Mali Articles de la revue Afrique-Express - Années 2000-1999
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N° 215 Jeudi 19 octobre 2000

Démission du président de l’ADEMA

Le président de l’Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA, au pouvoir), l’ancien Premier ministre Ibrahima Boubakar Keïta (IBK) a présenté le 9 octobre sa démission de toutes ses fonctions au sein du parti.
Le nouveau parti ADEMA, qui se profile à l’horizon, ne saurait en aucun cas être conforme à mon sens de l’éthique et de la morale politiques”, a déclaré M. Keïta lors de la conférence nationale du parti à Bamako. Un courant rénovateur, opposé à “IBK”, avait obtenu la veille l’accord de la direction de l’ADEMA pour convoquer un congrès extraordinaire du 24 au 26 novembre en vue d’une “relecture des statuts du parti”.
Tout notre pays savait aujourd’hui que ma tête était mise à prix et on sait d’où vient le coup”, a ajouté l’ancien Premier ministre du président malien Alpha Oumar Konaré dont il fut un proche collaborateur de longue date.
Depuis des mois, les rénovateurs s’opposent à une désignation “automatique” du président de l’ADEMA comme candidat de l’ADEMA à la prochaine présidentielle prévue en 2002.
Ce courant préconise l’organisation des “primaires” pour le choix du candidat devant défendre les couleurs du parti plutôt que d’entériner la candidature d’Ibrahim Boubacar Keita, soutenu en revanche par ses partisans qui le considèrent comme le “candidat naturel” de l’ADEMA”. Face à cette situation, lbrahim Boubakar Keïta devra certainement créer prochainement un parti pour se porter candidat à la présidentielle de 2002.

N° 212 du 31 août 2000

Arrestation d'hommes politiques dans le cadre de la lutte contre la corruption

Blaise Sangharé, président de la Convention pour la démocratie sociale (CDS, mouvance présidentielle) et trois anciens maires, ont été interpellés, inculpés de "détournement de deniers publics" et écroués fin août, dans le cadre de la lutte contre la corruption, lancée en octobre dernier par le président Alpha Oumar Konaré.
M. Sangharé est mis en cause dans la gestion de la Caisse des retraites du Mali (CRM) dont il fut le directeur de 1994 à 1996. La justice lui reproche des décaissements irréguliers de plus de 96 millions de F. CFA et 44 millions de F. CFA de "factures douteuses".
La CDS compte quatre députés à l'Assemblée, cinq maires et plusieurs dizaines de conseillers communaux.
Les trois anciens maires de communes également interpellés sont impliqués dans des ventes illicites de terrains ou des détournements de fonds.

Appel pour la candidature du général Amadou Toumani Touré

Un appel pour recueillir "le maximum de signatures" en faveur la candidature de l'ancien chef d'Etat, le général Amadou Toumani Touré (ATT), à la présidentielle de 2002 au Mali, a été lancé à Bamako par "un groupe de supporters".
Intitulé "Plébiscite ATT-2002" et publié à la une du bihebdomadaire Le Tambour, le texte "invite" le général Touré à se présenter pour remplacer le président Alpha Oumar Konaré afin d'éviter au Mali "les déchirements" observés dans la plupart des pays africains.
Le président Konaré termine en 2002 son deuxième mandat, ne peut pas (et ne veut pas) en briguer un troisième selon la constitution.
ATT avait renversé le général Moussa Traoré en mars 1991 et organisé la transition conduisant à l'élection d'Alpha Konaré en 1992.

N° 209 du Jeudi 8 juin 2000

L’opposition malienne ira aux élections de 2002

L’opposition a décidé d’aller “en force” aux élections générales de 2002, a déclaré Choguel Maïga, président du Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR), une des formations du collectif des partis de l’opposition (COPPO). Le MPR se réclame de l’ancien président malien destitué, le général Moussa Traoré. M. Maïga, qui a favorablement accueilli la prochaine révision des listes électorales, a exigé que l’opposition soit, “du début à la fin, associée”, à ces opérations. Pour les futures élections, l’opposition “n’exclut pas le recours aux listes communes” pour les législatives et les communales, a-t-il ajouté.
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N° 203 du Mardi 29 février 2000

