N° 242 du 02/01/2002
Le Premier ministre maintient sa candidature à la présidence
Le Premier ministre Mandé Sidibé a annoncé
son retrait des primaires de l'Alliance pour la Démocratie
au Mali (ADEMA, parti au pouvoir) et le maintien de sa candidature
à l'élection présidentielle de 2002,
dans une lettre adressée au président du parti.
Il a justifié son retrait des primaires par les violations
de procédures qui devaient aboutir à la désignation
des candidats pour ces primaires.
Après son retrait, deux autres candidats restent en
lice pour les primaires au sein de l'ADEMA : Soumeylou Boubeye
Maïga, ministre de la Défense, et Soumaïla
Cissé, ministre de l'Equipement. L'ADEMA est le parti
du président Alpha Oumar Konaré qui ne se représente
pas à la présidentielle.
En fait, l'ADEMA a renoncé à organiser les primaires
et s'en remettra à une convention du parti, prévue
début janvier pour désigner son candidat.
N° 243 du 18/01/2002
Annulation de cartes d'électeurs déjà
confectionnées
Le ministère de l'Administration territoriale a décidé
d'annuler les cartes d'électeurs déjà
confectionnées en vue des élections présidentielle
et législatives d'avril.
Le 3 janvier dernier, la Commission électorale nationale
indépendante (CENI) avait demandé cette annulation,
invoquant le non respect de certaines procédures, notamment
celle de la supervision par la CENI de la fabrication des
cartes.
"Nous ne voulons pas polémiquer, notre souci,
c'est des élections sans triche, et nous voulons nous
conformer à la loi", a déclaré le
ministre de l'Administration du territoire, Ousmane Sy.
"C'est tout simplement une victoire de la démocratie
malienne", a de son côté déclaré
Me Moustapha Cissé, président de la CENI qui
dit prendre "acte de la bonne foi des autorités".
Environ 5 millions de cartes d'électeurs avaient été
confectionnées en France pour un coût de plus
de 100 millions FCFA (environ 152.450 euros).
Foisonnement de candidats en vue de l’élection
présidentielle
Le départ de la scène politique de l’actuel
président Alpha Oumar Konaré, qui en est à
son deuxième et dernier mandat et quittera le pouvoir
le 8 juin 2002, avive les ambitions. Il y aura donc pléthore
de candidats pour l’élection présidentielle
qui aura lieu en avril, juste avant les législatives.
Amadou Toumani Touré
L’ancien chef d’Etat, le général
Amadou Toumani Touré, qui ne s’est pas encore
franchement déclaré candidat, le sera de toute
évidence. Il a récemment lancé un “Je
vous ai compris” à quelque 3 000 de ses partisans
réunis dans un stade à Bamako pour lui demander
d’être candidat;
Agé de 54 ans, il a obtenu en septembre dernier une
mise en “retraite anticipée” de l’armée,
condition obligatoire pour qu’il puisse être candidat
à la présidence.
Ses atouts ? Il a dirigé le pays de mars 1991 à
juin 1992 puis a quitté le pouvoir dignement et l’a
remis aux civils, ce qui est rare pour un militaire en Afrique.
Depuis, il a accompli avec plus ou moins de succès
(Ce fut bien difficile en Centrafrique) des médiations
politiques, et il a aussi donné dans l’humanitaire.
Autre atout, il n’est pas soutenu par un parti, et pourra
donc ratisser large selon l’expression consacrée.
Mais cet avantage de n’être pas à l’étroit
dans un parti pourra se retourner contre lui, car il faut
beaucoup de monde pour mobiliser les électeurs en Afrique
où les campagnes électorales se font plus de
village en village qu’à la télévision.
S’il est candidat Toumani Touré pourrait fédérer
autour de lui des parties comme le MIRIA de Mohamed Lamine
Traoré (ancien ministre de l’Intérieur)
et le PARENA (Parti pour la renaissance nationale)
Le PARENA a été créé par des dissidents
du Congrès national d’initiative démocratique
(CNID, opposition), parti d’opposition dirigé
par Me Mountaga Tall.
Le PARENA est présidé par Yoro Diakité,
professeur de mathématiques et ancien ministre dans
le deuxième gouvernement du président Alpha
Oumar Konaré. Ce parti compte dans ses rangs d’anciens
ministres de la période de transition de 1991 à
1992, dont Tiéblé Dramé (Affaires étrangères),
qui pourraient donc être tentés de soutenir leur
ancien “patron”, le général Toumani
Touré.
Ibrahim Boubacar Keita
L’ancien Premier ministre Ibrahim Boubacar Keita (alias
IBK) vient d’être désigné candidat
à la présidentielle par son parti, le Rassemblement
pour la République (RPM), à l’issue du
premier congrès de son parti qui s’est tenu le
13 janvier à Bamako.
IBK a été Premier ministre et a dirigé
l’Alliance pour la Démocratie au Mali (ADEMA,
au pouvoir), de 1994 à octobre 2000 avant de démissionner
et de créer son propre parti en juin 2001. Il avait
démissionné de l’ADEMA n’étant
pas certain que ce parti le désignerait comme candidat.
Il avait aussi attendu en vain un signe du président
Konare pour le soutenir, signe qui n’est jamais venu.
La plupart des cadres de la direction et les militants du
RPM, qui se réclament de la sociale démocratie
et de l’opposition, sont issus de l’ADEMA.
Ses atouts ? Ibrahim Boubacar Keita a entraîné
avec lui une trentaine de députés de l’ADEMA,
des gens qui seront de précieux relais lors de la campagne
électorale.
Ses thèmes de campagne ? “L’Etat comme
force de régulation dans le partage des biens”,
la solidarité et la lutte contre “la déliquescence
sociale et politique” et “le règne de l’argent,
de la corruption et de la trahison”.
Soumaïla Cissé
Le ministre de l’Equipement, Soumaïla Cissé,
a été investi le 5 janvier candidat de l’Alliance
pour la démocratie au Mali (ADEMA, le parti du président
Alpha Oumar Konaré) pour la présidentielle.
M. Cissé, qui était opposé au ministre
de la Défense, Soumeylou Boubeye Maïga, a été
choisi lors d’une convention de l’ADEMA.
Quatre hauts responsables du parti étaient au départ
en lice pour cette investiture. Des élections primaires
avaient été initialement prévues pour
permettre une “pré-sélection” de
deux candidats avant la convention, mais elles avaient été
finalement annulées.
Un des candidats s’est désisté et un autre,
le Premier ministre Mandé Sidibé, a annoncé
qu’il n’irait pas aux primaires en raison, selon
lui, de la violation des textes du parti.
Soumaïla Cissé, 52 ans, part donc avec un sérieux
handicap, car il n’apparaît pas comme l’homme
de la synthèse au sein de son parti. Il lui faudra
panser les plaies ouvertes qui ont résulté de
la bataille au sein de l’ADEMA et il lui sera bien difficile
de mettre en ordre de bataille derrière lui tous les
rivaux d’hier.
S’exprimant après son investiture, Soumaïla
Cissé a d’ailleurs plaidé en faveur de
“la cohésion et de l’unité pour
la victoire en 2002”.
Titulaire de diplômes supérieurs en gestion des
entreprises et en informatique, M. Cissé occupe depuis
février 2000 le ministère de l’Equipement,
de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme.
Auparavant, M. Cissé qui avait débuté
sa carrière professionnelle au sein de grands groupes
en France (IBM, Pechiney, Thomson), avait occupé les
fonctions de secrétaire général à
la présidence de la République, puis de ministre
des Finances en 1992.
“Chouchou” des institutions financières
internationales, le candidat de l’Adéma a déjà
rédigé un projet de société centré
autour de la “lutte contre la pauvreté par
le micro-crédit, la décentralisation et le renforcement
de l’Etat de droit”, qu’il compte soumettre
au parti.
