Mali Articles de la revue Afrique-Express - Années 2003-2002 (2/2)
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N° 250 du 24/05/2002
L’étrange voyage express d’Amadou Toumani Touré à Libreville et Abidjan

Qu’avait donc de si urgent à faire à Libreville et Abidjan, Amadou Toumani Touré qui s’est rendu dans ces deux capitales entre les deux tours pour y rencontrer les présidents Omar Bongo et Laurent Gbagbo ?
Ce voyage qualifié d’urgent par l’entourage d’ATT a eu lieu le mardi 7 mai, alors que la cour constitutionnelle n’avait pas encore proclamé les résultats du premier tour du 28 avril, et l’ancien Premier ministre malien Ibrahim Boubacar Keïta (“IBK”) , lui aussi engagé dans cette compétition électorale ne décolérait pas d’être “positionné” en troisième position selon des résultats provisoires.
Le samedi 4 mai, devant plusieurs milliers de partisans, quatre des candidats à la présidentielle, Ibrahim Boubacar Keita (“IBK”) du Rassemblement pour le Mali (RPM) , Choguel Maïga du Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR) , Almamy Sylla du Rassemblement pour la démocratie et le progrès (RDP), et Me Mountaga Tall du Congrès national d’initiative démocratique (CNID) , tous membres de la coalition Espoir 2002, avaient qualifié le premier tour de “pure mascarade qui n’avait pour ambition que de procéder à la nomination d’un homme à la présidence de la République”.
A cette heure, IBK, tout en appelant ses militants au calme, n’avait pas encore choisi : laisser courir ce qu’il considère comme un hold-up électoral ou faire descendre ses partisans dans la rue, au risque d’être catalogué pour longtemps par la bien pensante communauté internationale comme un faiseur de troubles.
A peine rentré du Gabon et de Côté d’ivoire, Amadou Toumani Touré s’est donc tout “naturellement “ entretenu avec Ibrahim Boubacar Keita, qui, dès le lendemain, appelait ses militants à voter pour le général au second tour. Envolée comme par miracle une éventuelle contestation.
Effacés les griefs à l’égard d’un futur président “nommé” !
Ainsi va le Mali démocratique. L’histoire veut qu’en 1992, Amadou Toumani Touré, déjà tenté de se présenter à la présidentielle de 1997, n’y aurait renoncé que sur l’insistance expresse d’Omar Bongo, à charge pour le président Alpha Konaré de lui faciliter le passage du témoin en 2002. Aujourd’hui, l’histoire - ou la rumeur, c’est selon - veut qu’une sorte de deal similaire ait été conclu entre ATT et IBK. Un accord non écrit mais cautionné par les deux amis d’IBK que sont Bongo et Gbagbo, selon lequel ATT se serait engagé à ne pas se représenter en 2007, à ne pas créer son propre parti politique et à choisir son Premier ministre dans la majorité qui sortira des urnes après les législatives… en échange de quoi, IBK a tu sa colère.
De là à penser qu’au Mali, on a tendance à se “transmettre” le pouvoir entre gens de bonne compagnie ...N°249 du 06/05/2002

1er tour de l'élection présidentielle : vous avez dit "modèle" démocratique?