Mandé Sidibé nouveau Premier ministre

Mandé Sidibé, 60 ans, conseiller du président Alpha Omar Konaré, a été nommé le 15 février 2000, Premier ministre par décret présidentiel. M. Sidibé, un économiste de formation, remplace à ce poste Ibrahim Boubacar Keita qui a démissionné pour “redynamiser” l’ADEMA (Alliance démocratique du Mali), le parti au pouvoir. Le nouveau Premier ministre, qui a occupé de hautes fonctions pendant dix ans au Fonds Monétaire International et qui a dirigé pendant 5 ans l’Agence malienne de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (BCEAO), aura comme principale mission la relance de l’économie, notamment une meilleure gestion des entreprises et des ressources publiques.
La nomination de ce militant de base de l’ADEMA, qui est plus un technocrate qu’un politique, devrait permettre au président Konaré de mener à bien la deuxième partie de son dernier mandat qu’il a décidé de placer sous le signe de la lutte anti-corruption. En quittant le gouvernement, M. Keita devrait quant à lui reprendre en main l’ADEMA dont il est le président et candidat virtuel à la présidentielle de 2002.
Sa démission, qui n’a pas créé de surprise, avait été évoquée à plusieurs reprises ces dernières semaines. M. Keita avait expliqué à des responsables de partis de la mouvance présidentielle que sa démission était due au souhait du président Konaré de voir tous les candidats à la présidentielle partir “avec des chances égales”. Le président Konaré a lancé ces derniers mois une campagne anti-corruption à laquelle, a-t-il prévenu, personne n’échappera, pas même les responsables de l’ADEMA.

Nouveau gouvernement

Formé le 21 février, ce nouveau gouvernement, consécutif à la nomination du Premier ministre Mandé Sidibé, consacre l’arrivée de plusieurs technocrates. Quinze personnalités y font leur entrée, alors que six anciens ministres sont maintenus en poste, dont Modibo Sidibé, ministre des Affaires étrangères. Le général Tiécoura Doumbia, chef d’état-major du président Alpha Oumar Konaré, est nommé à un poste clef, celui de ministre de la Sécurité et de la protection civile, alors que le ministère des forces armées revient à Soumeylou Boubeye Maiga, ancien chef de la sécurité d’Etat.
Outre les technocrates, ce gouvernement compte six membres de l’ADEMA, le parti au pouvoir et plusieurs membres de l’opposition modérée regroupée au sein de la Convention pour la République et la Démocratie.
Aucun représentant du PARENA, principal allié de l’ADEMA au sein de la mouvance présidentielle, ne fait partie de la nouvelle équipe. “Nous restons toutefois membres à part entière de la majorité”, a précisé le PARENA.

Le gouvernement du Mali, formé le 21 février 2000

- Premier ministre, ministre de l’intégration : Mandé Sidibé
- Ministre du développement rural : Ahmed el Madani Diallo
- Ministre de l’équipement, de l’aménagement du territoire, de l’environnement et de l’urbanisme : Soumaïla Cissé
- Ministre des affaires étrangères et des Maliens de l’extérieur : Modibo Sidibé
- Ministre des forces armées et des anciens combattants : Soumeylou Boubeye Maiga
- Ministre du développement social, de la solidarité et des personnes âgées : Mme Diakité Fatoumata N’Diaye
- Ministre de l’éducation : Moustapha Dicko
- Ministre de la sécurité et de la protection civile : général Tiécoura Doumbia
- Ministre de la jeunesse et des sports : Adama Koné
- Ministre de la communication : Mme Ascofaré Ouleymatou Tamboura
- Ministre de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille : Mme Diarra Afoussatou Thiéro
- Ministre de l’industrie, du commerce et des transports : Mme Touré Alimata Traoré
- Ministre de l’administration territoriale et des collectivités locales : Ousmane Sy
- Ministre de la justice, garde des sceaux : Aboulaye Ogotembely Poudiougou
- Ministre de la santé : Mme Traoré Fatoumata Nafo
- Ministre de l’économie et des finances : Bacari Koné
- Ministre de l’artisanat et du tourisme : Mme Zakyatou Oualett Halatine
- Ministre des domaines de l’Etat et des affaires foncières : Mme Bouaré Fily Sissoko
- Ministre des mines, de l’énergie et de l’eau : Aboubacary Coulibaly
- Ministre de l’emploi et de la formation professionnelle : Makan Moussa Sissoko
Ministre de la culture : Pascal Baba Coulibaly