Choguel Maïga
M. Choguel Maïga qui a été reconduit sans
problème le 30 octobre dernier à la tête
du Mouvement patriotique pour le Renouveau (MPR, opposition),
devrait lui aussi être candidat et figurer parmi les
sérieux prétendants puisque son parti se réclame
de l’ancien chef d’Etat le Général
Moussa Traoré, destitué en 1991 et emprisonné
depuis.
Le MPR a rendu public son projet de société
en vue des élections : résolution de la crise
scolaire, autosuffisance alimentaire et désenclavement
du Mali constituent “les vastes chantiers” de
ce parti qui a pour emblème le tigre.
Il faudra aussi compter sûrement sur la candidature
de Me Mountaga Tall, leader du Congrès national d’initiative
démocratique (CNID-opposition), et pourquoi pas sur
celle de l’actuel Premier ministre, Mandé Sidibé,
qui a boudé les primaires au sein de l’ADEMA
mais qui n’a peut-être pas dit son dernier mot.
Nouveau ministre de l’Equipement
Le président Alpha Oumar Konaré a nommé
le 7 janvier Mohamed Ag Moussa ministre de l’Equipement,
de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme,
en remplacement de Soumaïla Cissé qui va se consacrer
à la bataille électorale. Mohamed Ag Moussa
est un économiste de formation. Il est membre du comité
exécutif de l’Adéma.
Annulation de cartes d’électeurs
déjà confectionnées
Le ministère de l’Administration territoriale
a décidé d’annuler les cartes d’électeurs
déjà confectionnées en vue des élections
présidentielle et législatives d’avril.
Le 3 janvier dernier, la Commission électorale nationale
indépendante (CENI) avait demandé cette annulation,
invoquant le non respect de certaines procédures, notamment
celle de la supervision par la CENI de la fabrication des
cartes.
“Nous ne voulons pas polémiquer, notre souci,
c’est des élections sans triche, et nous voulons
nous conformer à la loi”, a déclaré
le ministre de l’Administration du territoire, Ousmane
Sy.
“C’est tout simplement une victoire de la
démocratie malienne”, a de son côté
déclaré Me Moustapha Cissé, président
de la CENI qui dit prendre “acte de la bonne foi
des autorités”.
Environ 5 millions de cartes d’électeurs avaient
été confectionnées en France pour un
coût de plus de 100 millions FCFA (environ 152.450 euros).

N° 247 du 02/04/2002
Le profil des 24 candidats à l'élection présidentielle
du 28 avril au Mali. (En ordre aléatoire)
Mandé Sidibé : ancien Premier ministre, qui
a démissionné de son poste le 18 mars dernier.
M. Sidibé s'était retiré des primaires
de l'Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA, parti
au pouvoir), estimant que les textes du parti ont été
violés lors de l'organisation de ces primaires. A 62
ans révolus (né le 20 janvier 1940 à
Bafoulabé), Mandé Sidibé, qui a notamment
travaillé au FMI, passe pour un économiste chevronné.
Ses partisans à l'ADEMA se sont regroupés au
sein de Cercle Indépendant de Réflexion et d'Action
pour la Candidature de Mandé Sidibé (CIRAC).
Ibrahim Boubacar Keita : candidat du Rassemblement pour
la République (RPM), parti qu'il a créé
en juin 2001.
Né le 29 janvier 1945 à Koutiala. Marié,
père de 4 enfants. Premier ministre de février
1994 à février 2000, il a démissionné
de ce poste à l'époque pour "redynamiser"
l'ADEMA. Poussé à la démission de la
présidence du parti présidentiel en octobre
2000, IBK avait alors téléguidé la formation,
en février 2001, d'un mouvement dénommé
"Alternative-2002", où se sont retrouvés
des hauts cadres et députés de l'ADEMA. Alternative
2002 n'était en fait que la prémisse à
la création du RPM.
Aujourd'hui, le RPM est le deuxième groupe politique
à l'Assemblée nationale grâce à
37 députés démissionnaires de l'ADEMA.
Sa candidature est soutenue par quatre autres formations politiques
: la Convention Démocratique, la PMDD, le MPLO, le
RDT,
Choguel Kokalla Maïga : président du Mouvement
patriotique pour le renouveau (MPR), formation considérée
comme l'une des principales forces de l'opposition et qui
se réclame "héritière" de l'ancien
président, le général Moussa Traoré,
destitué en 1991.
Né en 1958 à Tabango (Ansongo), dans la région
de Gao, ingénieur des télécommunications,
il est marié et père de six enfants.
A la chute du régime de Moussa Traoré, il était
membre du bureau exécutif national de l'UNJM (Union
National des Jeunes du Mali). Il a accédé à
la présidence du MPR en février 1997.
Amadou Toumani Touré, dit "ATT" : 54 ans (né le 4 novembre 1948 à Mopti), marié
et père de deux enfants, général en retraite
(instituteur, il a intégré l'armée en
1969). ATT a dirigé le Mali pendant la transition entre
mars 1991 et juin 1992. Il était alors président
du Comité de transition pour le salut du peuple et
chef de l'Etat.
Le général Toumani Touré est soutenu
par 23 formations politiques parmi lesquelles figurent l'Union
Soudanaise (US-RDA) ou encore le Bloc démocratique
pour l'intégration africaine (BDIA), le Parti malien
pour le progrès social (PMPS), le Mouvement pour l'Indépendance,
la Renaissance et l'Intégration africaine (MIRIA),
considérés comme "d'importants" partis.
Tous ces partis sont regroupés au sein du Mouvement
pour la démocratie et le changement (MDC).
ATT a laissé entendre plusieurs fois qu'il était
aussi soutenu indirectement par le président Konaré,
qui n'a jamais démenti ni confirmé ce soutien.
Des nombreux clubs de soutien et associations féminines
regroupés au sein du "Mouvement Citoyen"
font aussi partie du dispositif électoral du général
Touré.
Après avoir cédé la place aux civils,
"ATT" s'est occupé pendant dix ans de médiation
internationale et d'humanitaire, en particulier d'aide à
l'enfance.
Soumaïla Cissé : candidat officiel de l'Alliance
pour la démocratie au Mali (ADEMA, le parti au pouvoir).
Ancien ministre de l'Equipement, poste dont il a démissionné
après avoir été investi candidat par
l'ADEMA en janvier dernier, à l'issue de primaires
contestées par d'autres prétendants à
l'investiture du parti présidentiel.
Né le 20 décembre 1949 à Tombouctou,
Soumaïla Cissé, ingénieur informaticien,
est actuellement le 2è vice-président de l'Adema-PASJ.
Ahmed El Madani Diallo : membre de l'ADEMA, ministre
du Développement rural, jusqu'à l'annonce de
sa candidature, le 29 mars. Ahmed El Madani Diallo est né
le 7 mars 1947 à Ségou. C'est un économiste,
ancien membre du Comité exécutif de l'ADEMA.
Abdoulaye Sogolomba Konaté: ingénieur spécialisé
en radiodiffusion télévision, résident
en France, il est né en 1947 à Bancoumana (arrondissement
de Siby).
Madiassa Maguiriraga : président-fondateur du
Parti populaire pour le progrès (PPP, opposition modérée).
Né le 10 février 1943 à Nioro, professeur
d'université.
Mady Konaté : président du Parti pour
la démocratie et le progrès (PDP, mouvance présidentielle).
Né le 18 octobre 1948, ingénieur informaticien.
Modibo Kane Kida : 1er vice-président du Mouvement
des populations libres, unies et solidaires/Rassemblement
malien pour le travail et l'alternance (MPLUS/RAMATA, centriste).
Né le 11 septembre 1948 à Ségou, c'est
un économiste.
Mamadou Gakou : Avocat de renom, M. Gakou, 44 ans,
est un des vice-présidents de l'Assemblée nationale.
Son parti, la Convention pour le peuple (COPP), est classé
dans l'opposition modérée. Né le 19 décembre
1956 à Banamba.
