N° 132 du Lundi 13 janvier 1997
Région de Kayes : table ronde internationale les 27-29
janvier pour freiner l'émigration
Une table ronde internationale se tiendra du 27 au 29 janvier
à Kayes (nord-ouest du Mali) afin de tenter de freiner
l'émigration de la population de cette région
déshéritée et enclavée vers l'Afrique
et l'Europe, et plus particulièrement la France.
L'ambassade du Mali à Paris indique dans un communiqué
que quelque 300 participants y sont attendus.
Outre les représentants de l'Etat malien, seront présents
les délégués de la région de Kayes,
des organismes de coopération bilatérale et multilatérale,
des représentants des habitants de Kayes à l'étranger,
de la coopération décentralisée, des organisations
non gouvernementales et des ambassades du Mali dans les pays
à forte immigration malienne.
L'objectif recherché de cette table ronde est "d'engager
des discussions sur les stratégies et les politiques
de développement, de sensibiliser les populations et
les partenaires et de mobiliser les ressources humaines et financières
pour faire de la région un pôle de croissance économique".
L'idée de cette table ronde était née au
cours d'une visite en septembre dernier au Mali du ministre
français de la Coopération Jacques Godfrain. Bien
que prévue de longue date, la visite du ministre était
apparue à l'époque comme une démarche française
pour dissiper le malaise créé alors par l'expulsion
de Maliens sans papiers de l'église Saint-Bernard à
Paris.
Trois Maliens sans-papiers, qui avaient fait une grève
de la faim et participé l'été dernier à
l'occupation de l'église Saint-Bernard, viennent encore
d'être expulsés début janvier vers Bamako,
portant à 18 le nombre d'expulsés qui avaient
participé à l'occupation de l'église parisienne.
Code électoral : l'Assemblée adopte un nouveau
texte voté par une partie de l'opposition
L'Assemblée Nationale a adopté un nouveau code
électoral remplaçant celui adopté en septembre
et dont certaines dispositions avaient été jugées
non conformes à la constitution par la Cour suprême.
Ce nouveau code a été adopté par 78 voix,
tandis que 15 députés d'une partie de l'opposition,
regroupée au sein du Rassemblement des Forces Patriotiques
(RFP), n'ont pas participé au vote, estimant que le code
n'était pas "consensuel".
Un autre groupe de l'opposition, animé notamment par
le MIRIA, démembrement du parti majoritaire ADEMA, a
voté le code le jugeant "acceptable mais non parfait".
Dans le nouveau code, le mode de scrutin sera proportionnel
pour les communales et majoritaire à deux tours pour
les législatives et les présidentielles.
Les candidatures indépendantes sont autorisées,
mais les votes par correspondance ou par ordonnance sont supprimés
ainsi que le parrainage des candidatures à l'élection
présidentielle.
Une Commission électorale indépendante
La Commission électorale nationale indépendante,
(CENI) chargée de l'organisation des scrutins sera composée
de 30 membres: 14 représentants de partis politiques
(à raison de 7 pour l'opposition et 7 pour la majorité),
8 de l'Administration et 8 de la société civile.
Contrairement à l'ancien code, le nouveau précise
que la CENI n'a pas compétence pour trancher les différends
électoraux, cette compétence étant dévolue
à la Cour constitutionnelle.
Aucune date n'a encore retenue pour les élections communales,
législatives et présidentielles qui sont toutefois
prévues dans le courant de l'année.
Dans ses vœux du jour de l'an, le président Alpha
Oumar Konaré a invité la classe politique du pays
à observer une trêve afin que les prochaines élections,
"premier test d'une expérience démocratique
enracinée", soient celles de la maturité.
Il a souhaité que "le Mali doit tirer avantage de
son parcours démocratique exemplaire" qui a permis
au pays de se tourner, "résolument et définitivement
vers l'option du dialogue social".
"L'expérience démocratique, a-t-il indiqué,
est une œuvre commune à tous les partis confondus
et malgré ses insuffisances, elle fait désormais
partie de notre patrimoine", a-t-il ajouté.

N° 133 du Lundi 20 janvier 1997
Le gouvernement fixe les dates des prochaines élections
Les élections législatives, présidentielles
et communales auront lieu de mars à juin prochain.
Le premier tour des élections législatives aura
lieu le 9 mars et le second tour, le 23 mars.
Les présidentielles se dérouleront le 4 mai pour
le premier tour et 18 pour le second.
Enfin, l'élection des conseillers communaux est prévue
le 1er juin.
Par ailleurs, le gouvernement malien a également nommé
les 30 membres de la Commission Electorale National Indépendante
(CENI) chargée de l'organisation et de la gestion des
opérations électorales.
La CENI sera composée de 8 membres de l'administration
désignés par le gouvernement, de 8 membres de
la société civile proposés par les religieux,
les associations de magistrats et avocats, des droits de l'Homme,
des ONG féminines et de 14 membres des partis politiques
représentés à l'Assemblée (7 de
la majorité et 7 de l'opposition).
La future Assemblée comptera 147 députés
contre 114 dans l'actuelle où l'ADEMA (Alliance pour
la Démocratie au Mali) détient la majorité
avec 72 élus.
N° 134 du Lundi 27 janvier 1997
La Cour constitutionnelle rejette plusieurs articles d'une loi
électorale
La Cour constitutionnelle a jugé inconstitutionnels des
articles de la loi fixant le nombre de députés,
le régime des incompatibilités et les indemnités
des membres de l'Assemblée nationale. Dans un arrêt,
la cour reproche aux auteurs de la loi, adoptée en prévision
des prochaines échéances électorales, de
n'avoir pas précisé les critères qui ont
servi à déterminer le nombre de députés
(147 contre 116 dans l'Assemblée actuelle).
Elle estime d'autre part que ce n'est pas le rôle de l'Assemblée
nationale de fixer les indemnités de ses propres membres.
La cour affirme enfin, à propos du régime des
incompatibilités, que le député ne doit
subir aucune restriction dans sa vie professionnelle, laquelle
devient parfaitement compatible avec son mandat.