Présidentielle de 2002
Le général Amadou Toumani Touré se prépare

Le général Amadou Toumani Touré (ATT), ancien chef d’Etat du Mali pendant la transition vers un régime démocratique après la chute du président Moussa Traoré en 1991, “se prépare” à la présidentielle prévue en 2002 au Mali. Selon le quotidien malien Nouvel Horizon, citant “des sources proches” de l’ancien chef d’Etat, le quotidien écrit que ATT “serait candidat pour succéder au président (Alpha Oumar) Konaré”, qui, aux termes de la constitution, ne peut pas briguer un troisième mandat.
Des comités de soutien sont en train d’être installés “au nom du général ATT” qui pourrait se présenter “sous la bannière d’un regroupement de partis”. “Nul doute que ATT a l’appui des bailleurs de fonds du Mali”, “raison pour laquelle les Américains ne cessent de lui faire les yeux doux”, affirme Nouvel Horizon. Le général Touré s’est toujours refusé de dire s’il sera ou non candidat à la présidentielle.
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Articles de la revue AFRIQUE-EXPRESS - Année 1999

N° 197 du Jeudi 28 novembre 1999

Le Premier ministre Ibrahim Boubacar Keita, réélu président du parti au pouvoir

Ibrahim Boubacar Keita qui a été réélu débutoctobre président de l’Alliance pour la Démocratie au Mali (ADEMA, au pouvoir), lors du second Congrès de ce parti, fait plus que jama!s figure de dauphin de l’actuel président de la République, Alpha Oumar Konaré.
En attendant l’élection présidentielle de l’an 2002, le Premier ministre s’est fixé comme objectif de “refonder l’Etat, notamment par la décentralisation, passeport indispensable pour le 3ème millénaire”. Par ailleurs, le Congrès a créé une certaine surprise en nommant comme
Bacar Téreta a été élu secrétaire général de l’ADEMA dont le nouveau Comité exécutif compte quatre vice-présidents, dont Ali Nounh Diallo, président de l’Assemblée nationale. Ce Congrès de l’ADEMA consacre la “victoire momentanée” d’Ibrahim Boubacar Keita sur le “clan CMDT”, composé d’anciens fonctionnaires de la Compagnie Malienne de Développement Textile qui détiennent d’importantes fonctions dans l’administration malienne. L’Assemblée nationale doit adopter prochainement diverses propositions formulées au cours du Forum politique et concernant “le toilettage” des textes fondamentaux de la République. Un remaniement ministériel, selon des sources proches de l’ADEMA, devrait alors avoir lieu sans que l’on sache encore si le Premier ministre sera reconduit dans ses fonctions.

Scission de l’US-RDA : la justice confirme la direction de Daba Diawara

Le tribunal de 1ère instance de Bamako a invalidé un congrès tenu par la tendance radicale de l’Union soudanaise (US-RDA, opposition) donnant raison à l’aile modérée de ce parti, scindé en deux depuis le 25 juillet 1998. Depuis plus d’un an, chacune de ces deux tendances revendiquait la légitimité au sein de l’US-RDA. La tendance dite “modérée” est dirigée par Daba Diawara. La tendance radicale était jusque là dirigée par Bamou Touré. L’Union soudanaise, qui est l’une des principales forces de l’opposition, avait obtenu plus de 400 conseillers municipaux lors des dernières élections communales. M. Diawara a indiqué qu’hormis Bamou Touré et son ex-numéro 2, tous les autres membres de la tendance dissoute auraient toujours leur place dans le parti. Avant cette décision justiciaire, de nombreuses tentatives de réconciliation pour rapprocher les héritiers de Modibo Keita (premier président du Mali après l’indépendance) avaient échoué.
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Le ministre des Mines crée un parti politique, le BARA

Le ministre des Mines et de l’Energie, Yoro Diakité, a créé un parti politique, le Bloc des Alternatives pour le Renouveau Africain (BARA). Le nouveau parti, le 72ème au Mali, prône l’unité et l’intégration africaine, a indiqué M. Diakité qui a démissionné il y a deux mois du Parti de la Renaissance nationale (PARENA). Selon lui, un des huit députés et 200 des 1.305 conseillers municipaux du PARENA ont intégré son parti.