Le premier tour de l'élection présidentielle au Mali, qui a eu lieu le 28 avril, a révélé une fois de plus l'incapacité du régime, et celle du président sortant Alpha Oumar Konare, à organiser le moindre scrutin qui réponde à un minimum de sérieux et donc de crédibilité. La pagaille, quoi qu'en disent les autorités en charge des élections, a commencé avant le vote, pendant, et après.
Avant, d'abord. Le recensement des électeurs pour établir les listes électorales ne s'est pas fait sur la base du volontariat, mais d'office, par des équipes souvent incompétentes. Résultat de ce système incongru, il était bien difficile de pouvoir vérifier l'existence réelle de certains électeurs.
Résultat encore, des milliers de cartes n'ont pas été retirées par leurs présumés destinataires dans les commissions de distribution des dites cartes électorales. Le problème est apparu si inquiétant que la Direction générale des élections (DGE) a dû faire de la publicité pour inciter les citoyens à retirer leurs cartes. La DGE a même cru bon de donner tous les renseignements utiles pour ce faire sur son site Internet. Procédure louable, mais qui fait sourire vu le niveau de développement du Mali. Imagine-t-on un instant la vendeuse de légumes du grand marché de Bamako, rentrer chez elle le soir et se connecter tranquillement à Internet pour savoir où elle peut aller retirer sa carte d'électrice ?
In fine, quelque 5 746 202 Maliens et Maliennes se sont retrouvés inscrits sur la liste électorale nationale, mais l'administration, la veille du vote, était bien incapable de dire précisément combien de ces inscrits étaient en possession de leur carte pour aller voter le lendemain, le dimanche 28 avril.
Ce stock de cartes non distribuées a tout naturellement donner lieu à un trafic dont personne n'a pu mesurer l'ampleur. Des individus ont en effet retiré des lots importants de cartes dans les Commissions de distribution, parfois, en toute bonne fois, pour leur propre famille, parfois pour une fraude manifeste. Certains furent arrêtés en possession de dizaines de cartes indûment entre leurs mains. Combien ne furent pas pris? Ainsi, au matin du 28 avril, des centaines de milliers de cartes d'électeurs n'étaient toujours pas dans les mains de leurs destinataires, un réel problème même si l'administration avait assuré que les électeurs pourraient retirer leur carte le jour du vote, au bureau où ils étaient inscrits. Dans les faits, cela ne se fit pas. La plupart des bureaux de vote de la capitale se sont retrouvés chacun avec un stock d'environ 200 à 300 cartes non distribuées, sur un total d'à peu près 700 inscrits par bureau, et une fois le scrutin clos, la plupart de ces cartes n'avaient pas été retirées.
Autre anomalie criarde qui ne manque pas d'étonner. Les Maliens étaient-ils si occupés ce dimanche 28 avril, que des milliers d'entre eux ont voté par procuration? Le comportement de l'électeur malien est un véritable concentré de paradoxe: d'un côté, l'on ne vient pas chercher sa carte d'électeur, mais par ailleurs, des milliers de citoyens ont un tel sens du civisme, que, se sachant sans doute pris par d'autres tâches incontournables le jour du vote, ils firent d'eux-mêmes des démarches fort compliquées pour pouvoir voter par procuration. Bravo !
Quant au déroulement du scrutin lui-même, s'il ne donna pas lieu à des incidents majeurs, la pagaille d'avant le scrutin, ne fit qu'empirer. Même si d'aventure, un citoyen voulait récupérer sa carte au bureau de vote où il était inscrit, cette démarche fut souvent bien difficile, voire impossible. Les cartes non distribuées le restèrent. Ailleurs, des électeurs, bien qu'en possession de leur carte électorale, ne purent voter faute de détenir une carte d'identité encore valide. D'autres, bien en règle avec la procédure, ne retrouvaient tout simplement pas leur nom sur les listes électorales affichées devant chaque bureau de vote. Facile de penser qu'ils n'avaient qu'à faire le tour des autres bureaux pour trouver leur nom, mais quand on sait - désolé de le rappeler - qu'une grande majorité des Maliens restent illettrés, il leur fallait alors l'assistance d'un proche, courageux s'il en est, capable d'accepter de parcourir toute la ville, de bureau en bureau, pour trouver un nom après en avoir lu des milliers d'autres sur des dizaines de listes collées au mur, le tout sous une chaleur accablante.

