| N° 240 du 30/11/2001
Le président Konaré décide de "surseoir"
au référendum du 23 décembre
Le président Alpha Oumar Konaré, a annoncé
son intention de "surseoir" au référendum
prévu le 23 décembre prochain en vue d'une réforme
constitutionnelle au Mali. Rejetant toute idée de décision
"unilatérale et arbitraire", M. Konaré
a admis avoir noté que "les forces vives ne regardent
pas dans la même direction" au sujet de ce référendum.
Il a toutefois rappelé que les réformes qu'il
envisageait avaient pour but un "meilleur fonctionnement
des institutions".
Plusieurs partis politiques maliens et le Syndicat autonome
de la magistrature s'étaient opposés au projet
de référendum le jugeant "inopportun"
et certains avaient déjà appelé à
voter non.
Le projet de réforme constitutionnelle prévoyait
l'amendement de la moitié des 122 articles de la Constitution
de 1992.
Le texte ne remettait pas en cause la durée et la limite
du nombre de mandats présidentiels (2 fois cinq ans),
mais comportait un article controversé qui selon l'opposition
accordait "l'immunité" au président
Konaré qui achèvera son dernier mandat l'an prochain.
La classe politique a réagi favorablement à la
décision du président de "surseoir"
au référendum. "En définitive, c'est
mieux pour tout le monde. M. Konaré a vu la tempête
venir", a déclaré Choguel Maïga, président
du Mouvement patriotique pour le Renouveau, parti qui se réclame
de l'ancien chef de l'Etat Moussa Traoré. L'opposant
a également affirmé qu'il était "contre"
l'article "qui accorde la possibilité à un
bi-national d'être candidat à la présidence
de la République" et contre l'octroi d'"une
pension aux anciens ministres".
N° 239 du 31/10/2001
Référendum constitutionnel fin décembre
Le projet de révision de la Constitution adopté
par l'Assemblée nationale en juillet 2000 sera soumis
à un référendum le 23 décembre.
Cette révision de la Constitution de 1992, qui prévoit
l'amendement de la moitié de ses 122 articles, est destinée,
selon le gouvernement, à "améliorer le fonctionnement
des institutions démocratiques" du Mali.
Lors du référendum, les électeurs auront
à répondre par "oui" ou par "non"
à la question suivante : "Approuvez-vous le présent
projet de loi portant révision de la Constitution du
25 février 1992 ?".
Le projet de révision avait été approuvé
le 21 juillet 2000 par l'Assemblée, avec une majorité
qualifiée des deux tiers comme l'exige la loi. Mais la
révision n'est définitive qu'après avoir
été approuvée par référendum.
Dans la nouvelle Constitution, par exemple, l'article 31 stipule
que "toute personne de nationalité malienne peut
être candidate à la présidence de la République",
sans faire référence à "l'origine"
malienne et permettant par conséquent aux binationaux
de se présenter à l'élection présidentielle.
Un article introduit la possibilité pour les députés
d'être élus "aux modes de scrutin mixtes",
tandis qu'un autre insiste sur le fait que "nul ne peut
exercer plus de deux mandats présidentiels de cinq ans".
La classe politique malienne a diversement réagi à
l'annonce de ce référendum, certains partis ayant
même décidé d'appeler à voter "non"
comme le Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR).
Le PARENA, qui fait pourtant partie de la majorité présidentielle,
a de son côté souligné qu'il n'y avait pas
de "consensus" autour du projet.

N° 238 Mardi 20 novembre 2001
Création du Parti pour la démocratie et l’autosuffisance
L’ancien ministre et ancien bâtonnier de l’ordre
des avocats du Mali, Me Drissa Traoré, a annoncé
le 12 novembre à Bamako la création du Parti pour
la démocratie et l’autosuffisance (PDA), qui devient
ainsi le 78e parti du pays.
Me Traoré, qui précise que le PDA est déterminé
à “œuvrer pour le bien-être des Maliens”
(NDLR : étonnant, non ?) veut aussi se présenter
à la présidentielle de l’année prochaine.