N° 192 du Jeudi 10 juin 1999

Le parti au pouvoir remporte les élections communales dans le Nord

Le parti au pouvoir ADEMA (Alliance pour la démocratie au Mali) a largement gagné les élections communales du 6 juin dans quatre régions du Nord du Mali, en remportant 1.739 sièges sur les 2.823 à pourvoir, soit 59 %. Selon les résultats du ministère de l’administration territoriale, l’ADEMA est suivie par l’US-RDA, dont les deux tendances, radicales et modérées, obtiennent 213 sièges, le PARENA (mouvance présidentielle) 110 et l’UDD (opposition modérée) 108. Le restant des sièges est réparti entre plusieurs autres partis, le taux de participation s’élevant au taux “record” de 43,31 % dans un pays ou l’abstention est traditionnellement forte.
Ces élections ont été émaillées par un seul incident, à Ménaka (1.500 km au nord de Bamako) où cinq responsables d’un bureau de vote ont été enlevés par des hommes armés et emmenés, semble-t-il, en direction de la frontière algérienne. Des patrouilles ont été organisées pour retrouver les agresseurs dont les motivations restaient inconnues.

N° 185 du Jeudi 1er avril 1999

Nouveau report des élections communales

Ces élections prévues les 18 avril et 23 mai dans les 682 communes rurales du pays, ont été reportées aux 2 mai et 6 juin, “à la demande des 17 partis en compétition” en vue de leur permettre de déposer des candidatures dans le plus grand nombre de circonscriptions électorales.

Création d’un “Forum civique”

Un “Forum civique”, association à caractère politique, a été créé à Bamako pour “lutter contre l’incivisme” et refuser de cautionner “la trahison des nobles idéaux de mars 1991”. Des manifestations, ayant fait une centaine de morts, avaient entraîné en mars 1991 la chute du régime du président Moussa Traoré.
Nous nous opposons à toute politique de restauration (de l’ancien régime)”, a déclaré son président, l’ancien ministre de la Culture Issa Ndyagne, estimant néanmoins que “la corruption et la gabegie mettent aujourd’hui gravement en danger la démocratie malienne”.
Composé de responsables de la société civile, de militants des partis de l’opposition et de la majorité, le Forum civil entend constituer un groupe de pression en vue “d’influencer, soutenir ou de s’opposer aux décisions engageant le destin national”.
La personnalité d’Issa Ndyagne, dont l’intégrité est reconnue par tous les Maliens, et la composition du Forum civique avec des responsables venus d’horizons divers, devrait conférer à cette nouvelle association une certaine crédibilité .

Commémoration de la chute du général Moussa Traoré

Le président Alpha Oumar Konaré a commémoré les manifestations du 26 mars 1991 qui avaient entraîné la chute de son prédécesseur le général Moussa Traoré et rendu hommage aux “victimes de la répression”.
“Ce jour ne doit pas être oublié”, a déclaré le président Konaré, évoquant cette répression qui avait fait 89 morts lors d’un dépôt de gerbes sur la Place des Martyrs de Bamako.
Après un procès, le général Moussa Traoré a été condamné à mort pour crime de sang”, mais sa peine a été commuée en détention à perpétuité par le chef de l’Etat.
Evoquant l’évolution politique du Mali après la chute de l’ancien régime, Choguel Maïga, président du Mouvement patriotique pour le Renouveau (MPR, opposition), qui se réclame encore de l’héritage du général Traoré, a affirmé que “huit ans après, le désespoir est total” au Mali.
Selon l’Association des victimes de la répression (ADVR), l’Etat malien a accordé 1,8 milliard FCFA (18 millions FF) pour l’indemnisation des 89 tués et des 550 autres victimes et leurs parents mais “il y a eu une mauvaise gestion dans la répartition de cet argent”. (avec AFP)
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N° 184 Jeudi 25 mars 1999