Le porte parole du gouvernement, Bakary Koniba Traoré,
a estimé que malgré cet arrêt de la cour,
"il n'y aura pas de retard dans l'organisation" des
prochaines élections fixées les 9 et 23 mars pour
les législatives, les 4 et 18 mai pour les présidentielles
et le 1er juin pour les communales.
Accusé de complot : l'opposant Mady Diallo à
Paris pour soins médicaux
L'opposant et ancien ministre malien, Mady Diallo, détenu
depuis près de trois mois par les autorités de
Bamako, est arrivé dimanche 26 janvier à Paris
pour recevoir des soins médicaux. "Les autorités
maliennes ont autorisé l'évacuation sanitaire
de Mady Diallo, 68 ans, vu la gravité de son état
de santé qui s'est nettement détérioré
par trois mois de détention dans un camp militaire à
Bamako", a précisé sa fille, Kadida Diallo.
Ancien ministre de l'ex-président Moussa Traoré
et ambassadeur à Paris de 1969 à 1977, M. Diallo
est un des membres fondateurs du Mouvement patriotique pour
le Renouveau (MPR).
Avant son évacuation sanitaire, Mady Diallo avait été
admis dans un service d'urgence de l'hôpital de Bamako.
L'autorisation de son évacuation par les autorités
est intervenue grâce à l'action de plusieurs organisations
humanitaires, comme la FIDH (Fédération internationale
des droits de l'homme) et Amnesty international, a précisé
Mme Diallo qui vit en France.
"Candidat virtuel" aux prochaines élections
présidentielles, selon sa fille, M. Diallo souffre de
diabète, de troubles respiratoires et de problèmes
gastriques.
Inculpé avec huit militaires de tentative de "déstabilisation
de la situation" et présenté par les autorités
comme le cerveau de l'opération, M. Diallo était
détenu depuis début novembre dans le camp No 1
de la gendarmerie de Bamako.
"Mon père est innocent et je souhaite qu'il soit
réellement libre à son retour au Mali. Il a été
arrêté et détenu sous l'accusation ridicule
d'avoir fomenté un coup d'Etat qui aurait été
dénoncé par un féticheur sénile
âgé de plus de 90 ans", a par ailleurs déclaré.
Nord : la paix toujours fragile
Malgré la cérémonie de la "Flamme
de la paix", qui a vu brûler en mars 1996 à
Tombouctou plus de 3.000 armes appartenant à d'anciens
combattants touaregs et arabes, la paix paraît toujours
fragile dans le nord du pays, vaste région sinistrée
par la sécheresse et par une rébellion qui a fait
en cinq ans plus d'un millier de morts.
Tombouctou la mystérieuse offre un contraste saisissant
entre le nord où s'étend à perte de vue
un désert aride, et le sud, vaste plaine verte où
populations noires et blanches, désormais confondues,
cultivent le riz au bord du fleuve Niger.
Entre les deux, plus poussiéreuse que mystérieuse,
Tombouctou, 40.000 habitants, contre 100.000 au temps de sa
splendeur, tente, à l'ombre de ses mosquées moyenâgeuses,
de croire à la paix. Elle veut oublier cinq années
d'une rébellion sanglante qui, en juin 1994, avait provoqué
de graves massacres ethniques dans la cité.
Résultat d'une rivalité ancestrale entre d'une
part les nomades touaregs et les arabes, et d'autre part les
Songhaï, sédentaires noirs du fleuve, cette guerre
oubliée avait entraîné d'importants mouvements
de populations, qui n'ont plus rien pour vivre.
"La paix est revenue, se félicite Harber Sabane,
le maire songhai de la ville, membre de l'Alliance pour la démocratie
au Mali (ADEMA), le parti au pouvoir. Ces derniers mois ont
été calmes. Notre avenir se trouve dans le développement
agricole, artisanal et touristique de la région".
Depuis la "Flamme de la paix", quelques touristes,
surtout des routards, ont retrouvé le chemin de Tombouctou,
et le maire compte sur la construction de nouvelles infrastructures
(aéroport, routes, hôtels) pour recevoir d'ici
dix ans 60.000 touristes dans cette ville mythique qui cherche
à s'ouvrir sur l'avenir.
Cet espoir de paix est partagé par la plupart des Tombouctiens,
noirs ou blancs, qui ont réappris à vivre ensemble
et qui ne veulent plus entendre parler de la guerre.
Mais, notent de nombreux observateurs, les vieux démons
de la discorde pourraient se réveiller dans une région
menacée par la famine et qui doit à tout prix
relancer son économie.
Le Mali, avec ses faibles moyens, a donné priorité
à la réinstallation des populations qui avaient
fui massivement les massacres: des dizaines de milliers de personnes
déplacées et plus de 150.000 réfugiées
dans les pays voisins, dont la moitié a commencé
à rentrer au pays.
Les réfugiés, qui reviennent spontanément
ou en convois organisés, paraissent les mieux lotis.
Ils veulent retrouver chez eux les mêmes avantages que
dans leurs camps en Mauritanie, en Algérie ou au Burkina:
eau, santé, éducation et nourriture.
Le HCR, qui leur propose six mois de rations alimentaires, doit
leur aménager 300 sites, avec puits et écoles
temporaires sous les tentes. Cent sites ont été
réalisés, mais il reste encore beaucoup à
faire et le programme a pris du retard.
Le problème des personnes déplacées est
encore plus délicat: rien n'est prévu pour elles
et les agriculteurs qui rentrent dans leurs villages désertés
ne possèdent plus rien, pas même des semences pour
relancer les cultures.
Quant aux ex-combattants, 3.000 d'entre eux --les plus chanceux--
ont pu être réintégrés dans l'armée
malienne, où ils assurent la sécurité dans
une région qu'ils connaissent bien.
Des retours en Libye
Un Programme d'appui à la réinsertion (PAREM)
pour les 9.400 autres combattants recensés est mis en
œuvre, lentement, sous l'égide du Programme des
Nations unies pour le développement (PNUD). Son financement
est évalué à 12 millions de dollars, dont
7 millions doivent encore être trouvés auprès
des bailleurs de fonds pour financer des micro-projets, agricoles
ou autres.
