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Articles de la revue Afrique-Express - Année 2002

N° 242 du 02/01/2002
Le Premier ministre maintient sa candidature à la présidence

Le Premier ministre Mandé Sidibé a annoncé son retrait des primaires de l'Alliance pour la Démocratie au Mali (ADEMA, parti au pouvoir) et le maintien de sa candidature à l'élection présidentielle de 2002, dans une lettre adressée au président du parti. Il a justifié son retrait des primaires par les violations de procédures qui devaient aboutir à la désignation des candidats pour ces primaires.
Après son retrait, deux autres candidats restent en lice pour les primaires au sein de l'ADEMA : Soumeylou Boubeye Maïga, ministre de la Défense, et Soumaïla Cissé, ministre de l'Equipement. L'ADEMA est le parti du président Alpha Oumar Konaré qui ne se représente pas à la présidentielle.
En fait, l'ADEMA a renoncé à organiser les primaires et s'en remettra à une convention du parti, prévue début janvier pour désigner son candidat.

N° 243 du 18/01/2002

Annulation de cartes d'électeurs déjà confectionnées

Le ministère de l'Administration territoriale a décidé d'annuler les cartes d'électeurs déjà confectionnées en vue des élections présidentielle et législatives d'avril.
Le 3 janvier dernier, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) avait demandé cette annulation, invoquant le non respect de certaines procédures, notamment celle de la supervision par la CENI de la fabrication des cartes.
"Nous ne voulons pas polémiquer, notre souci, c'est des élections sans triche, et nous voulons nous conformer à la loi", a déclaré le ministre de l'Administration du territoire, Ousmane Sy.
"C'est tout simplement une victoire de la démocratie malienne", a de son côté déclaré Me Moustapha Cissé, président de la CENI qui dit prendre "acte de la bonne foi des autorités".
Environ 5 millions de cartes d'électeurs avaient été confectionnées en France pour un coût de plus de 100 millions FCFA (environ 152.450 euros).

Foisonnement de candidats en vue de l’élection présidentielle

Le départ de la scène politique de l’actuel président Alpha Oumar Konaré, qui en est à son deuxième et dernier mandat et quittera le pouvoir le 8 juin 2002, avive les ambitions. Il y aura donc pléthore de candidats pour l’élection présidentielle qui aura lieu en avril, juste avant les législatives.

Amadou Toumani Touré
L’ancien chef d’Etat, le général Amadou Toumani Touré, qui ne s’est pas encore franchement déclaré candidat, le sera de toute évidence. Il a récemment lancé un “Je vous ai compris” à quelque 3 000 de ses partisans réunis dans un stade à Bamako pour lui demander d’être candidat;
Agé de 54 ans, il a obtenu en septembre dernier une mise en “retraite anticipée” de l’armée, condition obligatoire pour qu’il puisse être candidat à la présidence.
Ses atouts ? Il a dirigé le pays de mars 1991 à juin 1992 puis a quitté le pouvoir dignement et l’a remis aux civils, ce qui est rare pour un militaire en Afrique. Depuis, il a accompli avec plus ou moins de succès (Ce fut bien difficile en Centrafrique) des médiations politiques, et il a aussi donné dans l’humanitaire.
Autre atout, il n’est pas soutenu par un parti, et pourra donc ratisser large selon l’expression consacrée. Mais cet avantage de n’être pas à l’étroit dans un parti pourra se retourner contre lui, car il faut beaucoup de monde pour mobiliser les électeurs en Afrique où les campagnes électorales se font plus de village en village qu’à la télévision.
S’il est candidat Toumani Touré pourrait fédérer autour de lui des parties comme le MIRIA de Mohamed Lamine Traoré (ancien ministre de l’Intérieur) et le PARENA (Parti pour la renaissance nationale)
Le PARENA a été créé par des dissidents du Congrès national d’initiative démocratique (CNID, opposition), parti d’opposition dirigé par Me Mountaga Tall.
Le PARENA est présidé par Yoro Diakité, professeur de mathématiques et ancien ministre dans le deuxième gouvernement du président Alpha Oumar Konaré. Ce parti compte dans ses rangs d’anciens ministres de la période de transition de 1991 à 1992, dont Tiéblé Dramé (Affaires étrangères), qui pourraient donc être tentés de soutenir leur ancien “patron”, le général Toumani Touré.

Ibrahim Boubacar Keita
L’ancien Premier ministre Ibrahim Boubacar Keita (alias IBK) vient d’être désigné candidat à la présidentielle par son parti, le Rassemblement pour la République (RPM), à l’issue du premier congrès de son parti qui s’est tenu le 13 janvier à Bamako.
IBK a été Premier ministre et a dirigé l’Alliance pour la Démocratie au Mali (ADEMA, au pouvoir), de 1994 à octobre 2000 avant de démissionner et de créer son propre parti en juin 2001. Il avait démissionné de l’ADEMA n’étant pas certain que ce parti le désignerait comme candidat. Il avait aussi attendu en vain un signe du président Konare pour le soutenir, signe qui n’est jamais venu.
La plupart des cadres de la direction et les militants du RPM, qui se réclament de la sociale démocratie et de l’opposition, sont issus de l’ADEMA.
Ses atouts ? Ibrahim Boubacar Keita a entraîné avec lui une trentaine de députés de l’ADEMA, des gens qui seront de précieux relais lors de la campagne électorale.
Ses thèmes de campagne ? “L’Etat comme force de régulation dans le partage des biens”, la solidarité et la lutte contre “la déliquescence sociale et politique” et “le règne de l’argent, de la corruption et de la trahison”.

Soumaïla Cissé
Le ministre de l’Equipement, Soumaïla Cissé, a été investi le 5 janvier candidat de l’Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA, le parti du président Alpha Oumar Konaré) pour la présidentielle.
M. Cissé, qui était opposé au ministre de la Défense, Soumeylou Boubeye Maïga, a été choisi lors d’une convention de l’ADEMA.
Quatre hauts responsables du parti étaient au départ en lice pour cette investiture. Des élections primaires avaient été initialement prévues pour permettre une “pré-sélection” de deux candidats avant la convention, mais elles avaient été finalement annulées.
Un des candidats s’est désisté et un autre, le Premier ministre Mandé Sidibé, a annoncé qu’il n’irait pas aux primaires en raison, selon lui, de la violation des textes du parti.
Soumaïla Cissé, 52 ans, part donc avec un sérieux handicap, car il n’apparaît pas comme l’homme de la synthèse au sein de son parti. Il lui faudra panser les plaies ouvertes qui ont résulté de la bataille au sein de l’ADEMA et il lui sera bien difficile de mettre en ordre de bataille derrière lui tous les rivaux d’hier.
S’exprimant après son investiture, Soumaïla Cissé a d’ailleurs plaidé en faveur de “la cohésion et de l’unité pour la victoire en 2002”.
Titulaire de diplômes supérieurs en gestion des entreprises et en informatique, M. Cissé occupe depuis février 2000 le ministère de l’Equipement, de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme.
Auparavant, M. Cissé qui avait débuté sa carrière professionnelle au sein de grands groupes en France (IBM, Pechiney, Thomson), avait occupé les fonctions de secrétaire général à la présidence de la République, puis de ministre des Finances en 1992.
“Chouchou” des institutions financières internationales, le candidat de l’Adéma a déjà rédigé un projet de société centré autour de la “lutte contre la pauvreté par le micro-crédit, la décentralisation et le renforcement de l’Etat de droit”, qu’il compte soumettre au parti.

