
Suivre
et comprendre la vie politique au Mali est un véritable
casse-tête, tant les alliances et les mésalliances
sont fréquentes, tant les leaders sont mouvants et
leurs affinités changeantes. Ce n'est même
plus de la transhumance politique, selon l'expression consacrée,
car le mot est bien faible. Pour décrire le phénomène,
il faudrait certainement créer un nouveau vocable
pour qualifier l'inconstance des responsables politiques
maliens.
Mais si l'on se chamaille, si l'on se brouille, si l'on
divorce, on ne s'entretue pas, et c'est là une autre
caractéristique de la vie politique malienne. La
seule période chaude a eu lieu en 1997, au moment
des secondes élections générales sous
l'ère du pluralisme.
Depuis, le pays connaît une vie politique "normale",
qui confine parfois à l'incroyable. Ainsi, à
la présidentielle de 2002, pas mois de 24 chefs de
partis étaient candidats, et une fois ATT élu,
la plupart se sont retrouvés au gouvernement.
Le 25 octobre 1990 se crée une association dénommée
"Alliance pour la Démocratie au Mali" (ADEMA). En fait, l'ADEMA n'était
rien d'autre que la vitrine légale de plusieurs partis
politiques clandestins puisque interdits, qui avaient créé,
dès 1986, un front unitaire dénommé Front National Démocratique et Populaire (FNDP).
Le 25 mai 1991, l'ADEMA s'est transformée en un parti
politique, dénommé Adema-Parti Africain
pour la Solidarité et la Justice (Adéma-P.A.S.J).
C'est donc sans peine que l'Adéma-P.A.S.J remportera
les premières élections législatives
"démocratiques", en mars 1992.
L'ADEMA peut être considéré comme le
parti fondateur du régime démocratique malien.
Le temps et l'usure du pouvoir aidant, une kyrielle de ses
principaux responsables ont quitté l'ADEMA pour créer
leur propre formation politique, qui elle même ont
éclaté de temps à autre au gré
des humeurs de leurs responsables.
Aussi faut-il considérer que la plupart des partis
politiques maliens ne sont que des excroissances de l'ADEMA,
excepté sans doute, l'US-RDA, qui était le
parti du premier président Modibo Keita.
L'ADEMA, qui a dirigé le pays pendant une décennie
avec le président Alpha Konare, a subi deux ruptures
importantes : la première, lorsqu'en 2001, l'ancien
Premier ministre et ancien président du parti, Ibrahim
Boubacar Keita (IBK), a créé
le RPM (Rassemblement pour le Mali)
emmenant avec lui des cadres importants de l'ADEMA.
La seconde fracture au sein de l'ADEMA a eu lieu lorsque Soumaïla
Cissé, candidat malheureux à
la présidentielle de 2002 sous les couleurs de l'ADEMA,
a finalement créé son propre parti, l'Union
pour la république et la démocratie (URD) en juin 2003.
Le PARENA (Parti Renaissance nationale)
a été créé en 1995 par neuf
personnes qui ont claqué la porte du CNID de Me Mountaga Tall. Par la suite le PARENA a lui aussi
subi une dissidence qui a permis la naissance du parti,
le Bara (le Bloc des Alternatives pour
le Renouveau Africain), du professeur Yoro Diakité.
Le MPR (Mouvement patriotique pour
le renouveau) de Choguel Kokalla Maïga, s'est
longtemps réclamé de l'héritage de
l'ancien parti unique, l'Union démocratique
du peuple malien (UDPM), du président
Moussa Traoré.
Deux grandes coalitions de partis
Depuis sa réélection en avril 2007,
le président Amadou Toumani Touré est soutenu
par une coalition, l'Alliance pour la démocratie
et le progrès (ADP) qui
regroupe principalement l'ADEMA et l'URD de Soumaïla
Cissé.
A l'approche de la présidentielle de 2007, un Front
pour la Démocratie et la République (FDR)
regroupant 16 partis et associations politiques a été
créé et s'est situé clairement dans
l'opposition au président ATT.
