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Mali
Articles de la revue Afrique-Express - Année 1997 (1ère partie)

N° 132 du Lundi 13 janvier 1997

Région de Kayes : table ronde internationale les 27-29 janvier pour freiner l'émigration

Une table ronde internationale se tiendra du 27 au 29 janvier à Kayes (nord-ouest du Mali) afin de tenter de freiner l'émigration de la population de cette région déshéritée et enclavée vers l'Afrique et l'Europe, et plus particulièrement la France.
L'ambassade du Mali à Paris indique dans un communiqué que quelque 300 participants y sont attendus.
Outre les représentants de l'Etat malien, seront présents les délégués de la région de Kayes, des organismes de coopération bilatérale et multilatérale, des représentants des habitants de Kayes à l'étranger, de la coopération décentralisée, des organisations non gouvernementales et des ambassades du Mali dans les pays à forte immigration malienne.
L'objectif recherché de cette table ronde est "d'engager des discussions sur les stratégies et les politiques de développement, de sensibiliser les populations et les partenaires et de mobiliser les ressources humaines et financières pour faire de la région un pôle de croissance économique".
L'idée de cette table ronde était née au cours d'une visite en septembre dernier au Mali du ministre français de la Coopération Jacques Godfrain. Bien que prévue de longue date, la visite du ministre était apparue à l'époque comme une démarche française pour dissiper le malaise créé alors par l'expulsion de Maliens sans papiers de l'église Saint-Bernard à Paris.
Trois Maliens sans-papiers, qui avaient fait une grève de la faim et participé l'été dernier à l'occupation de l'église Saint-Bernard, viennent encore d'être expulsés début janvier vers Bamako, portant à 18 le nombre d'expulsés qui avaient participé à l'occupation de l'église parisienne.

Code électoral : l'Assemblée adopte un nouveau texte voté par une partie de l'opposition

L'Assemblée Nationale a adopté un nouveau code électoral remplaçant celui adopté en septembre et dont certaines dispositions avaient été jugées non conformes à la constitution par la Cour suprême.
Ce nouveau code a été adopté par 78 voix, tandis que 15 députés d'une partie de l'opposition, regroupée au sein du Rassemblement des Forces Patriotiques (RFP), n'ont pas participé au vote, estimant que le code n'était pas "consensuel".
Un autre groupe de l'opposition, animé notamment par le MIRIA, démembrement du parti majoritaire ADEMA, a voté le code le jugeant "acceptable mais non parfait".
Dans le nouveau code, le mode de scrutin sera proportionnel pour les communales et majoritaire à deux tours pour les législatives et les présidentielles.
Les candidatures indépendantes sont autorisées, mais les votes par correspondance ou par ordonnance sont supprimés ainsi que le parrainage des candidatures à l'élection présidentielle.

Une Commission électorale indépendante

La Commission électorale nationale indépendante, (CENI) chargée de l'organisation des scrutins sera composée de 30 membres: 14 représentants de partis politiques (à raison de 7 pour l'opposition et 7 pour la majorité), 8 de l'Administration et 8 de la société civile.
Contrairement à l'ancien code, le nouveau précise que la CENI n'a pas compétence pour trancher les différends électoraux, cette compétence étant dévolue à la Cour constitutionnelle.
Aucune date n'a encore retenue pour les élections communales, législatives et présidentielles qui sont toutefois prévues dans le courant de l'année.
Dans ses vœux du jour de l'an, le président Alpha Oumar Konaré a invité la classe politique du pays à observer une trêve afin que les prochaines élections, "premier test d'une expérience démocratique enracinée", soient celles de la maturité.
Il a souhaité que "le Mali doit tirer avantage de son parcours démocratique exemplaire" qui a permis au pays de se tourner, "résolument et définitivement vers l'option du dialogue social".
"L'expérience démocratique, a-t-il indiqué, est une œuvre commune à tous les partis confondus et malgré ses insuffisances, elle fait désormais partie de notre patrimoine", a-t-il ajouté.
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N° 133 du Lundi 20 janvier 1997

Le gouvernement fixe les dates des prochaines élections

Les élections législatives, présidentielles et communales auront lieu de mars à juin prochain.
Le premier tour des élections législatives aura lieu le 9 mars et le second tour, le 23 mars.
Les présidentielles se dérouleront le 4 mai pour le premier tour et 18 pour le second.
Enfin, l'élection des conseillers communaux est prévue le 1er juin.
Par ailleurs, le gouvernement malien a également nommé les 30 membres de la Commission Electorale National Indépendante (CENI) chargée de l'organisation et de la gestion des opérations électorales.
La CENI sera composée de 8 membres de l'administration désignés par le gouvernement, de 8 membres de la société civile proposés par les religieux, les associations de magistrats et avocats, des droits de l'Homme, des ONG féminines et de 14 membres des partis politiques représentés à l'Assemblée (7 de la majorité et 7 de l'opposition).
La future Assemblée comptera 147 députés contre 114 dans l'actuelle où l'ADEMA (Alliance pour la Démocratie au Mali) détient la majorité avec 72 élus.

N° 134 du Lundi 27 janvier 1997

La Cour constitutionnelle rejette plusieurs articles d'une loi électorale

La Cour constitutionnelle a jugé inconstitutionnels des articles de la loi fixant le nombre de députés, le régime des incompatibilités et les indemnités des membres de l'Assemblée nationale. Dans un arrêt, la cour reproche aux auteurs de la loi, adoptée en prévision des prochaines échéances électorales, de n'avoir pas précisé les critères qui ont servi à déterminer le nombre de députés (147 contre 116 dans l'Assemblée actuelle).
Elle estime d'autre part que ce n'est pas le rôle de l'Assemblée nationale de fixer les indemnités de ses propres membres.
La cour affirme enfin, à propos du régime des incompatibilités, que le député ne doit subir aucune restriction dans sa vie professionnelle, laquelle devient parfaitement compatible avec son mandat.
Le porte parole du gouvernement, Bakary Koniba Traoré, a estimé que malgré cet arrêt de la cour, "il n'y aura pas de retard dans l'organisation" des prochaines élections fixées les 9 et 23 mars pour les législatives, les 4 et 18 mai pour les présidentielles et le 1er juin pour les communales.