Choguel Maïga
M. Choguel Maïga qui a été reconduit sans problème le 30 octobre dernier à la tête du Mouvement patriotique pour le Renouveau (MPR, opposition), devrait lui aussi être candidat et figurer parmi les sérieux prétendants puisque son parti se réclame de l’ancien chef d’Etat le Général Moussa Traoré, destitué en 1991 et emprisonné depuis.
Le MPR a rendu public son projet de société en vue des élections : résolution de la crise scolaire, autosuffisance alimentaire et désenclavement du Mali constituent “les vastes chantiers” de ce parti qui a pour emblème le tigre.
Il faudra aussi compter sûrement sur la candidature de Me Mountaga Tall, leader du Congrès national d’initiative démocratique (CNID-opposition), et pourquoi pas sur celle de l’actuel Premier ministre, Mandé Sidibé, qui a boudé les primaires au sein de l’ADEMA mais qui n’a peut-être pas dit son dernier mot.

Nouveau ministre de l’Equipement

Le président Alpha Oumar Konaré a nommé le 7 janvier Mohamed Ag Moussa ministre de l’Equipement, de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme, en remplacement de Soumaïla Cissé qui va se consacrer à la bataille électorale. Mohamed Ag Moussa est un économiste de formation. Il est membre du comité exécutif de l’Adéma.

Annulation de cartes d’électeurs déjà confectionnées

Le ministère de l’Administration territoriale a décidé d’annuler les cartes d’électeurs déjà confectionnées en vue des élections présidentielle et législatives d’avril.
Le 3 janvier dernier, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) avait demandé cette annulation, invoquant le non respect de certaines procédures, notamment celle de la supervision par la CENI de la fabrication des cartes.
“Nous ne voulons pas polémiquer, notre souci, c’est des élections sans triche, et nous voulons nous conformer à la loi”, a déclaré le ministre de l’Administration du territoire, Ousmane Sy.
C’est tout simplement une victoire de la démocratie malienne”, a de son côté déclaré Me Moustapha Cissé, président de la CENI qui dit prendre “acte de la bonne foi des autorités”.
Environ 5 millions de cartes d’électeurs avaient été confectionnées en France pour un coût de plus de 100 millions FCFA (environ 152.450 euros).

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N° 247 du 02/04/2002

Le profil des 24 candidats à l'élection présidentielle du 28 avril au Mali. (En ordre aléatoire)

Mandé Sidibé : ancien Premier ministre, qui a démissionné de son poste le 18 mars dernier.
M. Sidibé s'était retiré des primaires de l'Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA, parti au pouvoir), estimant que les textes du parti ont été violés lors de l'organisation de ces primaires. A 62 ans révolus (né le 20 janvier 1940 à Bafoulabé), Mandé Sidibé, qui a notamment travaillé au FMI, passe pour un économiste chevronné.
Ses partisans à l'ADEMA se sont regroupés au sein de Cercle Indépendant de Réflexion et d'Action pour la Candidature de Mandé Sidibé (CIRAC).

Ibrahim Boubacar Keita : candidat du Rassemblement pour la République (RPM), parti qu'il a créé en juin 2001.
Né le 29 janvier 1945 à Koutiala. Marié, père de 4 enfants. Premier ministre de février 1994 à février 2000, il a démissionné de ce poste à l'époque pour "redynamiser" l'ADEMA. Poussé à la démission de la présidence du parti présidentiel en octobre 2000, IBK avait alors téléguidé la formation, en février 2001, d'un mouvement dénommé "Alternative-2002", où se sont retrouvés des hauts cadres et députés de l'ADEMA. Alternative 2002 n'était en fait que la prémisse à la création du RPM.
Aujourd'hui, le RPM est le deuxième groupe politique à l'Assemblée nationale grâce à 37 députés démissionnaires de l'ADEMA.
Sa candidature est soutenue par quatre autres formations politiques : la Convention Démocratique, la PMDD, le MPLO, le RDT,

Choguel Kokalla Maïga : président du Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR), formation considérée comme l'une des principales forces de l'opposition et qui se réclame "héritière" de l'ancien président, le général Moussa Traoré, destitué en 1991.
Né en 1958 à Tabango (Ansongo), dans la région de Gao, ingénieur des télécommunications, il est marié et père de six enfants.
A la chute du régime de Moussa Traoré, il était membre du bureau exécutif national de l'UNJM (Union National des Jeunes du Mali). Il a accédé à la présidence du MPR en février 1997.

Amadou Toumani Touré, dit "ATT" : 54 ans (né le 4 novembre 1948 à Mopti), marié et père de deux enfants, général en retraite (instituteur, il a intégré l'armée en 1969). ATT a dirigé le Mali pendant la transition entre mars 1991 et juin 1992. Il était alors président du Comité de transition pour le salut du peuple et chef de l'Etat.
Le général Toumani Touré est soutenu par 23 formations politiques parmi lesquelles figurent l'Union Soudanaise (US-RDA) ou encore le Bloc démocratique pour l'intégration africaine (BDIA), le Parti malien pour le progrès social (PMPS), le Mouvement pour l'Indépendance, la Renaissance et l'Intégration africaine (MIRIA), considérés comme "d'importants" partis. Tous ces partis sont regroupés au sein du Mouvement pour la démocratie et le changement (MDC).
ATT a laissé entendre plusieurs fois qu'il était aussi soutenu indirectement par le président Konaré, qui n'a jamais démenti ni confirmé ce soutien.
Des nombreux clubs de soutien et associations féminines regroupés au sein du "Mouvement Citoyen" font aussi partie du dispositif électoral du général Touré.
Après avoir cédé la place aux civils, "ATT" s'est occupé pendant dix ans de médiation internationale et d'humanitaire, en particulier d'aide à l'enfance.

Soumaïla Cissé : candidat officiel de l'Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA, le parti au pouvoir).
Ancien ministre de l'Equipement, poste dont il a démissionné après avoir été investi candidat par l'ADEMA en janvier dernier, à l'issue de primaires contestées par d'autres prétendants à l'investiture du parti présidentiel.
Né le 20 décembre 1949 à Tombouctou, Soumaïla Cissé, ingénieur informaticien, est actuellement le 2è vice-président de l'Adema-PASJ.

Ahmed El Madani Diallo : membre de l'ADEMA, ministre du Développement rural, jusqu'à l'annonce de sa candidature, le 29 mars. Ahmed El Madani Diallo est né le 7 mars 1947 à Ségou. C'est un économiste, ancien membre du Comité exécutif de l'ADEMA.
Abdoulaye Sogolomba Konaté: ingénieur spécialisé en radiodiffusion télévision, résident en France, il est né en 1947 à Bancoumana (arrondissement de Siby).

Madiassa Maguiriraga : président-fondateur du Parti populaire pour le progrès (PPP, opposition modérée). Né le 10 février 1943 à Nioro, professeur d'université.

Mady Konaté : président du Parti pour la démocratie et le progrès (PDP, mouvance présidentielle). Né le 18 octobre 1948, ingénieur informaticien.

Modibo Kane Kida : 1er vice-président du Mouvement des populations libres, unies et solidaires/Rassemblement malien pour le travail et l'alternance (MPLUS/RAMATA, centriste). Né le 11 septembre 1948 à Ségou, c'est un économiste.

Mamadou Gakou : Avocat de renom, M. Gakou, 44 ans, est un des vice-présidents de l'Assemblée nationale. Son parti, la Convention pour le peuple (COPP), est classé dans l'opposition modérée. Né le 19 décembre 1956 à Banamba.