Quant aux partis politiques, ils ont dû adopter un profil bas le jour du vote, la plupart d'entre eux ayant été incapables d'avoir des représentants dans l'ensemble des 12.004 bureaux installés dans tout le pays.
Une multitude de petits problèmes comme disent les observateurs, dont personne, en toute bonne fois, n'a osé dire s'ils ont été de nature à remettre en cause la validité du scrutin.
Et arriva le morceau de bravoure, le dernier volet de cette cacophonie, le décompte des suffrages.
La Commission nationale de centralisation des votes, chapeautée par le ministre de l'Administration territoriale, Ousmane Sy, a été pendant plus d'une semaine le théâtre d'une incroyable pagaille, un lieu étrange où l'on centralisait des résultats transmis le plus souvent par des agents de l'administration, par téléphone ou par fax, mais qui ne venaient pas des procès verbaux établis dans les bureaux de vote après le décompte des suffrages.
Lieu étrange s'il en est car, bien qu'au cœur de la capitale, le ministère et cette Commission ne reçurent les résultats de Bamako qu'en dernier alors que les résultats des villages reclus dans l'extrême-nord leur étaient déjà parvenus. L'enjeu était de taille puisque l'un des trois principaux candidats, l'ancien Premier ministre Ibrahim Boubacar Keita ("IBK") revendiquait lui de très bons scores dans la capitale. La polémique enfla tant et si bien au fil des jours, que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a cru bon de taper du poing sur la table, le jeudi 2 mai pour mettre en garde l'administration et son ministre de tutelle sur les irrégularités de procédures qu'ils étaient en train de commettre. La CENI indiquait dans un communiqué au vitriol que, après avoir effectué "une mission de supervision et de suivi des opérations de centralisation des résultats provisoires auprès du ministre de l'Administration territoriale et des collectivités locales", elle avait relevé que "la totalisation des résultats par la commission nationale de centralisation s'effectue en l'absence des procès verbaux récapitulatifs des commissions de centralisation devant provenir du district, des cercles, ambassades et consulats en violation de l'article 141 de la loi électorale".
La CENI notait aussi "le traitement inéquitable réservé par le ministère de l'administration territoriale et des collectivités locales aux résultats partiels provisoires du district de Bamako par rapport aux résultats partiels provisoires déjà diffusés".
Fort de constat "indépendant", Ibrahim Boubacar Keïta pouvait qualifier de "fraude grossière et grotesque" les résultats officiels partiels le plaçant en 3e position derrière l'ancien chef d'Etat Amadou Toumani Touré et le candidat du parti au pouvoir Soumaïla Cissé.
Peu importe ce qui sortira finalement de ce décompte, car tout semble avoir été programmé pour que se retrouve au second tour, la général Amadou Toumani Touré et Soumaïla Cissé. Le premier sans doute ravi de ne pas avoir à affronter au second tour IBK, et le second, tout autant ravi de ne pas être définitivement mort politiquement, malgré un enterrement programmé de son parti l'ADEMA.
Etrange processus aussi quand on sait que l'épouse du ministre de l'Administration territoriale était la directrice de campagne de Soumaïla Cissé ou que le président sortant, Alpha Konare, en ne soutenant même pas du bout des lèvres le candidat désigné par son parti, confirmait ainsi sa préférence pour ATT.
A l'heure où nous mettions sous presse, les seuls résultats partiels provisoires portants sur près de 70% des suffrages exprimés plaçaient en tête le général Amadou Toumani Touré, avec 28,32% des voix, suivi de Soumaïla Cissé (26,10%) et d'Ibrahim Boubacar Keïta ("IBK", 19,44 %).
A cet instant, les représentant du groupe Espoir 2002 (coalition politique de soutien à IBK) qui siégeaient au sein de la commission de centralisation des résultats avaient d'ores et déjà indiqué qu'ils se "désolidarisaient" des résultats de la commission.
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N° 247 du 02/04/2002
Le profil des 24 candidats à l'élection présidentielle du 28 avril au Mali. (En ordre aléatoire)

Mandé Sidibé : ancien Premier ministre, qui a démissionné de son poste le 18 mars dernier.
M. Sidibé s'était retiré des primaires de l'Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA, parti au pouvoir), estimant que les textes du parti ont été violés lors de l'organisation de ces primaires. A 62 ans révolus (né le 20 janvier 1940 à Bafoulabé), M. Mandé Sidibé, qui a notamment travaillé au FMI, passe pour un économiste chevronné.
Ses partisans à l'ADEMA se sont regroupés au sein de Cercle Indépendant de Réflexion et d'Action pour la Candidature de Mandé Sidibé (CIRAC).