Accusé de complot : l'opposant Mady Diallo à Paris pour soins médicaux

L'opposant et ancien ministre malien, Mady Diallo, détenu depuis près de trois mois par les autorités de Bamako, est arrivé dimanche 26 janvier à Paris pour recevoir des soins médicaux. "Les autorités maliennes ont autorisé l'évacuation sanitaire de Mady Diallo, 68 ans, vu la gravité de son état de santé qui s'est nettement détérioré par trois mois de détention dans un camp militaire à Bamako", a précisé sa fille, Kadida Diallo.
Ancien ministre de l'ex-président Moussa Traoré et ambassadeur à Paris de 1969 à 1977, M. Diallo est un des membres fondateurs du Mouvement patriotique pour le Renouveau (MPR).
Avant son évacuation sanitaire, Mady Diallo avait été admis dans un service d'urgence de l'hôpital de Bamako.
L'autorisation de son évacuation par les autorités est intervenue grâce à l'action de plusieurs organisations humanitaires, comme la FIDH (Fédération internationale des droits de l'homme) et Amnesty international, a précisé Mme Diallo qui vit en France.
"Candidat virtuel" aux prochaines élections présidentielles, selon sa fille, M. Diallo souffre de diabète, de troubles respiratoires et de problèmes gastriques.
Inculpé avec huit militaires de tentative de "déstabilisation de la situation" et présenté par les autorités comme le cerveau de l'opération, M. Diallo était détenu depuis début novembre dans le camp No 1 de la gendarmerie de Bamako.
"Mon père est innocent et je souhaite qu'il soit réellement libre à son retour au Mali. Il a été arrêté et détenu sous l'accusation ridicule d'avoir fomenté un coup d'Etat qui aurait été dénoncé par un féticheur sénile âgé de plus de 90 ans", a par ailleurs déclaré.

Nord : la paix toujours fragile

Malgré la cérémonie de la "Flamme de la paix", qui a vu brûler en mars 1996 à Tombouctou plus de 3.000 armes appartenant à d'anciens combattants touaregs et arabes, la paix paraît toujours fragile dans le nord du pays, vaste région sinistrée par la sécheresse et par une rébellion qui a fait en cinq ans plus d'un millier de morts.
Tombouctou la mystérieuse offre un contraste saisissant entre le nord où s'étend à perte de vue un désert aride, et le sud, vaste plaine verte où populations noires et blanches, désormais confondues, cultivent le riz au bord du fleuve Niger.
Entre les deux, plus poussiéreuse que mystérieuse, Tombouctou, 40.000 habitants, contre 100.000 au temps de sa splendeur, tente, à l'ombre de ses mosquées moyenâgeuses, de croire à la paix. Elle veut oublier cinq années d'une rébellion sanglante qui, en juin 1994, avait provoqué de graves massacres ethniques dans la cité.
Résultat d'une rivalité ancestrale entre d'une part les nomades touaregs et les arabes, et d'autre part les Songhaï, sédentaires noirs du fleuve, cette guerre oubliée avait entraîné d'importants mouvements de populations, qui n'ont plus rien pour vivre.
"La paix est revenue, se félicite Harber Sabane, le maire songhai de la ville, membre de l'Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA), le parti au pouvoir. Ces derniers mois ont été calmes. Notre avenir se trouve dans le développement agricole, artisanal et touristique de la région".
Depuis la "Flamme de la paix", quelques touristes, surtout des routards, ont retrouvé le chemin de Tombouctou, et le maire compte sur la construction de nouvelles infrastructures (aéroport, routes, hôtels) pour recevoir d'ici dix ans 60.000 touristes dans cette ville mythique qui cherche à s'ouvrir sur l'avenir.
Cet espoir de paix est partagé par la plupart des Tombouctiens, noirs ou blancs, qui ont réappris à vivre ensemble et qui ne veulent plus entendre parler de la guerre.
Mais, notent de nombreux observateurs, les vieux démons de la discorde pourraient se réveiller dans une région menacée par la famine et qui doit à tout prix relancer son économie.
Le Mali, avec ses faibles moyens, a donné priorité à la réinstallation des populations qui avaient fui massivement les massacres: des dizaines de milliers de personnes déplacées et plus de 150.000 réfugiées dans les pays voisins, dont la moitié a commencé à rentrer au pays.
Les réfugiés, qui reviennent spontanément ou en convois organisés, paraissent les mieux lotis. Ils veulent retrouver chez eux les mêmes avantages que dans leurs camps en Mauritanie, en Algérie ou au Burkina: eau, santé, éducation et nourriture.
Le HCR, qui leur propose six mois de rations alimentaires, doit leur aménager 300 sites, avec puits et écoles temporaires sous les tentes. Cent sites ont été réalisés, mais il reste encore beaucoup à faire et le programme a pris du retard.
Le problème des personnes déplacées est encore plus délicat: rien n'est prévu pour elles et les agriculteurs qui rentrent dans leurs villages désertés ne possèdent plus rien, pas même des semences pour relancer les cultures.
Quant aux ex-combattants, 3.000 d'entre eux --les plus chanceux-- ont pu être réintégrés dans l'armée malienne, où ils assurent la sécurité dans une région qu'ils connaissent bien.
Des retours en Libye
Un Programme d'appui à la réinsertion (PAREM) pour les 9.400 autres combattants recensés est mis en œuvre, lentement, sous l'égide du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Son financement est évalué à 12 millions de dollars, dont 7 millions doivent encore être trouvés auprès des bailleurs de fonds pour financer des micro-projets, agricoles ou autres.
La reprise se fait attendre et, selon plusieurs sources concordantes, certains anciens combattants, mécontents, sont déjà repartis en Libye, base arrière de la rébellion, où plusieurs milliers d'entre eux seraient restés.
"Si aucune solution n'est trouvée, ils pourraient reprendre les armes", admet Tazoubout, un ancien chef rebelle touareg, qui attend toujours le financement d'un projet de garage près de la frontière mauritanienne.
Impatience de populations affamées, mécontentement des laissés-pour-compte de la paix: la situation reste préoccupante dans le nord du Mali où des vols de véhicules par des "bandits armés" ont encore eu lieu récemment, avec mort d'homme, à Gao.
Dans ce contexte instable, certains attendent avec appréhension les élections générales qui auront lieu cette année au Mali et qu'une opposition, en difficulté, pourrait tenter d'exploiter en provoquant des troubles.
En attendant, Tombouctou tente de revivre et les Azalaïs, ces fameuses caravanes de chameaux, ont repris leur longue marche vers le nord, vers les lointaines mines de Taoudénit, pour en rapporter le sel. (AFP)