Balla Moussa Coulibaly : président de l'Union pour la démocratie et le développement (UDD, créée en avril 1991, opposition modérée), il est aussi soutenu par le Bloc des Alternatives pour le Renouveau Africain (BARA) et la Convention Nationale Démocrate (CND). Spécialiste en travaux publics, il est actuellement président du Conseil économique, social et culturel du Mali, après avoir été président de la Fédération Nationale des Employeurs du Mali.
Sa candidature est soutenue par trois autres petits partis. L'UDD a deux députés à l'Assemblée et près d'un millier de conseillers communaux. Il est né le 19 septembre 1933 à Tenkodogo (Ségou).

Mamadou Bakary Sangaré, dit "Blaise" : 50 ans (né le 6 juin 1954 à Bamako), administrateur civil de formation, secrétaire général de la Convention démocrate et sociale (CDS, mouvance présidentielle), parti qu'il a créé après avoir quitté le Parti pour la Démocratie et le Progrès (PDP).
La CDS a trois députés (circonscription de Bougouni) et environ mille conseillers municipaux.

Dr Oumar Mariko : candidat du Parti de la Solidarité africaine pour la Démocratie et l'Indépendance (SADI, opposition très à gauche).
Né le 4 février 1959, à Bafoulabé, il est médecin, ancien leader de l'Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM), le fer de lance de la contestation en 1991 et fut ensuite membre du Comité de transition pour le salut du peuple.
Président de l'ONG MEDES/SAPCOM (Médecin de l'Espoir Santé pour la Communauté), il toucha aussi dans le passé à l'audiovisuel, notamment dans la radio "Kayira".

Daba Diawara : candidat du Parti de l'Indépendance, de la Démocratie et de la Solidarité (PIDS, opposition modérée se réclamant de la "gauche démocratique").
Daba Diawara a commencé sa carrière politique au sein de l'US RDA (parti fondé par Modibo Keita, père de l'indépendance du Mali), dont il fut en 1996 secrétaire politique du bureau politique national. L'éclatement de cette formation en deux tendances en 1998, l'amena a créé son propre parti, le PIDS, le 2 septembre 2001.
Daba Diawara, né le 15 août 1951 à Bamako, administrateur civil. Ce "fidèle" de l'ancien président Modibo Keita, a été secrétaire général du gouvernement (octobre 1988 à janvier 1991), puis ministre de la fonction publique et du travail du gouvernement issu de la révolution de mars 1991. En juin 1992, il est à nouveau secrétaire général du gouvernement, jusqu'en 1995.
Il exerce aujourd'hui au sein du Centre d'analyse et de formulation de politiques de développement.

Almamy Sylla : président du Rassemblement pour la Démocratie et le Progrès (RDP, opposition radicale).
Né le 10 septembre 1926, fonctionnaire international à la retraite, il est candidat pour la seconde fois (arrivé en quatrième position à l'élection de 1992). Il fut conseiller économique du président Modibo Keita et a exercé différentes fonctions au sein de la CEA et à l'ONUDI et à la FAO.

Tiébilé Dramé : président du Parti Renaissance nationale, (PARENA).
Né le 9 juin 1955 à Nioro (Nord-Ouest), professeur, député depuis 1997 et ancien ministre des Affaires étrangères et des Maliens de l'Extérieur dans le gouvernement de transition (1991-1992). A cette époque, il était membre du CNID.
Il a ensuite été ministre des Zones arides et semi-arides (1996-1997) dans le gouvernement d'Ibrahim Boubakar Keita. Il a créé le PARENA avec neuf anciens du CNID en 1995. Militant des droits de l'homme, il a dirigé un temps le mouvement estudiantin entre 1977 et 1980, a connu la prison et a vécu en exil une dizaine d'années en Europe. C'est à cette époque qu'il a travaillé au sein d'Amnesty International, avant de rentrer au Mali après la chute du régime de Moussa Traoré. C'est aussi lui qui a lancé en 1992 l'hebdomadaire Le Républicain.

Me Mountaga Tall: président du Congrès national d'initiative démocratique (CNID).
Originaire d'une grande famille de marabout de Ségou, il est né le 10 décembre 1956 à Ségou. Avocat, député de Ségou, de 1992 à 1997, il se présente pour la seconde fois à la présidentielle (troisième en 1992 avec 11,41 % des voix.) Son parti, le CNID a éclaté en 1995, avec le départ de Tiébilé Dramé.

Mamadou dit Maribatrou Diaby: président fondateur du Parti pour l'unité, le développement et le progrès.
Candidat à l'élection présidentielle pour la troisième fois, Maribatrou Diaby, exportateur (PDG de Mali-Reptiles) est né en 1942 à Kiban.
Pour "sauver la démocratie" il participa à l'élection présidentielle de 1997 boycottée par tous les ténors de l'opposition au président Konaré.

Habibou Dembélé "Guimba" : né le 19 avril 1962 à San (région de Ségou), comédien, écrivain, c'est une "figure" dans le monde artistique malien. Après avoir créé avec Ousmane Sow la Compagnie Gouakoulou, il a créé sa propre compagnie théâtrale, la compagnie "Guimba National".

Ibrahima Diakité: né le 29 août 1945 à Bamako, inspecteur des finances.
Youssouf Hassane Diallo : né le 10 septembre 1953 à Fafa (Ansongo, région de Gao). Spécialiste de la langue arabe, féru de religion, il travaille depuis juin 1993 au secrétariat général de l'OCI (Organisation de la Conférence Islamique), tout en exerçant la profession de consultant à Djeddah en Arabie Saoudite.

Sanoussi Nanacassé : né vers 1949 à Banamba région de koulikoro. Docteur, il a longtemps exercé dans divers services de santé publique du Mali, avant de s'installer à son compte en 1983. Il a eu des activités syndicales, secteur de la santé, dans les années 1988, il préside aujourd'hui l'Association de la Société Malienne de Dermatologie. Sans parti politique.

Modibo Sanagaré : président de l'UNPR (Union nationale pour la renaissance), Modibo Sanagaré, entrepreneur, est né le 23 avril 1955 à Bamako.
(Synthèse réalisée avec l'aide de la presse malienne)

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N° 250 du 24/05/2002

L’étrange voyage express d’Amadou Toumani Touré à Libreville et Abidjan

Qu’avait donc de si urgent à faire à Libreville et Abidjan, Amadou Toumani Touré qui s’est rendu dans ces deux capitales entre les deux tours pour y rencontrer les présidents Omar Bongo et Laurent Gbagbo ?
Ce voyage qualifié d’urgent par l’entourage d’ATT a eu lieu le mardi 7 mai, alors que la cour constitutionnelle n’avait pas encore proclamé les résultats du premier tour du 28 avril, et l’ancien Premier ministre malien Ibrahim Boubacar Keïta (“IBK”) , lui aussi engagé dans cette compétition électorale ne décolérait pas d’être “positionné” en troisième position selon des résultats provisoires.
Le samedi 4 mai, devant plusieurs milliers de partisans, quatre des candidats à la présidentielle, Ibrahim Boubacar Keita (“IBK”) du Rassemblement pour le Mali (RPM) , Choguel Maïga du Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR) , Almamy Sylla du Rassemblement pour la démocratie et le progrès (RDP), et Me Mountaga Tall du Congrès national d’initiative démocratique (CNID) , tous membres de la coalition Espoir 2002, avaient qualifié le premier tour de “pure mascarade qui n’avait pour ambition que de procéder à la nomination d’un homme à la présidence de la République”.
A cette heure, IBK, tout en appelant ses militants au calme, n’avait pas encore choisi : laisser courir ce qu’il considère comme un hold-up électoral ou faire descendre ses partisans dans la rue, au risque d’être catalogué pour longtemps par la bien pensante communauté internationale comme un faiseur de troubles.
A peine rentré du Gabon et de Côté d’ivoire, Amadou Toumani Touré s’est donc tout “naturellement “ entretenu avec Ibrahim Boubacar Keita, qui, dès le lendemain, appelait ses militants à voter pour le général au second tour. Envolée comme par miracle une éventuelle contestation.
Effacés les griefs à l’égard d’un futur président “nommé” !
Ainsi va le Mali démocratique. L’histoire veut qu’en 1992, Amadou Toumani Touré, déjà tenté de se présenter à la présidentielle de 1997, n’y aurait renoncé que sur l’insistance expresse d’Omar Bongo, à charge pour le président Alpha Konaré de lui faciliter le passage du témoin en 2002. Aujourd’hui, l’histoire - ou la rumeur, c’est selon - veut qu’une sorte de deal similaire ait été conclu entre ATT et IBK. Un accord non écrit mais cautionné par les deux amis d’IBK que sont Bongo et Gbagbo, selon lequel ATT se serait engagé à ne pas se représenter en 2007, à ne pas créer son propre parti politique et à choisir son Premier ministre dans la majorité qui sortira des urnes après les législatives… en échange de quoi, IBK a tu sa colère.
De là à penser qu’au Mali, on a tendance à se “transmettre” le pouvoir entre gens de bonne compagnie ...N°249 du 06/05/2002