Sur 78 formations, une seule éligible au financement
des partis
Le Rassemblement malien pour le travail (RAMAT) est le seul
des 78 partis du Mali à être éligible aux
fonds prévus par l’Etat dans le cadre du financement
des partis politiques, a annoncé le 13 novembre la Délégation
générale des élections (DGE). Le RAMAT
est un petit parti de la mouvance présidentielle qui
ne dispose que de quelques conseillers municipaux.
Pour bénéficier de ce financement, les partis
doivent remplir certains critères dont notamment : tenir
régulièrement les instances statutaires du parti,
disposer d’un siège distinct d’un domicile,
et justifier la provenance de ses ressources financières
et leur utilisation.
Selon la charte des partis politiques, le montant de l’aide
de l’Etat aux partis représente 0,25 % des recettes
fiscales, soit environ 500 millions FCFA pour cette année.
Les grands partis du Mali et notamment l’Alliance pour
la démocratie au Mali (ADEMA, au pouvoir), ainsi que
les principaux partis de l’opposition comme l’Union
soudanaise (US/RDA), et le Mouvement patriotique pour le renouveau
(MPR, héritier de l’ex-président Moussa
Traoré) sont, comme toutes les autres formations, “non
éligibles” au terme de la loi.
Un “règlement politique” pourrait être
trouvé afin de “repêcher” certains
de ces partis.
N° 237 du 15 octobre 2001
Restitution de certains biens à l’ancien couple
présidentiel
La justice malienne a ordonné la restitution de certains
biens appartenant à l’ancien président Moussa
Traoré et à son épouse. “Mes
clients ont été condamnés à payer
200 millions FCFA (2 millions FF). Leurs biens saisis
à l’époque (de leur arrestation) étaient
largement supérieurs à cette somme”,
a expliqué Me Boubeye Maïga, avocat du couple Traoré,
en prison depuis mars 1991. Un compte bancaire domicilié
à Monaco (France) et doté de 300 millions FCFA
(3 millions FF) ainsi que des maisons à Bamako appartenant
aux époux Traoré font partie des biens restitués.
Moussa Traoré, ancien président du Mali, renversé
par un soulèvement populaire puis arrêté
a été condamné à mort, en même
temps que son épouse, à deux reprises, pour “crimes
de sang” en 1992 et pour “crimes économiques”
en 1999. Ces condamnations ont été commuées
toutes deux en peines de prison à perpétuité
par le président Konaré opposé à
la peine de mort.
Présidentielle de 2002: le président n'a pas
(encore) de favori
Le président Alpha Oumar Konaré, qui ne se représentera
pas à l’élection présidentielle de
l’année prochaine, a affirmé qu’il
n’avait “ni dauphin, ni candidat". "Le
moment venu, le parti choisira son candidat de manière
démocratique et je le soutiendrai”, a-t-il
déclaré en recevant les responsables de l’Alliance
pour la démocratie au Mali (Adéma, au pouvoir).
Les textes du parti prévoient l’organisation de
primaires pour la désignation de son candidat à
la présidentielle, prévue en avril 2002.
Le 22 septembre à Dakar, un comité d’appel
à la candidature du général Amadou Toumani
Touré, qui a dirigé le Mali en 1991-92, avait
réclamé l’impartialité du président
Konaré.
N° 236 du 1er octobre 2001
Retraite anticipée pour le général Amadou
Toumani Touré avant sa candidature à la présidentielle
La demande de “retraite anticipée” du général
Amadou Toumani Touré, président du Mali en 1991-92,
a été acceptée par le chef de l’Etat
malien Alpha Omar Konare.
Cette demande de “retraite anticipée” de
l’armée, annoncée le 19 septembre, conforte
le fait que le général Touré se présentera
à la présidentielle prévue vers le mois
d’avril 2002.
Il devait absolument être en retraite pour pouvoir faire
de la politique car selon l’article 143 de la loi électorale,
“tout membre des forces armées ou de sécurité
qui désire être candidat aux fonctions de président
de la République doit démissionner six mois avant
l’ouverture de la campagne”.
Le général Touré, 53 ans, surnommé
“ATT”, a permis le renversement du général
Moussa Traoré en mars 1991 et organisé le processus
de passation du pouvoir à un président démocratiquement
élu en juin 1992.