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N° 135 du Lundi 3 février 1997

Le calendrier des prochaines campagnes électorales

Le premier tour de la campagne électorale pour les législatives s'ouvrira le 16 février et sera clôturé le 7 mars 1997. La campagne pour le second tour se tiendra du 14 au 21 mars. Ces législatives doivent permettre d'élire 147 députés qui siègeront dans la prochaine Assemblée nationale.
La campagne pour les présidentielles se déroulera du 13 avril au 2 mai prochains au premier tour, et du 9 au 16 mai pour le second tour.
Ces législatives et présidentielles seront suivies le 1er juin prochain des élections communales qui se dérouleront dans plus de 700 localités dans le cadre de la politique de décentralisation.

Me Kassoum Tapo élu président de la commission électorale

Le bâtonnier de l'Ordre des Avocats, Me Tapo, a été élu à l'unanimité président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), au cours de la première réunion de cette structure de 30 membres chargée de l'organisation et de la gestion des élections.
Me Tapo a déclaré que les membres de la CENI seront "les organisateurs et arbitres impartiaux" des prochaines élections. "Nous serons là pour veiller à la transparence et au bon déroulement des scrutins", a-t-il ajouté.
Les membres de la CENI, nommés le 17 janvier par le gouvernement, sont des représentants de l'administration, des partis politiques, de la société civile et des communautés religieuses.

Visite de Mme Mitterrand

Le Chef de l’Etat Alpha Oumar Konaré, a reçu le 28 janvier Mme Danielle Mitterrand, Présidente de la Fondation "France-Libertés" et épouse de l'ancien chef de l'Etat français.
M. Konaré et Mme Mitterrand ont évoqué "la démarche démocratique au Mali", où des élections législatives et présidentielles auront lieu dans les prochains mois.
Mme Mitterrand a déjà visité divers projets de développement réalises avec la contribution de sa fondation, des ONG et des institutions sociales.
Présente au Mali depuis 1990, France-Libertés a notamment été le promoteur d'une campagne pour la prévention du SIDA.

N° 136 du Lundi 11 février 1997

Le président Konaré réitère son engagement en faveur de la démocratie et du pluralisme

Le président Alpha Oumar Konaré, en visite "d'amitié et de travail" aux Pays-Bas, a réaffirmé sa "volonté de tout faire pour promouvoir la dynamique menant vers un vrai Etat de droit pluraliste" au Mali.
S'exprimant au cours d'une conférence de presse à La Haye, où il s'est rendu à l'invitation du ministre néerlandais de la Coopération Jan Pronk, le président Konaré a indiqué que 1997 serait une année test, les Maliens étant appelés à renouveler le personnel de toutes leurs institutions politiques (législatives en février-mars, présidentielles en mai et municipales en juin).
"Réussir les élections, c'est consolider la démocratie" et, partant, "assurer la relance de notre économie dans le proche avenir", a-t-il déclaré. Il a également rappelé la nécessité d'"accentuer la décentralisation" des institutions de son pays, condition indispensable à ses yeux pour "gagner le pari de l'intégration régionale".
M. Konaré a en outre loué la coopération néerlandaise, dont les débuts remontent à 1979, et il a formulé l'espoir que les Pays-Bas, qui assurent actuellement la présidence tournante de l'UE, réussiront à convaincre les 14 autres Etats membres de ne pas se désintéresser de l'Afrique". "Il ne faut pas réduire l'aide au développement", mais il faut tout au contraire envisager "une autre gestion de la dette", a encore indiqué le président malien.
Prévenir plutôt que guérir…
De façon plus générale, le président Konaré a appelé la communauté internationale à s'orienter "vers une logique de prévention plutôt que de guérison des conflits" en Afrique. "Depuis trois ans nous plaidons pour l'envoi d'une force d'interposition africaine dans la région des Grands Lacs", la communauté internationale n'en a pas voulue et "nous pensons que c'est une fuite de ses responsabilités qui se paiera cher", a-t-il expliqué.
Au cours de sa visite aux Pays-Bas, le président Konaré a été reçu en audience par la reine Beatrix, s'est entretenu avec le Premier ministre néerlandais Wim Kok et avec M. Pronk et a rencontré des délégations parlementaires.