La reprise se fait attendre et, selon plusieurs sources concordantes,
certains anciens combattants, mécontents, sont déjà
repartis en Libye, base arrière de la rébellion,
où plusieurs milliers d'entre eux seraient restés.
"Si aucune solution n'est trouvée, ils pourraient
reprendre les armes", admet Tazoubout, un ancien chef rebelle
touareg, qui attend toujours le financement d'un projet de garage
près de la frontière mauritanienne.
Impatience de populations affamées, mécontentement
des laissés-pour-compte de la paix: la situation reste
préoccupante dans le nord du Mali où des vols
de véhicules par des "bandits armés"
ont encore eu lieu récemment, avec mort d'homme, à
Gao.
Dans ce contexte instable, certains attendent avec appréhension
les élections générales qui auront lieu
cette année au Mali et qu'une opposition, en difficulté,
pourrait tenter d'exploiter en provoquant des troubles.
En attendant, Tombouctou tente de revivre et les Azalaïs,
ces fameuses caravanes de chameaux, ont repris leur longue marche
vers le nord, vers les lointaines mines de Taoudénit,
pour en rapporter le sel. (AFP)
N° 135 du Lundi 3 février
1997
Le calendrier des prochaines campagnes électorales
Le premier tour de la campagne électorale pour les législatives
s'ouvrira le 16 février et sera clôturé
le 7 mars 1997. La campagne pour le second tour se tiendra du
14 au 21 mars. Ces législatives doivent permettre d'élire
147 députés qui siègeront dans la prochaine
Assemblée nationale.
La campagne pour les présidentielles se déroulera
du 13 avril au 2 mai prochains au premier tour, et du 9 au 16
mai pour le second tour.
Ces législatives et présidentielles seront suivies
le 1er juin prochain des élections communales qui se
dérouleront dans plus de 700 localités dans le
cadre de la politique de décentralisation.
Me Kassoum Tapo élu président de la commission
électorale
Le bâtonnier de l'Ordre des Avocats, Me Tapo, a été
élu à l'unanimité président de la
Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI),
au cours de la première réunion de cette structure
de 30 membres chargée de l'organisation et de la gestion
des élections.
Me Tapo a déclaré que les membres de la CENI seront
"les organisateurs et arbitres impartiaux" des prochaines
élections. "Nous serons là pour veiller à
la transparence et au bon déroulement des scrutins",
a-t-il ajouté.
Les membres de la CENI, nommés le 17 janvier par le gouvernement,
sont des représentants de l'administration, des partis
politiques, de la société civile et des communautés
religieuses.
Visite de Mme Mitterrand
Le Chef de l’Etat Alpha Oumar Konaré, a reçu
le 28 janvier Mme Danielle Mitterrand, Présidente de
la Fondation "France-Libertés" et épouse
de l'ancien chef de l'Etat français.
M. Konaré et Mme Mitterrand ont évoqué
"la démarche démocratique au Mali",
où des élections législatives et présidentielles
auront lieu dans les prochains mois.
Mme Mitterrand a déjà visité divers projets
de développement réalises avec la contribution
de sa fondation, des ONG et des institutions sociales.
Présente au Mali depuis 1990, France-Libertés
a notamment été le promoteur d'une campagne pour
la prévention du SIDA.
N° 136 du Lundi 11 février
1997
Le président Konaré réitère son
engagement en faveur de la démocratie et du pluralisme
Le président Alpha Oumar Konaré, en visite "d'amitié
et de travail" aux Pays-Bas, a réaffirmé
sa "volonté de tout faire pour promouvoir la dynamique
menant vers un vrai Etat de droit pluraliste" au Mali.
S'exprimant au cours d'une conférence de presse à
La Haye, où il s'est rendu à l'invitation du ministre
néerlandais de la Coopération Jan Pronk, le président
Konaré a indiqué que 1997 serait une année
test, les Maliens étant appelés à renouveler
le personnel de toutes leurs institutions politiques (législatives
en février-mars, présidentielles en mai et municipales
en juin).
"Réussir les élections, c'est consolider
la démocratie" et, partant, "assurer la relance
de notre économie dans le proche avenir", a-t-il
déclaré. Il a également rappelé
la nécessité d'"accentuer la décentralisation"
des institutions de son pays, condition indispensable à
ses yeux pour "gagner le pari de l'intégration régionale".
M. Konaré a en outre loué la coopération
néerlandaise, dont les débuts remontent à
1979, et il a formulé l'espoir que les Pays-Bas, qui
assurent actuellement la présidence tournante de l'UE,
réussiront à convaincre les 14 autres Etats membres
de ne pas se désintéresser de l'Afrique".
"Il ne faut pas réduire l'aide au développement",
mais il faut tout au contraire envisager "une autre gestion
de la dette", a encore indiqué le président
malien.
Prévenir plutôt que guérir…
De façon plus générale, le président
Konaré a appelé la communauté internationale
à s'orienter "vers une logique de prévention
plutôt que de guérison des conflits" en Afrique.
"Depuis trois ans nous plaidons pour l'envoi d'une force
d'interposition africaine dans la région des Grands Lacs",
la communauté internationale n'en a pas voulue et "nous
pensons que c'est une fuite de ses responsabilités qui
se paiera cher", a-t-il expliqué.
Au cours de sa visite aux Pays-Bas, le président Konaré
a été reçu en audience par la reine Beatrix,
s'est entretenu avec le Premier ministre néerlandais
Wim Kok et avec M. Pronk et a rencontré des délégations
parlementaires.
N° 137 du Jeudi 20 février
1997
Kati, ville fantôme après l'explosion meurtrière
d'une poudrière
Kati, ville-garnison de 30.000 habitants à 15 km de Bamako,
ressemblait jeudi 13 février à une ville fantôme
au lendemain de l'explosion d'une poudrière près
du camp Soundiata Keita, qui a fait six morts et onze blessés,
selon un premier bilan officiel et/ou "plusieurs dizaines
de morts", selon le journal indépendant Le Républicain.
Le nombre de victimes pourrait être plus élevé,
certaines familles étant sans nouvelle de leurs parents
qui, dans un mouvement de panique, ont fui la ville après
les premières explosions pour se réfugier en brousse.
