N°
73 du Vendredi 23 décembre 1994
La question touarègue
Les partis politiques accusent de “génocide”
le mouvement touareg "FIAA"
L’Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA, au
pouvoir) et les principaux partis politiques d’opposition
ont accusé, à Bamako, le Front islamique arabe
de l’Azawad (FIAA) d’être responsable d’un
“génocide contre les populations civiles innocentes
du nord Mali”.
Au terme d’un meeting auquel ont participé plusieurs
centaines de personnes, l’ADEMA et les huit principaux
partis d’opposition ont également accusé
le FIAA, l’un des quatre principaux mouvements touaregs,
d’être “une organisation terroriste et raciste”.
Le FIAA est l’un des signataires du Pacte national de
paix, en avril 1992, entre le gouvernement et les Mouvements
et fronts unifiés de l’Azawad (MFUA), censé
mettre fin à la rébellion touarègue qui
avait débuté en 1990.
Fin septembre, le FIAA avait déclaré “la
guerre totale” jusqu’à l’obtention
des revendications des MFUA, incluant notamment l’intégration
de 3.000 anciens rebelles dans l’armée et l’autonomie
pour la région du nord.
Le gouvernement avait donné son accord pour l’incorporation
de 2.000 Touaregs, provoquant la dissidence du FIAA.
Les neuf partis politiques ont invité, dans une déclaration
écrite, le gouvernement à “engager une lutte
sans merci contre les terroristes, ennemis de l’unité
nationale et de l’intégrité territoriale,
à doter l’armée de tous les moyens nécessaires
pour assurer la sécurité des personnes et des
biens” dans le nord du Mali.
Ils ont réclamé “l’extradition”
de Zahabi Ould Sidi Mohamed, le dirigeant du FIAA”, soulignant
qu’il avait revendiqué publiquement les “récentes
attaques contre les populations civiles de Gao et Tombouctou”.
Près de 500 personnes ont trouvé la mort au cours
des six derniers mois lors d’attaques contre des civils,
souvent revendiquées par le FIAA ou qui lui sont attribuées
par les autorités.
La classe politique estime que les groupes d’autodéfense,
composés de populations négro-africaines sédentaires
oubliées par le Pacte, expriment “le ras-le-bol”
des négro-africains face aux exigences des Touaregs dont
la communauté représente 6 % de la population
malienne.
Le commissaire au nord (ministre), Mahamadou Diagouraga, chargé
du problème touareg, avait qualifié de “légitimes”
les réactions des populations sédentaires. Depuis
un mois, l’armée a démantelé dans
le nord deux “bases rebelles” et poursuit les assaillants,
ce qu’elle n’était pas autorisée à
faire jusque-là pour ne pas fragiliser le Pacte.
Les populations du nord vivent, pour la quatrième année
successive, sans administration locale, sans école, sans
dispensaire, les fonctionnaires refusant d’y aller. Les
organisations non gouvernementales (ONG) ont quitté la
région et les 160.000 Maliens, réfugiés
en Algérie, Mauritanie et au Burkina Faso, refusent de
rentrer.
Le gouvernement a annoncé qu’il ne participerait
pas, le 19 décembre à Bruxelles, au débat
contradictoire sur la question touarègue, organisé
par le Parlement Européen, proposant à la place
une “visite sur le terrain pour une meilleure appréciation
des faits”.
Le Président mise sur une table ronde nationale pour
relancer le dialogue avec les Touaregs
Alpha Oumar Konaré prendra “au cours des prochaines
semaines” l’initiative d’une table ronde nationale
pour relancer l’accord de 1992 entre le gouvernement et
les Touaregs.
“Le président entend rééquilibrer
le Pacte de paix au profit de l’ensemble des populations
sédentaires et non pas de la seule communauté
touarègue”, a indiqué une source informée.
Le gouvernement, l’armée, les partis politiques,
la société civile, les communautés sédentaires
et les Mouvements touaregs y seront conviés.
L’initiative attendue du président Konaré
prendrait donc en compte la colère des communautés
négro-africaines.