Ses supporters ont lancé depuis des mois des appels à
la candidature du général, qui a mené ces
dernières années plusieurs médiations dans
divers conflits sur le continent africain.
Un ancien chef rebelle touareg dépose les armes
Ibrahim Bahanga, ex-chef rebelle touareg, auteur de plusieurs
attaques après la fin officielle de la rébellion
touarègue dans le nord du Mali, a déclaré
qu’il avait décidé de “déposer
définitivement les armes”.
“C’est fini. Maintenant nous luttons pour la
paix et le développement du nord du Mali”,
a annoncé cet ancien rebelle qui avait été
intégré dans l’armée malienne avec
le grade de caporal avant de déserter peu après.
Les hommes de M. Bahanga sont soupçonnés d’enlèvements,
de vols de véhicules et d’attaques de postes de
sécurité dans le nord du Mali au cours des deux
dernières années.
L’ex-chef rebelle a décidé de déposer
les armes après avoir rencontré le 22 septembre
“un haut responsable de l’Etat malien” à
Kidal (1.750 km au nord-est de Bamako) où était
célébré le 41e anniversaire de l’indépendance
du Mali, en présence du chef de l’Etat Alpha Oumar
Konare.
M. Bahanga réclamait notamment la création d’une
nouvelle commune à Inétédjédite
(300 km au sud-est de Kidal), l’accélération
des projets de développement de la région et des
créations d’emplois. Autant de doléances
qui auraient été prises en compte par le gouvernement.
N° 235 Lundi 17 septembre 2001
Le PIDS, nouveau parti créé par des dissidents
de l’US-RDA
Des dissidents de l’Union soudanaise-RDA (US-RDA) ont
créé une nouvelle formation politique, le Parti
pour l’indépendance, la démocratie et la
solidarité (PIDS), après avoir été
déboutés par la Cour Suprême qui leur a
interdit d’user des symboles ou de parler au nom de l’US-RDA.
Ces dissidents avaient reconnu, contrairement à la ligne
de leur parti, de reconnaître les institutions issues
des élections générales de 1997 qui avaient
été boycottées par l’opposition radicale
malienne. L’US-RDA est le parti qui avait conduit le Mali
à l’indépendance en 1960.
Le nouveau PIDS, qui porte à 80 le nombre de formations
politique au Mali, est présidé par Daba Diawara,
ancien ministre de l’Emploi de 1991 à 1992 et ancien
secrétaire général adjoint de l’US-RDA.
N° 232 Lundi 16 Juillet 2001
Premières dissensions au sein du nouveau parti d'Ibrahim
Boubacar Keita
Des divergences ont éclaté au sein du Rassemblement
pour le Mali (RPM), deux semaines après la création
du parti par l’ancien Premier ministre Ibrahim Boubacar
Keita (“IBK”) et des dissidents de l’ADEMA
(parti au pouvoir).
Ces divergences ont été rendues publiques par
le secrétaire politique du RPM, Issa N’Diaye, qui
a “dénoncé”, dans une lettre ouverte
publiée dans la presse malienne, le culte de la personnalité
qui pointe au sein du nouveau parti.
“Certains tentent de faire croire à Ibrahim
Boubacar Keita que le parti que nous avons créé
ensemble est sa propriété à lui tout seul”,
écrit M. NDiaye, ancien ministre, considéré
comme l’idéologue du RPM. Il se déclare
également “gravement inquiet” de
l’attitude de “IBK” et réservé
sur la capacité du RPM de faire “la politique
autrement”.
M. N’Diaye, qui refuse de “servir de bétail
électoral à une poignée d’aventuriers
et de filous”, “exige” de l’ancien
Premier ministre une “fidélité absolue
au projet commun”.
Refusant également de laisser le RPM entre “les
mains des opportunistes”, il affirme que les décisions
au sein du RPM sont prises par “une poignée
d’individus à l’insu de la grande majorité”.
N° 231 Lundi 2 Juillet 2001
L’ancien Premier ministre, Ibrahim Boubacar Keita, crée
son parti, le RPM
L’ancien Premier ministre malien Ibrahim Boubacar Keita
a annoncé le 30 juin à Bamako la création
d’un nouveau parti politique, le Rassemblement pour le
Mali (RPM).