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N° 137 du Jeudi 20 février 1997

Kati, ville fantôme après l'explosion meurtrière d'une poudrière

Kati, ville-garnison de 30.000 habitants à 15 km de Bamako, ressemblait jeudi 13 février à une ville fantôme au lendemain de l'explosion d'une poudrière près du camp Soundiata Keita, qui a fait six morts et onze blessés, selon un premier bilan officiel et/ou "plusieurs dizaines de morts", selon le journal indépendant Le Républicain.
Le nombre de victimes pourrait être plus élevé, certaines familles étant sans nouvelle de leurs parents qui, dans un mouvement de panique, ont fui la ville après les premières explosions pour se réfugier en brousse.
De nombreuses habitations ont été soufflées par l'explosion des stocks de munitions entreposées dans la poudrière, dont l'impact a arraché des toitures en tôles à plus 500 mètres du camp.
Selon plusieurs témoins, l'explosion d'une rare violence a propulsé des fragments d'obus et des débris à plus de deux kilomètres, tuant un militaire qui était venu mettre sa famille à l'abri, ainsi qu'une petite fille et une femme résidant en ville.
La poudrière N° 1, installée à proximité du Groupement d'artillerie mixte, a été complètement ravagée par l'explosion due, selon les premières informations disponibles, à un incendie dont les causes n'ont pas encore déterminées.
Des débris de munitions et des éclats d'obus jonchaient le sol de la ville sur plus d'un kilomètre autour de la poudrière. Construite sur un ancien parc automobile, celle-ci était composée de plusieurs bâtiments, abritant un stock de munitions, qui plusieurs heures après l'incendie, continuaient d'exploser.
"Ce sont des centaines de millions de francs CFA qui sont partis en fumée", a affirmé à l'AFP un officier.
Une commission d'enquête a commencé ses investigations pour déterminer les causes de cet accident. Le président Alpha Oumar Konaré et son Premier ministre Ibrahim Boubacar Keita s'étaient rendus sur les lieux du sinistre.
Le camp de Kati, devenu camp Soundiata Keïta après l'indépendance, est célèbre pour avoir formé plusieurs chefs d'Etat militaires africains notamment le Béninois Mathieu Kérékou et le Burkinabé Sangoulé Lamizana. (Avec AFP)

N° 138 du Jeudi 27 février 1997

Elections générales : rejet de la motion de censure de l'opposition contre le gouvernement

Une motion de censure déposée par l'opposition contre le gouvernement pour dénoncer notamment son incapacité à organiser dans les délais impartis les élections communales, législatives et présidentielle, a été rejetée.
Dans cette motion déposée par le député Mountaga Tall, dirigeant du Congrès National d'Initiative Démocratique, l'opposition reprochait au gouvernement son "refus de dialogue avec l'opposition pendant près de deux ans" et "son incapacité à proposer à l'Assemblée nationale un cadre législatif approprié pour les élections".
L'opposition misait sur le mécontentement d'une quarantaine de députés de l'ADEMA, parti majoritaire, dont l'investiture pour les prochaines élections n'avait pas été renouvelée par leur parti. Douche froide pour les opposants puisque cette motion n'a obtenu que 17 voix alors que l'Assemblée compte plus de cent députés.
Devant les députés, le Premier ministre a indiqué qu'un crédit budgétaire électoral de 7,105 milliards de francs CFA a été mis à la disposition de la Commission électorale qui l'a déjà exécuté à hauteur de 3,132 milliards.
Législatives d'abord, présidentielles ensuite, selon M. Konaré
Le président Alpha Oumar Konaré a réaffirmé que l'ordre fixé pour le déroulement des prochaines consultations électorales sera maintenu, les législatives d'abord, les présidentielles ensuite.
M. Konaré, qui s'exprimait à l'ouverture d'une réunion à Bamako des gouverneurs de régions, des chefs militaires et des services économiques et financiers du Mali, a mis implicitement fin aux rumeurs circulant dans le pays sur son désir d'intervertir l'ordre des prochaines élections générales.
Parlant des législatives, dont le premier tour initialement fixé au 9 mars a été rapportée à la demande de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), le chef de l'Etat a annoncé que celles-ci auront lieu à une date qui sera retenue "dans le respect des lois en vigueur".
M. Konaré a appelé la classe politique à cesser de s'accuser mutuellement du retard pris par l'organisation des prochaines consultations et à arrêter d'alimenter les spéculations.

Explosion de Kati : démenti des autorités militaires sur le bilan fourni par la presse

Les autorités militaires ont démenti les informations parues dans la presse locale, selon lesquelles l'incendie du dépôt d'armes et de munitions du camp militaire de Kati, près de Bamako le 12 février, aurait fait "plusieurs dizaines de morts" (cf. Afrique Express N° 137).
Le général Bréhima Siré Traoré, inspecteur général des armées du Mali, a indiqué que "le bilan officiel du premier jour faisant état de six morts" était "toujours le même". Treize blessés ont été dénombrés: six civils et sept militaires.
La Commission d'enquête a enregistré trois cent quatre-vingt six déclarations de demandes de dédommagement émanant de la population de Kati.

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N° 142 du Jeudi 3 avril 1997

Tombouctou célèbre le premier anniversaire de la "Flamme de la Paix"

Tombouctou en liesse a célébré jeudi 27 mars le premier anniversaire de la "Flamme de la Paix", qui avait officiellement marqué, il y a un an, la fin de quatre ans d'une sanglante rébellion touarègue et arabe dans le nord du pays.
"La Flamme de la Paix est un message d'espoir", a déclaré à cette occasion le Premier ministre, M. Ibrahim Boubacar Keita, en présence de délégations étrangères, notamment algérienne et libérienne.
"La priorité pour les pays africains doit être désormais le développement", a t il ajouté en présidant cette cérémonie qui s'inscrit dans le cadre d'une semaine de la Paix au Mali du 24 au 28 mars et à laquelle a pris part à Bamako le président ivoirien Henry Konan Bédié.
Le président ivoirien a salué la fin de la rébellion touarègue comme "la réconciliation du Mali avec lui-même", en estimant que cela constitue à ses yeux "le meilleur gage de succès pour l'avènement d'une société nouvelle".
M. Bédié a déclaré apporter "un message de soutien au Mali en réconciliation" et a affirmé que les liens qui unissent son pays au Mali "sont indissolubles comme des liens de sang".
De son côté, le président malien Alpha Oumar Konaré a réaffirmé la détermination de son gouvernement de poursuivre les efforts en faveur de la réintégration socio-économique des ex-combattants touaregs des Mouvements et fronts unifiés de l'Azawad (MFUA) et noirs sédentaires du Mouvement d'auto-défense Ghanda-Koy.
"La Flamme de la Paix" avait été marquée symboliquement il y a un an par la destruction par le feu de plus de 3.000 armes de guerre remises volontairement par les combattants touaregs et arabes et par la dissolution des mouvements rebelles.
"La paix est aujourd'hui définitive, même s'il existe encore un terrorisme résiduel comme partout dans le monde", a confié un ancien chef rebelle, faisant allusion à divers vols de véhicules qui ont eu lieu ces derniers mois dans le nord du pays.
De nombreux micro-projets, notamment agricoles, sont actuellement mis en œuvre par le PAREN (Programme malien d'appui à la réinsertion des ex-rebelles) avec l'aide du PNUD et de nombreuses ONG, pour aider à l'installation des anciens combattants.