1er tour de l'élection présidentielle : vous avez dit "modèle" démocratique?

Le premier tour de l'élection présidentielle au Mali, qui a eu lieu le 28 avril, a révélé une fois de plus l'incapacité du régime, et celle du président sortant Alpha Oumar Konare, à organiser le moindre scrutin qui réponde à un minimum de sérieux et donc de crédibilité. La pagaille, quoi qu'en disent les autorités en charge des élections, a commencé avant le vote, pendant, et après.
Avant, d'abord. Le recensement des électeurs pour établir les listes électorales ne s'est pas fait sur la base du volontariat, mais d'office, par des équipes souvent incompétentes. Résultat de ce système incongru, il était bien difficile de pouvoir vérifier l'existence réelle de certains électeurs.
Résultat encore, des milliers de cartes n'ont pas été retirées par leurs présumés destinataires dans les commissions de distribution des dites cartes électorales. Le problème est apparu si inquiétant que la Direction générale des élections (DGE) a dû faire de la publicité pour inciter les citoyens à retirer leurs cartes. La DGE a même cru bon de donner tous les renseignements utiles pour ce faire sur son site Internet. Procédure louable, mais qui fait sourire vu le niveau de développement du Mali. Imagine-t-on un instant la vendeuse de légumes du grand marché de Bamako, rentrer chez elle le soir et se connecter tranquillement à Internet pour savoir où elle peut aller retirer sa carte d'électrice ?
In fine, quelque 5 746 202 Maliens et Maliennes se sont retrouvés inscrits sur la liste électorale nationale, mais l'administration, la veille du vote, était bien incapable de dire précisément combien de ces inscrits étaient en possession de leur carte pour aller voter le lendemain, le dimanche 28 avril.
Ce stock de cartes non distribuées a tout naturellement donner lieu à un trafic dont personne n'a pu mesurer l'ampleur. Des individus ont en effet retiré des lots importants de cartes dans les Commissions de distribution, parfois, en toute bonne fois, pour leur propre famille, parfois pour une fraude manifeste. Certains furent arrêtés en possession de dizaines de cartes indûment entre leurs mains. Combien ne furent pas pris? Ainsi, au matin du 28 avril, des centaines de milliers de cartes d'électeurs n'étaient toujours pas dans les mains de leurs destinataires, un réel problème même si l'administration avait assuré que les électeurs pourraient retirer leur carte le jour du vote, au bureau où ils étaient inscrits. Dans les faits, cela ne se fit pas. La plupart des bureaux de vote de la capitale se sont retrouvés chacun avec un stock d'environ 200 à 300 cartes non distribuées, sur un total d'à peu près 700 inscrits par bureau, et une fois le scrutin clos, la plupart de ces cartes n'avaient pas été retirées.
Autre anomalie criarde qui ne manque pas d'étonner. Les Maliens étaient-ils si occupés ce dimanche 28 avril, que des milliers d'entre eux ont voté par procuration? Le comportement de l'électeur malien est un véritable concentré de paradoxe: d'un côté, l'on ne vient pas chercher sa carte d'électeur, mais par ailleurs, des milliers de citoyens ont un tel sens du civisme, que, se sachant sans doute pris par d'autres tâches incontournables le jour du vote, ils firent d'eux-mêmes des démarches fort compliquées pour pouvoir voter par procuration. Bravo !
Quant au déroulement du scrutin lui-même, s'il ne donna pas lieu à des incidents majeurs, la pagaille d'avant le scrutin, ne fit qu'empirer. Même si d'aventure, un citoyen voulait récupérer sa carte au bureau de vote où il était inscrit, cette démarche fut souvent bien difficile, voire impossible. Les cartes non distribuées le restèrent. Ailleurs, des électeurs, bien qu'en possession de leur carte électorale, ne purent voter faute de détenir une carte d'identité encore valide. D'autres, bien en règle avec la procédure, ne retrouvaient tout simplement pas leur nom sur les listes électorales affichées devant chaque bureau de vote. Facile de penser qu'ils n'avaient qu'à faire le tour des autres bureaux pour trouver leur nom, mais quand on sait - désolé de le rappeler - qu'une grande majorité des Maliens restent illettrés, il leur fallait alors l'assistance d'un proche, courageux s'il en est, capable d'accepter de parcourir toute la ville, de bureau en bureau, pour trouver un nom après en avoir lu des milliers d'autres sur des dizaines de listes collées au mur, le tout sous une chaleur accablante.