M. Keita, qui a démissionné de l’Alliance
pour la démocratie au Mali (ADEMA, au pouvoir) en octobre
2000, a annoncé la constitution du RPM lors d’une
assemblée générale constitutive tenue dans
la capitale et regroupant des délégations venues
de toutes les régions du Mali.
La nouvelle formation politique, la 74 eme du pays, est composée
essentiellement de dissidents de l’ADEMA au pouvoir depuis
l’avènement de la démocratie au Mali en
1992.
M. Keita avait été, pendant six ans, premier Ministre
du Mali et président de l’ADEMA, de 1994 à
2000.
Ayant quitté le gouvernement en février 2000,
M. Keita avait dû faire face à une contestation,
au sein de sa propre formation, qui l’obligea à
démissionner.
Après plusieurs mois d’absence du pays, il est
revenu en mai dernier au Mali pour prendre la tête d’un
Mouvement “Alternative 2002”, lancé par ses
partisans exclus de l’ADEMA au profit d’un courant
des “Rénovateurs”.
Tous les cadres de la direction et les militants du RPM sont
d’ailleurs issus de l’ADEMA.
Déjà, 34 députés, partisans de M.
Keita, avaient quitté l’ADEMA et créé
un groupe parlementaire dit des “Indépendants”.
Le lancement officiel du RPM s’est déroulé
en présence du président de l’Assemblée
nationale malienne Ali Nouhoun Diallo, pourtant toujours membre
de la direction de l’ADEMA.
Mais sur un plan plus symbolique, la démission de “papa
et maman ADEMA”, deux vénérables vieillards
célèbres partout au Mali et qui ont rejoint la
nouvelle formation, constitue un coup sévère porté
au parti au pouvoir.
Ces deux personnes très âgées ont toujours
été comme une sorte de mascotte pour le parti
au pouvoir.
Démission de la ministre de la Communication
La ministre malienne de la Communication, Mme Ascofaré
Ouélématou Tamboura, a démissionné
le 22 juin de son poste au sein du gouvernement. Mme Ascofaré,
citée dans une affaire de mauvaise gestion de la Société
des télécommunications (SOTELMA), a pris cette
décision pour pouvoir se défendre en justice.
Deux anciens directeurs généraux de la SOTELMA,
accusés de mauvaise gestion, sont en prison dans le cadre
de la lutte anti-corruption engagée au Mali.
Léger remaniement ministériel
Le président Alpha Oumar Konare a donc dû procéder
le 23 juin à un léger remaniement du gouvernement
du Premier ministre Mandé Sidibé. Le ministère
de la Communication fusionne avec celui des Domaines de l’Etat
et des Affaires foncières en un seul département,
confié à Mme Bouaré Fily Sissokho qui détenait
déjà le second portefeuille.
Ousmane Issoufi Maïga, haut fonctionnaire au ministère
de l’Economie, devient ministre de la Jeunesse et des
Sports en remplacement de Adama Koné qui quitte le gouvernement.
M. Koné est cité dans une affaire de trafic de
visas vers la France.
Tous les autres ministres conservent leurs postes au sein du
gouvernement qui compte désormais 20 membres contre 21
dans le précédent.
N° 229 Mercredi 16 mai 2001
Douah Abraham Cissoko : grâce présidentielle pour
le beau-frère de l’ancien président Moussa
Traoré
Le président malien Alpha Oumar Konare a accordé
la grâce “avec remise totale de peine” au
beau-frère de l’ex-chef d’Etat Moussa Traoré,
Douah Abraham Cissoko dit Ramos.
Ramos, inspecteur des Douanes, avait été condamné
à mort en 1999 par la Cour d’assises de Bamako
pour “crime économique”, peine déjà
commuée en détention à perpétuité
par le président Konare.
La grâce a été accordée “pour
des raisons humanitaires”.
Cette grâce accordée à un membre du premier
cercle de la famille Traoré, relance le “débat
sur la libération” des époux Traoré
condamnés à mort, qui ont déjà vu
leurs peines commuées en détention à perpétuité.