Le principal parti du FDR est le Rassemblement pour le Mali
(RPM) de l'ancien président de l'Assemblée
nationale (2002-2007) Ibrahim Boubacar Keita.
Syndicats
Les relations de travail au Mali sont caractérisées
par une absence de conflits significatifs.
Un certain nombre d'entreprises opèrent dans des
secteurs où il existe des conventions collectives
sectorielles : dans le bâtiment, le commerce, les
transports routiers, le pétrole les mines, l'hôtellerie,
la finance.
Les syndicats qui prennent part aux négociations
avec l'Etat et le patronat sont regroupés en trois
confédérations :
- l'Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), créée
en juillet 1963
- la Fédération nationale de l'éducation
(FEN), créée en mai 1991,
- la Confédération syndicale des travailleurs
du Mali, créée en avril 1998
Médias
La presse et les médias audiovisuels maliens sont
parmi les plus libres d'Afrique.
Les lois prévoyant de lourdes sanctions pour offense
publique aux dirigeants ne sont quasiment jamais appliquées
sauf … quand on parle de la "maîtresse
" du président.
Dans son édition du 1er juin 2007, le journal Info-Matin,
publia un article intitulé "Lycée Nanaïssa
Santara : la maîtresse du président de la République",
en référence à un sujet de dissertation
proposé à des élèves de l'établissement.
Ces derniers devaient plancher sur un texte faisant état
des frasques d'un président de la République,
le contracter au quart de son volume puis le commenter.
Le journaliste Seydina Oumar Diarra y relatait cette affaire.
A la suite de la publication de ce papier, le procureur
de la République Sombé Théra s'était
auto saisi et avait fait emprisonner le 14 juin l'enseignant
et le journaliste auteur de l'article pour "offense
au chef de l'Etat". Les directeurs de publication d'"Info-Matin",
des "Echos", du "Républicain"
et du "Scorpion" avaient ensuite été
interpellés pour complicité.
La justice finalement condamné pour "offense
au chef de l'Etat" ou "complicité"
l'enseignant Bassirou Kassim Minta, auteur du sujet de dissertation,
à deux mois d'emprisonnement ferme assortis d'une
amende de 100.000 FCFA (150 euros) et d'une interdiction
d'exercer sa profession pendant deux mois.
Seydina Oumar Diarra, journaliste du quotidien privé
"Info-Matin" a été condamné
à 13 jours de prison ferme, peine qu'il avait effectué
en détention préventive.
Le directeur de publication d'"Info-Matin", Sambi
Touré, a été condamné à
huit mois de prison avec sursis et une amende de 200.000
FCFA (300 euros).
Les directeurs de publication des journaux qui avaient repris
l'article par solidarité avec leur confrère,
Ibrahima Fall du "Républicain", Alexis
Kalambry des "Echos" et Hamèye Cissé
du "Scorpion", ont été condamnés
à trois mois de prison avec sursis.Outre les médias
internationaux, l'imprimerie et la chaîne de télévision
nationale, il existe une quarantaine de journaux privés
et une cinquantaine de radio privées.
Economie
En 1992, le Mali a embrassé la démocratie
mais aussi définitivement rompu avec le modèle
socialiste.
Depuis, libéralisation, privatisation, approfondissement
de l'intégration régionale et sous-régionale,
sont les maîtres mots de la politique économique
du pays.
Ces réformes ont surtout permis d'assainir le cadre
macro-économique.
Malgré les mesures prises en sa faveur - simplification
des impôts, code des investissements attractif, ouverture
d'un guichet unique pour faciliter la création des
entreprises, etc - l'essor du secteur privé est entravé
par le coût élevé des facteurs de productions
(transport, énergie, télécommunications)
et la faible qualification de la main d'œuvre.
Pour lever ses obstacles et valoriser son potentiel agricole,
mais aussi minier et touristique, le gouvernement donne
la priorité aux infrastructures (routes, barrages,
etc.) et aux services de base (éducation, santé,
eau, électricité). Pour se développer,
le Mali dépend de la générosité
des bailleurs de fond, avec lesquels le pays entretient
plutôt de bons de rapports.