Quant aux partis politiques, ils ont dû adopter un profil bas le jour du vote, la plupart d'entre eux ayant été incapables d'avoir des représentants dans l'ensemble des 12.004 bureaux installés dans tout le pays.
Une multitude de petits problèmes comme disent les observateurs, dont personne, en toute bonne fois, n'a osé dire s'ils ont été de nature à remettre en cause la validité du scrutin.
Et arriva le morceau de bravoure, le dernier volet de cette cacophonie, le décompte des suffrages.
La Commission nationale de centralisation des votes, chapeautée par le ministre de l'Administration territoriale, Ousmane Sy, a été pendant plus d'une semaine le théâtre d'une incroyable pagaille, un lieu étrange où l'on centralisait des résultats transmis le plus souvent par des agents de l'administration, par téléphone ou par fax, mais qui ne venaient pas des procès verbaux établis dans les bureaux de vote après le décompte des suffrages.
Lieu étrange s'il en est car, bien qu'au cœur de la capitale, le ministère et cette Commission ne reçurent les résultats de Bamako qu'en dernier alors que les résultats des villages reclus dans l'extrême-nord leur étaient déjà parvenus. L'enjeu était de taille puisque l'un des trois principaux candidats, l'ancien Premier ministre Ibrahim Boubacar Keita ("IBK") revendiquait lui de très bons scores dans la capitale. La polémique enfla tant et si bien au fil des jours, que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a cru bon de taper du poing sur la table, le jeudi 2 mai pour mettre en garde l'administration et son ministre de tutelle sur les irrégularités de procédures qu'ils étaient en train de commettre. La CENI indiquait dans un communiqué au vitriol que, après avoir effectué "une mission de supervision et de suivi des opérations de centralisation des résultats provisoires auprès du ministre de l'Administration territoriale et des collectivités locales", elle avait relevé que "la totalisation des résultats par la commission nationale de centralisation s'effectue en l'absence des procès verbaux récapitulatifs des commissions de centralisation devant provenir du district, des cercles, ambassades et consulats en violation de l'article 141 de la loi électorale".
La CENI notait aussi "le traitement inéquitable réservé par le ministère de l'administration territoriale et des collectivités locales aux résultats partiels provisoires du district de Bamako par rapport aux résultats partiels provisoires déjà diffusés".
Fort de constat "indépendant", Ibrahim Boubacar Keïta pouvait qualifier de "fraude grossière et grotesque" les résultats officiels partiels le plaçant en 3e position derrière l'ancien chef d'Etat Amadou Toumani Touré et le candidat du parti au pouvoir Soumaïla Cissé.
Peu importe ce qui sortira finalement de ce décompte, car tout semble avoir été programmé pour que se retrouve au second tour, la général Amadou Toumani Touré et Soumaïla Cissé. Le premier sans doute ravi de ne pas avoir à affronter au second tour IBK, et le second, tout autant ravi de ne pas être définitivement mort politiquement, malgré un enterrement programmé de son parti l'ADEMA.
Etrange processus aussi quand on sait que l'épouse du ministre de l'Administration territoriale était la directrice de campagne de Soumaïla Cissé ou que le président sortant, Alpha Konare, en ne soutenant même pas du bout des lèvres le candidat désigné par son parti, confirmait ainsi sa préférence pour ATT.
A l'heure où nous mettions sous presse, les seuls résultats partiels provisoires portants sur près de 70% des suffrages exprimés plaçaient en tête le général Amadou Toumani Touré, avec 28,32% des voix, suivi de Soumaïla Cissé (26,10%) et d'Ibrahim Boubacar Keïta ("IBK", 19,44 %).
A cet instant, les représentant du groupe Espoir 2002 (coalition politique de soutien à IBK) qui siégeaient au sein de la commission de centralisation des résultats avaient d'ores et déjà indiqué qu'ils se "désolidarisaient" des résultats de la commission.

N° 250 du 24/05/2002

Amadou Toumani Touré, vainqueur (programmé ?) de l’élection présidentielle

L’on disait que le président sortant Alpha Oumar Konaré souhaitait que lui succède à la présidence celui qui lui avait permis d’accéder au pouvoir en 1992, l’ancien général Amadou Toumani Touré. Le souhait présidentiel semble donc se réaliser. Selon les résultats complets proclamés le 16 mai par le ministère de l’Administration territoriale - provisoires jusqu’à leur validation par la Cour constitutionnelle - M. Touré, appelé “ATT” par les Maliens, a obtenu au deuxième tour de l’élection, disputé le 12 mai, 1.099.653 voix soit 64,35 % des suffrages exprimés.
Son adversaire Soumaïla Cissé, candidat de l’Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA) , le parti d’Alpha Konare, au pouvoir ces dix dernières années, a recueilli 609.320 voix (35,65 %). La participation au second tour a été encore plus faible qu’au premier : 30,17 % des quelque 5,7 millions d’inscrits, contre 38 % au premier tour, disputé le 28 avril.

Tous contre l’ADEMA

Cette élection a donné lieu à de multiples paradoxes, dont le moindre n’aura pas été l’absence totale de soutien du président sortant en faveur du candidat de son parti, l’ADEMA. Soumaïla Cissé s’est battu quasiment seul, non sans bénéficier toutefois d’importants moyens financiers. Un des piliers de l’ADEMA, le ministre de la Défense, Soumeylou Boubeye Maiga, ne l’a lui aussi, soutenu que du bout des lèvres, ne cachant qu’à peine sa sympathie pour le général Amadou Toumani Touré dont il fut conseiller spécial lors de la période de transition en 1991-92.
Plus que la victoire d’Amadou Toumani Touré, les Maliens ont semble-t-il voulu signifier par ce vote leur rancœur ou leur désillusion de dix ans de régimes ADEMA. Au premier tour de l’élection, disputé le 28 avril, “ATT” était arrivé en tête des 24 candidats en lice, avec 28,7 % des voix. Il avait ensuite reçu le soutien de l’ancien Premier ministre Ibrahim Boubacar Keïta (“IBK”) , arrivé troisième avec 21 % des suffrages. Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), en appelant à soutenir “ATT”, bien qu’il eut estimé avoir été écarté injustement du deuxième tour, a lui aussi montré qu’il était pressé d’en finir avec l’ère Konaré. Comment expliquer sinon un tel soutien, alors que pendant la campagne du premier tour, les militant du parti d’IBK, le rassemblement pour le Mali n’avaient pas de mots assez ironiques à l’égard du général Touré, un “militaire qui ne connaît rien à la chose politique”.
Comment expliquer aussi cet étonnant soutien à ATT du MPR, le Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR, parti dirigé par Choguel Maïga qui se réclame de l’héritage du président Moussa Traoré), délogé du pouvoir par ATT en 1990 ?
Ces retournements de la classe politique malienne ne favoriseront sûrement pas un regain d’enthousiasme pour la chose politique de la part des Maliens qui ont, pour beaucoup, bien du mal à comprendre ces retournements d’alliances incongrues.
C’est donc un président sans parti, sans majorité parlementaire (les législatives sont prévues en juillet), qui accède au pouvoir dans un pays désespérément pauvre, et dont la seule richesse, le coton (voire l’or) semble avoir surtout bénéficié à la nomenklatura de l’ADEMA.
Le futur président devra répondre à une très forte demande sociale des habitants, dont 64 %, selon l’ONU, vivent dans la pauvreté.

Résultats du premier tour de l’élection présidentielle qui a eu lieu le 28 avril

Suite aux recours déposés par plusieurs candidats, la Cour constitutionnel-le a annulé 541.019 bulletins de vote et a pris en compte 1.564.576 voix sur 2.201.154 votants. La Cour constitutionnelle, par la voix de son président, Abdourahmane Baba Touré, a dénoncé “des compositions irrégulières, la distribution des cartes d’électeurs de manière frauduleuse, la non-sécurité des urnes, le vote par procuration illégale, le vote de personnes non inscrites, l’absence de signatures sur les procès verbaux, l’influence sur le vote, l'existence de bureaux fictifs, et le fonctionnement irrégulier de bureaux de vote itinérants”.
Bulletins nuls : 95.359
Participation : 38,31 % des inscrits,
Amadou Toumani Touré : 449.176 voix (28,71 %)
Soumaïla Cissé : 333.525 voix (21,32%)
Ibrahim Boubacar Kéita (“IBK”) : 329.143 voix (21,04 %)
Me Mountaga Tall : 83.168 voix (3,86 %)
Choguel Maïga : 59.304 voix (2,75 %)
Almamy Sylla : 11.660 voix (0,54 %).

