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Situation politique express
La prochaine élection présidentielle aura lieu au premier semestre 2012 et d’ores et déjà toute la classe politique affûte ses armes. Mais le Mali n’étant pas la Côte d’Ivoire, il y a fort à parier que cette échéance se déroulera dans l’apaisement comme ce fut (presque) toujours le cas depuis l’avénement de la démocratie en 1991.
Le Mali vit par cycles. Il y a eu la période 1992-2002 du président Alpha Oumar Konare et de son parti, la toute puissante Adema, puis celle de son successeur Amadou Toumani Touré, l’actuel président, qui, lui, a réussi l’exploit d’être élu et de gouverner sans parti politique.
Et pourtant, les partis politiques ne manquent pas au Mali. Il s’en crée à chaque échéance électorale et celle qui se profile à l’horizon n’échappe pas à la règle. Ainsi, plusieurs partis plus ou moins importants ont vu le jour dans la perspective de cette élection présidentielle. Et comme à chaque fin de cycle, quand les jeux sont ouverts, parions qu’il y aura encore pléthore de candidats. Il y en avait 24 quand Alpha Konare a tiré sa révérence. Et les records, c’est bien connu, sont faits pour être battus …
Le Mali en deux ou trois mots
"ATT"

Toumani TouréCe n'est plus un acronyme. Ce n'est plus un surnom. C'est un nom. Personne, absolument personne, du fin fond du marché central de Bamako ou sur une lointaine piste aux abords de Gao, ne vous parlera du président, le général Amadou Toumani Touré, autrement qu'en l'appelant "ATT".
Le Mali n'est peut-être pas béni des Dieux question pluviométrie, mais il a eu la chance d'avoir en mars 1991, à la tête de son unité de parachutistes, un certain lieutenant-colonel dénommé Amadou Toumani Touré.
Dans les années 90, les aspirations à plus de démocratie éclatent au grand jour en Afrique. Au Mali comme ailleurs, la révolte gronde. A Bamako, en ce mois de mars 1991, le président de l'époque, Moussa Traoré, au pouvoir depuis 1968, fait réprimer dans le sang des manifestations de rues organisées par les étudiants et les syndicats qui réclament l'instauration de la démocratie. Bilan : 200 morts, un millier de blessés.
Le 26 mars 1991, le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré fait intervenir ses troupes d'élite qui arrêtent le président Moussa Traore et les dignitaires du régime. Il prend alors le pouvoir à la tête d'un Comité Transitoire de Salut du Peuple (CTSP).
Mais, grosse surprise, dans une Afrique où les militaires une fois arrivés au pouvoir s'y arriment corps et biens, lui, ATT, promet de ne pas le confisquer et d'organiser dans un délai d'un an des élections libres. Et plus grosse surprise encore, il tient parole. Au terme d'une transition de 14 mois, il organise l'élection présidentielle en juin 1992. C'est un civil, Alpha Oumar Konaréœ, qui était à la tête des organisations de lutte pour la démocratie avec son mouvement l'Adema, qui est élu.
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Tombouctou