Les transferts financiers de la diaspora malienne jouent
également un rôle important dans le développement
de projets locaux, ou simplement pour améliorer l'ordinaire
de la population, qui vit à 80 % de l'agriculture
et de l'élevage.
De manière générale, l'économie
est tributaire de la pluviométrie, de la fluctuation
des cours mondiaux du coton - en chute libre depuis 10 ans
-, et des performances de l'industrie aurifère -
le boom de ce secteur explique en partie le taux soutenu
de croissance depuis 10 ans.
Enfin, la crise ivoirienne a mis en exergue la nécessité
de diversifier les accès aux ports des pays voisins.
Monnaie : Franc CFA (Franc
de la Communauté financière africaine), en
partage avec 7 autres États de l'Afrique de l'Ouest,
émis par la BCEAO.
Taux de change fixe 1 euro = 655,957 Fcfa
Principales exportations : or, coton, bétail
Principales ressources naturelles : or,
phosphates, uranium, énergie hydraulique et solaire.
Gisements de bauxite, fer, manganèse, étain
et cuivre, connus mais inexploités.

Géographie
Localisation : pays enclavé, au
cœur Afrique de l'Ouest
Superficie : 1 241 238 km2 (2,5 fois la
France, 9e rang des pays d'Afrique)
Frontières terrestres : 7.243 km
7 pays frontaliers : Algérie 1.376 km, Burkina Faso
1.000 km, Guinée 858 km, Côte d'Ivoire 532
km, Mauritanie 2.237 km, Niger 821 km, Sénégal
419 km
Lignes côtières : aucun accès
à la mer. Les ports de Dakar (Sénégal)
et d'Abidjan (Côte d'Ivoire), par où passe
l'essentiel du trafic international du Mali, sont distants
de 1200 km environ de Bamako, la capitale administrative
et économique. Le port de Conakry en Guinée
est à 900 km.
Environnement
3 zones climatiques :
Soudanaise au Sud (16 % du territoire).
5 à 6 mois de saison de pluie. Précipitations
comprises entre 600 et 1300 mm. La savane se transforme
en forêt vers le sud.
Sahélienne au Centre et à
l'Ouest (44 % du territoire). La saison des pluies y dure
de 3 à 4 mois (juin-juillet à août-septembre)
avec des précipitations de 300 à 500 mm. Les
steppes sont remplacées progressivement par la savane
vers le sud.
Saharienne au Nord (40 % du territoire).
Désertique. Précipitations irrégulières,
inférieures à 200 mm/an.
Trois périodes couvrent les 2 saisons de l'année
:
Saison chaude, mars-mai, 30 à 45°.
Chaud et sec.
Hivernage, juin-octobre, 17 à 37°.
Pluvieux et humide.
Saison froide, novembre-février,
15 à 30°. Tempéré et sec.
Relief
Peu accidenté. Le Mali est constitué de 90
% de vastes plaines et de bas plateaux.
La partie nord, désertique, est pratiquement plate.
Mais au nord-est, l'Adrar des Iforas, prolongement du massif
algérien du Hoggar, s'élève à
900 m.
Dans le reste du pays, le relief se distingue par de grandes
étendues uniformes, que rompent les falaises de Bandiagara,
qui s'étirent sur près de 200 km jusqu'au
Mont Hombori (1150m), le point culminant du pays.
Enfin, le plateau mandingue, à la frontière
guinéenne, fait face au sud-est au massif de Sikasso.
Fléaux naturels : vents de sable chauds (Harmattan)
pendant la saison froide, sécheresses récurrentes,
inondations occasionnelles du fleuve Niger, invasion de
criquets.
Problèmes environnementaux : déforestation,
érosion des sols, désertification, difficultés
d'approvisionnement en eau, braconnage
Population
Croissance démographique : 2.98
% (estimation 2000-05)
Densité : 11 hab./km2 (estimation
2005)
Population urbaine : 30,8%
Taux de natalité : 49,7 naissances/1
000 habitants (estimation 2000-05)
Taux de mortalité : 17, 8 morts/1
000 habitants (estimation 2000-05)
Taux de fécondité : 6, 5
enfants/femme (estimation 2005)
R-J Lique |