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N° 251 du 18/06/2002

L’ancien président Moussa Traoré gracié au nom de la réconciliation

Au nom de la réconciliation nationale l’ancien président malien Moussa Traoré a été gracié le 29 mai 2002 par le président Alpha Oumar Konaré, après plus de dix ans de détention. Officiellement, l’ancien chef d’Etat, 65 ans, et son épouse Mariam, ont été libérés par souci de cohésion nationale et à titre humanitaire.
Porté au pouvoir en novembre 1968 par un coup d’Etat qui avait renversé le régime de Modibo Keita, le général Moussa Traoré a régné sans partage sur le Mali pendant plus de 22 ans. Le 26 mars 1991, après un soulèvement populaire réprimé dans le sang et parachevé par un coup d’Etat, lui et son épouse étaient arrêtés.
En 1992, il était condamné à mort pour crimes “politiques”, puis de nouveau condamné à la peine capitale en 1999 pour crimes “économiques”. Son épouse Mariam était également condamnée à mort pour crimes économiques.
Entre-temps, un des putschistes de 1991, Amadou Toumani Touré (“ATT”), était porté à la tête de l’Etat et organisait la transition vers la démocratie.
En 1992, Alpha Oumar Konaré qui, hostile à la peine de mort, devait ensuite commuer la peine des époux Traoré en prison à perpétuité, était élu président.
Il y a deux ans, M. Konaré avait gracié des proches de l’ancien chef d’Etat, dont Sékou Ly, un ancien ministre, et “Ramos”, frère de Mariam.
Avant le procès engagé en 1999 pour “crimes économiques”, la vox populi disait que Traoré avait “détourné des milliards de dollars”. Par la suite, il a plutôt été question de quelques centaines de millions de F.CFA.
Les conditions de détention du couple ont elles aussi évolué, à chaque étape de la réflexion de Konaré en vue de leur élargissement.
Séparés l’un de l’autre, ils avaient été réunis en 1999, à la veille de leur procès pour “crimes économiques”. Leur première résidence commune de Markala (270 km au nord de Bamako) était délabrée, la dernière en date avait téléphone, radio, télévision.
Moussa Traoré, devenu très religieux, a également changé, parlant ces derniers temps de “pardon” et de réconciliation. Au plan politique, un parti d’opposition se réclamant de Moussa Traoré, le Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR, opposition), est maintenant devenu incontournable, bien que son leader, Choguel Maïga ait réalisé un très faible score lors de la dernière présidentielle.
La plupart des 24 candidats à cette élection présidentielle avait également, avec plus ou moins de fermeté, promis la libération de Moussa Traoré, comme gage de leur volonté d’œuvrer à la réconciliation nationale, un des grands thèmes de la campagne électorale.
Interrogé après l’annonce de sa libération, Moussa Traoré a dit qu’il ne savait pas s’il allait “refaire de la politique” et que sa première tâche serait d’aller s’incliner sur les tombes de ses parents.A la question de savoir s’il était “heureux de cette libération?”, l’ex-chef d’Etat a répondu : “Libération! libération! Je dis de toute façon que c’est mon corps qui était privé de liberté, mais mon esprit ne l’était pas”.

Formation d’un gouvernement “de mission”
Mohamed Ag Amani, nouveau Premier ministre

Ancien ambassadeur du Mali Rabat et à Bruxelles, Mohamed Ag Amani, a été nommé Premier ministre le 9 juin par le président Amadou Toumani Touré. Le nouveau Premier ministre, 60 ans, est économiste-statisticien de formation. Il fut plusieurs fois ministre (Jeunesse, Tourisme, Sport) sous le régime du général Moussa Traoré. Ag Amani a également été Haut Commissaire de l’Organisation de Mise en valeur du Fleuve Sénégal (OMVS, qui regroupe le Mali, le Sénégal et la Mauritanie). Il avait pris sa retraite après avoir représenté son pays en Belgique.
Cette nomination d’un homme “neutre” se justifie sans doute par le fait que le président n’a pas encore de majorité parlementaire, et qu’il doit se préserver une marge de manœuvre assez large pour l’après législatives qui auront lieu le 14 juillet.
Un autre décret présidentiel a nommé le ministre sortant des Affaires étrangères, Modibo Sidibé, secrétaire général de la présidence de la République avec “rang de ministre”.
Qualifié de gouvernement “de mission” par le Premier ministre, cette première équipe de “l’ère Touré” est composée de 21 membres et les portefeuilles-clé sont détenus par des proches du chef de l’Etat.
Au ministère des Affaires étrangères et des Maliens de l’extérieur, on retrouve M. Lassine Traoré, ancien directeur de campagne du général Amadou Toumani Touré. Deux autres proches du chef de l’Etat malien, le général Kafougouna Koné et le colonel Souleymane Sidibé prennent en main respectivement le ministère de l’Administration territoriale et des collectivités locales et celui de la Sécurité et de la Protection civile.
Par ailleurs, dans le nouveau gouvernement, outre les partisans du général Amadou Toumani Touré regroupés au sein de la Convention pour l’alternance et le changement (ACC), figurent au moins six représentants des deux autres principaux regroupements politiques maliens.
Il s’agit de l’alliance “Espoir 2002” dirigé par l’ancien Premier ministre malien Ibrahim Boubacar Kéita, qui compte une quinzaine de partis politiques, et de l’Alliance pour la république de la démocratie (ARD), composée d’une dizaine de formations politiques proches de l’Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA, ancien parti au pouvoir).

Le nouveau gouvernement du Mali, formé le 14 juin 2002

Premier ministre, ministre de l'Intégration africaine : Ahmed Mohamed Ag Hamani
Ministre de la Santé: Mme Traoré Fatoumata Nafo
Ministre de l'Education nationale: Mamadou Lamine Traoré
Ministre de l'Administration territoriale et des collectivités locales: Kafougouna Koné
Ministre des Affaires étrangères et des Maliens de l'extérieur: Lassine Traoré
Ministre de l'Economie et des finances: Ousmane Issoufi Maïga
Ministre de l'Industrie, du commerce et des transports: Mamadou Dalo Maïga
Ministre de l'Equipement et de l'aménagement du territoire: Lanceni Kéita
Ministre du développement rural et de l'environnement: Seydou Traoré
Ministre de l'Emploi et de la formation professionnelle: Younous Hammey Dicko
Ministre des Forces armées et des anciens combattants: Mahamane Maïga
Ministre de la Justice, Garde des Sceaux: Abdoulaye Ogotimbeli Poudjougou
Ministre du Développement social, de la solidarité et des personnes âgées: Mme N'diaye Fatoumata Coulibaly
Ministre des Mines, de l'énergie et de l'eau: Ahmed Séméga
Ministre des Domaines de l'Etat et des affaires foncières: Aboubacar Sidiki Touré
Ministre de la Culture: André Traoré
Ministre de l'Artisanat et du tourisme: Bah N'diaye
Ministre de la Communication: Mamadou Mallé Cissé
Ministre de la Promotion de la femme, de l'enfant et de la famille: Mme Bah Odette Yattara
Ministre de la Jeunesse et des sports: Djibril Tangara
Ministre de la Sécurité et de la protection civile: Souleymane Sidibé

N° 253 du 30/07/2002

Législatives : l'ancien parti au pouvoir, l’Adema, en tête du 1er tour marqué par un désintérêt des électeurs