TombouctouVoyager c'est rêver un peu. Et qui n'a pas rêvé de franchir les murailles de Tombouctou, ville mythique, symbole du désert, des caravanes de sel, des empires lointains ? Sans y être allé, on l'imagine sans peine, Tombouctou.
Tombouctou ? On la voit ocre, mystérieuse, on la devine labyrinthe de ruelles incertaines, de maisons aux volets clos renfermant des pans d'histoire sagement gardés à l'abri des importuns.
Tombouctou, autrefois interdite aux étrangers, a assuré la gloire des explorateurs britannique, français et allemand qui, voici plus de cent ans, ont forcé son intimité. Les Gordon Laing, René Caillié et Heinrich Barth l'ont immortalisée.
La ville de 30.000 habitants, posée sur le sable, est de toute beauté. De vastes maisons en banco d'un étage, le toit en terrasse, s'ouvrent sur le désert ou serpentent d'une venelle à l'autre, à l'ombre des mosquées, dont Djinguereber, la plus ancienne, date du 14e siècle.
"Tombouctou ? J'y suis allé", dira-t-on avec fierté. A tel point que des Américains ont créé un club très fermé des "visiteurs de Tombouctou". Il faut montrer son "visa" tamponné à Tombouctou même pour pouvoir en être membre.
Les touristes européens y cherchent les maisons où vécurent Laing, Caillié et Barth. La Grande-Bretagne a restauré à grands frais la maison du major Laing, premier Européen à avoir découvert Tombouctou, et à y vivre pendant un mois. Il fut assassiné le jour de son départ, à 50 km de la ville, payant de sa vie d'avoir transgressé l'interdiction des chefs religieux qui avaient banni l'accès à tout étranger. Ses ossements ont été retrouvés en 1910 par un officier français.
C'est le 20 avril 1828 que René Caillié, se faisant passer pour un voyageur musulman, est entré dans Tombouctou. Déçu de ne point y trouver les fastes décrits trois siècles auparavant par le voyageur arabe Léon l'Africain, il s'est consolé à l'idée d'être le premier Européen à pénétrer dans la cité sacrée. Joie de courte durée quand il apprit que Laing l'avait précédé de deux ans.
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Coton, le cauchemar, le supplice de Tantale

Mali Coton"Hier, c'était l'or blanc, aujourd'hui, c'est vraiment un cauchemar." De qui ces propos de désespoir ? Du président Amadou Toumani Touré tout simplement, lors du sommet France-Afrique en 2007.
Et le président ATT de poursuivre : "C'est un véritable supplice de Tantale. Nous avons la barbe dans l'eau et l'on meurt de soif. Jamais nous n'avons produit tant de coton en quantité et en qualité, mais jamais les prix n'ont été aussi instables qu'aujourd'hui. Il y a des gens qui sèment du coton et qui récoltent allègrement des subventions. Nous, malgré tous nos efforts, nous semons du coton et on ne récolte que des déficits."
Tout est dit. Et pourtant, le Mali, comme le Burkina Faso, comme le Bénin, comme tant d'autres pays africains, ne peut cesser du jour au lendemain de produire ce satané coton.
Le coton, ça ne date pas d'hier au Mali. Sa culture a été introduite par les Arabes au XIe siècle dans le nord islamisé du pays puis les populations du Sud s'y sont mises aussi.
L'administration coloniale française, qui gérait le Soudan français (l'actuel Mali) depuis 1891 a développé cette culture pour réduire sa dépendance en fibres de coton vis-à-vis des Etats-Unis et de l’Angleterre.
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Un ambitieux plan de relance
pour contrer le «lynchage médiatique dont le Mali est victime»

16-08-2011

Le Mali a élaboré un plan de relance du tourisme avec une aide aux professionnels du secteur et une sécurisation des principaux sites touristiques du pays dont certains, situés dans le Nord, ont souffert de la menace d'Al-Qaïda.
L’annonce de ces décisions prises à la suite d’un Conseil de défense présidé début août 2011 par le chef de l'Etat , Amadou Toumani Touré, a été faite par le ministre du Tourisme et de l'artisanat, Mohamed El Moctar.
Concernant les aides aux opérateurs, il s’agira principalement d'allègements fiscaux aux hôteliers, aux agences de voyages, aux guides touristiques et aux artisans.
Quant à la sécurisation des sites touristiques du Mali, il est prévu le déploiement sur le terrain de moyens roulant, de communication, d'hommes en uniforme, avec une implication des élus et populations locales. Pas question pour autant de « militariser » les zones touristes. La liberté d’aller et venir doit demeurer la règle.