De nombreuses habitations ont été soufflées
par l'explosion des stocks de munitions entreposées dans
la poudrière, dont l'impact a arraché des toitures
en tôles à plus 500 mètres du camp.
Selon plusieurs témoins, l'explosion d'une rare violence
a propulsé des fragments d'obus et des débris
à plus de deux kilomètres, tuant un militaire
qui était venu mettre sa famille à l'abri, ainsi
qu'une petite fille et une femme résidant en ville.
La poudrière N° 1, installée à proximité
du Groupement d'artillerie mixte, a été complètement
ravagée par l'explosion due, selon les premières
informations disponibles, à un incendie dont les causes
n'ont pas encore déterminées.
Des débris de munitions et des éclats d'obus jonchaient
le sol de la ville sur plus d'un kilomètre autour de
la poudrière. Construite sur un ancien parc automobile,
celle-ci était composée de plusieurs bâtiments,
abritant un stock de munitions, qui plusieurs heures après
l'incendie, continuaient d'exploser.
"Ce sont des centaines de millions de francs CFA qui sont
partis en fumée", a affirmé à l'AFP
un officier.
Une commission d'enquête a commencé ses investigations
pour déterminer les causes de cet accident. Le président
Alpha Oumar Konaré et son Premier ministre Ibrahim Boubacar
Keita s'étaient rendus sur les lieux du sinistre.
Le camp de Kati, devenu camp Soundiata Keïta après
l'indépendance, est célèbre pour avoir
formé plusieurs chefs d'Etat militaires africains notamment
le Béninois Mathieu Kérékou et le Burkinabé
Sangoulé Lamizana. (Avec AFP)
N° 138 du Jeudi 27 février
1997
Elections générales : rejet de la motion de censure
de l'opposition contre le gouvernement
Une motion de censure déposée par l'opposition
contre le gouvernement pour dénoncer notamment son incapacité
à organiser dans les délais impartis les élections
communales, législatives et présidentielle, a
été rejetée.
Dans cette motion déposée par le député
Mountaga Tall, dirigeant du Congrès National d'Initiative
Démocratique, l'opposition reprochait au gouvernement
son "refus de dialogue avec l'opposition pendant près
de deux ans" et "son incapacité à proposer
à l'Assemblée nationale un cadre législatif
approprié pour les élections".
L'opposition misait sur le mécontentement d'une quarantaine
de députés de l'ADEMA, parti majoritaire, dont
l'investiture pour les prochaines élections n'avait pas
été renouvelée par leur parti. Douche froide
pour les opposants puisque cette motion n'a obtenu que 17 voix
alors que l'Assemblée compte plus de cent députés.
Devant les députés, le Premier ministre a indiqué
qu'un crédit budgétaire électoral de 7,105
milliards de francs CFA a été mis à la
disposition de la Commission électorale qui l'a déjà
exécuté à hauteur de 3,132 milliards.
Législatives d'abord, présidentielles ensuite,
selon M. Konaré
Le président Alpha Oumar Konaré a réaffirmé
que l'ordre fixé pour le déroulement des prochaines
consultations électorales sera maintenu, les législatives
d'abord, les présidentielles ensuite.
M. Konaré, qui s'exprimait à l'ouverture d'une
réunion à Bamako des gouverneurs de régions,
des chefs militaires et des services économiques et financiers
du Mali, a mis implicitement fin aux rumeurs circulant dans
le pays sur son désir d'intervertir l'ordre des prochaines
élections générales.
Parlant des législatives, dont le premier tour initialement
fixé au 9 mars a été rapportée à
la demande de la Commission électorale nationale indépendante
(CENI), le chef de l'Etat a annoncé que celles-ci auront
lieu à une date qui sera retenue "dans le respect
des lois en vigueur".
M. Konaré a appelé la classe politique à
cesser de s'accuser mutuellement du retard pris par l'organisation
des prochaines consultations et à arrêter d'alimenter
les spéculations.
Explosion de Kati : démenti des autorités militaires
sur le bilan fourni par la presse
Les autorités militaires ont démenti les informations
parues dans la presse locale, selon lesquelles l'incendie du
dépôt d'armes et de munitions du camp militaire
de Kati, près de Bamako le 12 février, aurait
fait "plusieurs dizaines de morts" (cf. Afrique Express
N° 137).
Le général Bréhima Siré Traoré,
inspecteur général des armées du Mali,
a indiqué que "le bilan officiel du premier jour
faisant état de six morts" était "toujours
le même". Treize blessés ont été
dénombrés: six civils et sept militaires.
La Commission d'enquête a enregistré trois cent
quatre-vingt six déclarations de demandes de dédommagement
émanant de la population de Kati.
N° 142 du Jeudi 3 avril 1997
Tombouctou célèbre le premier anniversaire de
la "Flamme de la Paix"
Tombouctou en liesse a célébré jeudi 27
mars le premier anniversaire de la "Flamme de la Paix",
qui avait officiellement marqué, il y a un an, la fin
de quatre ans d'une sanglante rébellion touarègue
et arabe dans le nord du pays.
"La Flamme de la Paix est un message d'espoir", a
déclaré à cette occasion le Premier ministre,
M. Ibrahim Boubacar Keita, en présence de délégations
étrangères, notamment algérienne et libérienne.
"La priorité pour les pays africains doit être
désormais le développement", a t il ajouté
en présidant cette cérémonie qui s'inscrit
dans le cadre d'une semaine de la Paix au Mali du 24 au 28 mars
et à laquelle a pris part à Bamako le président
ivoirien Henry Konan Bédié.
Le président ivoirien a salué la fin de la rébellion
touarègue comme "la réconciliation du Mali
avec lui-même", en estimant que cela constitue à
ses yeux "le meilleur gage de succès pour l'avènement
d'une société nouvelle".
M. Bédié a déclaré apporter "un
message de soutien au Mali en réconciliation" et
a affirmé que les liens qui unissent son pays au Mali
"sont indissolubles comme des liens de sang".