Balla Moussa Coulibaly : président de l'Union
pour la démocratie et le développement (UDD,
créée en avril 1991, opposition modérée),
il est aussi soutenu par le Bloc des Alternatives pour le
Renouveau Africain (BARA) et la Convention Nationale Démocrate
(CND). Spécialiste en travaux publics, il est actuellement
président du Conseil économique, social et culturel
du Mali, après avoir été président
de la Fédération Nationale des Employeurs du
Mali.
Sa candidature est soutenue par trois autres petits partis.
L'UDD a deux députés à l'Assemblée
et près d'un millier de conseillers communaux. Il est
né le 19 septembre 1933 à Tenkodogo (Ségou).
Mamadou Bakary Sangaré, dit "Blaise" : 50 ans (né le 6 juin 1954 à Bamako), administrateur
civil de formation, secrétaire général
de la Convention démocrate et sociale (CDS, mouvance
présidentielle), parti qu'il a créé après
avoir quitté le Parti pour la Démocratie et
le Progrès (PDP).
La CDS a trois députés (circonscription de Bougouni)
et environ mille conseillers municipaux.
Dr Oumar Mariko : candidat du Parti de la Solidarité
africaine pour la Démocratie et l'Indépendance
(SADI, opposition très à gauche).
Né le 4 février 1959, à Bafoulabé,
il est médecin, ancien leader de l'Association des
élèves et étudiants du Mali (AEEM), le
fer de lance de la contestation en 1991 et fut ensuite membre
du Comité de transition pour le salut du peuple.
Président de l'ONG MEDES/SAPCOM (Médecin de
l'Espoir Santé pour la Communauté), il toucha
aussi dans le passé à l'audiovisuel, notamment
dans la radio "Kayira".
Daba Diawara : candidat du Parti de l'Indépendance,
de la Démocratie et de la Solidarité (PIDS,
opposition modérée se réclamant de la
"gauche démocratique").
Daba Diawara a commencé sa carrière politique
au sein de l'US RDA (parti fondé par Modibo Keita,
père de l'indépendance du Mali), dont il fut
en 1996 secrétaire politique du bureau politique national.
L'éclatement de cette formation en deux tendances en
1998, l'amena a créé son propre parti, le PIDS,
le 2 septembre 2001.
Daba Diawara, né le 15 août 1951 à Bamako,
administrateur civil. Ce "fidèle" de l'ancien
président Modibo Keita, a été secrétaire
général du gouvernement (octobre 1988 à
janvier 1991), puis ministre de la fonction publique et du
travail du gouvernement issu de la révolution de mars
1991. En juin 1992, il est à nouveau secrétaire
général du gouvernement, jusqu'en 1995.
Il exerce aujourd'hui au sein du Centre d'analyse et de formulation
de politiques de développement.
Almamy Sylla : président du Rassemblement pour la
Démocratie et le Progrès (RDP, opposition radicale).
Né le 10 septembre 1926, fonctionnaire international
à la retraite, il est candidat pour la seconde fois
(arrivé en quatrième position à l'élection
de 1992). Il fut conseiller économique du président
Modibo Keita et a exercé différentes fonctions
au sein de la CEA et à l'ONUDI et à la FAO.
Tiébilé Dramé : président du
Parti Renaissance nationale, (PARENA).
Né le 9 juin 1955 à Nioro (Nord-Ouest), professeur,
député depuis 1997 et ancien ministre des Affaires
étrangères et des Maliens de l'Extérieur
dans le gouvernement de transition (1991-1992). A cette époque,
il était membre du CNID.
Il a ensuite été ministre des Zones arides et
semi-arides (1996-1997) dans le gouvernement d'Ibrahim Boubakar
Keita. Il a créé le PARENA avec neuf anciens
du CNID en 1995. Militant des droits de l'homme, il a dirigé
un temps le mouvement estudiantin entre 1977 et 1980, a connu
la prison et a vécu en exil une dizaine d'années
en Europe. C'est à cette époque qu'il a travaillé
au sein d'Amnesty International, avant de rentrer au Mali
après la chute du régime de Moussa Traoré.
C'est aussi lui qui a lancé en 1992 l'hebdomadaire
Le Républicain.
Me Mountaga Tall: président du Congrès national
d'initiative démocratique (CNID).
Originaire d'une grande famille de marabout de Ségou,
il est né le 10 décembre 1956 à Ségou.
Avocat, député de Ségou, de 1992 à
1997, il se présente pour la seconde fois à
la présidentielle (troisième en 1992 avec 11,41
% des voix.) Son parti, le CNID a éclaté en
1995, avec le départ de Tiébilé Dramé.
Mamadou dit Maribatrou Diaby: président fondateur
du Parti pour l'unité, le développement et le
progrès.
Candidat à l'élection présidentielle
pour la troisième fois, Maribatrou Diaby, exportateur
(PDG de Mali-Reptiles) est né en 1942 à Kiban.
Pour "sauver la démocratie" il participa
à l'élection présidentielle de 1997 boycottée
par tous les ténors de l'opposition au président
Konaré.
Habibou Dembélé "Guimba" : né
le 19 avril 1962 à San (région de Ségou),
comédien, écrivain, c'est une "figure"
dans le monde artistique malien. Après avoir créé
avec Ousmane Sow la Compagnie Gouakoulou, il a créé
sa propre compagnie théâtrale, la compagnie "Guimba
National".
Ibrahima Diakité: né le 29 août
1945 à Bamako, inspecteur des finances.
Youssouf Hassane Diallo : né le 10 septembre 1953 à
Fafa (Ansongo, région de Gao). Spécialiste de
la langue arabe, féru de religion, il travaille depuis
juin 1993 au secrétariat général de l'OCI
(Organisation de la Conférence Islamique), tout en
exerçant la profession de consultant à Djeddah
en Arabie Saoudite.
Sanoussi Nanacassé : né vers 1949 à
Banamba région de koulikoro. Docteur, il a longtemps
exercé dans divers services de santé publique
du Mali, avant de s'installer à son compte en 1983.
Il a eu des activités syndicales, secteur de la santé,
dans les années 1988, il préside aujourd'hui
l'Association de la Société Malienne de Dermatologie.
Sans parti politique.
Modibo Sanagaré : président de l'UNPR
(Union nationale pour la renaissance), Modibo Sanagaré,
entrepreneur, est né le 23 avril 1955 à Bamako.
(Synthèse réalisée avec l'aide de la
presse malienne)

N° 250 du 24/05/2002
L’étrange voyage express d’Amadou Toumani
Touré à Libreville et Abidjan
Qu’avait donc de si urgent à faire à Libreville
et Abidjan, Amadou Toumani Touré qui s’est rendu
dans ces deux capitales entre les deux tours pour y rencontrer
les présidents Omar Bongo et Laurent Gbagbo ?
Ce voyage qualifié d’urgent par l’entourage
d’ATT a eu lieu le mardi 7 mai, alors que la cour constitutionnelle
n’avait pas encore proclamé les résultats
du premier tour du 28 avril, et l’ancien Premier ministre
malien Ibrahim Boubacar Keïta (“IBK”) , lui
aussi engagé dans cette compétition électorale
ne décolérait pas d’être “positionné”
en troisième position selon des résultats provisoires.
Le samedi 4 mai, devant plusieurs milliers de partisans, quatre
des candidats à la présidentielle, Ibrahim Boubacar
Keita (“IBK”) du Rassemblement pour le Mali (RPM)
, Choguel Maïga du Mouvement patriotique pour le renouveau
(MPR) , Almamy Sylla du Rassemblement pour la démocratie
et le progrès (RDP), et Me Mountaga Tall du Congrès
national d’initiative démocratique (CNID) , tous
membres de la coalition Espoir 2002, avaient qualifié
le premier tour de “pure mascarade qui n’avait
pour ambition que de procéder à la nomination
d’un homme à la présidence de la République”.