Législatives les 6 et 20 juillet 1997

Les élections législatives, dont le premier tour du 13 avril avait été annulé par la Cour constitutionnelle en raison de sa mauvaise organisation, auront lieu les 6 et 20 juillet pour les premier et second tour. La campagne électorale pour le premier tour sera ouverte du 15 juin au 4 juillet et celle du second tour du 11 au 18 juillet.
Le collectif des 21 partis d'opposition a ausitôt contesté la légitimité de la poursuite du processus électoral après l'annonce de ces nouvelles dates.
Me Tall a de son côté porté plainte contre X à la suite d'un attentat le visant. Des cocktails molotovs avaient été lancés dans la nuit du 12 au 13 mai contre son étude, provoquant des dégâts matériels importants mais sans faire de victimes.
Leur demande rejoint celle de l'opposition qui souhaite l'organisation d'un referendum visant à prolonger d'un an le mandat présidentiel et la mise en place d'un gouvernement d'union nationale regroupant tous les partis.
Regroupée dans un collectif d'une vingtaine de partis, qui ont réalisé, le 13 avril, un score très faible au premier tour des législatives, l'opposition réclame la suspension du processus électoral, la dissolution de la CENI et la démission du gouvernement. Le premier tour avait été annulé le 25 avril par la Cour constitutionnelle en raison de "graves irrégularités".
Ce collectif a réaffirmé son intention de ne pas participer à l'élection présidentielle, estimant que cette élection serait "bâclée".

32 partis en course

32 partis politiques et 24 personnalités indépendantes ont fait acte de candidature aux législatives qui auront lieu le 13 avril.
Le président de la Commission électorale nationale indépendante malienne (CENI) a déclaré que les préparatifs des législatives étaient terminés et que tout était "fin prêt".
Me Kassoum Tapo a affirmé que tout le matériel électoral (cartes d'électeurs, bulletins de vote, urnes) est désormais disponible et que 500 observateurs nationaux ont été formés pour la supervision du scrutin.
Parmi les mesures anti-fraudes prises figurent l'institution de cartes d'électeurs de couleurs différentes dans les six communes de Bamako et l'installation d'urnes transparentes.
Par ailleurs, a ajouté M. Tapo, les listes électorales, qui ont fait l'objet de contestation de la part du parti de l'opposition, le Rassemblement des Forces patriotiques (RFP), sont actuellement contrôlées par les représentants des partis politiques.
Pourtant, le RFP a introduit deux recours devant la Cour constitutionnelle pour demander l'invalidation du décret de convocation du collège électoral pour les législatives du 13 avril.
Le gouvernement a, selon le parti, violé l'article 42 de la constitution en fixant le premier tour des législatives au 13 avril. Selon cet article, en cas de dissolution de l'Assemblée nationale (effective depuis le 3 mars) ,"les élections ont lieu 21 jours au moins et 40 jours au plus après la dissolution. Le premier tour devrait avoir lieu le 12 avril, le 13 avril correspondant au 42e jour", a ajouté M. Moustapha Traoré du RFP.
Le second recours porte sur le "non respect des prescriptions relatives aux listes électorales". Celles-ci n'ont pas été révisées depuis cinq ans, contrairement aux dispositions de la loi électorale.

Arrestation d'un candidat de l'opposition aux législatives

Candidat de l'opposition aux législatives, M. Mohamed Lamine Haidara, maire de la commune 2 de Bamako, a été arrêté pendant le week-end du 29 au 30 mars par la Sécurité d'Etat, d'après son parti, le MPR (Mouvement Patriotique pour le Renouveau).
"Nous considérons cette arrestation comme une manœuvre politique visant à empêcher notre candidat de se présenter", a déclaré M. Mahamane Maïga, secrétaire permanent du MPR, qui a considéré que Lamine Haidara était un "détenu politique".
Selon une source policière, l'arrestation de Mohamed Lamine Haidara, plus connu sous le nom de Mao, serait liée à une vérification de la gestion à la tête de sa mairie.
Dans une déclaration d'un "club de soutien à Mao", les militants du MPR ont demandé aux autorités de prendre toutes les mesures "pour que cessent les pratiques qui abîment la face de la démocratie malienne".