La table ronde devra veiller à ne pas “faire passer
tous les Touaregs pour des rebelles tant le ressentiment à
l’égard de leur communauté, souvent latent,
est désormais exprimé ouvertement”, a estimé
un dirigeant de l’opposition.
Des dissidents de l'Adema créent un parti, le MIRIA
Des dissidents de l’ADEMA, au pouvoir, ont annoncé
la création d’un nouveau parti politique, le Mouvement
pour l’indépendance, la renaissance et l’intégration
africaine (MIRIA).
Le secrétaire général du MIRIA est l’ancien
vice-président de l’ADEMA et ancien ministre de
l’Intérieur, M. Mamadou Lamine Traoré. M.
Traoré avait quitté l’ADEMA en septembre
après la nomination à sa tête du Premier
ministre, Ibrahim Boubacar Keita.
Le Secrétariat exécutif national (SNE), l’instance
dirigeante du MIRIA, comprend 23 membres, dont l’ancien
secrétaire politique de l’ADEMA, Mohamedoune Dicko,
l’ancien ministre de l’Equipement, Samba Sidibé,
l’ancien président du groupe parlementaire de ce
parti, Tiémoko Sangaré et sept députés.
Le MIRIA aura son propre groupe à l’Assemblée
nationale où l’ADEMA conserve la majorité
absolue avec 72 députés sur 107.

N° 71 du Vendredi 9 décembre
1994
Dans le nord : seize Touaregs tués lors d’un accrochage
avec l’armée
Seize Touaregs ont été tués mercredi 30
novembre au cours d’un accrochage avec l’armée
au sud du fleuve Niger (nord du Mali).
Selon un communiqué de l’état-major des
forces armées, seize “bandits armés”
ont été tués et d’"importantes
quantités d’armes et de munitions ont été
saisies”, lors de l’incident qui s’est produit
dans la région du Gourma, située entre les villes
de Gao et de Tombouctou.
“L’armée ne déplore ni mort, ni blessé”,
a ajouté le communiqué, sans fournir de précision
sur les circonstances de l’accrochage.
Les autorités désignent toujours par “bandits
armés” les Touaregs hostiles au Pacte national
de paix signé en 1992 par le gouvernement et les Mouvements
et Fronts unifiés de l’Azawad (MFUA), comprenant
les quatre principaux mouvements touaregs du Mali.
La recrudescence des attaques des Touaregs dans le nord et les
représailles conduites par l’armée et des
groupes civils d’autodéfense, ont fait près
de 500 morts au cours des six derniers mois, selon un bilan
officieux.
Huit voleurs de bétail tués à Tombouctou
par l’armée
Huit voleurs de bétail ont été tués
vendredi dans la région de Tombouctou (nord) par des
militaires lancés à leur poursuite.
Selon un communiqué de l’état-major des
forces armées, les voleurs s’étaient emparés
de 245 têtes de bétail après avoir attaqué
le village de Kassoum, près de Tombouctou. Huit d’entre
eux ont été tués lors de la poursuite engagée
par l’armée qui ne déplore aucune victime
dans ses rangs. Le communiqué ne fait cette fois pas
référence à l’expression “bandits
armés" .
N°
69 du Vendredi 25 novembre 1994
Rébellion touarègue : au Mali, l’armée
choisit la fermeté, au Niger, la trêve tient bon
Au Mali, de la défense “passive” à
la défense “active”
En moins d’un mois, le nouveau ministre des Forces armées
maliennes, Sada Sy, a choisi la fermeté, ce qui s’est
traduit par une offensive militaire contre des “bases
des rebelles touaregs” et la radiation de 800 gendarmes
en grève pour réclamer une augmentation de leurs
soldes.
Deux bases rebelles, situées au nord Mali, ont été
démantelées par l’armée à
la mi-novembre. Treize Touaregs ont été tués
et de nombreuses armes saisies. D’autres opérations
de ce type devraient être menées.
“Il s’agit d’une reprise en main de l’armée
par une tactique plus offensive, le gouvernement ayant conclu
que le choix précédent d’une défense
passive était erroné”, laisse-t-on entendre
de source proche de la présidence.