Retour à une vie politique “normale”
Une partie de l’opposition participera aux élections communales

Plusieurs partis d’opposition ont décidé de participer aux élections communales, qui doivent avoir lieu en deux phases, les 18 avril et 13 mai.
La crise a trop duré, il faut savoir s’arrêter”, a déclaré à Oumar Dicko, leader du Parti progressiste soudanais (PSP), qui avait été suspendu en février du collectif des partis d’opposition (COPPO) pour avoir participé à un Forum national organisé à l’initiative du président Alpha Oumar Konaré pour tenter de sortir le Mali de la crise née en 1997 de la contestation par l’opposition du processus électoral.
Mais, depuis, d’autres partis de l’opposition radicale, composée d’une vingtaine de formations, ont annoncé qu’ils participeraient à ces élections communales, le 18 avril dans quatre régions et le 23 mai dans quatre autres.
La tendance dite “radicale “de l’Union soudanaise (US-rda, opposition) a annoncé sa participation, rejoignant en cela la tendance dite “modérée” de l’US-rda, qui avait déjà annoncé sa participation au scrutin.
Parmi les autres partis qui seront, à noter le Bloc pour la démocratie et l’intégration africaine (BDIA) et le Parti malien pour le développement et le renouveau (PMDR).
Les élections législatives d’avril 1997 avaient été annulées pour défaut d’organisation et cet épisode avait donné des arguments de poids à l’opposition radicale pour contester la poursuite de ce processus.
Elle avait alors décidé de boycotter, en l’absence de tout fichier électoral fiable, des élections -législatives, présidentielle et municipales- pour lesquelles elle se savait mal préparée face au parti au pouvoir, l’ADEMA (Alliance démocratique du Mali) du président Alpha Oumar Konaré.
Elle avait également décidé de ne pas reconnaître les institutions issues de ces élections et notamment les résultats du scrutin présidentiel remporté par Alpha Oumar Konaré face à un seul et modeste candidat, censé représenter l’opposition.
Des manifestations parfois sanglantes, l’arrestation suivie de la remise en liberté des principaux dirigeants de l’opposition, leur refus de tout compromis, des appels à la désobéissance civile avaient alors illustré le climat politique au Mali.
Mais au fil des mois, plusieurs dirigeants de l’opposition ont fini par reconnaître la légitimité du président Konaré, dont le deuxième et dernier mandat doit s’achever en 2002.
Cette décrispation de la vie politique a été favorisée par la tenue, en présence de plusieurs partis de l’opposition, du Forum politique national, dont l’objectif était de mettre à jour les textes fondamentaux de la 3ème République malienne.
Ce Forum s’est prononcé sur l’organisation des futures élections, le financement des partis, la limitation à deux du mandat présidentiel et sur les attributions de la CENI (Commission électorale indépendante), dont le fonctionnement avait été vivement critiqué et qui ne sera plus chargée que de la supervision des élections.
Plusieurs opposants restent toutefois toujours emprisonnés à la suite de manifestations ayant entraîné mort d’homme.
C’est dans ce contexte que le parti au pouvoir ADEMA vient de tenir à Bamako sa conférence nationale sur fond de dissensions internes liées aux investitures aux élections municipales et à la succession de Konaré.
“Les débats ont été âpres, mais le parti a retrouvé une santé de fer”, s’est réjoui son président, Ibrahima Boubacar Keita, par ailleurs Premier ministre, qui sera très certainement le candidat de l’ADEMA à la présidentielle de 2.002.
Il devrait trouver en face de lui le général Amadou Toumani Touré, le “tombeur” de l’ex-président Moussa Traore, mais qui fut l’un des rares militaires à remettre le pouvoir aux civils.

Des élections onéreuses

Le srutin dans 682 communes rurales coûtera environ 3 milliards de F CFA (30 millions FF), selon une estimation du ministère de l’Administration territoriale. Les dépenses pour les élections présidentielles et législatives de 1997 s’étaient déjà élevées à 17 milliards de F CFA.
Ces communales seront supervisées par la CENI, présidée par Mahame Haïdara, magistrat et représentant de la société civile. 4.545.830 électeurs inscrits voteront dans 8997 bureaux de vote.

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