L'écrivain Seydou Badian Kouyaté candidat à la présidentielle

L'écrivain Seydou Badian Kouyaté a été désigné candidat de l'Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain (US-RDA, opposition) à l'élection présidentielle du 4 mai prochain, à l'issue d'une réunion extraordinaire de ce parti à Bamako.
Agé de 69 ans, l'auteur de "Sous l'Orage", se réclame de Modibo Keita, premier président de la République malienne. Il est le second candidat déclaré à l'élection présidentielle, après Soumana Sacko, ancien Premier ministre du Mali sous la transition (1991-1992).
Au cours d'une conférence nationale, l'ADEMA, parti au pouvoir, a demandé au président Alpha Oumar Konaré de briguer un second mandat. Celui-ci n'a toujours pas annoncé officiellement sa candidature. N° 141 du Jeudi 27 mars 1997
Présidentielle

L'ancien Premier ministre Soumana Sacko premier candidat

L'ancien Premier ministre malien, Soumana Sacko, a annoncé qu'il sera candidat à l'élection présidentielle prévue les 4 et 18 mai au Mali. M. Sacko est le premier candidat déclaré à l'élection présidentielle. M. Sacko, âgé de 48 ans, fut Premier ministre sous la transition (1991-1992).
Sa candidature de M. Sacko est soutenue par un parti récemment créé, la Convention Parti du Peuple (CPP) de l'avocat Mamadou Gakou. Me Gakou fut l'un des principaux avocats de l'ancien président, le général Moussa Traoré, durant son procès à Bamako "pour crimes de sang".
Fonctionnaire au Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), en poste à Madagascar, M. Sacko est actuellement en congé au Mali.
De février à août 1987, il a été ministre des Finances du général Traoré. Au lendemain du renversement du général, il avait été appelé par le général Amadou Toumani Touré au poste de Premier ministre. Il ne s'était pas présenté à l'élection présidentielle de 1992.
Pour sa part et sans surprise, le parti au pouvoir, l'ADEMA, réuni en conférence nationale, a souhaité que le président Alpha Oumar Konaré brigue un second mandat.

Législatives : prolongation du délai pour le dépôt des candidatures

Le délai pour le dépôt des candidatures aux prochaines élections législatives maliennes, prévues le 13 avril, a été prorogé de "quelques jours", sur décision de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
La "date butoir" pour la clôture des candidatures, fixée au 18 mars à minuit, a été repoussée à la demande de "plusieurs partis politiques" qui n'avaient pas terminé les opérations de recensement de leurs militants.
La prolongation du délai est considérée par les observateurs comme une mesure visant à atténuer la contestation préélectorale animée par plusieurs partis de l'opposition, qui mettent en doute l'impartialité de la CENI.
Trente deux partis politiques sur plus de soixante agréés ont déjà déposé des listes de candidatures et vingt-quatre candidatures indépendantes ont été enregistrées à la CENI.

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N° 143 du Jeudi 10 avril 1997

Election présidentielle : dix candidats, dont le président Konaré

Le président Alpha Oumar Konaré, 51 ans, sera candidat à sa succession lors de l’élection présidentielle dont le premier tour aura lieu le 4 mai prochain.
Archéologue, M. Konaré, candidat de l’Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA, au pouvoir), figure sur une liste, encore partielle, de dix candidats rendue publique par la Cour constitutionnelle du Mali.
Ceux-ci ont versé une caution de 5 millions de F Cfa (50.000 FF) pour pouvoir être candidats. L’élection présidentielle, la seconde depuis le renversement du général Moussa Traore en 1991, suivra de peu les élections législatives dont les deux tours auront lieu les dimanche 13 et 27 avril.
M. Konaré avait été élu président de la République en 1992 après une période de transition d’un an, dirigée par le général Amadou Toumani Touré (ATT), qui avait renversé Moussa Traore. Il ne s’était pas présenté à l’élection présidentielle de 1992, préférant rester dans l’armée.

Les dix candidats de l’élection présidentielle

1 - Alpha Oumar Konaré, 51 ans, candidat à sa succession, présenté par son parti, l’Alliance pour la démocratie au Mali
2 - Idrissa Traoré, avocat, président du Parti pour la démocratie et le progrès (PDP), ancien ministre de la Justice. Il se présente pour la deuxième fois.
3 - Seydou Badian Kouyaté, 69 ans, médecin, ancien ministre de l’Economie de Modibo Keita, candidat de l’Union Soudanaise- RDA (US-RDA), se présente pour la première fois.
4 - Abdoul Wahab Berthé, 44 ans, avocat, président du Parti Malien pour le Développement et le Renouveau (PMDR)
5 - Choguel Kokala Maiga, 39 ans, ingénieur, président du Mouvement Patriotique pour le Renouveau MPR, se réclamant de l’héritage de l’ancien parti unique interdit de Moussa Traore, l’UDPM (Union démocratique du peuple malien).
6 - Mountaga Tall, 41 ans, avocat, président du Congrès National d’Initiative Démocratique (CNID).
7 - Almamy Sylla, 74 ans, économiste, ancien fonctionnaire du PNUD, Président du Rassemblement pour la démocratie et le progrès (RDP).
8 - Mamadou Lamine Traoré, 50 ans, professeur de Philosophie, secrétaire national du Mouvement pour l’indépendance, la renaissance et l’intégration africaine (MIRIA), parti dissident de l’ADEMA, ancien ministre de l’Intérieur. Diplômé de l’Université Lomonossov de Moscou et de la Sorbonne de Paris, le professeur Traoré fut ministre d’Etat chargé de l’Administration territoriale et de la Sécurité dans le premier gouvernement formé après l’élection d’Alpha Konaré en 1992.
9 - Mamadou Maribatrou Diaby, 55 ans, commerçant, président du Parti pour l’unité, la démocratie et le progrès (PUDP).
10 - Soumana Sacko, 47 ans, ancien Premier ministre de la transition (91-92) fonctionnaire du PNUD, responsable de la Convention parti du peuple (CPP), récemment créée par l’avocat Mamadou Gakou, l’un des principaux défenseurs de Moussa Traore, condamné à mort.