Le Pacte national de paix, en avril 1992, entre le gouvernement
et les Mouvements et fronts unifiés de l’Azawad
(MFUA), regroupant les quatre principaux mouvements touaregs,
prévoyait le démantèlement des bases.
Cette mesure n’avait jamais été appliquée,
les militaires ayant même reçu l’ordre de
ne pas poursuivre les rebelles touaregs.
L’ancien ministre de la Défense, M. Dioncounda
Traoré, tenu pour responsable du choix de “la défense
passive”, a été remplacé par M. Sada
Sy, le 25 octobre.
La recrudescence des attaques dans le nord, attribuées
par le gouvernement au Front islamique arabe de l’Azawad
(FIAA), l’un des signataires du Pacte, expliquerait cette
nouvelle stratégie.
Le gouvernement entend aussi mettre un terme aux représailles
conduites par l’armée et des groupes civils d’autodéfense,
qui, avec les attaques des rebelles, ont fait plus de 400 morts
depuis le mois de juin.
Après les attaques à l’arme lourde, fin
octobre, contre Gao, et, début novembre, contre Tombouctou,
deux des principales villes du nord, un convoi militaire vient
d’être pris pour cible par des “bandits armés”.
De source officielle, deux Touaregs ont été tués
et un militaire a été blessé.

800 élèves gendarmes radiés
Le ministre des Forces armées a également choisi
la méthode forte, la radiation à vie, pour briser
la grève qu’observaient depuis la fin octobre les
800 élèves gendarmes qui réclamaient le
paiement d’une solde mensuelle de 200 FF, équivalente
à celle de la promotion précédente, alors
qu’ils percevaient 25 FF.
Le gouvernement avait reconnu le bien fondé de leurs
demandes tout en leur signifiant être dans l’incapacité
de les payer immédiatement. Dès l’annonce
de leur radiation, le 14 novembre, les 800 élèves
gendarmes ont érigé des barricades après
s’être emparés d’armes, et l’armée
est intervenue.
Le nouveau ministre entend en outre dissoudre la Commission
consultative des sous-officiers et hommes de troupes, qui transmet
au ministre les doléances des militaires sans passer
par la voie hiérarchique.
Cette commission a vu le jour en 1991, après le renversement
du régime de l’ancien président Moussa Traoré.
L’ancien ministre des Forces armées acceptait les
requêtes de la Commission consultative, une démarche
que réfute son successeur qui entend redonner à
la hiérarchie militaire toutes ses prérogatives.
Au Niger : trêve respectée, selon le médiateur
français
La trêve signée le 9 octobre dernier entre le gouvernement
et la rébellion touarègue est respectée
dans le nord du Niger, selon les constatations de quarante militaires
français et burkinais déployés dans la
région depuis le début du mois, a affirmé
le médiateur français Jean-François Nodinot.
Ces militaires (33 Français et 7 Burkinais) constituent
la cellule de liaison prévue par les accords de Ouagadougou.
Basée à Agadès (750 km au nord-est de Niamey),
cette cellule, commandée par le colonel français
Etienne Joubert, est chargée, outre la surveillance de
la trêve, de faciliter les contacts entre les deux parties.
Elle assure également des escortes dans cette région
à dominante touarègue où sont situées
les bases de la rébellion.
A l’issue des trois premiers mois de trêve, renouvelable
par accord tacite, un rapport sera rédigé par
le comité de médiation, qui comprend des représentants
de la France, du Burkina et de l’Algérie.
Déclenché en novembre 1991, le conflit a fait
officiellement 150 morts. La communauté touarègue
du Niger représente 10 % des 7,5 millions d’habitants
du pays, selon les estimations officielles.

N° 67 du Vendredi 11 novembre 1994
Le processus de paix est complètement bloqué avec
la rébellion touarègue
Le processus de paix, initié en avril 1992 entre le gouvernement
et les Mouvements et fronts unifiés de l’Azawad
(MFUA), est bloqué en raison de la menace d’une
“guerre totale” lancée par le Front islamique
arabe de l’Azawad (FIAA), l’un des signataires du
Pacte de réconciliation.
