa sur l’interdiction des mines antipersonnel dont la Guinée-Bissau est signataire. Quelque 4.000 mines ont été détruites depuis janvier dernier en Guinée-Bissau, mais environ 20.000 de ces engins sont encore disséminés dans le pays, essentiellement dans les quartiers périphériques de Bissau et des villages du sud et du nord du pays, selon l’ONG américaine Humaid, spécialisée dans le déminage d’engins explosifs.

Décès de Julio Semedo, ancien ministre des AE

Julio Semedo, qui fut ministre bissau-guinéen des Affaires étrangères de 1992 à 1996, sous la présidence de Joao Bernardo Vieira, est décédé le 12/09 à Lisbonne des suites d’une longue maladie. Ancien dirigeant du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap Vert (PAIGC, ex-parti unique) et ancien ambassadeur, M. Semedo était âgé de 54 ans.    

Afrique-Express N° 257 Jeudi 17 octobre 2002

Ambiance morose à Bissau après le 27e anniversaire de l’indépendance

 La Guinée-Bissau a célébré le mardi 24 septembre le 27e anniversaire de son indépendance dans une ambiance morose, marquée par une crise politique, économique et sociale persistante.
Le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC) , ancien parti unique, qui a conduit le pays à l’indépendance et se range maintenant dans l’opposition, a organisé un rassemblement dans la capitale, Bissau.
L’opposition depuis des mois dénonce le marasme économique et la mauvaise gestion des fonds publics. Les salaires des fonctionnaires accusent des arriérés de trois à quatre mois et les organisations syndicales promettent une série de grèves.
Le 27 septembre, le ministre de l’Administration interne (Intérieur), Rui Sanha, a été limogé par décret du président Kumba Yala, nouveau signe d’une crise interne au pouvoir.

Afrique-Express N° 258 Lundi 04 novembre 2002

L’ex-président de la transition, Malam Bacai Sanha, persécuté ?

 Au cours d’une conférence de presse le 29/10, l’ex-président sous la transition (mai 1999 à janvier 2000), Malam Bacai Sanha, a affirmé avoir été entendu le 25 octobre par les services secrets après avoir rencontré le ministre mozambicain des Affaires étrangères, Leonardo Simoes, qui accompagnait son président Joaquim Chissano lors de sa récente visite en Guinée-Bissau.
“C’est de la persécution politique, une humiliation et une atteinte à ma personnalité”, avait déclaré l’ex-président. M. Sanha aurait été entendu pour avoir violé les règles de sécurité mises en place à l’occasion de la visite de M. Chissano.
Candidat du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC, ex-parti unique), Malam Bacai Sanha était parvenu au deuxième tour de l’élection présidentielle de janvier 2000, remportée par Kumba Yala.
Evoquant son audience avec le ministre mozambicain, il s’est demandé si “être reçu par un ministre des Affaires étrangères constitue-t-il un acte criminel qui met en danger la sécurité de l’Etat ?”

Afrique-Express N° 259 Vendredi 29 novembre 2002

Nouveau Premier ministre
Nouveau gouvernement
Dissolution de l’Assemblée
Législatives le 23 février 2003
Un nouveau gouvernement dirigé par Mario Pires

Le nouveau Premier ministre Mario Pires, nommé le 16 novembre en remplacement d’Alamara Nhassé, a formé son gouvernement dès le 18 novembre. La nouvelle équipe de 20 membres, comprend 5 membres de moins que le précédent gouvernement limogé pour son “incapacité” à sortir le pays de la crise, selon le président Kumba Yala. Le gouvernement de M. Pires est marqué par une très forte domination du Parti de la rénovation sociale (PRS, au pouvoir), formation du président Yala. Il comprend douze ministres et sept secrétaires d’Etat en plus du poste de Premier ministre. Mario Pires a été nommé et chargé par le président Yala de former une équipe pour gérer les affaires courantes en attendant les prochaines élections législatives anticipées fixées au 23 février 2003. Le 15 novembre, le président Yala a dissout l’Assemblée nationale ce qui a entraîné la chute du gouvernement dirigé par M. Nhassé. Douze nouvelles personnalités font leur entrée dans le nouveau gouvernement qui compte trois femmes. 