De son côté, le président malien Alpha Oumar
Konaré a réaffirmé la détermination
de son gouvernement de poursuivre les efforts en faveur de la
réintégration socio-économique des ex-combattants
touaregs des Mouvements et fronts unifiés de l'Azawad
(MFUA) et noirs sédentaires du Mouvement d'auto-défense
Ghanda-Koy.
"La Flamme de la Paix" avait été marquée
symboliquement il y a un an par la destruction par le feu de
plus de 3.000 armes de guerre remises volontairement par les
combattants touaregs et arabes et par la dissolution des mouvements
rebelles.
"La paix est aujourd'hui définitive, même
s'il existe encore un terrorisme résiduel comme partout
dans le monde", a confié un ancien chef rebelle,
faisant allusion à divers vols de véhicules qui
ont eu lieu ces derniers mois dans le nord du pays.
De nombreux micro-projets, notamment agricoles, sont actuellement
mis en œuvre par le PAREN (Programme malien d'appui à
la réinsertion des ex-rebelles) avec l'aide du PNUD et
de nombreuses ONG, pour aider à l'installation des anciens
combattants.
Législatives les 6 et 20 juillet 1997
Les élections législatives, dont le premier tour
du 13 avril avait été annulé par la Cour
constitutionnelle en raison de sa mauvaise organisation, auront
lieu les 6 et 20 juillet pour les premier et second tour. La
campagne électorale pour le premier tour sera ouverte
du 15 juin au 4 juillet et celle du second tour du 11 au 18
juillet.
Le collectif des 21 partis d'opposition a ausitôt contesté
la légitimité de la poursuite du processus électoral
après l'annonce de ces nouvelles dates.
Me Tall a de son côté porté plainte contre
X à la suite d'un attentat le visant. Des cocktails molotovs
avaient été lancés dans la nuit du 12 au
13 mai contre son étude, provoquant des dégâts
matériels importants mais sans faire de victimes.
Leur demande rejoint celle de l'opposition qui souhaite l'organisation
d'un referendum visant à prolonger d'un an le mandat
présidentiel et la mise en place d'un gouvernement d'union
nationale regroupant tous les partis.
Regroupée dans un collectif d'une vingtaine de partis,
qui ont réalisé, le 13 avril, un score très
faible au premier tour des législatives, l'opposition
réclame la suspension du processus électoral,
la dissolution de la CENI et la démission du gouvernement.
Le premier tour avait été annulé le 25
avril par la Cour constitutionnelle en raison de "graves
irrégularités".
Ce collectif a réaffirmé son intention de ne pas
participer à l'élection présidentielle,
estimant que cette élection serait "bâclée".
32 partis en course
32 partis politiques et 24 personnalités indépendantes
ont fait acte de candidature aux législatives qui auront
lieu le 13 avril.
Le président de la Commission électorale nationale
indépendante malienne (CENI) a déclaré
que les préparatifs des législatives étaient
terminés et que tout était "fin prêt".
Me Kassoum Tapo a affirmé que tout le matériel
électoral (cartes d'électeurs, bulletins de vote,
urnes) est désormais disponible et que 500 observateurs
nationaux ont été formés pour la supervision
du scrutin.
Parmi les mesures anti-fraudes prises figurent l'institution
de cartes d'électeurs de couleurs différentes
dans les six communes de Bamako et l'installation d'urnes transparentes.
Par ailleurs, a ajouté M. Tapo, les listes électorales,
qui ont fait l'objet de contestation de la part du parti de
l'opposition, le Rassemblement des Forces patriotiques (RFP),
sont actuellement contrôlées par les représentants
des partis politiques.
Pourtant, le RFP a introduit deux recours devant la Cour constitutionnelle
pour demander l'invalidation du décret de convocation
du collège électoral pour les législatives
du 13 avril.
Le gouvernement a, selon le parti, violé l'article 42
de la constitution en fixant le premier tour des législatives
au 13 avril. Selon cet article, en cas de dissolution de l'Assemblée
nationale (effective depuis le 3 mars) ,"les élections
ont lieu 21 jours au moins et 40 jours au plus après
la dissolution. Le premier tour devrait avoir lieu le 12 avril,
le 13 avril correspondant au 42e jour", a ajouté
M. Moustapha Traoré du RFP.
Le second recours porte sur le "non respect des prescriptions
relatives aux listes électorales". Celles-ci n'ont
pas été révisées depuis cinq ans,
contrairement aux dispositions de la loi électorale.
Arrestation d'un candidat de l'opposition aux législatives
Candidat de l'opposition aux législatives, M. Mohamed
Lamine Haidara, maire de la commune 2 de Bamako, a été
arrêté pendant le week-end du 29 au 30 mars par
la Sécurité d'Etat, d'après son parti,
le MPR (Mouvement Patriotique pour le Renouveau).
"Nous considérons cette arrestation comme une manœuvre
politique visant à empêcher notre candidat de se
présenter", a déclaré M. Mahamane
Maïga, secrétaire permanent du MPR, qui a considéré
que Lamine Haidara était un "détenu politique".
Selon une source policière, l'arrestation de Mohamed
Lamine Haidara, plus connu sous le nom de Mao, serait liée
à une vérification de la gestion à la tête
de sa mairie.
Dans une déclaration d'un "club de soutien à
Mao", les militants du MPR ont demandé aux autorités
de prendre toutes les mesures "pour que cessent les pratiques
qui abîment la face de la démocratie malienne".
L'écrivain Seydou Badian Kouyaté candidat à
la présidentielle
L'écrivain Seydou Badian Kouyaté a été
désigné candidat de l'Union soudanaise-Rassemblement
démocratique africain (US-RDA, opposition) à l'élection
présidentielle du 4 mai prochain, à l'issue d'une
réunion extraordinaire de ce parti à Bamako.
Agé de 69 ans, l'auteur de "Sous l'Orage",
se réclame de Modibo Keita, premier président
de la République malienne. Il est le second candidat
déclaré à l'élection présidentielle,
après Soumana Sacko, ancien Premier ministre du Mali
sous la transition (1991-1992).
