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Articles de la revue Afrique-Express - Année 1998
N° 162 du vendredi 2 janvier 1998

Contestation : l’Union Soudanaise (opposition) tempère ses revendications

L’Union Soudanaise (USRDA), un des principaux partis de l’opposition, a annoncé fin décembre qu’elle ne faisait plus de “la démission du gouvernement et de l’Assemblée nationale une priorité”.
Cette démission est une des revendications de l’opposition radicale, dont fait partie l’USRDA, pour résoudre de la crise politique consécutive au boycott des élections législatives et présidentielle par les principaux partis d’opposition.
Ce changement de position de l’USRDA a été annoncé à la clôture de sa conférence nationale, par souci “de faire avancer les négociations” entre pouvoir et opposition pour sortir de la crise.
L’USRDA portera dorénavant toute son attention sur la confection des listes électorales, selon secrétaire général, Bamou Touré.
Le 28 décembre, les partis du collectif de l’opposition radicale ont organisé à Bamako une marche dite “d’avertissement” pour que le pouvoir reprenne les négociations avec l’opposition.

Ancien ministre de la Défense de Moussa Traoré, le général Coulibaly gracié

Le général Mamadou Coulibaly, ancien ministre de la Défense de Moussa Traoré condamné à mort à la suite des émeutes sanglantes de 1991, a été gracié par le président Alpha Oumar Konaré “à titre humanitaire”.
Le président Konaré, souligne un communiqué, “est résolu à placer son dernier quinquennat sous le signe du pardon et de la réconciliation nationale”.
Début décembre, le chef de l’Etat malien avait déjà commué en détention à perpétuité la peine de mort prononcée contre 21 détenus, dont l’ancien président Moussa Traoré, renversé par un coup d’Etat, et plusieurs dignitaires de son régime, dont le général Coulibaly.

Décès de Mamadou Madeira Keita, une grande figure du RDA

L’une des plus grandes figures du Rassemblement Démocratique Africain (RDA) au Mali, Mamadou Madeira Keita, est décédé le 21 décembre à l’âge de 80 ans.
M. Keita, membre fondateur du RDA, s’était lancé dans la politique, après des études à l’école William Ponty de Dakar.
A l’indépendance du Mali, il a occupé plusieurs postes ministériels avant de devenir membre de la Commission Nationale de Défense de la révolution (CNDR), mise en place par Modibo Keita.
M. Aly Nouhoum Diallo, président de l’Assemblée nationale, a rendu hommage au cours d’une séance extraordinaire “au grand homme d’Etat” disparu, dont les “qualités fondamentales”, a-t-il dit, doivent être aujourd’hui connues. (avec AFP)

Au Burkina Faso
Fermeture définitive des camps de réfugiés touaregs maliens

Avec le départ des derniers convois de réfugiés maliens organisés sur les sites de Gandafabou et de Mentao dans la région de Dori (Nord du Burkina Faso), les camps de réfugiés sont “déclarés fermés pour compter du 15 décembre”.
Les autorités du Burkina Faso ont invité les réfugiés qui se sont soustraits volontairement au rapatriement à se faire enregistrer avant le 15 janvier 1998. Passé ce délai, ils seront considérés comme des “étrangers” et devront se mettre en règle vis-à-vis de la loi.
20 000 réfugiés maliens ont quitté en un an les camps du Burkina Faso pour regagner leur pays. En juin dernier, les camps de réfugiés touaregs maliens en Mauritanie avaient été également fermés après le retour au Mali de 42.000 réfugiés. Quelque 160.000 réfugiés touaregs avaient pris le chemin de l’exil au Burkina Faso.

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N° 163 du Jeudi 15 janvier 1998

Le président propose un forum national en 1998 pour régler la vie politique
L’opposition préfère des négociations directes

Le président Alpha Oumar Konaré a fait cette annonce à l’occasion du nouvel an, déclarant : “Je souhaite que la classe politique participe avec l’ensemble du gouvernement, à la structuration et la bonne conduite du Forum national autour des questions politiques déjà identifiées".
Pour le président, ces assises devraient aboutir à une “relecture de la charte des partis politiques, du code électoral pour un scrutin de partage et l’adoption d’un véritable statut de l’opposition pour un financement public des partis”.
En outre, M. Konaré a insisté sur la nécessité d’améliorer les listes électorales en vue des futures communales et “l’engagement égal de tous” au sein de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI).
Le collectif des dix-huit partis de l’opposition a refusé de participer à ce Forum national, affirmant néanmoins qu’il était prêt à rencontrer le chef de l’Etat dans le cadre “de négociations directes”.
Estimant que ce serait “un forum de lynchage médiatico-politique”, Oumar Hamadoun Dicko, leader du PSP (Parti progressiste soudanais), a déclaré qu’il n’était pas question “d’aller s’asseoir” avec les autres partis de la mouvance présidentielle.
“Nous risquerions d’être noyés, nous voulons des négociations directes entre Alpha et nous”, a-t-il dit.
Enfin, Almamy Sylla, président du collectif, a également accepté la discussion dans le cadre de “négociations directes”, tout en soulignant la volonté de dialogue de l’opposition.
Le collectif a aussi réaffirmé sa “volonté d’aller aux élections communales, si les listes électorales sont fiables”.