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Données de base
Population : 14 millions
Superficie : 1 240 000km2
Monnaie : Franc CFA (1 euro = 655 FCFA)
Langue officielle : Français
Principales ethnies : Bambaras, Malinkés, Dogons, Peuls, Songhais, Maures, Touaregs
Président : Amadou Toumani Touré (ATT)
Premier ministre : Modibo Sidibé (25/01/07)
Parti au pouvoir : Aucun. Le président n'appartient à aucun parti et s'appuie sur une coalition qui le soutient à l'Assemblée.
Capitale : Bamako
Principales villes : Kaye, Mopti, Ségou, Gao, Kita
Risqué ou paisible ?

Je peux y aller ? Bien sûr. C'est même un "devoir" pour avoir une approche de l'Afrique "réelle".
Les Maliens sont accueillants et le Mali est stable, politiquement parlant, même s'il reste quelques tensions avec les Touaregs dans le nord. Un petit groupe s'en est pris en 2007 à des casernes de l'armée dans la région de Kidal. Tous les ans, début janvier, se tient le festival du désert à Essakane qui rassemble des milliers de participants, venus du monde entier et les Touaregs n'ont encore "mangé" personne.
Certes, il vaut mieux éviter la zone de Kidal en promenade solitaire, mais le Mali est si vaste que vous ne pourrez de toute façon pas le parcourir en long et en large en un seul voyage.
En 2010, lors d’un débat sur le thème « Le Tourisme est-il une arme pour la paix en Afrique ? » organisé à Paris au salon « Destinations Nature », N'Diaye Bah, le ministre malien de l'Artisanat et du Tourisme, a vivement contesté le fait qu’en raison de quelques incidents, les régions du Nord du Mali, et notamment Gao, soient considérées comme des zones à hauts risques pour les touristes.
Et N'Diaye Bah de s’interroger : faut-il bannir toutes les destinations dans le monde où attentats et autres enlèvements ont eu lieu ? En clair : Madrid, après les attentats de 2004 causant plus de 200 morts, est-elle devenue une destination interdite au tourisme ?
Problème quand même, surtout pour les Français depuis les derniers enlèvements qui ont eu lieu au Niger par la branche d’Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI). Le ministère français des Affaires étrangères recommande d'éviter formellement le festival d'Anderamboukame qui a lieu près de la frontière avec le Niger.
Les autorités françaises rappellent qu’elles déconseillent formellement tout déplacement dans les zones dites « zones rouges » qui sont situées au nord d’une ligne Gogui - Nioro - Nara - Nampala - Lere - Niafunke - Fleuve Niger jusqu’à la frontière avec le Niger, y compris les villes de Tombouctou, Gao et Ouatagouna.
Il est également formellement déconseillé de circuler entre le Mali et l’Algérie par la route. Si malgré tout vous tentez l'aventure dans ces régions, il est conseillé d'en informer l'ambassade de France à Bamako sur cet Email.
La carte "zone rouge" est ICI.

Alors à vos valises quand même : le Mali est vaste, le fleuve Niger très long et la 1ère région autour de Kayes comme le pays Dogon ne manquent pas de particularisme.
Et Bamako aussi vaut le détour. De jour comme de nuit, la capitale ne manque pas d'attraits et regorge d'hôtels à des prix tout à fait abordables avec une qualité de service très correcte.

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Guéno"Fleuve Niger, Cœur du Mali" 
De Catherine et Bernard Desjeux
Editeur : Grandvaux
19 € - 160 pages ; 147 photographies

Une réussite. Près de 150 photographies qui démontrent à l’envi que ces deux-là, Catherine et Bernard Desjeux, journalistes et reporters photographes, le connaissent bien et l’aiment avant tout « leur » Mali. Il y a du spectaculaire mais aussi de l’humain comme ce portrait du chef d’escale au port de Gao, posant devant une carte improbable de la région qu’il a sous son contrôle.
Et ce livre n’est pas qu’une simple compilation de belles images. Il y a du texte, de l’histoire, des histoires, de l’information et de la réflexion.  
Laissez-vous emporter par ce fleuve mythique qui rythme selon le tempo qui lui convient la vie de ces cités magiques que sont Tombouctou, Djenné, Gao ou  Mopti ...