Métissage
La population malgache est issue du brassage de peuples aux origines lointaines, venus d'Asie (Indonésie) et d'Afrique. Il en résulte un formidable métissage, tant culturel (notamment dans la langue malgache-Malagasy) que physique.
On dénombre pas moins de 20 "peuples" ou groupes ethniques à Madagascar, des Merinas "indonésiens" des hauts-plateaux, aux Bara, d'origine bantou, qui vivent dans le Sud de la Grande Ile.
Même si les goûts et les couleurs, on sait bien que ça se discute, difficile de ne pas avoir le regard qui souvent chavire.
Rois et Reines
Autre caractéristique de Madagascar, la structuration politique du pays, qui a pris corps depuis le début du XIVe siècle jusqu'à la colonisation française (1885). Dès 1300, le peuple Mérina des Hauts Plateaux se dota d'une structure quasi monarchique, qui atteignit son apogée avec le roi Ralambo (1575-1610). Comment ne pas mentionner la "sévère" Ranavalona I ère, épouse et successeur du roi Radama I, qui a régné de 1828 à 1861, en menant une guerre sans merci aux étrangers tout en laissant libre cours à l'industriel français, Jean Laborde.
La complexité des différents royaumes qui se sont succédé jusqu'à l'arrivée du colonisateur a donné lieu à d'innombrables travaux d'historiens mais aussi à de nombreuses polémiques entre Malgaches eux-mêmes (voir les liens sur le pays). Domination des uns, assujettissement des autres, tout ceci ne fleure pas bon l'entente cordiale, et l'on retrouve bien évidemment jusqu'à présent des relents de ces griefs du passé dans de sourdes haines "politico-ethniques" qui cachent leurs noms.

Vanille
On aurait pu vous parler du Lémurien, étonnant animal que l'on ne trouve pratiquement plus qu'à Madagascar, mais comment ne pas évoquer la Vanille, dont la Grande Ile fut, jusque dans les années 1990, le premier producteur mondial ? La culture de la vanille fut introduite à Madagascar en 1871. Et la filière vanille, c'est toujours 80 000 planteurs, 6000 préparateurs et une trentaine d'exportateurs.
La ville d'Antalaha, située dans le Nord de Madagascar, reste encore et sans doute pour toujours la "capitale mondiale de la vanille".
Laborde
Prénom : Jean. Industriel ? Non. Maçon ? Non. Architecte ? Non. Charpentier ? Forgeron ? Non. Et pourtant tout à la fois. Personnage incroyable, qui échoua à Madagascar le 8 novembre 1831 en même temps que le navire sur lequel il était monté à Bombay en Inde, il laissa une empreinte indéniable tant par ses constructions que par le développement de l'industrie dans la Grande Ile.
Quand on débarque pour la première fois à Madagascar, ce doute qui vous envahit et qui fait que l'on n'est pas vraiment sûr d'être en Afrique, c'est en partie de sa faute. Ces splendides bâtisses aux toits de tuiles et aux murs en briques, c'est à lui qu'on les doit. Une architecture incomparable. L'homme, qui travailla pour le compte de la reine Ranavalona 1e, se lança dans tous les domaines, jusqu'à la création d'une ville entièrement consacrée à ses industries, Mantasoa, située à 40 kilomètres environ de Tananarive. Il fit construire en 1839 pour la Reine Ranavalona 1e le palais Manjakamiadana, un palais totalement en bois haut de 40 mètres. Pour faire porter le bois nécessaire à cette construction gigantesque de la côte jusqu'à Antananarivo, quelque 5 000 hommes, quasi-esclaves, furent mis à contribution.
Jean Laborde fut nommé consul et agent de la France à Tananarive par Napoléon III en 1862, mais l'assassinat du roi Radarna II, en mai 1863, mettra fin à son influence. Il mourra de maladie le 27 décembre 1878, et sera enterré dans un tombeau qu'il s'était lui-même fait bâtir à Mantasoa.

Fabuleuse
Fabuleuse île, fabuleuse population, fabuleux paysage, faune mystérieuse, plages de rêve, Madagascar bouleverse, Madagascar envoûte, mais Madagascar chagrine aussi et Madagascar révolte.
Paradis touristique certes, mais comment rester indifférent à tant de misères au milieu de tant de richesses ? Sables blancs, éclats des pierres précieuses - saphir, rubis et autres émeraudes - rougeur chatoyante du palissandre, bleuté des rizières qui s'évapore dans le lointain, tout ceci passe bien au-dessus de la tête des pauvres esclaves des temps modernes qui courent chaque jour trimer comme des hordes de fourmis dans les usines des fameuses zones franches d'Antananarivo, où l'on confectionne à bas prix, grâce à de très bas salaires, chemises et t-shirt qui emplissent les étalages des supermarchés occidentaux.
Ah, la belle "compétitivité" de la main-d‘œuvre malgache ! "Pour le coût de fabrication d’une chemise française, on peut produire 4 en Tunisie et au Maroc, 10 en Chine ou en Inde et 12 à Madagascar", écrivait dans un rapport, fin 2006, Jean-François Limantour, président du Cercle euro méditerranéen textile-habillement. C'est tout dire.
R-J Lique |