Législatives : le programme du parti au pouvoir

L’Alliance pour la Démocratie au Mali (ADEMA, au pouvoir) a présenté son programme pour les élections législatives, en insistant sur “l’ancrage de la démocratie”, le renforcement de la justice et sa volonté d’atteindre un taux de croissance annuelle de 7 % jusqu’à l’an 2.000.
M. Ahmed el Madani Diallo, secrétaire au Développement de l’ADEMA, a indiqué que son parti comptait sur la confiance des investisseurs nationaux et étrangers, et sur la mobilisation des “ressources internes et externes”.
L’ADEMA présentera des candidats dans 54 des 55 circonscriptions électorales du pays. Le premier tour de scrutin aura lieu le 13 avril.
Dressant un bilan de cinq ans de pouvoir, M. Diallo a souligné la restauration de la paix au Nord, soumis pendant cinq ans à une rébellion sanglante touarègue et arabe, et la décentralisation qui doit permettre la modernisation de l’Administration.
Dans le domaine de l’Education, il a indiqué qu’en 5 ans, sous la 3e République, dix lycées ont été construits, alors qu’en 32 ans, de l’Indépendance jusqu’à 1992, seulement 12 l’avaient été. Quant au taux de scolarisation, il a augmenté, selon lui, de près de 16 %, passant de 28,8 % en 1992 à 45 % en 1997.
Dans le domaine des media, M. Diallo a enfin souligné que la télévision est désormais captée dans toutes les régions et qu’il existe plus de 60 radios libres et 30 titres de journaux indépendants.
L’ADEMA est le seul des 34 partis en compétition pour les législatives à avoir présenté un programme politique au cours de la campagne électorale qui s’est déroulée dans le calme.

L’opposant Mady Diallo réincarcéré après son retour de France

Mady Diallo, un responsable du Mouvement patriotique malien pour le renouveau (MPR - opposition) et ancien ministre du régime de l’ex-président Moussa Traoré, a regagné le 5 avril Bamako après avoir reçu un traitement en France, et a été immédiatement réincarcéré.
Arrêté en octobre dernier en même temps que plusieurs militaires après la découverte d’un “complot” visant à déstabiliser le régime du président Alpha Oumar Konaré par un coup d’Etat militaire, M. Diallo était tombé gravement malade en prison et avait été évacué en France pour s’y faire soigner.
Il avait accepté de regagner volontairement le Mali après ses soins et sa convalescence en France. Il a été dès son retour conduit à la gendarmerie où il est détenu.
Il devra comparaître en justice pour “complicité dans une tentative de déstabilisation des institutions”. Il a toujours nié les accusations d’instigateur civil de la tentative de déstabilisation” portées contre lui.
Son parti, le MPR, se réclame de l’ex-parti unique, l’UDPM (Union démocratique du peuple malien) de l’ancien président Moussa Traoré qui avait été dissous en 1991.

Le maire d'une Commune de Bamako en justice

M. Mohamed Lamine Haidara, maire de la Commune 2 de Bamako et candidat du MPR aux législatives, arrêté le 31 mars, va être traduit en justice. Il est accusé, en même temps qu’un de ses adjoints, de “concussion, abus de confiance, faux et usage de faux et escroquerie”.
Les deux hommes seraient impliqués dans des affaires de spéculation foncière. En France
Jacques Chirac reçoit une militante malienne des droits de la femme
Le président français Jacques Chirac a reçu le 4 avril la militante malienne des droits de la femme Fatoumata Siré Diakité, venue l’entretenir notamment de son combat contre la pratique de l’excision.
Le patron du syndicat français Force Ouvrière (FO, indépendant), Marc Blondel, accompagnait la présidente fondatrice de l’Association pour le progrès et la défense des droits des Femmes maliennes (APDF), qu’il avait invitée à Paris.
Au cours de l’entretien, Mme Diakité a également plaidé pour un meilleur usage du français dans les rencontres internationales, sollicité l’appui de la France pour les organisations africaines francophones, et rendu compte à Jacques Chirac de sa rencontre du 14 février avec le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, dont elle avait attiré l’attention sur “la nécessité de la présence effective de la langue française au sein des Nations Unies”, indique le communiqué.
Le chef de l’Etat l’a félicitée pour son combat et l’a assurée de son soutien, aussi bien dans le cadre de la Francophonie qu’au niveau international. (avec AFP)

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N° 144 du Jeudi 24 avril 1997

Législatives ratées : le sort du premier tour dans les mains de la Cour Constitutionnelle

Ce sera sans doute à la Cour Constitutionnelle de trancher quant à la validité ou non du premier tour des élections législatives qui ont eu lieu le 13 avril, dans la plus grande confusion.
Le Président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) a toutefois publié des résultats complets de ce premier tour, plaçant l'ADEMA (Alliance pour la Démocratie au Mali, au pouvoir) en tête avec 24 des 147 sièges de la future assemblée nationale et en ballottage favorable dans 37 circonscriptions. Selon ces résultats, l'opposition ne remportait aucun siège.
Quatorze partis d'opposition ont retiré leurs représentants de la CENI, après avoir dénoncé la mauvaise organisation de ces élections et réclamé la suspension du processus électoral en cours.
Pour protester contre ces insuffisances - reconnue par les autorités et le président lui-même -, ces 14 partis avaient annoncé leur intention de boycotter tout le processus électoral qui doit se poursuivre en mai par une présidentielle et en juin par des élections municipales. La campagne pour la présidentielle, qui devait s'ouvrir cette semaine, n'a d'ailleurs pas commencé.
Ces partis ont en outre décidé de retirer leurs neuf candidats à la présidence, laissant seul en lice le président sortant, Alpha Oumar Konaré, représentant l'ADEMA.
La machine démocratique paraît enrayée et les observateurs se demandent ce qu'il adviendrait si la Cour constitutionnelle annulait le premier tour des législatives, repoussant d'autant les élections à venir.
Le président Alpha Oumar Konaré a ordonné la mise en place d'une mission d'enquête pour "situer les responsabilités" sur les "insuffisances" constatées, et après une rencontre avec la classe politique, la majorité présidentielle a proposé à son tour l'annulation du premier tour des législatives et le report des élections présidentielles prévues le 4 mai.
Il ne semblait toutefois pas certain que le président accepte de reporter l'élection présidentielle.
Tout en se réjouissant de la proposition d'annuler le scrutin, l'opposition, a continué de réclamer la dissolution de la CENI et du gouvernement.
Pour faire pression sur les autorités, environ 3.000 personnes avaient participé lundi 21 avril à une marche pacifique organisée à Bamako et dans plusieurs localités du Mali, notamment à Ségou (Centre) et Sikasso (Sud).