Dans une “lettre ouverte” au président Alpha
Oumar Konaré, le FIAA avait brandi la menace d’une
“guerre totale” si, à la date du 30 septembre,
il n’obtenait pas l’incorporation d’anciens
rebelles dans l’armée, l’arrêt des
représailles contre les populations touarègues
et maures et la mise en place de projets de développement
dans le nord.
Depuis cette échéance, le FIAA a revendiqué
plusieurs attaques, dont celle perpétrée à
la roquette, le 23 octobre, à Gao. Vingt-trois civils
y ont été tués et les représailles
des populations négro-africaines contre Touaregs et Maures
ont entraîné la mort d’au moins une trentaine
de personnes, dont un imam.
“Le gouvernement n’acceptera jamais de négocier
avec le FIAA parce qu’il n’est qu’un des mouvements
signataires du Pacte, que Zaha Bi, l’homme qui le dirige,
n’a pas tout le FIAA derrière lui et que ce serait
lui conférer une légitimité usurpée”,
estime-t-on dans les milieux informés.
Recrudescence de la violence : un lourd bilan
La radicalisation de ce mouvement est à l’origine
de la recrudescence de la violence dans le nord du pays qui,
selon un bilan officieux, a fait 300 morts depuis juin parmi
les populations sédentaires, toutes ethnies confondues.
Les revendications du FIAA reprennent les objectifs avortés
du Pacte de paix, en raison notamment de l’intransigeance
des Touaregs sur l’intégration de 3.000 anciens
combattants.
Fin septembre, le gouvernement a “redéfini”
les mesures en faveur des Touaregs pour tenir compte de l’ensemble
des populations sédentaires.
Cette révision a été décidée
au terme de conférences régionales organisées
par le gouvernement pour trouver un consensus national sur la
question touarègue. Des représentants des partis
politiques, de la société civile et des autorités
religieuses y ont pris part.
Une guerre larvée ?
Il s’agit aussi pour le gouvernement de contrôler
les mouvements d’autodéfense, composés d’anciens
militaires et de populations d’origine négro-africaine
sédentarisées, victimes des attaques des rebelles
touaregs. Ces mouvements sont soutenus par la classe politique,
y compris l’ADEMA, le parti au pouvoir, qui les justifie
par “le ras-le-bol” face aux violences des Touaregs.
Chaque attaque de “rebelles”, expression qui désigne
les Touaregs hostiles au Pacte, fait désormais systématiquement
l’objet de représailles contre des populations
touarègue et maure.
Le gouvernement a, en revanche, accepté le principe d’une
“défense civile”, où les populations
avec l’apport de l’armée, reçoivent
des armes, une courte préparation militaire et combattent
aux côtés des soldats lorsque les villages sont
attaqués.
Cette “défense civile” était déjà
“opérationnelle” sous le gouvernement de
transition qui, d’avril 1991 à juin 1992, avait
fait la jonction entre la chute de l’ancien dictateur
Moussa Traoré et l’élection du président
Konaré.
Pour montrer la détermination du pouvoir, le Premier
ministre Ibrahim Boubacar Keita a procédé à
un remaniement ministériel qui a consisté, pour
l’essentiel, au remplacement du ministre de la Défense
Dioncounda Traoré, auquel les militaires reprochaient
une attitude trop conciliante au cours des négociations
avec les représentants des Touaregs.

N° 66 du Vendredi 4 novembre 1994
Un remaniement ministériel qui ne semble pas en mesure
de résoudre les problèmes
Le Premier ministre, Ibrahim Boubacar Keita, a procédé
mardi 25 à un remaniement ministériel qui se caractérise
par le maintien de l’équipe sortante à des
portefeuilles différents.
Les changements concernent sept postes.
Le seul représentant de la communauté touarègue,
Mohamed Ag Erlaf, précédemment ministre de l’Emploi,
de la Fonction Publique et du Travail, devient ministre des
Travaux publics et des Transports.
