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Guinée Bissau
Articles de la revue afrique-express - année 2005

Afrique-Express 09/03/2005

La secte musulmane Hamadya de nouveau interdite

Le gouvernement a décidé de suspendre "jusqu'à nouvel ordre les activités de la secte Hamadya", a déclaré le 9 mars le ministre de la Communication et porte parole du gouvernement, Filomeno Lobo De Pina.
Selon le ministre, cette interdiction a pour but de "sauvegarder l'unité nationale" menacée par un conflit "dont les conséquences sont imprévisibles" au sein de la communauté musulmane.
Les activités de la secte avaient été une première fois interdites en août 2001 par le président Kumba Yala, qui avait également expulsé cinq de ses dirigeants pakistanais, leur reprochant "d'installer un climat d'instabilité" du fait de problèmes de cohabitation avec d'autres confréries.
Hamadya avait été autorisée à reprendre ses activités en janvier dernier à la suite d'une décision de justice notamment contestée par des musulmans de Gabu, une localité à prédominance musulmane à 200 km à l'est de Bissau.
En février, des adeptes d'Hamadya avaient été agressés physiquement par un groupe de musulmans opposés à leur présence dans cette localité.
"Certains politiciens mal intentionnés" sont en train d'attiser ce conflit "en incitant d'autres musulmans à la révolte contre leurs frères de la secte Hamadya", a expliqué le ministre de la Communication.
Principalement installée dans le sud et le nord de la Guinée-Bissau, la secte, d'origine pakistanaise et basée à Londres, compte plusieurs dizaines de milliers de fidèles, une trentaine de mosquées, d'écoles coraniques et un centre hospitalier à Bafata (est).
La Guinée Bissau compte 60% d'animistes et 35% de musulmans pour une population d'un peu plus d'un million d'habitants.

Afrique-Express 16/05/2005

Présidentielle du 19 juin
Tous les anciens présidents candidats

Les autorités et acteurs de la vie politique de Guinée-Bissau ont décidé de manière "consensuelle", d'organiser le 19 juin l'élection présidentielle qui mettra fin à la période de transition entamée après le renversement de Kumba Yala, en septembre 2003.
Cette présidentielle devait initialement se tenir en mai, conformément à la Charte de transition, qui fait office de Constitution et fut signée au lendemain du putsch.
Les signataires de cette charte - représentant des autorités, des partis, du comité militaire et de la société civile - ont fixé finalement la date du 19 juin à l'issue d'une concertation.
Les partis ont demandé au gouvernement de tout mettre en œuvre pour que l'élection se tienne à la date choisie et ils l'ont également invité à faire preuve d'un "engagement sérieux" pour la bonne marche du recensement électoral.
Une "annexe" à la Charte de transition stipule que le mandat du président de la transition s'achève le jour de l'investiture du président élu, et non plus le 8 mai comme initialement prévu par la Charte.
En Guinée-Bissau, l'élection présidentielle est prévue sur deux tours. Dans le cas où aucun des candidats en lice n'obtient la majorité absolue au premier tour, un second scrutin est prévu trois semaines après la publication des résultats du premier tour.
En mars 2004, la communauté internationale avait salué le bon déroulement des élections législatives.

Des candidats en nombre

Nissau-affiches électoralesMalam Bacai Sanha a été désigné par le comité central du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert (PAIGC), formation au pouvoir, pour être candidat à l'élection présidentielle.
Agé de 58 ans, marié et père de trois enfants, M. Sanha a été choisi à l'issue d'un vote au sein du comité central du PAIGC avec 197 voix sur 260.
Il avait déjà été président pendant une période de transition entre mai 1999 et janvier 2000, suite au renversement par une junte militaire du président Joao Bernardo Vieira.
Il avait à la fin de cette période de transition été candidat malheureux à la dernière présidentielle, perdue au deuxième tour face à Kumba Yala.
Le PAIGC avait obtenu lors de législatives en mars 2004 une majorité relative au parlement et assure depuis le gouvernement du pays.
Parmi les autres candidats officiellement déclarés pour cette présidentielle figurent Iancuba Indjai, du Parti de la solidarité et du travail (PST) et l'ancien Premier ministre Francisco Fadul, du Parti uni social-démocrate (PUSD). Francisco Fadul, qui a été Premier ministre de Guinée-Bissau de mai à novembre 1999. Créé en 1992 par feu Victor Saude Maria, le PUSD a connu une ascension fulgurante lors des législatives de mars 2004 où il s'est classé en troisième position derrière le PAIGC (vainqueur avec 45 sièges) et l'ancien parti au pouvoir le Parti pour la rénovation sociale (PRS) de l'ancien président Kumba Yala ( 35 sièges).
Avec 17 sièges, le PUSD est la deuxième formation de l'opposition au parlement mais Il est miné par de nombreuses dissensions internes.
Malgré l'interdiction de mener des activités politiques qui pèse sur lui, l'ancien président Kumba Yala a été investi comme candidat par son Parti de la rénovation sociale (PRS), le 27 mars, avec 84% des voix contre Yaya Djalo, autre candidat à l'investiture n'ayant obtenu que 8,1% des suffrages. Il a donné un coup de chauffe à la vie politique en déclarant le 13 mars : "Ma renonciation au pouvoir est nulle et non avenue, car j`ai été contraint par plus de 40 hommes armés à le faire ». Une manière de se considérer encore comme « président en exercice».
L'ancien président Joao Bernardo Vieira, dit « Nino », renversé par un coup d'Etat en 1999 , devrait lui aussi être candidat, soutenu par une tendance qui lui est favorable au sein du PAIGC.
Ce mouvement a été créé par un groupe de militants du PAIGC, mécontents du choix de Malam Bacai Sahna comme candidat de ce parti. Il regroupe plusieurs membres du bureau politique du PAIGC, notamment son vice-président, Aristide Gomes. En avril dernier, Joao Bernardo Vieira était rentré d'exil pour soumettre sa candidature à l'élection présidentielle, mais il n'est pas encore revenu définitivement pour lancer sa campagne électorale.
Enfin, le parti socialiste de Guinée-Bissau(PSG) a choisi Cirilo Augusto Rodrigues de Oliveira pour être son candidat.

Présidentielle 2005
Joao Bernardo Vieira élu face à Malam Bacai Sanha

L’élection présidentielle du 24 juillet 2005, qui opposait au deuxième tour deux anciens présidents, Joao Bernardo Vieira et Malam Bacai Sanha, candidat du Parti africain pour l`indépendance de la Guinée-Bissau et les îles du Cap-Vert (PAIGC), a vu la victoire de « Nino » Vieira avec 52,35 % des suffrages contre 47,65% à Malam Bacai Sanah.
La campagne électorale fut particulièrement tendue en raison du retour sur la scène politique de Joao Bernardo Vieira après des années d’exil au Portugal (depuis 1999). Au premier tour était également en lice, un autre ancien président, Kumba Yala. Kumba Yala battu au premier tour avait apporté son soutien à « Nino » Vieira pour le deuxième tour.
Entre les deux tours, plusieurs attaques armées avaient eu lieu. Outre le Palais présidentiel, les assaillants avaient tenté, sans succès, de pénétrer dans le ministère de l'Intérieur, le bâtiment de la Marine nationale à Pindjiguity (centre-ville), ceux de l'Etat-major à Santa Luzia (sud de Bissau) et le siège de la Brigade motorisée à Bra (au nord de la capitale).


 

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