Affrontements entre Touaregs : 5 morts

Des affrontements entre deux communautés touaregs ont fait cinq morts par balles début janvier dans la région de Ménaka (extrême nord-est du Mali). Les deux communautés, daousaks et fourgoumisset, revendiquent la zone de Tédjerat, une oasis fertile de la région.
Dans un entretien à l’AFP, l’ex-chef rebelle touareg Rhissa AG Sidi Mohamed a affirmé que les autorités devaient assurer le développement de la région, “si l’on ne veut pas que le Nord Mali s’embrase à nouveau”.
“Sans projets pour un développement durable de la région, il n’y aura pas de paix durable”, a-t-il dit, indiquant qu’il allait entreprendre “une médiation” entre les différentes communautés du Nord pour les ramener au calme. (avec AFP)

N° 166 du Jeudi 12 mars 1998

Début du procès des présumés putschistes de 1996

Le procès en assises de six militaires et d’un civil maliens accusés d’avoir tenté un coup d’Etat en 1996 contre le régime du président Alpha Oumar Konaré s’est ouvert lundi 9 mars au tribunal de Bamako.
Les six militaires auront à répondre du crime de “complot contre le gouvernement légal”, la justice ayant préféré ce chef d’accusation à celui d’avoir voulu “déstabiliser les institutions de la République”, dont ils étaient accusés par le gouvernement.
Les accusés, dont un capitaine de l’armée ainsi que M. Maddy Diallo, ancien ministre de l’ex-président Moussa Traoré et membre du Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR, opposition se réclamant de l’ex-président), sont défendus par une dizaine d’avocats, en présence de responsables d’Amnesty International.
Dans une autre affaire qui vient de passer en justice, Maddy Diallo a été reconnu coupable de détournement d’au moins 72 000 dollars, à l’époque où il était ministre et condamné à trois ans d’emprisonnement.

Rapatriements de réfugiés

Quelque 350 réfugiés touaregs maliens au Niger ont quitté la région de Banibangou (180 km au nord de Niamey au Niger) pour Menaka au Mali. Quelque 24.000 réfugiés maliens vivent au Niger après avoir fui les combats ente l’armée et les rebelles touaregs.

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N° 169 du Lundi 27 avril 1998

Prochain procès de l’épouse de l’ancien président Moussa Traoré

Le procès de Mariam Traoré, épouse de l’ancien président du Mali, inculpée “pour crimes économiques” et détenue depuis sept ans sans jugement, se tiendra bientôt, a annoncé début avril; le ministre de la Justice, Hamidou Diabaté, pour qui le dossier de Mariam Traoré est “complexe”.
Non-lieu pour des leaders de l’opposition accusés de complicité d’assassinat
Une dizaine de responsables du collectif des partis d’opposition, accusés d’incitation à la violence et “de complicité d’assassinat” à la suite de la mort d’un policier au cours d’un meeting, ont bénéficié d’un non-lieu.
Plusieurs de ces opposants - Me Mountaga Tall, Chogel Maiga, Youssouf Traoré, Almamy Sylla - avaient été inculpés le 8 juin dernier “d’incitation à la violence” pour avoir troublé la cérémonie de prestation de serment du président réélu.
Le 9 août, ces mêmes dirigeants de l’opposition et d’autres avaient été inculpés et incarcérés pour “complicité d’assassinat” après la mort d’un sergent de police lynché au cours du meeting.
Tous avaient été remis en liberté provisoire par souci d’apaisement et ce non-lieu se situe dans “la lignée de schéma de sortie de crise” voulue par le président Konaré. Un avocat de l’opposition a invité d’autres responsables, en fuite à l’étranger, à rentrer au pays pour être entendus par le juge et pouvoir bénéficier d’un non-lieu.