M. Dioncounda Traoré, ancien ministre de la Défense,
occupe le portefeuille des Affaires étrangères.
Le ministère de la Défense qui s’appelle
désormais ministère des Forces armées et
des anciens combattants, est détenu par le docteur Sada
Sy, précédemment ministre du Développement
rural et de l’Environnement. Ce portefeuille a été
attribué à M. Modibo Traoré, le seul nouveau
venu dans le gouvernement.
Le précédent remaniement était intervenu
en février dernier avec la nomination de M. Keita au
poste de Premier ministre. Il avait vu le départ des
partis politiques de l’opposition.
Sur les seize ministres, dix sont membres de l’Alliance
pour la démocratie (ADEMA), le parti au pouvoir dont
le Premier ministre est le président. Les autres sont
soit des militaires, soit des membres de la société
civile.
Le président Alpha Oumar Konaré a accepté
ce remaniement après “une analyse approfondie de
la situation politique, économique et social”.
Le Mali est actuellement confronté dans le nord à
une recrudescence des attaques attribuées à des
rebelles touaregs qui ont fait plus de 300 morts depuis le début
de l’année, incluant les victimes des représailles
menées par l’armée malienne ou les populations
sédentaires d’origine négro-africaine.
“Le président Konaré a réaffirmé
sa volonté et son souhait de voir l’équipe
gouvernementale se dédier avec détermination constante
à la réalisation d’un large consensus national
autour des grands défis qui interpellent aujourd’hui”
le Mali.
Un remaniement pour rien ?
Ce remaniement ministériel ne semble guère être
en mesure de répondre aux problèmes du Mali, notamment
celui de la rébellion touarègue.
Aucun membre de l’opposition qui avait quitté le
gouvernement lors du dernier remaniement, n’a été
admis dans la nouvelle équipe qui reste dominée
par l’ADEMA dont le Premier ministre Ibrahim Boubacar
Keita est le président depuis un mois.
“L’équipe dirigeante semble se replier sur
elle-même et les appels du président Alpha Oumar
Konaré pour un large consensus national ne se retrouvent
pas dans la composition du gouvernement”, a jugé
un diplomate occidental.
Le Premier ministre a toutefois maintenu au gouvernement l’unique
représentant de la communauté touarègue,
Mohamed Ag Erlaf.
Il a également nommé un nouveau ministre de la
Défense qui prend l’appellation de ministre des
Forces armées et des anciens combattants. Le docteur
Sada Sy remplace l’ancien ministre de la Défense,
M. Dioncounda Traoré qui n’avait pas réussi
à la tête d’un ministère sensible
en raison de la rébellion touarègue. Dioncounda
Traoré serait “victime” de la grogne des
officiers supérieurs qui lui reprochaient son attitude
trop conciliante dans les négociations avec les représentants
des Touaregs.
Plus de 300 personnes sont mortes depuis le début de
l’année du fait de la recrudescence des attaques
dans le nord du Mali, attribuées à des rebelles
touaregs hostiles au Pacte national de paix signé en
avril 1992 entre le gouvernement et les Mouvements et fronts
unifiés de l’Azawad (MFUA).
Ces attaques donnent lieu à des représailles contre
les Touaregs ou les Maures sédentarisés, lancées
par l’armée malienne ou les populations sédentaires
d’origine négro-africaine qui ont constitué
des mouvements d’autodéfense.
Le Pacte national de paix, signé dans l’euphorie
de l’avènement du multipartisme et de la chute
de l’ancien président Moussa Traoré, n’a
jamais atteint l’objectif assigné : mettre fin
à la rébellion qui avait pris corps en 1990. Il
prévoyait l’intégration dans l’armée
des MFUA, le démantèlement de leurs bases et une
autonomie pour le nord.
En l’absence de toute indication chiffrée dans
le Pacte, les MFUA n’ont cessé d’accroître
leurs exigences, réclamant l’incorporation de 3.000
combattants alors que, pour “des raisons de clivages ethniques”,
le gouvernement voulait la limiter à 2.000.