N° 228 du 30/04/2001
Présidentielle 2002 : un avocat candidat déclaré
L'avocat Idrissa Traoré, 55 ans, ancien ministre d'Etat
et ex-bâtonnier de l'Ordre des avocats du Mali, a annoncé
sa candidature à l'élection présidentielle
de 2002. Me Traoré est le deuxième candidat déclaré
à cette élection, après Mme Sidibé
Awa Sanogo, chimiste, qui a annoncé sa candidature en
mars.
Dans un manifeste, Me Traoré "dénonce"
la crise économique, politique et morale que traverse
selon lui le Mali. Il estime que "le tapage médiatique
actuel autour de la lutte contre la corruption n'est qu'un écran
de fumée" et "entend redonner confiance"
aux Maliens.
Ancien président du Parti pour la démocratie et
le progrès (PDP), duquel il a "pris quelques distances",
Me Traoré a créé un mouvement politique
dénommé "Doumgafa N'Gnini Diama". Candidat
"centriste", il s'était déjà
présenté sans succès à la présidentielle
de 1992. Il avait obtenu environ 5 % des voix.

N° 226 du 02/04/2001
La cassure au sein du parti au pouvoir l'ADEMA, prend de l'ampleur
33 députés du parti du président rejoignent
le mouvement "Alternative 2002" de l'ancien Premier
ministre Ibrahim Boubacar Keita
Douze plus vingt-et-un, cela fait trente trois. Ils sont maintenant
33 députés de l'Alliance pour la démocratie
au Mali (ADEMA, au pouvoir) à avoir rejoint la dissidence
regroupée au sein du mouvement politique "Alternative
2002", une association créée le 28 février
dernier et qui a pour but avoué la création d'un
parti destiné à soutenir les "futures actions"
de l'ancien Premier ministre Ibrahim Boubacar Keita. Le tout
dans l'optique de l'élection présidentielle de
2002.
M. Keita ("IBK") avait été poussé
début octobre dernier à la démission de
la tête de l'ADEMA par un courant dit "rénovateur"
dont sont issus les actuels responsables du parti. En fait la
lutte au sein de l'ADEMA a plutôt lieu entre les vieux
militants comme "IBK" et une jeune génération
de technocrates qui jonglent entre les affaires et la politique.
Parmi les tout derniers adhérents d'"Alternative
2002" figurent une soixantaine de conseillers municipaux
et membres de l'ADEMA de la localité de San (nord), ainsi
que quelques centaines de citoyens maliens. Lors de sa création,
ce mouvement comprenait déjà quatre anciens ministres,
dont Issa N'Diaye.
Avant cette fracture, l'ADEMA comptait 127 députés
à l'Assemblée. Avec aujourd'hui 33 députés,
"Alternative 2002" est devenue la deuxième
force parlementaire du Mali.
Quel candidat à la présidentielle en 2002 ?
Le président malien Alpha Oumar Konaré, faute
de pouvoir imposer son actuel Premier ministre, Mandé
Sidibé, comme candidat à la prochaine présidentielle
de 2002 pourrait finalement jouer la carte d'Amadou Toumani
Touré, l'ancien chef de l'Etat ("ATT") si ce
dernier décide finalement "d'aller au charbon".
A défaut de Mandé Sidibé, au sein de l'ADEMA,
l'actuel ministre de la défense, Soumeylou Boubeye Maïga,
pourrait être tenté d'être candidat à
la présidentielle. Soumeylou Boubeye Maïga fait
partie des gens fortement opposés à l'ancien Premier
ministre, Ibrahim Boubacar Keita et qui l'ont poussé
à la démission de l'ADEMA en octobre dernier.
S'il est candidat, Toumani Touré pourrait fédérer
autour de lui des partis comme le MIRIA de Mohamed Lamine Traoré
(ancien ministre de l'Intérieur) et le PARENA (Parti
pour la renaissance nationale"). Le PARENA a été
créé par des dissidents du Congrès national
d'initiative démocratique (CNID, opposition), parti d'opposition
dirigé par Me Mountaga Tall.