Le gouvernement de Guinée Bissau, formé le 18 novembre 2002

Premier ministre : Mario Pires
Ministres
Présidence du conseil des ministres : José de Pina
Administration interne : Antonio Sedja Mam
Défense nationale : Commandant José Zamora Induta
Affaires étrangères, coopération et communautés : Joazinho Vieira
Justice : Vesà Gomes Naluak
Economie et finances : Rui Duarte Barros
Equipement social: Domingos Simoes Perreira
Agriculture, élevage, forêt et chasse : Daniel Suleimane Embalo,
Education nationale : Mme Filomena Lopes
Santé : Serifo Antonio Embalo
Commerce, Industrie, tourisme et artisanat : Botché Candé
Fonction publique, emploi et travail: Mme Filomena Mascarenha
Tipote
Secrétaires d’Etat :
Anciens combattants : Nhassé Na Man
Trésor, budget et Affaires Fiscales : Augusto Formose Mendes Correia
Jeunesse, culture et sports : Isidoro Alfonso Rodrigues
Pêche : Paulo Cirilo Cassama
Information : Joao Manuel Gomes
Energie et ressources naturelles : Mamadù Iaia Djalo
Solidarité sociale et emploi : Mme Fatumata Djau Baldé

A peine nommé, le ministre de la Défense remplacé

Le commandant de frégate Zamora Induta, nommé ministre de la Défense dans le gouvernement formé par Mario Pires, a été remplacé dès le lendemain par Marcelino Simoes Lopes Cabral .
Le commandant Induta, en formation aux Etats-Unis, a lui-même décliné l’offre. M. Cabral, nouveau titulaire du portefeuille de la Défense était auparavant conseiller du président Kumba Yala pour les Affaires de défense.
Le commandant de frégate Zamora Induta est un ancien porte-parole de la junte militaire du défunt général Ansumane Mané. Cette junte avait déclenché une rébellion politico-militaire (entre juin 1998 et mai 1999) ayant mis fin au régime de l’ex-président Joao Bernardo Vieira et permis l’organisation d’élections démocratiques après une courte période de transition.
Un autre membre de cette junte, Isidoro Alfonso Rodrigues , dit “Nuno” , qui était entre-temps devenu porte-parole du président Yala, se voit confier le secrétariat d’Etat à la Jeunesse et aux sports. Les Affaires étrangères reviennent également à un nouveau venu, Joazinho Vieira Co, précédemment ambassadeur de la Guinée Bissau à Lisbonne.
Le ministère de l’Intérieur est occupé par Antonio Sedja Mam, confirmé à un poste qu’il détenait déjà “par intérim” dans le précédent gouvernement.
Les trois femmes du gouvernement sont Filomena Lopes, à l’Education nationale, Filomena Mascarenhas Tipote, ex-ministre des Affaires étrangères maintenant chargée du portefeuille de la Fonction publique et du travail, et Fatumata Djau Baldé, nommée secrétaire d’Etat à la Solidarité sociale et à l’emploi.

Rappel : M. Yala a justifié sa décision par la situation de “crise économique très difficile, voire critique” , que traverse le pays. Une crise ouverte était apparue en août dernier au sommet de l’Etat, notamment entre le président et son Premier ministre Alamara Nhassé, tous deux issus du Parti de la rénovation sociale (PRS) .
Le 25 août dernier, le Premier ministre Nhassé avait fait part de divergences avec le président, affirmant qu’il n’avait pas été associé à des limogeages et nominations au sein du gouvernement et de l’appareil judiciaire avant de déclarer quelques jours plus tard que le “petit malentendu (avait) été vite réglé”.
La Guinée-Bissau est plongée dans le chaos depuis la rébellion politico- militaire de juin 1998. Cette insurrection, dirigée par le général Ansumane Mané, avait abouti en mai 1999 au renversement du président de l’époque, Joao Bernardo Vieira, et à une période de transition suivie d’élections jugées démocratiques.
En novembre 2000, le général Mané avait dirigé une nouvelle tentative de coup d’Etat contre le président démocratiquement élu, Kumba Yala, avant d’être abattu par les forces loyalistes. Mario Pires, père de 5 enfants, est économiste de formation. Membre-fondateur du Parti de la rénovation sociale (PRS, au pouvoir), il est le quatrième Premier ministre de la Guinée-Bissau en l’espace de deux ans, après Caetano Ntchama, Faustino F. Imbali et Alamara Nhassé.