Au cours d'une conférence nationale, l'ADEMA, parti au
pouvoir, a demandé au président Alpha Oumar Konaré
de briguer un second mandat. Celui-ci n'a toujours pas annoncé
officiellement sa candidature. N° 141 du Jeudi 27 mars 1997
Présidentielle
L'ancien Premier ministre Soumana Sacko premier candidat
L'ancien Premier ministre malien, Soumana Sacko, a annoncé
qu'il sera candidat à l'élection présidentielle
prévue les 4 et 18 mai au Mali. M. Sacko est le premier
candidat déclaré à l'élection présidentielle.
M. Sacko, âgé de 48 ans, fut Premier ministre sous
la transition (1991-1992).
Sa candidature de M. Sacko est soutenue par un parti récemment
créé, la Convention Parti du Peuple (CPP) de l'avocat
Mamadou Gakou. Me Gakou fut l'un des principaux avocats de l'ancien
président, le général Moussa Traoré,
durant son procès à Bamako "pour crimes de
sang".
Fonctionnaire au Programme des Nations unies pour le développement
(PNUD), en poste à Madagascar, M. Sacko est actuellement
en congé au Mali.
De février à août 1987, il a été
ministre des Finances du général Traoré.
Au lendemain du renversement du général, il avait
été appelé par le général
Amadou Toumani Touré au poste de Premier ministre. Il
ne s'était pas présenté à l'élection
présidentielle de 1992.
Pour sa part et sans surprise, le parti au pouvoir, l'ADEMA,
réuni en conférence nationale, a souhaité
que le président Alpha Oumar Konaré brigue un
second mandat.
Législatives : prolongation du délai pour le
dépôt des candidatures
Le délai pour le dépôt des candidatures
aux prochaines élections législatives maliennes,
prévues le 13 avril, a été prorogé
de "quelques jours", sur décision de la Commission
électorale nationale indépendante (CENI).
La "date butoir" pour la clôture des candidatures,
fixée au 18 mars à minuit, a été
repoussée à la demande de "plusieurs partis
politiques" qui n'avaient pas terminé les opérations
de recensement de leurs militants.
La prolongation du délai est considérée
par les observateurs comme une mesure visant à atténuer
la contestation préélectorale animée par
plusieurs partis de l'opposition, qui mettent en doute l'impartialité
de la CENI.
Trente deux partis politiques sur plus de soixante agréés
ont déjà déposé des listes de candidatures
et vingt-quatre candidatures indépendantes ont été
enregistrées à la CENI.
N° 143 du Jeudi 10 avril 1997
Election présidentielle : dix candidats, dont le président
Konaré
Le président Alpha Oumar Konaré, 51 ans, sera
candidat à sa succession lors de l’élection
présidentielle dont le premier tour aura lieu le 4 mai
prochain.
Archéologue, M. Konaré, candidat de l’Alliance
pour la démocratie au Mali (ADEMA, au pouvoir), figure
sur une liste, encore partielle, de dix candidats rendue publique
par la Cour constitutionnelle du Mali.
Ceux-ci ont versé une caution de 5 millions de F Cfa
(50.000 FF) pour pouvoir être candidats. L’élection
présidentielle, la seconde depuis le renversement du
général Moussa Traore en 1991, suivra de peu les
élections législatives dont les deux tours auront
lieu les dimanche 13 et 27 avril.
M. Konaré avait été élu président
de la République en 1992 après une période
de transition d’un an, dirigée par le général
Amadou Toumani Touré (ATT), qui avait renversé
Moussa Traore. Il ne s’était pas présenté
à l’élection présidentielle de 1992,
préférant rester dans l’armée.
Les dix candidats de l’élection présidentielle
1 - Alpha Oumar Konaré, 51 ans, candidat à sa
succession, présenté par son parti, l’Alliance
pour la démocratie au Mali
2 - Idrissa Traoré, avocat, président du Parti
pour la démocratie et le progrès (PDP), ancien
ministre de la Justice. Il se présente pour la deuxième
fois.
3 - Seydou Badian Kouyaté, 69 ans, médecin, ancien
ministre de l’Economie de Modibo Keita, candidat de l’Union
Soudanaise- RDA (US-RDA), se présente pour la première
fois.
4 - Abdoul Wahab Berthé, 44 ans, avocat, président
du Parti Malien pour le Développement et le Renouveau
(PMDR)
5 - Choguel Kokala Maiga, 39 ans, ingénieur, président
du Mouvement Patriotique pour le Renouveau MPR, se réclamant
de l’héritage de l’ancien parti unique interdit
de Moussa Traore, l’UDPM (Union démocratique du
peuple malien).
6 - Mountaga Tall, 41 ans, avocat, président du Congrès
National d’Initiative Démocratique (CNID).
7 - Almamy Sylla, 74 ans, économiste, ancien fonctionnaire
du PNUD, Président du Rassemblement pour la démocratie
et le progrès (RDP).
8 - Mamadou Lamine Traoré, 50 ans, professeur de Philosophie,
secrétaire national du Mouvement pour l’indépendance,
la renaissance et l’intégration africaine (MIRIA),
parti dissident de l’ADEMA, ancien ministre de l’Intérieur.
Diplômé de l’Université Lomonossov
de Moscou et de la Sorbonne de Paris, le professeur Traoré
fut ministre d’Etat chargé de l’Administration
territoriale et de la Sécurité dans le premier
gouvernement formé après l’élection
d’Alpha Konaré en 1992.
9 - Mamadou Maribatrou Diaby, 55 ans, commerçant, président
du Parti pour l’unité, la démocratie et
le progrès (PUDP).
10 - Soumana Sacko, 47 ans, ancien Premier ministre de la transition
(91-92) fonctionnaire du PNUD, responsable de la Convention
parti du peuple (CPP), récemment créée
par l’avocat Mamadou Gakou, l’un des principaux
défenseurs de Moussa Traore, condamné à
mort.
Législatives : le programme du parti au pouvoir
L’Alliance pour la Démocratie au Mali (ADEMA, au
pouvoir) a présenté son programme pour les élections
législatives, en insistant sur “l’ancrage
de la démocratie”, le renforcement de la justice
et sa volonté d’atteindre un taux de croissance
annuelle de 7 % jusqu’à l’an 2.000.