A cette heure, IBK, tout en appelant ses militants au calme,
n’avait pas encore choisi : laisser courir ce qu’il
considère comme un hold-up électoral ou faire
descendre ses partisans dans la rue, au risque d’être
catalogué pour longtemps par la bien pensante communauté
internationale comme un faiseur de troubles.
A peine rentré du Gabon et de Côté d’ivoire,
Amadou Toumani Touré s’est donc tout “naturellement
“ entretenu avec Ibrahim Boubacar Keita, qui, dès
le lendemain, appelait ses militants à voter pour le
général au second tour. Envolée comme
par miracle une éventuelle contestation.
Effacés les griefs à l’égard d’un
futur président “nommé” !
Ainsi va le Mali démocratique. L’histoire veut
qu’en 1992, Amadou Toumani Touré, déjà
tenté de se présenter à la présidentielle
de 1997, n’y aurait renoncé que sur l’insistance
expresse d’Omar Bongo, à charge pour le président
Alpha Konaré de lui faciliter le passage du témoin
en 2002. Aujourd’hui, l’histoire - ou la rumeur,
c’est selon - veut qu’une sorte de deal similaire
ait été conclu entre ATT et IBK. Un accord non
écrit mais cautionné par les deux amis d’IBK
que sont Bongo et Gbagbo, selon lequel ATT se serait engagé
à ne pas se représenter en 2007, à ne
pas créer son propre parti politique et à choisir
son Premier ministre dans la majorité qui sortira des
urnes après les législatives… en échange
de quoi, IBK a tu sa colère.
De là à penser qu’au Mali, on a tendance
à se “transmettre” le pouvoir entre gens
de bonne compagnie ...N°249 du 06/05/2002
1er tour de l'élection présidentielle : vous avez dit "modèle" démocratique?
Le premier tour de l'élection présidentielle
au Mali, qui a eu lieu le 28 avril, a révélé
une fois de plus l'incapacité du régime, et
celle du président sortant Alpha Oumar Konare, à
organiser le moindre scrutin qui réponde à un
minimum de sérieux et donc de crédibilité.
La pagaille, quoi qu'en disent les autorités en charge
des élections, a commencé avant le vote, pendant,
et après.
Avant, d'abord. Le recensement des électeurs pour établir
les listes électorales ne s'est pas fait sur la base
du volontariat, mais d'office, par des équipes souvent
incompétentes. Résultat de ce système
incongru, il était bien difficile de pouvoir vérifier
l'existence réelle de certains électeurs.
Résultat encore, des milliers de cartes n'ont pas été
retirées par leurs présumés destinataires
dans les commissions de distribution des dites cartes électorales.
Le problème est apparu si inquiétant que la
Direction générale des élections (DGE)
a dû faire de la publicité pour inciter les citoyens
à retirer leurs cartes. La DGE a même cru bon
de donner tous les renseignements utiles pour ce faire sur
son site Internet. Procédure louable, mais qui fait
sourire vu le niveau de développement du Mali. Imagine-t-on
un instant la vendeuse de légumes du grand marché
de Bamako, rentrer chez elle le soir et se connecter tranquillement
à Internet pour savoir où elle peut aller retirer
sa carte d'électrice ?
In fine, quelque 5 746 202 Maliens et Maliennes se sont retrouvés
inscrits sur la liste électorale nationale, mais l'administration,
la veille du vote, était bien incapable de dire précisément
combien de ces inscrits étaient en possession de leur
carte pour aller voter le lendemain, le dimanche 28 avril.
Ce stock de cartes non distribuées a tout naturellement
donner lieu à un trafic dont personne n'a pu mesurer
l'ampleur. Des individus ont en effet retiré des lots
importants de cartes dans les Commissions de distribution,
parfois, en toute bonne fois, pour leur propre famille, parfois
pour une fraude manifeste. Certains furent arrêtés
en possession de dizaines de cartes indûment entre leurs
mains. Combien ne furent pas pris? Ainsi, au matin du 28 avril,
des centaines de milliers de cartes d'électeurs n'étaient
toujours pas dans les mains de leurs destinataires, un réel
problème même si l'administration avait assuré
que les électeurs pourraient retirer leur carte le
jour du vote, au bureau où ils étaient inscrits.
Dans les faits, cela ne se fit pas. La plupart des bureaux
de vote de la capitale se sont retrouvés chacun avec
un stock d'environ 200 à 300 cartes non distribuées,
sur un total d'à peu près 700 inscrits par bureau,
et une fois le scrutin clos, la plupart de ces cartes n'avaient
pas été retirées.
Autre anomalie criarde qui ne manque pas d'étonner.
Les Maliens étaient-ils si occupés ce dimanche
28 avril, que des milliers d'entre eux ont voté par
procuration? Le comportement de l'électeur malien est
un véritable concentré de paradoxe: d'un côté,
l'on ne vient pas chercher sa carte d'électeur, mais
par ailleurs, des milliers de citoyens ont un tel sens du
civisme, que, se sachant sans doute pris par d'autres tâches
incontournables le jour du vote, ils firent d'eux-mêmes
des démarches fort compliquées pour pouvoir
voter par procuration. Bravo !
Quant au déroulement du scrutin lui-même, s'il
ne donna pas lieu à des incidents majeurs, la pagaille
d'avant le scrutin, ne fit qu'empirer. Même si d'aventure,
un citoyen voulait récupérer sa carte au bureau
de vote où il était inscrit, cette démarche
fut souvent bien difficile, voire impossible. Les cartes non
distribuées le restèrent. Ailleurs, des électeurs,
bien qu'en possession de leur carte électorale, ne
purent voter faute de détenir une carte d'identité
encore valide. D'autres, bien en règle avec la procédure,
ne retrouvaient tout simplement pas leur nom sur les listes
électorales affichées devant chaque bureau de
vote. Facile de penser qu'ils n'avaient qu'à faire
le tour des autres bureaux pour trouver leur nom, mais quand
on sait - désolé de le rappeler - qu'une grande
majorité des Maliens restent illettrés, il leur
fallait alors l'assistance d'un proche, courageux s'il en
est, capable d'accepter de parcourir toute la ville, de bureau
en bureau, pour trouver un nom après en avoir lu des
milliers d'autres sur des dizaines de listes collées
au mur, le tout sous une chaleur accablante.
Quant aux partis politiques, ils ont dû adopter un profil
bas le jour du vote, la plupart d'entre eux ayant été
incapables d'avoir des représentants dans l'ensemble
des 12.004 bureaux installés dans tout le pays.
Une multitude de petits problèmes comme disent les
observateurs, dont personne, en toute bonne fois, n'a osé
dire s'ils ont été de nature à remettre
en cause la validité du scrutin.
Et arriva le morceau de bravoure, le dernier volet de cette
cacophonie, le décompte des suffrages.
La Commission nationale de centralisation des votes, chapeautée
par le ministre de l'Administration territoriale, Ousmane
Sy, a été pendant plus d'une semaine le théâtre
d'une incroyable pagaille, un lieu étrange où
l'on centralisait des résultats transmis le plus souvent
par des agents de l'administration, par téléphone
ou par fax, mais qui ne venaient pas des procès verbaux
établis dans les bureaux de vote après le décompte
des suffrages.
Lieu étrange s'il en est car, bien qu'au cœur
de la capitale, le ministère et cette Commission ne
reçurent les résultats de Bamako qu'en dernier
alors que les résultats des villages reclus dans l'extrême-nord
leur étaient déjà parvenus. L'enjeu était
de taille puisque l'un des trois principaux candidats, l'ancien
Premier ministre Ibrahim Boubacar Keita ("IBK")
revendiquait lui de très bons scores dans la capitale.