Ceux qui avaient été intégrés, moins
d’un millier, ont été livrés à
eux-mêmes et ont progressivement repris les armes alors
que les patrouilles mixtes (armée-Touaregs), chargées
d’assurer la sécurité, n’ont jamais
été opérationnelles.
Les mouvements d’autodéfense ont obtenu le soutien
des formations politiques, dont celui de l’ADEMA, qui
ont justifié leur création par “le ras-le-bol”
face aux revendications des Touaregs dont la communauté
représente 6 % de la population malienne.

Le gouvernement
Premier ministre : Ibrahim Boubacar Keita (inchangé)
Ministre d’Etat, des Affaires étrangères,
des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration
africaine : Dioncounda Traoré (précédemment
ministre d’Etat, ministre de la Défense)
Ministre des Travaux publics et des Transports : Mohamed Ag
Erlaf (précédemment ministre de l’Emploi,
de la Fonction publique et du Travail)
Ministre de la Santé, de la Solidarité et des
Personnes âgées : Modibo Sidibé (inchangé)
Ministre de l’Artisanat, du Tourisme et de l’Industrie
: Mme Fatou Haidara (précédemment ministre de
l’Artisanat et du Tourisme)
Ministre de la Jeunesse et des Sports: Boubacar Karamoko Coulibaly
(inchangé)
Ministre des Forces armées et des Anciens combattants:
Dr Boubacar Sada Sy (précédemment ministre du
Développement rural et de l’Environnement)
Ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de
la Recherche scientifique: Moustapha Dicko (inchangé)
Ministre de l’Administration territoriale et de la sécurité:
Lt-Colonel Sada Samaké (inchangé)
Ministre de la Justice: Cheickna Detteba Kamissoko (précédemment
ministre de la Culture et de la Communication)
Ministre de la Culture et de la Communication, porte-parole
du gouvernement: Bakary Koniba Traoré (précédemment
ministre de l’Equipement et des Transports, porte-parole
du gouvernement)
Ministre des Finances et du Commerce: Soumaila Cissé
(inchangé)
Ministre de l’Education de base: Adama Samassekou (inchangé)
Ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat: Mme Sy
Kadiatou Sow (précédemment ministre des Affaires
Etrangères, des Maliens de l’Extérieur et
de l’Intégration Africaine)
Ministre des Mines et de l’Hydraulique: Cheickna Seydi
Diawara (précédemment ministre des Mines, de l’Industrie
et de l’Hydraulique)
Ministre de l’Emploi, de la Fonction Publique et du Travail:
Boubacar Gaoussou Diarra (précédemment ministre
de la Justice)
Ministre du Développement rural et de l’Environnement:
Modibo Traoré (nouveau)
Une attaque touarègue: 13 morts et 3 blessés
Huit personnes tuées lors de représailles
Huit personnes, dont un imam, auraient été tuées
à Gao (nord du Mali) lors d’actes de représailles
à l’attaque de “rebelles” qui avait
entraîné, la veille, la mort de treize civils dans
cette même ville.
Les assaillants avaient attaqué plusieurs habitations
et un bateau qui se trouvait dans le port de Gao.
Le gouvernement a condamné, sans fournir de précisions,
“les règlements de compte inadmissibles et les
pillages” qui ont suivi “l’attaque d’éléments
déterminés à entraîner le Mali dans
une spirale de violences gratuites”.
Selon le ministère de l’Administration territoriale
(Intérieur), l’attaque de “rebelles”
qu’il a fermement condamnée, a fait treize morts
et dix-sept blessés.
Les autorités désignent par “rebelles”
les Touaregs hostiles au Pacte national de paix signé
en 1992.
La recrudescence des affrontements dans les zones touarègues
du nord Mali a provoqué depuis le mois de juin le départ
d’environ 25.000 personnes au Burkina Faso.
Au total, ce sont plus de 160.000 Maliens qui ont trouvé
refuge en Algérie, en Mauritanie et au Burkina Faso en
1990, date du début de la rébellion, et refusent
de rentrer chez eux. |