M. Ahmed el Madani Diallo, secrétaire au Développement
de l’ADEMA, a indiqué que son parti comptait sur
la confiance des investisseurs nationaux et étrangers,
et sur la mobilisation des “ressources internes et externes”.
L’ADEMA présentera des candidats dans 54 des 55
circonscriptions électorales du pays. Le premier tour
de scrutin aura lieu le 13 avril.
Dressant un bilan de cinq ans de pouvoir, M. Diallo a souligné
la restauration de la paix au Nord, soumis pendant cinq ans
à une rébellion sanglante touarègue et
arabe, et la décentralisation qui doit permettre la modernisation
de l’Administration.
Dans le domaine de l’Education, il a indiqué qu’en
5 ans, sous la 3e République, dix lycées ont été
construits, alors qu’en 32 ans, de l’Indépendance
jusqu’à 1992, seulement 12 l’avaient été.
Quant au taux de scolarisation, il a augmenté, selon
lui, de près de 16 %, passant de 28,8 % en 1992 à
45 % en 1997.
Dans le domaine des media, M. Diallo a enfin souligné
que la télévision est désormais captée
dans toutes les régions et qu’il existe plus de
60 radios libres et 30 titres de journaux indépendants.
L’ADEMA est le seul des 34 partis en compétition
pour les législatives à avoir présenté
un programme politique au cours de la campagne électorale
qui s’est déroulée dans le calme.
L’opposant Mady Diallo réincarcéré
après son retour de France
Mady Diallo, un responsable du Mouvement patriotique malien
pour le renouveau (MPR - opposition) et ancien ministre du régime
de l’ex-président Moussa Traoré, a regagné
le 5 avril Bamako après avoir reçu un traitement
en France, et a été immédiatement réincarcéré.
Arrêté en octobre dernier en même temps que
plusieurs militaires après la découverte d’un
“complot” visant à déstabiliser le
régime du président Alpha Oumar Konaré
par un coup d’Etat militaire, M. Diallo était tombé
gravement malade en prison et avait été évacué
en France pour s’y faire soigner.
Il avait accepté de regagner volontairement le Mali après
ses soins et sa convalescence en France. Il a été
dès son retour conduit à la gendarmerie où
il est détenu.
Il devra comparaître en justice pour “complicité
dans une tentative de déstabilisation des institutions”.
Il a toujours nié les accusations d’instigateur
civil de la tentative de déstabilisation” portées
contre lui.
Son parti, le MPR, se réclame de l’ex-parti unique,
l’UDPM (Union démocratique du peuple malien) de
l’ancien président Moussa Traoré qui avait
été dissous en 1991.
Le maire d'une Commune de Bamako en justice
M. Mohamed Lamine Haidara, maire de la Commune 2 de Bamako et
candidat du MPR aux législatives, arrêté
le 31 mars, va être traduit en justice. Il est accusé,
en même temps qu’un de ses adjoints, de “concussion,
abus de confiance, faux et usage de faux et escroquerie”.
Les deux hommes seraient impliqués dans des affaires
de spéculation foncière. En France
Jacques Chirac reçoit une militante malienne des droits
de la femme
Le président français Jacques Chirac a reçu
le 4 avril la militante malienne des droits de la femme Fatoumata
Siré Diakité, venue l’entretenir notamment
de son combat contre la pratique de l’excision.
Le patron du syndicat français Force Ouvrière
(FO, indépendant), Marc Blondel, accompagnait la présidente
fondatrice de l’Association pour le progrès et
la défense des droits des Femmes maliennes (APDF), qu’il
avait invitée à Paris.
Au cours de l’entretien, Mme Diakité a également
plaidé pour un meilleur usage du français dans
les rencontres internationales, sollicité l’appui
de la France pour les organisations africaines francophones,
et rendu compte à Jacques Chirac de sa rencontre du 14
février avec le secrétaire général
de l’ONU Kofi Annan, dont elle avait attiré l’attention
sur “la nécessité de la présence
effective de la langue française au sein des Nations
Unies”, indique le communiqué.
Le chef de l’Etat l’a félicitée pour
son combat et l’a assurée de son soutien, aussi
bien dans le cadre de la Francophonie qu’au niveau international.
(avec AFP)

N° 144 du Jeudi 24 avril 1997
Législatives ratées : le sort du premier tour
dans les mains de la Cour Constitutionnelle
Ce sera sans doute à la Cour Constitutionnelle de trancher
quant à la validité ou non du premier tour des
élections législatives qui ont eu lieu le 13 avril,
dans la plus grande confusion.
Le Président de la Commission Electorale Nationale Indépendante
(CENI) a toutefois publié des résultats complets
de ce premier tour, plaçant l'ADEMA (Alliance pour la
Démocratie au Mali, au pouvoir) en tête avec 24
des 147 sièges de la future assemblée nationale
et en ballottage favorable dans 37 circonscriptions. Selon ces
résultats, l'opposition ne remportait aucun siège.
Quatorze partis d'opposition ont retiré leurs représentants
de la CENI, après avoir dénoncé la mauvaise
organisation de ces élections et réclamé
la suspension du processus électoral en cours.
Pour protester contre ces insuffisances - reconnue par les autorités
et le président lui-même -, ces 14 partis avaient
annoncé leur intention de boycotter tout le processus
électoral qui doit se poursuivre en mai par une présidentielle
et en juin par des élections municipales. La campagne
pour la présidentielle, qui devait s'ouvrir cette semaine,
n'a d'ailleurs pas commencé.
Ces partis ont en outre décidé de retirer leurs
neuf candidats à la présidence, laissant seul
en lice le président sortant, Alpha Oumar Konaré,
représentant l'ADEMA.
La machine démocratique paraît enrayée et
les observateurs se demandent ce qu'il adviendrait si la Cour
constitutionnelle annulait le premier tour des législatives,
repoussant d'autant les élections à venir.
Le président Alpha Oumar Konaré a ordonné
la mise en place d'une mission d'enquête pour "situer
les responsabilités" sur les "insuffisances"
constatées, et après une rencontre avec la classe
politique, la majorité présidentielle a proposé
à son tour l'annulation du premier tour des législatives
et le report des élections présidentielles prévues
le 4 mai.