La polémique enfla tant et si bien au fil des jours,
que la Commission électorale nationale indépendante
(CENI) a cru bon de taper du poing sur la table, le jeudi
2 mai pour mettre en garde l'administration et son ministre
de tutelle sur les irrégularités de procédures
qu'ils étaient en train de commettre. La CENI indiquait
dans un communiqué au vitriol que, après avoir
effectué "une mission de supervision et de suivi
des opérations de centralisation des résultats
provisoires auprès du ministre de l'Administration
territoriale et des collectivités locales", elle
avait relevé que "la totalisation des résultats
par la commission nationale de centralisation s'effectue en
l'absence des procès verbaux récapitulatifs
des commissions de centralisation devant provenir du district,
des cercles, ambassades et consulats en violation de l'article
141 de la loi électorale".
La CENI notait aussi "le traitement inéquitable
réservé par le ministère de l'administration
territoriale et des collectivités locales aux résultats
partiels provisoires du district de Bamako par rapport aux
résultats partiels provisoires déjà diffusés".
Fort de constat "indépendant", Ibrahim Boubacar
Keïta pouvait qualifier de "fraude grossière
et grotesque" les résultats officiels partiels
le plaçant en 3e position derrière l'ancien
chef d'Etat Amadou Toumani Touré et le candidat du
parti au pouvoir Soumaïla Cissé.
Peu importe ce qui sortira finalement de ce décompte,
car tout semble avoir été programmé pour
que se retrouve au second tour, la général Amadou
Toumani Touré et Soumaïla Cissé. Le premier
sans doute ravi de ne pas avoir à affronter au second
tour IBK, et le second, tout autant ravi de ne pas être
définitivement mort politiquement, malgré un
enterrement programmé de son parti l'ADEMA.
Etrange processus aussi quand on sait que l'épouse
du ministre de l'Administration territoriale était
la directrice de campagne de Soumaïla Cissé ou
que le président sortant, Alpha Konare, en ne soutenant
même pas du bout des lèvres le candidat désigné
par son parti, confirmait ainsi sa préférence
pour ATT.
A l'heure où nous mettions sous presse, les seuls résultats
partiels provisoires portants sur près de 70% des suffrages
exprimés plaçaient en tête le général
Amadou Toumani Touré, avec 28,32% des voix, suivi de
Soumaïla Cissé (26,10%) et d'Ibrahim Boubacar
Keïta ("IBK", 19,44 %).
A cet instant, les représentant du groupe Espoir 2002
(coalition politique de soutien à IBK) qui siégeaient
au sein de la commission de centralisation des résultats
avaient d'ores et déjà indiqué qu'ils
se "désolidarisaient" des résultats
de la commission.
N° 250 du 24/05/2002
Amadou Toumani Touré, vainqueur (programmé ?)
de l’élection présidentielle
L’on disait que le président sortant Alpha Oumar
Konaré souhaitait que lui succède à la
présidence celui qui lui avait permis d’accéder
au pouvoir en 1992, l’ancien général Amadou
Toumani Touré. Le souhait présidentiel semble
donc se réaliser. Selon les résultats complets
proclamés le 16 mai par le ministère de l’Administration
territoriale - provisoires jusqu’à leur validation
par la Cour constitutionnelle - M. Touré, appelé
“ATT” par les Maliens, a obtenu au deuxième
tour de l’élection, disputé le 12 mai,
1.099.653 voix soit 64,35 % des suffrages exprimés.
Son adversaire Soumaïla Cissé, candidat de l’Alliance
pour la démocratie au Mali (ADEMA) , le parti d’Alpha
Konare, au pouvoir ces dix dernières années,
a recueilli 609.320 voix (35,65 %). La participation au second
tour a été encore plus faible qu’au premier
: 30,17 % des quelque 5,7 millions d’inscrits, contre
38 % au premier tour, disputé le 28 avril.
Tous contre l’ADEMA
Cette élection a donné lieu à de multiples
paradoxes, dont le moindre n’aura pas été
l’absence totale de soutien du président sortant
en faveur du candidat de son parti, l’ADEMA. Soumaïla
Cissé s’est battu quasiment seul, non sans bénéficier
toutefois d’importants moyens financiers. Un des piliers
de l’ADEMA, le ministre de la Défense, Soumeylou
Boubeye Maiga, ne l’a lui aussi, soutenu que du bout
des lèvres, ne cachant qu’à peine sa sympathie
pour le général Amadou Toumani Touré
dont il fut conseiller spécial lors de la période
de transition en 1991-92.
Plus que la victoire d’Amadou Toumani Touré,
les Maliens ont semble-t-il voulu signifier par ce vote leur
rancœur ou leur désillusion de dix ans de régimes
ADEMA. Au premier tour de l’élection, disputé
le 28 avril, “ATT” était arrivé
en tête des 24 candidats en lice, avec 28,7 % des voix.
Il avait ensuite reçu le soutien de l’ancien
Premier ministre Ibrahim Boubacar Keïta (“IBK”)
, arrivé troisième avec 21 % des suffrages.
Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), en appelant à soutenir
“ATT”, bien qu’il eut estimé avoir
été écarté injustement du deuxième
tour, a lui aussi montré qu’il était pressé
d’en finir avec l’ère Konaré. Comment
expliquer sinon un tel soutien, alors que pendant la campagne
du premier tour, les militant du parti d’IBK, le rassemblement
pour le Mali n’avaient pas de mots assez ironiques à
l’égard du général Touré,
un “militaire qui ne connaît rien à
la chose politique”.
Comment expliquer aussi cet étonnant soutien à
ATT du MPR, le Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR,
parti dirigé par Choguel Maïga qui se réclame
de l’héritage du président Moussa Traoré),
délogé du pouvoir par ATT en 1990 ?
Ces retournements de la classe politique malienne ne favoriseront
sûrement pas un regain d’enthousiasme pour la
chose politique de la part des Maliens qui ont, pour beaucoup,
bien du mal à comprendre ces retournements d’alliances
incongrues.
C’est donc un président sans parti, sans majorité
parlementaire (les législatives sont prévues
en juillet), qui accède au pouvoir dans un pays désespérément
pauvre, et dont la seule richesse, le coton (voire l’or)
semble avoir surtout bénéficié à
la nomenklatura de l’ADEMA.
Le futur président devra répondre à une
très forte demande sociale des habitants, dont 64 %,
selon l’ONU, vivent dans la pauvreté.
Résultats du premier tour de l’élection
présidentielle qui a eu lieu le 28 avril
Suite aux recours déposés par plusieurs candidats,
la Cour constitutionnel-le a annulé 541.019 bulletins
de vote et a pris en compte 1.564.576 voix sur 2.201.154 votants.
La Cour constitutionnelle, par la voix de son président,
Abdourahmane Baba Touré, a dénoncé “des
compositions irrégulières, la distribution des
cartes d’électeurs de manière frauduleuse,
la non-sécurité des urnes, le vote par procuration
illégale, le vote de personnes non inscrites, l’absence
de signatures sur les procès verbaux, l’influence
sur le vote, l'existence de bureaux fictifs, et le fonctionnement
irrégulier de bureaux de vote itinérants”.
Bulletins nuls : 95.359
Participation : 38,31 % des inscrits,
Amadou Toumani Touré : 449.176 voix (28,71 %)
Soumaïla Cissé : 333.525 voix (21,32%)
Ibrahim Boubacar Kéita (“IBK”) : 329.143
voix (21,04 %)
Me Mountaga Tall : 83.168 voix (3,86 %)
Choguel Maïga : 59.304 voix (2,75 %)
Almamy Sylla : 11.660 voix (0,54 %).

N° 251 du 18/06/2002
L’ancien président Moussa Traoré gracié
au nom de la réconciliation
Au nom de la réconciliation nationale l’ancien
président malien Moussa Traoré a été
gracié le 29 mai 2002 par le président Alpha
Oumar Konaré, après plus de dix ans de détention.
Officiellement, l’ancien chef d’Etat, 65 ans,
et son épouse Mariam, ont été libérés
par souci de cohésion nationale et à titre humanitaire.