L’Alliance pour la Démocratie au Mali (Adéma, majorité parlementaire sortante) a remporté 9 sièges de députés sur les 23 pourvus au premier tour le 14 juillet des élections législatives, selon les résultats définitifs publiés le 23 juillet par la Cour constitutionnelle à Bamako.
Le Rassemblement pour le Mali (RPM) de l’ancien Premier ministre Ibrahim Boubacar Kéita arrive en seconde position avec quatre sièges.
Le Congrès d’initiative démocratique (CNID) de Me Mountaga Tall obtient trois sièges, le BDIA et le RAMAT deux députés, le Parti de la renaissance nationale (PARENA), le RDT, et le Mouvement patriotique pour le Renouveau (MPR) remportent chacun un siège.
123 sièges restent à pourvoir lors du second tour, prévu le 28 juillet, et l’Adéma est en ballottage favorable dans une vingtaine de circonscriptions électorales
La Cour constitutionnelle a annulé pour “irrégularités” les suffrages exprimés dans “tous les bureaux de votes itinérants du Mali”, ainsi que le scrutin dans la circonscription électorale de Tine-Essako (nord). Ces irrégularités concernent notamment des falsifications de procès-verbaux, la distribution “anarchique” des cartes d’électeurs, des votes multiples, le dépouillement “clandestin” des votes et la “corruption” d’électeurs, a indiqué la cour. Les suffrages exprimés dans les 431 bureaux de votes itinérants ont ainsi été invalidés par la Cour constitutionnelle qui a précisé que cette invalidation n’entraîne pas l’annulation du premier tour des législatives.
En revanche, le vote sera repris dans la circonscription électorale de Tine-Essako, dans un délai de trois mois selon la loi malienne. Au total, ce sont quelque 160 000 voix qui ont été annulées au premier tour de ces législatives. La plupart de ces bureaux de votes itinérants où le scrutin a été annulé pour “irrégularités” (Goundam, Tombouctou, Diré, Kidal, Abeibara...) se trouvent dans le nord du Mali.
Sur environ cinq millions d’électeurs inscrits, 1.2O5.238 personnes ont voté sur le territoire national, soit un taux de participation de 23 %. Un taux de participation qui baisse encore si l’on prend en compte les plus de 160 000 voix annulées.
La cour a confirmé l’élection dès le premier tour de personnalités marquantes de la vie politique malienne comme l’ancien Premier ministre Ibrahim Boubacar Kéita, Me Mountaga Tall et Ali Diallo, président de l’Assemblée nationale sortante.
Divers incidents plus rocambolesques les uns que les autres ont marqué ce scrutin. Quatre des six maires de Bamako ont été “suspendus” pour trois mois pour “faute lourde” par le ministère de l’Administration territoriale, en raison d’une affaire de cartes d’électeurs mystérieusement disparues, 55.000 cartes au total.
Le 14 juillet, jour du scrutin, une trentaine de personnes, dont la plupart étaient en possession de cartes disparues, ont été arrêtées pour “fraude”.

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N° 254 du 02/09/2002

Législatives : aucun parti ou alliance de partis n’obtient la majorité absolue

Aucun parti ou alliance de partis n’a obtenu la majorité absolue, selon les résultats définitifs des élections législatives proclamés le 10 août par la Cour constitutionnelle. Le Rassemblement pour le Mali (RPM), de l’ancien Premier ministre Ibrahim Boubacar Kéita (“IBK”) arrive en tête avec 46 sièges de députés contre 45 à l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma, majorité sortante).
Au niveau des alliances, “Espoir 2002”, piloté par le RPM, totalise 66 sièges contre 51 à son rival, l’Alliance pour la République et la Démocratie (ARD) dirigée par l’ADEMA.
Finalement, 139 sièges ont été pourvus, la cour ayant annulé les résultats des circonscriptions électorales de Sikasso au sud et Tine-Essako dans le nord, soit un total de huit sièges, respectivement pour “vice de procédure” et pour “fraude massive”. Des partielles y seront à nouveau organisées dans un délai de trois mois.
Par ailleurs, l’annulation de plusieurs dizaines de milliers de voix pour diverses irrégularités (fraude, corruption, intimidation) a modifié les résultats provisoires publiés par le ministère malien de l’Administration territoriale, qui donnaient l’ADEMA et ses partisans vainqueurs.
Les autres résultats : le Congrès d’Initiative démocratique (CNID) enlève 13 sièges alors que le SADI de l’ex-leader estudiantin Oumar Mariko obtient six sièges. Cinq autres partis politiques maliens, partisans déclarés du président Amadou Toumani Touré et regroupés au sein de l’alliance dénommée “ACC” totalisent 10 sièges alors que des candidats indépendants enlèvent six sièges. Enfin, des petites formations alliées à Espoir 2002 et à l’ARD ont remporté treize sièges.
Les résultats définitifs indiquent un effondrement de l’ADEMA qui détenait dans l’ancienne Assemblée 127 des 147 sièges de députés. Cet effondrement est le fruit des divisions au sein de l’ancien parti au pouvoir, de l’invalidation d’une vingtaine de ses candidats avant le scrutin, et peut-être surtout d’un faible bilan socio-économique à mettre en avant.
En revanche, le RPM de “IBK” a fait une entrée remarquée, de même que son allié du CNID de Me Mountaga Tall dont c’est le “grand retour” à l’Assemblée nationale après avoir boycotté les élections législatives de 1997.Créé il y a à peine sept mois, le Sadi de l’ex-leader estudiantin Oumar Mariko (qui n’a pas été élu) fait une aussi une entrée remarquée au Parlement avec six députés.
Sans parti politique, le président Amadou Toumani Touré, a toujours déclaré qu’il gouvernera avec la majorité qui se dégagera de l’assemblée.

N° 255 du 17/09/2002

Visite officielle du président Toumani Touré en France
Coopération et immigration au programme


Le président malien Amadou Toumani Touré s’est montré embarrassé par le difficile problème posé par l’immigration, souvent illégale, de ses compatriotes en France, mais s’est déclaré satisfait dans le domaine de la coopération, à l’issue de sa visite officielle à Paris du 9 au 12 septembre.
Le président a abordé la question importante, pour les autorités françaises, de l’immigration et des sans-papiers, au cours d’une conférence de presse, après avoir rencontré à ce sujet le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy.
M. Sarkozy a été invité à Bamako, nous entendrons ce que veulent nous dire les Français et nous leur dirons ce que nous en pensons”, a-t-il déclaré.
A l’issue de leur réunion, le ministre français, qui doit se rendre prochainement à Bamako, avait annoncé que la France apporterait son aide au Mali, notamment pour “sécuriser” les documents administratifs, en particulier les documents d’identité, et “aider à l’organisation de la police malienne” pour “une meilleure gestion des flux migratoires”.
Nous avons abordé la question de la réadmission” des immigrés en situation irrégulière, “c’est une question sensible”, a affirmé M. Sarkozy, “les Maliens ont parfois mal ressenti des initiatives unilatérales, mais ils sont prêts à accepter des réadmissions si cela se fait dans le cadre d’un partenariat”.
Je n’ai donné un accord sur rien. Les discussions auront lieu avec M. Sarkozy à Bamako (...) Je comprends leur désarroi (des Maliens, ndlr), ce sont mes frères et sœurs, je suis à leur écoute. J’ai le devoir de protéger tout le monde, qu’ils soient ou non des sans papiers. Nous n’avons pas discuté de qui doit rester ou non en France, et qui doit retourner au Mali”, a expliqué “ATT”, visiblement ennuyé par les questions sur le sujet.
Mais, a-t-il poursuivi, nous parlerons aussi de ceux qui sont bien intégrés, depuis deux ou trois générations, et de ceux qui sont nés en France. Nous parlerons aussi de la polygamie et du co-développement”.
Le président s’est prononcé en faveur de la création d’un ministère chargé de l’intégration africaine et des Maliens de l’extérieur.
Environ 60.000 Maliens vivent en situation irrégulière en France, selon le consulat, le double du nombre des Maliens en situation régulière.
Sur le plan de la coopération, le président malien s’est montré nettement plus enthousiaste sur sa visite à Paris.
Le Mali a obtenu un effacement de 40% de sa dette monétaire envers Paris. La dette monétaire du Mali vis-à-vis de la France s’élève à environ 200 millions d’euros, sur une dette globale de 520 millions d’euros.
Cette dette avait été contractée par Bamako en 1984 lors de sa réintégration dans la zone CFA.
Paris s’est également engagé à “effectuer l’étude technique de l’impact sur l’environnement pour le projet du barrage de Tossaye, sur le fleuve Niger”.
La France va également intervenir, en coopération avec la Belgique, dans le domaine hospitalier.
La France est le premier bailleur de fonds bilatéral du Mali avec environ 60 millions d’euros par an.