N° 174 du Jeudi 10 septembre 1998

Neuf morts après l’assassinat d’un juge par des membres d’une secte musulmane

Le juge Oumar Bah qui officiait Djoïla (250 km à l’est de Bamako) a été assassiné début août par des individus appartenant à la secte islamiste dénommée les “pieds nus”. Il a été tué à coups de couteau à son domicile par les “pieds nus” qui ont auparavant libéré leurs coreligionnaires emprisonnés dans cette ville pour divers motifs, notamment des actes de violence.
Les “pieds nus” fondent leur doctrine sur l’islam et le “refus de tout modernisme”. Ils ont leur base dans la région de Ségou et s’attaquent à ceux qui fréquentent ou envoient leurs fils à l’école, ceux qui parlent français ou vivent dans le luxe.
Neuf personnes ont été tuées par la population après l’assassinat du juge. “La population, excédée par l’assassinat du juge, a pris pour cible les intégristes de la secte des pieds nus”, selon un officiel malien.

Ibrahima Ndiaye, élu maire central de Bamako sur fond de division au sein du parti au pouvoir

M. Ibrahima Ndiaye, secrétaire général de l’ADEMA, parti au pouvoir, a été élu le 25 août maire central de la ville de Bamako, aux dépens de son rival du même parti Boubacar Bâ.
Cette élection consacre la lutte de clan ouverte au sein de l’ADEMA pour la succession du président Konaré dont le deuxième et dernier mandat s’achève en l’an 2002.
M. Bâ, considéré comme le candidat des supporters du Premier ministre Ibrahim Boubacar Keita, candidat “naturel” de l’ADEMA pour les prochaines élections, a présenté sa candidature en dépit des consignes du parti qui avait désigné un seul candidat.
Le maire central de Bamako reprendra les attributions actuelles du gouverneur de la capitale, poste clé pour les prochaines élections présidentielles.

En Côte d’Ivoire
Victimes de représailles, près d’un millier de Maliens rentrent au pays

Victimes d’attaques des populations locales, près d’un millier de pêcheurs bozos, originaires du Mali et qui vivaient dans la région d’Ayamé à une centaine de kilomètres d’Abidjan, ont été rapatriés fin août dans leur pays. Ces pêcheurs étaient installés depuis près de 30 ans aux alentours du barrage d’Ayamé, près de la frontière avec le Ghana. Au début du mois d’août, ils avaient été attaqués par de jeunes agnis, une ethnie locale, armés de fusils de chasse. Une vingtaine de campements bozos avaient été incendiés et tout leur matériel de pêche détruit.
Les Agnis accusent les pêcheurs maliens de ne pas respecter un arrêté préfectoral interdisant la pêche pour trois mois afin de permettre une reproduction des réserves halieutiques.
La plupart de ces “expulsés” n’hésitent pas à dénoncer “la xénophobie” qui se développe, selon eux, ces dernières années en Côte d’Ivoire.
Vivant autrefois le long du fleuve Niger, les Bozos du Mali se sont installés dans cette région en 1959, date de mise en eau du barrage d’Ayamé. Ils cohabitaient depuis, en plus en moins bonne harmonie, avec la population locale qui pratique également la pêche.
Les autochtones attribuent aux Bozos des pratiques de sorcellerie, et les soupçonnent de faire de sacrifices humains pour faire fructifier leur pêche.

N° 175 du Jeudi 8 octobre 1998

Un forum national sur la démocratie

Le président Alpha Oumar Konaré a annoncé la tenue prochaine d’un forum national pour “chercher les voies et moyens de consolider” la démocratie malienne. Dans un message à la nation à l’occasion du 38e anniversaire de l’indépendance du Mali, célébré le 22 septembre, le chef de l’Etat a indiqué qu’au cours de ce forum, la démocratie consensuelle sera “à l’honneur pour définitivement se convaincre que le changement ne viendra pas de la rue, mais du dialogue”, a-t-il ajouté. Le financement des partis politiques, le statut de l’opposition et la crise politique née des contestations par l’opposition du processus électoral, seront abordés au cours du forum, selon le président. Le chef de l’Etat a insisté sur la nécessité d’une réconciliation nationale, de lutter contre la pauvreté, contre la corruption et l’insécurité, ainsi que sur l’approfondissement de la politique de décentralisation. La proposition de tenir un forum sur la démocratie est une nouvelle ouverture en direction de l’opposition “radicale” qui a boycotté les élections législatives, présidentielle et municipales.

Amadou Toumani Touré candidat en 2002 ?