Porté au pouvoir en novembre 1968 par un coup d’Etat
qui avait renversé le régime de Modibo Keita,
le général Moussa Traoré a régné
sans partage sur le Mali pendant plus de 22 ans. Le 26 mars
1991, après un soulèvement populaire réprimé
dans le sang et parachevé par un coup d’Etat,
lui et son épouse étaient arrêtés.
En 1992, il était condamné à mort pour
crimes “politiques”, puis de nouveau condamné
à la peine capitale en 1999 pour crimes “économiques”.
Son épouse Mariam était également condamnée
à mort pour crimes économiques.
Entre-temps, un des putschistes de 1991, Amadou Toumani Touré
(“ATT”), était porté à la
tête de l’Etat et organisait la transition vers
la démocratie.
En 1992, Alpha Oumar Konaré qui, hostile à la
peine de mort, devait ensuite commuer la peine des époux
Traoré en prison à perpétuité,
était élu président.
Il y a deux ans, M. Konaré avait gracié des
proches de l’ancien chef d’Etat, dont Sékou
Ly, un ancien ministre, et “Ramos”, frère
de Mariam.
Avant le procès engagé en 1999 pour “crimes
économiques”, la vox populi disait que Traoré
avait “détourné des milliards de dollars”.
Par la suite, il a plutôt été question
de quelques centaines de millions de F.CFA.
Les conditions de détention du couple ont elles aussi
évolué, à chaque étape de la réflexion
de Konaré en vue de leur élargissement.
Séparés l’un de l’autre, ils avaient
été réunis en 1999, à la veille
de leur procès pour “crimes économiques”.
Leur première résidence commune de Markala (270
km au nord de Bamako) était délabrée,
la dernière en date avait téléphone,
radio, télévision.
Moussa Traoré, devenu très religieux, a également
changé, parlant ces derniers temps de “pardon”
et de réconciliation. Au plan politique, un parti d’opposition
se réclamant de Moussa Traoré, le Mouvement
patriotique pour le renouveau (MPR, opposition), est maintenant
devenu incontournable, bien que son leader, Choguel Maïga
ait réalisé un très faible score lors
de la dernière présidentielle.
La plupart des 24 candidats à cette élection
présidentielle avait également, avec plus ou
moins de fermeté, promis la libération de Moussa
Traoré, comme gage de leur volonté d’œuvrer
à la réconciliation nationale, un des grands
thèmes de la campagne électorale.
Interrogé après l’annonce de sa libération,
Moussa Traoré a dit qu’il ne savait pas s’il
allait “refaire de la politique” et que
sa première tâche serait d’aller s’incliner
sur les tombes de ses parents.A la question de savoir s’il
était “heureux de cette libération?”, l’ex-chef d’Etat a répondu : “Libération!
libération! Je dis de toute façon que c’est
mon corps qui était privé de liberté,
mais mon esprit ne l’était pas”.
Formation d’un gouvernement “de mission”
Mohamed Ag Amani, nouveau Premier ministre
Ancien ambassadeur du Mali Rabat et à Bruxelles, Mohamed
Ag Amani, a été nommé Premier ministre
le 9 juin par le président Amadou Toumani Touré.
Le nouveau Premier ministre, 60 ans, est économiste-statisticien
de formation. Il fut plusieurs fois ministre (Jeunesse, Tourisme,
Sport) sous le régime du général Moussa
Traoré. Ag Amani a également été
Haut Commissaire de l’Organisation de Mise en valeur
du Fleuve Sénégal (OMVS, qui regroupe le Mali,
le Sénégal et la Mauritanie). Il avait pris
sa retraite après avoir représenté son
pays en Belgique.
Cette nomination d’un homme “neutre” se
justifie sans doute par le fait que le président n’a
pas encore de majorité parlementaire, et qu’il
doit se préserver une marge de manœuvre assez
large pour l’après législatives qui auront
lieu le 14 juillet.
Un autre décret présidentiel a nommé
le ministre sortant des Affaires étrangères,
Modibo Sidibé, secrétaire général
de la présidence de la République avec “rang
de ministre”.
Qualifié de gouvernement “de mission” par
le Premier ministre, cette première équipe de
“l’ère Touré” est composée
de 21 membres et les portefeuilles-clé sont détenus
par des proches du chef de l’Etat.
Au ministère des Affaires étrangères
et des Maliens de l’extérieur, on retrouve M.
Lassine Traoré, ancien directeur de campagne du général
Amadou Toumani Touré. Deux autres proches du chef de
l’Etat malien, le général Kafougouna Koné
et le colonel Souleymane Sidibé prennent en main respectivement
le ministère de l’Administration territoriale
et des collectivités locales et celui de la Sécurité
et de la Protection civile.
Par ailleurs, dans le nouveau gouvernement, outre les partisans
du général Amadou Toumani Touré regroupés
au sein de la Convention pour l’alternance et le changement
(ACC), figurent au moins six représentants des deux
autres principaux regroupements politiques maliens.
Il s’agit de l’alliance “Espoir 2002”
dirigé par l’ancien Premier ministre malien Ibrahim
Boubacar Kéita, qui compte une quinzaine de partis
politiques, et de l’Alliance pour la république
de la démocratie (ARD), composée d’une
dizaine de formations politiques proches de l’Alliance
pour la démocratie au Mali (ADEMA, ancien parti au
pouvoir).
Le nouveau gouvernement du Mali, formé le 14 juin
2002
Premier ministre, ministre de l'Intégration africaine
: Ahmed Mohamed Ag Hamani
Ministre de la Santé: Mme Traoré Fatoumata Nafo
Ministre de l'Education nationale: Mamadou Lamine Traoré
Ministre de l'Administration territoriale et des collectivités
locales: Kafougouna Koné
Ministre des Affaires étrangères et des Maliens
de l'extérieur: Lassine Traoré
Ministre de l'Economie et des finances: Ousmane Issoufi Maïga
Ministre de l'Industrie, du commerce et des transports: Mamadou
Dalo Maïga
Ministre de l'Equipement et de l'aménagement du territoire:
Lanceni Kéita
Ministre du développement rural et de l'environnement:
Seydou Traoré
Ministre de l'Emploi et de la formation professionnelle: Younous
Hammey Dicko
Ministre des Forces armées et des anciens combattants:
Mahamane Maïga
Ministre de la Justice, Garde des Sceaux: Abdoulaye Ogotimbeli
Poudjougou
Ministre du Développement social, de la solidarité
et des personnes âgées: Mme N'diaye Fatoumata
Coulibaly
Ministre des Mines, de l'énergie et de l'eau: Ahmed
Séméga
Ministre des Domaines de l'Etat et des affaires foncières:
Aboubacar Sidiki Touré
Ministre de la Culture: André Traoré
Ministre de l'Artisanat et du tourisme: Bah N'diaye
Ministre de la Communication: Mamadou Mallé Cissé
Ministre de la Promotion de la femme, de l'enfant et de la
famille: Mme Bah Odette Yattara
Ministre de la Jeunesse et des sports: Djibril Tangara
Ministre de la Sécurité et de la protection
civile: Souleymane Sidibé
N° 253 du 30/07/2002
Législatives : l'ancien parti au pouvoir, l’Adema,
en tête du 1er tour marqué par un désintérêt
des électeurs
L’Alliance pour la Démocratie au Mali (Adéma,
majorité parlementaire sortante) a remporté
9 sièges de députés sur les 23 pourvus
au premier tour le 14 juillet des élections législatives,
selon les résultats définitifs publiés
le 23 juillet par la Cour constitutionnelle à Bamako.
Le Rassemblement pour le Mali (RPM) de l’ancien Premier
ministre Ibrahim Boubacar Kéita arrive en seconde position
avec quatre sièges.
Le Congrès d’initiative démocratique (CNID)
de Me Mountaga Tall obtient trois sièges, le BDIA et
le RAMAT deux députés, le Parti de la renaissance
nationale (PARENA), le RDT, et le Mouvement patriotique pour
le Renouveau (MPR) remportent chacun un siège.