Un nouveau parti d’opposition

 Le 24ème parti politique, le Mouvement pour la démocratie en Guinée- Bissau (MDG), qui se réclame de l’opposition, a vu le jour. Le MDG prône “un socialisme rationnel (comme) alternative à la crise sociale, économique et politique que traverse notre pays”, a déclaré son leader, le juriste Silvestre Alves , 42 ans. Silvestre Alves a été le représentant en Europe de la junte du général Ansumane Mané.

Coup de pouce libyen pour payer les fonctionnaires 

Dès son retour, le 6 novembre d’un voyage de quatre jours en Libye, le président Kumba Yala a remis à son ministre des Finances une somme de 1,350 million de dollars destinée au paiement des fonctionnaires. Aucune indication n’a cependant été fournie officiellement sur l’origine de ces fonds. “Nos relations avec la Libye sont au plus haut”, a seulement déclaré le président Yala à sa descente d’avion.
Recevant dans son cabinet les membres du gouvernement, les représentants des syndicats et des forces armées, le chef de l’Etat a remis au ministre des Finances, Rui Barros, une valise contenant 1,350 million de dollars, en liasses de billets verts qui ont été exhibées devant la presse.
Selon le président, ce montant “est destiné exclusivement à payer les arriérés de salaires de cinq ministères” (Intérieur, Santé, Education, Communication et Anciens combattants). Quelques semaines plus tôt, le président Yala avait payé cash 500.000 dollars aux forces armées, également pour régler un problème d’arriérés de soldes. 

Afrique-Express N° 260 Jeudi 12 décembre 2002

Prison avec sursis pour l'ex-président de la Ligue des droits de l'homme

Fernando Gomes, l'ex-président de la Ligue bissau-guinéenne des droits de l'Homme (LGDH), a été condamné le 4/12/02 par le tribunal régional de Bissau à deux mois de prison avec sursis.
M. Gomes, qui dirige maintenant un parti d'opposition, l'Alliance socialiste, a été reconnu coupable d'"abus de biens sociaux, non respect des procédures administratives, et abus de confiance", selon le tribunal.
L'ex-président de la LGDH avait été mis en cause en 1999 dans un rapport d'audit sur l'utilisation des fonds d'une ONG hollandaise, dont les financements en faveur de l'association avaient été détournés.
Ses avocats ont décidé d'interjeter appel.
"La peine n'aura aucun effet sur les activités politiques de mon client", a déclaré un de ses défenseurs, Me Amine Saad.
Un autre militant de la LGDH, Joao Vaz Mané, ex-responsable des finances de la ligue, a quant à lui été condamné à une peine de deux ans de prison muée en une amende de 292.000 F.CFA (445 euros).
En 1999, la LGDH avait reçu de l'ONG Hollandaise Novib 125.000 florins (environ 56.406 euros), destinés à l'aide d'urgence en faveur de personnes déplacées lors du conflit politico-militaire de juin 1998.
Le successeur de M. Gomes à la tête de ligue, Iniacio Tavares, avait par la suite dénoncé auprès du président Kumba Yala sa "mauvaise gestion" de ces fonds.
M. Gomes, qui a été plusieurs fois entendu par la justice, a toujours plaidé non coupable, s'appuyant sur un autre rapport d'audit effectué par un cabinet local et qui n'a décelé aucune irrégularité dans sa gestion des fonds en question.
"Je suis victime de persécution politique", a-t-il déclaré à la fin de l'audience précisant que "ni Novib, ni la LGDH n'ont porté plainte" contre lui.

Remplacement du ministre de l'Economie et des Finances

Le président bissau-guinéen, Kumba Yala, a mis fin le 4/12/02 aux fonctions de Rui Duarte de Barros au ministère de l'Economie et des Finances. Son poste est confié à Augusto Ussumane So, qui était chef de département au ministère des Finances. M. de Barros, ministre de l'Economie depuis juin 2000, avait été reconduit dans le gouvernement formé le 18 novembre dernier par le nouveau Premier ministre, Mario Pires.
M. de Barros est appelé à de nouvelles fonctions dans les instances de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) à Ouagadougou.

 
 
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