L’ancien président Amadou Toumani Touré a vivement démenti avoir déclaré à la presse qu’il “ne sera pas candidat” à l’élection présidentielle de 2OO2. Le mensuel malien “Mali Kunnafoni”, édité par les Maliens de France, lui avait attribué de tels propos dans son numéro de septembre. “Je me réserve le droit de ne pas répondre à une telle question" : telle est, selon un communiqué de presse publié par l’intéressé à Bamako, la réponse exacte qu’il a fournie à la question de la revue. Cette sortie du général Touré a relancé les rumeurs sur sa candidature à la présidentielle de 2OO2. Le deuxième quinquennat du président Konaré prendra fin cette année-là, et selon la constitution, il ne peut pas briguer de troisième mandat.

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N° 176 Jeudi 29 octobre 1998

Début du procès pour “crimes économiques” contre l’ex-président Moussa Traoré

L’ancien président malien Moussa Traoré et son épouse, Mariam, accusés d’avoir détourné 2 milliards de francs CFA (20 millions de FF), sont jugés pour “crimes économiques” devant la cour d’assises de Bamako.
Au pouvoir pendant 23 ans et en détention depuis son renversement, il y a sept ans, par un coup d’état militaire, l’ex-chef d’Etat, 62 ans, est poursuivi, ainsi que son épouse, pour “atteinte ou complicité d’atteinte aux biens publics et enrichissement illicite”.
Il comparaît en même temps que quatre de ses proches collaborateurs : Abraham Douah Cissoko, son beau-frère et ex-directeur des Douanes, Tiéna Coulibaly, ex-ministre des Finances, le général Sékou Ly, ex-ministre de l’administration territoriale et Moussa Koné, ex-directeur de l’agence de la Banque du développement du Mali en France.
Moussa Traoré et Sékou Ly avaient déjà été condamnés à mort en 1992 à l’issue d’un premier procès pour “assassinat, coups et blessures” lors de la répression des émeutes de janvier et mars 1991, qui avaient provoqué la chute du régime. Cette répression avait fait plus de deux cents morts.
Les condamnations des deux hommes avaient été commuées en décembre 1997 en peine de prison à perpétuité par l’actuel président, Alpha Omar Konaré.
Mariam Traoré, 55 ans, également en détention depuis la chute du régime Traoré, a toujours clamé son innocence, affirmant que la fortune du couple présidentiel provient d’un don de 250 millions FCFA octroyé par le président ivoirien Houphouët-Boigny.
Le couple Traoré, actuellement en détention dans l’enceinte de l’Ecole de gendarmerie de Bamako, risque la peine de mort s’il est reconnu coupable. Mais le président Konare s’est engagé à ne jamais faire appliquer cette mesure du temps de son mandat.
En dépit de son caractère “économique”, le procès qui est présidé par un conseiller à la Cour suprême du Mali, le juge Illo Cissoko, a de forts relents politiques.
Le Mouvement Patriotique pour le Renouveau (MPR, qui se réclame de l’ex-président) a toujours demandé un procès allant dans le sens de la réconciliation nationale.
De son côté, le Premier ministre, Ibrahim Boubakar Keita, a indiqué que “le procès se déroulera dans des conditions absolument conformes au droit”.
Quant au ministre de la Justice Amidou Diabaté, il a reconnu que “sept ans pour un procès, c’est trop”, expliquant la longueur de l’instruction par le fait que la justice malienne, “confrontée pour la première fois à un dossier pareil, a mis beaucoup plus de temps que la normale pour réunir des preuves”.
Le président Konaré aurait, selon de bonnes sources, demandé une accélération de la procédure et souligné qu’il n’était pas question d’en faire un procès politique.
Depuis la première audience, le 12 octobre, le procès a été déjà reporté plusieurs fois pour des questions de procédure soulevées par les avocats de la défense. Moussa Traoré est apparu très combatif, tenant à la main un Coran à la main dont il lisait les versets à voix basse.
L’acte d’accusation reproche notamment au couple Traoré de s’être illicitement enrichi d’une somme de deux milliards de FCFA (20 millions FF, 3,7 millions USD) et, personnellement au général Moussa Traoré, d’avoir personnellement accaparé 181 millions FCFA.
Selon cet acte, la ferme du couple présidentiel aurait bénéficé d’une électrification, aux frais de l’Etat, pour un montant de 134 millions CFA.

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données de base
Population : 14 millions
Superficie : 1 240 000km2
Monnaie : Franc CFA (1 euro = 655 FCFA)
Langue officielle : Français
Principales ethnies : Bambaras, Malinkés, Dogons, Peuls, Songhais, Maures, Touaregs
Président : Amadou Toumani Touré (ATT)
Premier ministre : Modibo Sidibé (25/01/07)
Parti au pouvoir : Aucun. Le président n'appartient à aucun parti et s'appuie sur une coalition qui le soutient à l'Assemblée.
Capitale : Bamako
Principales villes : Kaye, Mopti, Ségou, Gao, Kita
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