123 sièges restent à pourvoir lors du second
tour, prévu le 28 juillet, et l’Adéma
est en ballottage favorable dans une vingtaine de circonscriptions
électorales
La Cour constitutionnelle a annulé pour “irrégularités”
les suffrages exprimés dans “tous les bureaux
de votes itinérants du Mali”, ainsi que le scrutin
dans la circonscription électorale de Tine-Essako (nord).
Ces irrégularités concernent notamment des falsifications
de procès-verbaux, la distribution “anarchique”
des cartes d’électeurs, des votes multiples,
le dépouillement “clandestin” des votes
et la “corruption” d’électeurs, a
indiqué la cour. Les suffrages exprimés dans
les 431 bureaux de votes itinérants ont ainsi été
invalidés par la Cour constitutionnelle qui a précisé
que cette invalidation n’entraîne pas l’annulation
du premier tour des législatives.
En revanche, le vote sera repris dans la circonscription électorale
de Tine-Essako, dans un délai de trois mois selon la
loi malienne. Au total, ce sont quelque 160 000 voix qui ont
été annulées au premier tour de ces législatives.
La plupart de ces bureaux de votes itinérants où
le scrutin a été annulé pour “irrégularités”
(Goundam, Tombouctou, Diré, Kidal, Abeibara...) se
trouvent dans le nord du Mali.
Sur environ cinq millions d’électeurs inscrits,
1.2O5.238 personnes ont voté sur le territoire national,
soit un taux de participation de 23 %. Un taux de participation
qui baisse encore si l’on prend en compte les plus de
160 000 voix annulées.
La cour a confirmé l’élection dès
le premier tour de personnalités marquantes de la vie
politique malienne comme l’ancien Premier ministre Ibrahim
Boubacar Kéita, Me Mountaga Tall et Ali Diallo, président
de l’Assemblée nationale sortante.
Divers incidents plus rocambolesques les uns que les autres
ont marqué ce scrutin. Quatre des six maires de Bamako
ont été “suspendus” pour trois mois
pour “faute lourde” par le ministère de
l’Administration territoriale, en raison d’une
affaire de cartes d’électeurs mystérieusement
disparues, 55.000 cartes au total.
Le 14 juillet, jour du scrutin, une trentaine de personnes,
dont la plupart étaient en possession de cartes disparues,
ont été arrêtées pour “fraude”.

N° 254 du 02/09/2002
Législatives : aucun parti ou alliance de partis n’obtient
la majorité absolue
Aucun parti ou alliance de partis n’a obtenu la majorité
absolue, selon les résultats définitifs des
élections législatives proclamés le 10
août par la Cour constitutionnelle. Le Rassemblement
pour le Mali (RPM), de l’ancien Premier ministre Ibrahim
Boubacar Kéita (“IBK”) arrive en tête
avec 46 sièges de députés contre 45 à
l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma,
majorité sortante).
Au niveau des alliances, “Espoir 2002”, piloté
par le RPM, totalise 66 sièges contre 51 à son
rival, l’Alliance pour la République et la Démocratie
(ARD) dirigée par l’ADEMA.
Finalement, 139 sièges ont été pourvus,
la cour ayant annulé les résultats des circonscriptions
électorales de Sikasso au sud et Tine-Essako dans le
nord, soit un total de huit sièges, respectivement
pour “vice de procédure” et pour “fraude
massive”. Des partielles y seront à nouveau organisées
dans un délai de trois mois.
Par ailleurs, l’annulation de plusieurs dizaines de
milliers de voix pour diverses irrégularités
(fraude, corruption, intimidation) a modifié les résultats
provisoires publiés par le ministère malien
de l’Administration territoriale, qui donnaient l’ADEMA
et ses partisans vainqueurs.
Les autres résultats : le Congrès d’Initiative
démocratique (CNID) enlève 13 sièges
alors que le SADI de l’ex-leader estudiantin Oumar Mariko
obtient six sièges. Cinq autres partis politiques maliens,
partisans déclarés du président Amadou
Toumani Touré et regroupés au sein de l’alliance
dénommée “ACC” totalisent 10 sièges
alors que des candidats indépendants enlèvent
six sièges. Enfin, des petites formations alliées
à Espoir 2002 et à l’ARD ont remporté
treize sièges.
Les résultats définitifs indiquent un effondrement
de l’ADEMA qui détenait dans l’ancienne
Assemblée 127 des 147 sièges de députés.
Cet effondrement est le fruit des divisions au sein de l’ancien
parti au pouvoir, de l’invalidation d’une vingtaine
de ses candidats avant le scrutin, et peut-être surtout
d’un faible bilan socio-économique à mettre
en avant.
En revanche, le RPM de “IBK” a fait une entrée
remarquée, de même que son allié du CNID
de Me Mountaga Tall dont c’est le “grand retour”
à l’Assemblée nationale après avoir
boycotté les élections législatives de
1997.Créé il y a à peine sept mois, le
Sadi de l’ex-leader estudiantin Oumar Mariko (qui n’a
pas été élu) fait une aussi une entrée
remarquée au Parlement avec six députés.
Sans parti politique, le président Amadou Toumani Touré,
a toujours déclaré qu’il gouvernera avec
la majorité qui se dégagera de l’assemblée.
N° 255 du 17/09/2002
Visite officielle du président Toumani Touré
en France
Coopération et immigration au programme
Le président malien Amadou Toumani Touré s’est
montré embarrassé par le difficile problème
posé par l’immigration, souvent illégale,
de ses compatriotes en France, mais s’est déclaré
satisfait dans le domaine de la coopération, à
l’issue de sa visite officielle à Paris du 9
au 12 septembre.
Le président a abordé la question importante,
pour les autorités françaises, de l’immigration
et des sans-papiers, au cours d’une conférence
de presse, après avoir rencontré à ce
sujet le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy.
“M. Sarkozy a été invité à
Bamako, nous entendrons ce que veulent nous dire les Français
et nous leur dirons ce que nous en pensons”, a-t-il
déclaré.
A l’issue de leur réunion, le ministre français,
qui doit se rendre prochainement à Bamako, avait annoncé
que la France apporterait son aide au Mali, notamment pour
“sécuriser” les documents administratifs,
en particulier les documents d’identité, et “aider
à l’organisation de la police malienne”
pour “une meilleure gestion des flux migratoires”.
“Nous avons abordé la question de la réadmission”
des immigrés en situation irrégulière,
“c’est une question sensible”, a affirmé
M. Sarkozy, “les Maliens ont parfois mal ressenti
des initiatives unilatérales, mais ils sont prêts
à accepter des réadmissions si cela se fait
dans le cadre d’un partenariat”.
“Je n’ai donné un accord sur rien.
Les discussions auront lieu avec M. Sarkozy à Bamako (...) Je comprends leur désarroi (des Maliens,
ndlr), ce sont mes frères et sœurs, je suis
à leur écoute. J’ai le devoir de protéger
tout le monde, qu’ils soient ou non des sans papiers.
Nous n’avons pas discuté de qui doit rester ou
non en France, et qui doit retourner au Mali”,
a expliqué “ATT”, visiblement ennuyé
par les questions sur le sujet.
“Mais, a-t-il poursuivi, nous parlerons
aussi de ceux qui sont bien intégrés, depuis
deux ou trois générations, et de ceux qui sont
nés en France. Nous parlerons aussi de la polygamie
et du co-développement”.
Le président s’est prononcé en faveur
de la création d’un ministère chargé
de l’intégration africaine et des Maliens de
l’extérieur.
Environ 60.000 Maliens vivent en situation irrégulière
en France, selon le consulat, le double du nombre des Maliens
en situation régulière.
Sur le plan de la coopération, le président
malien s’est montré nettement plus enthousiaste
sur sa visite à Paris.
Le Mali a obtenu un effacement de 40% de sa dette monétaire
envers Paris. La dette monétaire du Mali vis-à-vis
de la France s’élève à environ
200 millions d’euros, sur une dette globale de 520 millions
d’euros.