Le PARENA compte dans ses rangs d'anciens ministres de la période
de transition de 1991 à 1992, dont Tiéblé
Dramé (Affaires étrangères), qui pourraient
donc être tentés de soutenir leur ancien "patron",
le général Toumani Touré.
Reste enfin la grande inconnue, le Mouvement pour le Renouveau
(MPR), dirigé par Choguel Maïga. Ce parti résolument
dans l'opposition à l'ADEMA regroupe entre autres les
anciens sympathisants de l'ex-président Moussa Traoré,
toujours en détention depuis sa destitution en 1990.
C'est sans doute ce parti qui fera pencher la balance en faveur
du futur vainqueur de la présidentielle 2002, mais il
y a fort à parier qu'il négociera cher ses voix
pour le second, s'il y en a un.
Rappel : outre un référendum constitutionnel prévu
dans le premier semestre de cette année, il doit y avoir
en 2002 des élections législatives et la présidentielle.
Le président Konaré, dont le mandat expire en
2002, ne peut plus se présenter. Il s'est jusqu'à
maintenant abstenu de désigner un dauphin. Il a nommé
en décembre dernier, le général Kafougouna
Koné, comme délégué général
aux élections. La Délégation générale
aux élections a pour mission "la gestion et l'élaboration
du fichier électoral ainsi que l'application des critères
de financement des partis politiques". Ancien ministre
de la Défense et ancien ambassadeur du Mali en Chine,
le général Koné va diriger cette nouvelle
structure "permanente" également chargée
d'assister la commission nationale électorale indépendante
(CENI).
Le Mali dispose ainsi de trois instances pour s'occuper de l'organisation,
de la supervision et du suivi des élections : la CENI,
la Délégation générale et le ministère
de l'Administration territoriale.
Le leader du MPR a d'ores et déjà "dénoncé"
la mise sur pied de trois organes pour l'organisation des élections
"au moment où la Commission électorale nationale
indépendante est vidée de toute sa substance",
selon lui.
Au sein de l'ADEMA, Soumaïla Cissé, actuel ministre
de l'Equipement et son collègue de la Défense,
Boubèye Soumeylou Maïga, sont à la pointe
du courant qui a poussé à la démission
l'ex-Premier ministre IBK.
En novembre dernier, ils ont obtenu lors de la convocation d'un
congrès extraordinaire de l'ADEMA, la création
d'un nouveau Conseil exécutif (CE), instance dirigeante
de l'ADEMA. Boubèye Soumeylou Maïga (ministre de
la Défense) est premier vice-président de ce Conseil
exécutif et Soumaïla Cissé en est le troisième
vice-présidents.
Deux autres nouvelles structures, le Conseil national, chargé
du "contrôle d'orientation du parti", et la
Convention nationale, organe chargé le moment venu de
désigner, suivant un système de primaires, le
candidat du parti à la présidentielle de 2002,
ont été créées durant ce congrès
extraordinaire.
Mme Sidibé Awa Sanogo : première candidate
à la présidentielle
Mme Sidibé Awa Sanogo, 51 ans, chimiste de profession,
s’est déclarée le 26 mars devant la presse
à Bamako candidate indépendante à l’élection
présidentielle de 2002 au Mali. “Un peu déçue
par le bilan de dix ans de révolution malienne”,
Mme Sidibé, première candidate déclarée
à l’élection, se présente “notamment
pour améliorer la condition des femmes maliennes”.
Mais elle a aussi pour ambition d’amener un changement
dont tout le monde profitera”. “J’ai déjà
ma caution de 5 millions de F CFA (NDLR :50.000 FF, caution
nécessaire pour le dépôt de candidature,)
et mon mari m’encourage”, a poursuivi Mme Sidibé,
qui dirige actuellement un petit projet de formation des femmes
“aux techniques de teinture” financé par
l’ONUDI.
La candidate “féministe”, mère de
six enfants, est membre de l’Association malienne des
victimes de la répression (ADVR), association créée
après le 26 mars 1991, date du renversement du régime
du général Moussa Traoré.
On lui souhaite un meilleur score que celui de la seule femme
candidate à l’élection présidentielle
du Bénin, Marie-Elise Gbédo, qui n’a recueilli
que 0,36 % des suffrages.
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