Formation d’un groupe parlementaire dénommé “Bloc présidentiel”

Dix-neuf députés ont formé officiellement début septembre un groupe parlementaire appelé “Bloc présidentiel” (BP), dont l’objectif est de “contribuer à la formation d’une majorité présidentielle stable”. Le BP est composé de 11 députés de la Convergence pour l’alternance et le changement (ACC, partisans déclarés du président Amadou Toumani Touré) et de huit députés indépendants.
A l’issue des législatives de juillet, aucun parti ou regroupement de partis n’a obtenu la majorité absolue des 139 sièges de députés pourvus, pour former seul un gouvernement.
Tiébilé Dramé dont le parti (PARENA) est membre du Bloc présidentiel, a déclaré que le BP souhaitait “un gouvernement d’ouverture, de rassemblement au sein duquel toutes les sensibilités politiques du Mali trouveront leur place”.
Deux blocs dominent la vie politique malienne : “Espoir 2002”, piloté par le Rassemblement pour le Mali (RPM) de l’ancien Premier ministre Ibrahim Boubacar Keïta, et l’Alliance pour la république et la démocratie (ARD), dirigée par l’ADEMA (majorité sortante).

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N° 257 du 17/10/2002

Démission du gouvernement
Ahmed Mohamed Ag Hamani reconduit au poste de Premier ministre


Le gouvernement, dirigé par Ahmed Mohamed Ag Hamani et formé le 14 juin dernier, a présenté sa démission le 12 octobre. M. Hamani qui avait été nommé à la tête d’un “gouvernement de mission” au lendemain de l’arrivée au pouvoir du président Touré, élu le 12 mai dernier, a aussitôt été reconduit dans son poste.
Le changement de gouvernement était attendu depuis la mise en place d’une nouvelle Assemblée nationale.
Les législatives de juillet avaient permis une reconfiguration du paysage politique, mais aucun des grands blocs qui s’étaient formés pour briguer les suffrages des électeurs n’a réussi à obtenir la majorité absolue.
Après plusieurs tergiversations et tractations, Ibrahim Boubacar Keita, ex-Premier ministre (1994 à 2000) sous le régime de l’ancien président Alpha Oumar Konaré, a fini par remporter la présidence de l’Assemblée, 115 députés sur 138 ayant voté pour lui le 16 septembre dernier.
M. Keita était à la tête d’une coalition d’opposition, “Espoir 2002”, conduite par sa formation politique le Rassemblement pour le Mali (RPM).
Espoir 2002 avait, aux législatives, devancé de très peu l’autre grand bloc formé autour de la majorité sortante de l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma).

N°258 du 04/11/2002

Un nouveau gouvernement

Le président Amadou Toumani Touré, “sur proposition du Premier ministre” Ahmed Mohamed Ag Hamani, a formé un nouveau gouvernement de 28 membres, qualifié par l’entourage du président de “gouvernement d’union nationale”, tous les groupements politiques représentés à l’Assemblée en faisant partie.
La plupart des principaux ministères (Affaires étrangères, Défense, Administration territoriale, Sécurité intérieure) ne changent pas de titulaire par rapport à la précédente équipe. Le département des Finances et de l’Economie a toutefois été confié à Bassari Touré, précédemment fonctionnaire à la Banque mondiale.
Choguel Maïga, ancien candidat à la présidentielle d’avril-mai dernier et président du Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR) fait son entrée au poste de ministre de l’Industrie et du Commerce.
Le cinéaste malien Cheick Oumar Sissoko, président du parti de la Solidarité africaine pour le développement et l’indépendance (SADI), détient le portefeuille de la Culture.
Un nouveau poste de ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine, est attribué à Oumar Hamadoun Dicko, président du Parti progressiste soudanais (PSP), dont la formation avait soutenu la candidature d’Amadou Toumani Touré à la présidentielle.
Le fauteuil de ministre de la Communication et des Nouvelles technologies est occupé par Gaoussou Drabo, précédemment directeur du quotidien national L’Essor.
Commentaire : ce gouvernement fait la part belle aux partisans du président Toumani Touré, qui avait pourtant promis de gouverner avec la majorité sortie des urnes. Les “pro-ATT”, comme on les appelle à Bamako, ont obtenu 16 ministères, alors que les deux grandes coalitions politiques qui dominent l’Assemblée nationale, n’ont obtenu que six ministères pour “Espoir-2002” et quatre pour l’ARD.

Le gouvernement du Mali, formé le 16 octobre 2002

Président : Amadou Toumani Touré
Premier ministre : Ahmed Mohamed Ag
Ministres
Santé : Mme Keita Rokiatou N’Diaye (nouveau)
Economie et des finances : Basssari Touré (nouveau)
Artisanat et tourisme : Bah N’Diaye (ancien)
Domaines de l’Etat, affaires foncières et habitat: Boubacar Sidiki Touré (ancien)
Industrie et commerce : Choguel Kokala Maïga (nouveau)
Agriculture, élevage et pêche : Seydou Traoré (ancien)
Éducation nationale: Mamadou Lamine Traoré (ancien)
Equipement et transports : Ousmane Issoufi Maïga (ex-ministre de l’Economie)
Affaires Etrangères et coopération internationale : Lassana Traoré (ancien)
Défense et anciens combattants : Mahamane Kalil Maïga (ancien)
Administration territoriale et collectivités locales : Général Kafougouna Koné (ancien)
Mines, de l’énergie et eau : Hamed Diane Sémega (ancien)
Environnement : Nancouma Keita (nouveau)
Sécurité intérieure et protection civile: Colonel Souleymane Sidibé (ancien)
Communication et nouvelles technologies de l’information : Gaoussou Drabo (nouveau)
Développement social, solidarité et personnes âgées : Mme N’Diaye Fatoumata Coulibaly (ancien)
Travail et fonction publique : Modibo Diakité (nouveau)
Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille : Mme Berthé Aïssata Bengaly (nouveau)
Culture : Cheick Oumar Sissoko (nouveau)
Justice, Garde des Sceaux : Me Abdoulaye Garba Tapo (nouveau)
Jeunesse et sports : Djibril Tangara (ancien)
Ministres délégués
auprès du Premier ministre, chargé de la réforme de l’Etat des relations avec les institutions : Badi Ould Ganfoud (nouveau)
auprès du Premier ministre, chargé du plan : Marimatia Diarra (nouveau)
auprès du ministre de l’Agriculture, chargé de la sécurité alimentaire : Ibrahima Oumar Touré (nouveau)
auprès du ministre de l’Economie, chargé de la promotion des investissements et du secteur privé: Ousmane Thiam (nouveau)
auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé des Maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine : Oumar Hamadoun Dicko (nouveau)
auprès du ministre de l’Equipement et des transports, chargé des transports : Ousmane Amion Guindo (nouveau)
auprès du ministre du Travail, chargé de l’emploi et de la formation professionnelle: Dramane Haïdara

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données de base
Population : 14 millions
Superficie : 1 240 000km2
Monnaie : Franc CFA (1 euro = 655 FCFA)
Langue officielle : Français
Principales ethnies : Bambaras, Malinkés, Dogons, Peuls, Songhais, Maures, Touaregs
Président : Amadou Toumani Touré (ATT)
Premier ministre : Modibo Sidibé (25/01/07)
Parti au pouvoir : Aucun. Le président n'appartient à aucun parti et s'appuie sur une coalition qui le soutient à l'Assemblée.
Capitale : Bamako
Principales villes : Kaye, Mopti, Ségou, Gao, Kita
Archives de la revue Afrique-Express
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