Cette dette avait été contractée par
Bamako en 1984 lors de sa réintégration dans
la zone CFA.
Paris s’est également engagé à
“effectuer l’étude technique de l’impact
sur l’environnement pour le projet du barrage de Tossaye,
sur le fleuve Niger”.
La France va également intervenir, en coopération
avec la Belgique, dans le domaine hospitalier.
La France est le premier bailleur de fonds bilatéral
du Mali avec environ 60 millions d’euros par an.
Formation d’un groupe parlementaire dénommé
“Bloc présidentiel”
Dix-neuf députés ont formé officiellement
début septembre un groupe parlementaire appelé
“Bloc présidentiel” (BP), dont l’objectif
est de “contribuer à la formation d’une
majorité présidentielle stable”. Le BP
est composé de 11 députés de la Convergence
pour l’alternance et le changement (ACC, partisans déclarés
du président Amadou Toumani Touré) et de huit
députés indépendants.
A l’issue des législatives de juillet, aucun
parti ou regroupement de partis n’a obtenu la majorité
absolue des 139 sièges de députés pourvus,
pour former seul un gouvernement.
Tiébilé Dramé dont le parti (PARENA)
est membre du Bloc présidentiel, a déclaré
que le BP souhaitait “un gouvernement d’ouverture,
de rassemblement au sein duquel toutes les sensibilités
politiques du Mali trouveront leur place”.
Deux blocs dominent la vie politique malienne : “Espoir
2002”, piloté par le Rassemblement pour le Mali
(RPM) de l’ancien Premier ministre Ibrahim Boubacar
Keïta, et l’Alliance pour la république
et la démocratie (ARD), dirigée par l’ADEMA
(majorité sortante).

N° 257 du 17/10/2002
Démission du gouvernement
Ahmed Mohamed Ag Hamani reconduit au poste de Premier ministre
Le gouvernement, dirigé par Ahmed Mohamed Ag Hamani
et formé le 14 juin dernier, a présenté
sa démission le 12 octobre. M. Hamani qui avait été
nommé à la tête d’un “gouvernement
de mission” au lendemain de l’arrivée au
pouvoir du président Touré, élu le 12
mai dernier, a aussitôt été reconduit
dans son poste.
Le changement de gouvernement était attendu depuis
la mise en place d’une nouvelle Assemblée nationale.
Les législatives de juillet avaient permis une reconfiguration
du paysage politique, mais aucun des grands blocs qui s’étaient
formés pour briguer les suffrages des électeurs
n’a réussi à obtenir la majorité
absolue.
Après plusieurs tergiversations et tractations, Ibrahim
Boubacar Keita, ex-Premier ministre (1994 à 2000) sous
le régime de l’ancien président Alpha
Oumar Konaré, a fini par remporter la présidence
de l’Assemblée, 115 députés sur
138 ayant voté pour lui le 16 septembre dernier.
M. Keita était à la tête d’une coalition
d’opposition, “Espoir 2002”, conduite par
sa formation politique le Rassemblement pour le Mali (RPM).
Espoir 2002 avait, aux législatives, devancé
de très peu l’autre grand bloc formé autour
de la majorité sortante de l’Alliance pour la
démocratie au Mali (Adéma).
N°258 du 04/11/2002
Un nouveau gouvernement
Le président Amadou Toumani Touré, “sur
proposition du Premier ministre” Ahmed Mohamed Ag Hamani,
a formé un nouveau gouvernement de 28 membres, qualifié
par l’entourage du président de “gouvernement
d’union nationale”, tous les groupements politiques
représentés à l’Assemblée
en faisant partie.
La plupart des principaux ministères (Affaires étrangères,
Défense, Administration territoriale, Sécurité
intérieure) ne changent pas de titulaire par rapport
à la précédente équipe. Le département
des Finances et de l’Economie a toutefois été
confié à Bassari Touré, précédemment
fonctionnaire à la Banque mondiale.
Choguel Maïga, ancien candidat à la présidentielle
d’avril-mai dernier et président du Mouvement
patriotique pour le renouveau (MPR) fait son entrée
au poste de ministre de l’Industrie et du Commerce.
Le cinéaste malien Cheick Oumar Sissoko, président
du parti de la Solidarité africaine pour le développement
et l’indépendance (SADI), détient le portefeuille
de la Culture.
Un nouveau poste de ministre délégué
auprès du ministre des Affaires étrangères,
chargé des Maliens de l’extérieur et de
l’Intégration africaine, est attribué
à Oumar Hamadoun Dicko, président du Parti progressiste
soudanais (PSP), dont la formation avait soutenu la candidature
d’Amadou Toumani Touré à la présidentielle.
Le fauteuil de ministre de la Communication et des Nouvelles
technologies est occupé par Gaoussou Drabo, précédemment
directeur du quotidien national L’Essor.
Commentaire : ce gouvernement fait la part belle aux partisans
du président Toumani Touré, qui avait pourtant
promis de gouverner avec la majorité sortie des urnes.
Les “pro-ATT”, comme on les appelle à Bamako,
ont obtenu 16 ministères, alors que les deux grandes
coalitions politiques qui dominent l’Assemblée
nationale, n’ont obtenu que six ministères pour
“Espoir-2002” et quatre pour l’ARD.
Le gouvernement du Mali, formé le 16 octobre 2002
Président : Amadou Toumani Touré
Premier ministre : Ahmed Mohamed Ag
Ministres
Santé : Mme Keita Rokiatou N’Diaye (nouveau)
Economie et des finances : Basssari Touré (nouveau)
Artisanat et tourisme : Bah N’Diaye (ancien)
Domaines de l’Etat, affaires foncières et habitat:
Boubacar Sidiki Touré (ancien)
Industrie et commerce : Choguel Kokala Maïga (nouveau)
Agriculture, élevage et pêche : Seydou Traoré
(ancien)
Éducation nationale: Mamadou Lamine Traoré (ancien)
Equipement et transports : Ousmane Issoufi Maïga (ex-ministre
de l’Economie)
Affaires Etrangères et coopération internationale
: Lassana Traoré (ancien)
Défense et anciens combattants : Mahamane Kalil Maïga
(ancien)
Administration territoriale et collectivités locales
: Général Kafougouna Koné (ancien)
Mines, de l’énergie et eau : Hamed Diane Sémega
(ancien)
Environnement : Nancouma Keita (nouveau)
Sécurité intérieure et protection civile:
Colonel Souleymane Sidibé (ancien)
Communication et nouvelles technologies de l’information
: Gaoussou Drabo (nouveau)
Développement social, solidarité et personnes
âgées : Mme N’Diaye Fatoumata Coulibaly
(ancien)
Travail et fonction publique : Modibo Diakité (nouveau)
Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille
: Mme Berthé Aïssata Bengaly (nouveau)
Culture : Cheick Oumar Sissoko (nouveau)
Justice, Garde des Sceaux : Me Abdoulaye Garba Tapo (nouveau)
Jeunesse et sports : Djibril Tangara (ancien)
Ministres délégués
auprès du Premier ministre, chargé de la réforme
de l’Etat des relations avec les institutions : Badi
Ould Ganfoud (nouveau)
auprès du Premier ministre, chargé du plan :
Marimatia Diarra (nouveau)
auprès du ministre de l’Agriculture, chargé
de la sécurité alimentaire : Ibrahima Oumar
Touré (nouveau)
auprès du ministre de l’Economie, chargé
de la promotion des investissements et du secteur privé:
Ousmane Thiam (nouveau)
auprès du ministre des Affaires étrangères,
chargé des Maliens de l’extérieur et de
l’intégration africaine : Oumar Hamadoun Dicko
(nouveau)
auprès du ministre de l’Equipement et des transports,
chargé des transports : Ousmane Amion Guindo (nouveau)
auprès du ministre du Travail, chargé de l’emploi
et de la formation professionnelle: Dramane Haïdara |