Il ne semblait toutefois pas certain que le président
accepte de reporter l'élection présidentielle.
Tout en se réjouissant de la proposition d'annuler le
scrutin, l'opposition, a continué de réclamer
la dissolution de la CENI et du gouvernement.
Pour faire pression sur les autorités, environ 3.000
personnes avaient participé lundi 21 avril à une
marche pacifique organisée à Bamako et dans plusieurs
localités du Mali, notamment à Ségou (Centre)
et Sikasso (Sud).
Adoption d'une loi sur le statut des réfugiés
Le conseil des ministres a adopté une loi sur le statut
des réfugiés au Mali et a décidé
de créer une commission nationale chargée d'assister
les autorités dans l'accueil et la gestion des réfugiés
dans le pays.
Plus de 18.000 personnes bénéficiant de statut
de réfugiés et venant de 14 pays africains ont
été recensées au Mali. En absence de textes
régissant la question des réfugiés, le
problème a été géré jusqu'ici
par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés
(HCR).
N° 145 du Jeudi 8 mai 1997
Présidentielle contestée : après l'opposition,
des personnalités indépendantes en demandent le
report
Trois représentants de la société civile
ont demandé le report d'un an de l'élection présidentielle
prévue dimanche 11 mai et la formation d'un gouvernement
de transition en attendant l'organisation "d'élections
régulières".
Dans une lettre ouverte adressée au président
Alpha Oumar Konaré, ces personnalités indépendantes,
membres de la CENI (Commission électorale indépendante),
ont demandé que ce gouvernement de transition soit formé
de membres de la majorité et de l'opposition de l'Assemblée
nationale dissoute, ainsi que de représentants de l'armée.
Les trois personnalités signataires de la lettre ouverte
sont MM. Mamadou Danté, Seydou Coulibaly et Mme Djeneba
Diop Sidibé, représentant des associations de
défense des droits de l'homme au sein de la CENI. Composée
au départ de 30 membres, celle-ci n'en compte plus que
23, depuis le retrait des représentants de l'opposition.
Leur demande rejoint celle de l'opposition qui souhaite l'organisation
d'un referendum visant à prolonger d'un an le mandat
présidentiel et la mise en place d'un gouvernement d'union
nationale regroupant tous les partis.
Regroupée dans un collectif d'une vingtaine de partis,
qui ont réalisé, le 13 avril, un score très
faible au premier tour des législatives, l'opposition
réclame la suspension du processus électoral,
la dissolution de la CENI et la démission du gouvernement.
Le premier tour avait été annulé le 25
avril par la Cour constitutionnelle en raison de "graves
irrégularités".
Ce collectif a réaffirmé son intention de ne pas
participer à l'élection présidentielle,
estimant que cette élection serait "bâclée".
Les partis d'opposition ont introduit devant la Cour constitutionnelle
un recours pour obtenir le report de la date du premier tour
de la présidentielle fixé au 11 mai, mais la Cour
ne s'était pas prononcé à trois jours du
scrutin, laissant planer l'incertitude sur le maintien de cette
date.
Trois candidats seulement
Quant au président Konaré, il a poursuivi sa campagne
électorale comme si de rien n'était. Si l'élection
a lieu, il n'aura contre lui qu'un seul candidat, l'opposant
Mamadou Diaby, dirigeant du petit parti pour l'Unité,
la Démocratie et le Progrès (UDP), qui est revenu
sur sa décision de ne pas se présenter. M. Diaby,
qui se présente pour la deuxième fois à
la présidence de la République, avait obtenu 2,16
% des voix au premier tour de la présidentielle d'avril
1992, contre 44,95 % au président Konaré. D'ethnie
soninké, il est connu au Mali pour ses sorties "fracassantes".
Enfin, coup de théâtre, le 8 mai, Idrissa Traoré,
avocat et président du Parti pour la démocratie
et le progrès (PDP), annonçait qu'il allait lui
aussi se lancer dans la course à la présidentielle.
N° 146 du Jeudi 15 mai 1997
Présidentielle : plus de 80 % de voix au président
Konaré, selon les premiers résultats partiels
Le président sortant Alpha Oumar Konaré a obtenu
plus de 80 % des voix au premier tour de l’élection
présidentielle du 11 mai, selon les premiers résultats
partiels portants sur quatre des huit régions intérieures.
Le challenger du président Konaré, M. Mamadou
Maribatrou Diaby, leader du PUDP (Parti pour l’Unité,
la démocratie et le progrès), est crédité
de 4,2 % des voix, contre moins de 2 % à chacun des huit
autres candidats de l’opposition, qui avaient boycotté
l’élection.
Malgré leurs protestations, la CENI (Commission électorale
indépendante) avait fait placer dans les bureaux de vote,
à la demande de la Cour constitutionnelle, les bulletins
de participation de ces candidats, qui n’avaient pas annoncé
officiellement par écrit leur retrait.
Ces premiers résultats partiels ne concernent pas le
District de Bamako, la capitale, qui compte six communes, ni
les votes de l’extérieur, qui concernent près
de 800.000 Maliens inscrits dans les consulats et ambassades.
Selon ces résultats partiels, le taux de participation
a été de l’ordre de 30 % dans ces quatre
régions, à l’exception de Kayes (Ouest du
Mali), où il a été de 40 %. Le président
Konaré est originaire de la région de Kayes, principal
foyer d’immigration des Maliens vers l’Europe. (AFP)
N°
147 du Jeudi 29 mai 1997
Les résultats de l'élection présidentielle
: Konaré sans surprise
La Cour constitutionnelle a annulé les votes en faveur
des huit autres candidats de l'opposition qui s'étaient
retirés pour protester contre la mauvaise organisation
des législatives du 13 avril (annulées):
- Inscrits : 5.428.256
- Votants : 1.542.229
- Bulletins nuls : 182.750
- Suffrages annulés : 257.300
- Suffrages exprimés : 1.101.979
- Majorité absolue : 550.991
- Suffrages obtenus par M. Konaré (ADEMA): 1.056.619
- Suffrages obtenus par M. Mamadou Maribatrou Diaby (PUDP) :
45.160
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