Adoption d'une loi sur le statut des réfugiés

Le conseil des ministres a adopté une loi sur le statut des réfugiés au Mali et a décidé de créer une commission nationale chargée d'assister les autorités dans l'accueil et la gestion des réfugiés dans le pays.
Plus de 18.000 personnes bénéficiant de statut de réfugiés et venant de 14 pays africains ont été recensées au Mali. En absence de textes régissant la question des réfugiés, le problème a été géré jusqu'ici par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR).

N° 145 du Jeudi 8 mai 1997

Présidentielle contestée : après l'opposition, des personnalités indépendantes en demandent le report

Trois représentants de la société civile ont demandé le report d'un an de l'élection présidentielle prévue dimanche 11 mai et la formation d'un gouvernement de transition en attendant l'organisation "d'élections régulières".
Dans une lettre ouverte adressée au président Alpha Oumar Konaré, ces personnalités indépendantes, membres de la CENI (Commission électorale indépendante), ont demandé que ce gouvernement de transition soit formé de membres de la majorité et de l'opposition de l'Assemblée nationale dissoute, ainsi que de représentants de l'armée.
Les trois personnalités signataires de la lettre ouverte sont MM. Mamadou Danté, Seydou Coulibaly et Mme Djeneba Diop Sidibé, représentant des associations de défense des droits de l'homme au sein de la CENI. Composée au départ de 30 membres, celle-ci n'en compte plus que 23, depuis le retrait des représentants de l'opposition.
Leur demande rejoint celle de l'opposition qui souhaite l'organisation d'un referendum visant à prolonger d'un an le mandat présidentiel et la mise en place d'un gouvernement d'union nationale regroupant tous les partis.
Regroupée dans un collectif d'une vingtaine de partis, qui ont réalisé, le 13 avril, un score très faible au premier tour des législatives, l'opposition réclame la suspension du processus électoral, la dissolution de la CENI et la démission du gouvernement. Le premier tour avait été annulé le 25 avril par la Cour constitutionnelle en raison de "graves irrégularités".
Ce collectif a réaffirmé son intention de ne pas participer à l'élection présidentielle, estimant que cette élection serait "bâclée".
Les partis d'opposition ont introduit devant la Cour constitutionnelle un recours pour obtenir le report de la date du premier tour de la présidentielle fixé au 11 mai, mais la Cour ne s'était pas prononcé à trois jours du scrutin, laissant planer l'incertitude sur le maintien de cette date.

Trois candidats seulement

Quant au président Konaré, il a poursuivi sa campagne électorale comme si de rien n'était. Si l'élection a lieu, il n'aura contre lui qu'un seul candidat, l'opposant Mamadou Diaby, dirigeant du petit parti pour l'Unité, la Démocratie et le Progrès (UDP), qui est revenu sur sa décision de ne pas se présenter. M. Diaby, qui se présente pour la deuxième fois à la présidence de la République, avait obtenu 2,16 % des voix au premier tour de la présidentielle d'avril 1992, contre 44,95 % au président Konaré. D'ethnie soninké, il est connu au Mali pour ses sorties "fracassantes".
Enfin, coup de théâtre, le 8 mai, Idrissa Traoré, avocat et président du Parti pour la démocratie et le progrès (PDP), annonçait qu'il allait lui aussi se lancer dans la course à la présidentielle.

N° 146 du Jeudi 15 mai 1997

Présidentielle : plus de 80 % de voix au président Konaré, selon les premiers résultats partiels

Le président sortant Alpha Oumar Konaré a obtenu plus de 80 % des voix au premier tour de l’élection présidentielle du 11 mai, selon les premiers résultats partiels portants sur quatre des huit régions intérieures.
Le challenger du président Konaré, M. Mamadou Maribatrou Diaby, leader du PUDP (Parti pour l’Unité, la démocratie et le progrès), est crédité de 4,2 % des voix, contre moins de 2 % à chacun des huit autres candidats de l’opposition, qui avaient boycotté l’élection.
Malgré leurs protestations, la CENI (Commission électorale indépendante) avait fait placer dans les bureaux de vote, à la demande de la Cour constitutionnelle, les bulletins de participation de ces candidats, qui n’avaient pas annoncé officiellement par écrit leur retrait.
Ces premiers résultats partiels ne concernent pas le District de Bamako, la capitale, qui compte six communes, ni les votes de l’extérieur, qui concernent près de 800.000 Maliens inscrits dans les consulats et ambassades.
Selon ces résultats partiels, le taux de participation a été de l’ordre de 30 % dans ces quatre régions, à l’exception de Kayes (Ouest du Mali), où il a été de 40 %. Le président Konaré est originaire de la région de Kayes, principal foyer d’immigration des Maliens vers l’Europe. (AFP)

N° 147 du Jeudi 29 mai 1997

Les résultats de l'élection présidentielle : Konaré sans surprise

La Cour constitutionnelle a annulé les votes en faveur des huit autres candidats de l'opposition qui s'étaient retirés pour protester contre la mauvaise organisation des législatives du 13 avril (annulées):

- Inscrits : 5.428.256
- Votants : 1.542.229
- Bulletins nuls : 182.750
- Suffrages annulés : 257.300
- Suffrages exprimés : 1.101.979
- Majorité absolue : 550.991
- Suffrages obtenus par M. Konaré (ADEMA): 1.056.619
- Suffrages obtenus par M. Mamadou Maribatrou Diaby (PUDP) : 45.160

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