Ibrahim Boubacar Keita : candidat du Rassemblement pour la République (RPM), parti qu'il a créé en juin 2001.
Né le 29 janvier 1945 à Koutiala. Marié, père de 4 enfants. Premier ministre de février 1994 à février 2000, il a démissionné de ce poste à l'époque pour "redynamiser" l'ADEMA. Poussé à la démission de la présidence du parti présidentiel en octobre 2000, IBK avait alors téléguidé la formation, en février 2001, d'un mouvement dénommé "Alternative-2002", où se sont retrouvés des hauts cadres et députés de l'ADEMA. Alternative 2002 n'était en fait que la prémisse à la création du RPM.
Aujourd'hui, le RPM est le deuxième groupe politique à l'Assemblée nationale grâce à 37 députés démissionnaires de l'ADEMA.
Sa candidature est soutenue par quatre autres formations politiques : la Convention Démocratique, la PMDD, le MPLO, le RDT,

Choguel Kokalla Maïga : président du Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR), formation considérée comme l'une des principales forces de l'opposition et qui se réclame "héritière" de l'ancien président, le général Moussa Traoré, destitué en 1991.
Né en 1958 à Tabango (Ansongo), dans la région de Gao, ingénieur des télécommunications, il est marié et père de six enfants.
A la chute du régime de Moussa Traoré, il était membre du bureau exécutif national de l'UNJM (Union National des Jeunes du Mali). Il a accédé à la présidence du MPR en février 1997.

Amadou Toumani Touré, dit "ATT" : 54 ans (né le 4 novembre 1948 à Mopti), marié et père de deux enfants, général en retraite (instituteur, il a intégré l'armée en 1969). ATT a dirigé le Mali pendant la transition entre mars 1991 et juin 1992. Il était alors président du Comité de transition pour le salut du peuple et chef de l'Etat.
Le général Toumani Touré est soutenu par 23 formations politiques parmi lesquelles figurent l'Union Soudanaise (US-RDA) ou encore le Bloc démocratique pour l'intégration africaine (BDIA), le Parti malien pour le progrès social (PMPS), le Mouvement pour l'Indépendance, la Renaissance et l'Intégration africaine (MIRIA), considérés comme "d'importants" partis. Tous ces partis sont regroupés au sein du Mouvement pour la démocratie et le changement (MDC).
ATT a laissé entendre plusieurs fois qu'il était aussi soutenu indirectement par le président Konaré, qui n'a jamais démenti ni confirmé ce soutien.
Des nombreux clubs de soutien et associations féminines regroupés au sein du "Mouvement Citoyen" font aussi partie du dispositif électoral du général Touré.
Après avoir cédé la place aux civils, "ATT" s'est occupé pendant dix ans de médiation internationale et d'humanitaire, en particulier d'aide à l'enfance.
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Soumaïla Cissé : candidat officiel de l'Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA, le parti au pouvoir).
Ancien ministre de l'Equipement, poste dont il a démissionné après avoir été investi candidat par l'ADEMA en janvier dernier, à l'issue de primaires contestées par d'autres prétendants à l'investiture du parti présidentiel.
Né le 20 décembre 1949 à Tombouctou, Soumaïla Cissé, ingénieur informaticien, est actuellement le 2è vice-président de l'Adema-PASJ.

Ahmed El Madani Diallo : membre de l'ADEMA, ministre du Développement rural, jusqu'à l'annonce de sa candidature, le 29 mars. Ahmed El Madani Diallo est né le 7 mars 1947 à Ségou. C'est un économiste, ancien membre du Comité exécutif de l'ADEMA.
Abdoulaye Sogolomba Konaté: ingénieur spécialisé en radiodiffusion télévision, résident en France, il est né en 1947 à Bancoumana (arrondissement de Siby).

Madiassa Maguiriraga : président-fondateur du Parti populaire pour le progrès (PPP, opposition modérée). Né le 10 février 1943 à Nioro, professeur d'université.

Mady Konaté : président du Parti pour la démocratie et le progrès (PDP, mouvance présidentielle). Né le 18 octobre 1948, ingénieur informaticien.

Modibo Kane Kida : 1er vice-président du Mouvement des populations libres, unies et solidaires/Rassemblement malien pour le travail et l'alternance (MPLUS/RAMATA, centriste). Né le 11 septembre 1948 à Ségou, c'est un économiste.

Mamadou Gakou : Avocat de renom, M. Gakou, 44 ans, est un des vice-présidents de l'Assemblée nationale. Son parti, la Convention pour le peuple (COPP), est classé dans l'opposition modérée. Né le 19 décembre 1956 à Banamba.

Balla Moussa Coulibaly : président de l'Union pour la démocratie et le développement (UDD, créée en avril 1991, opposition modérée), il est aussi soutenu par le Bloc des Alternatives pour le Renouveau Africain (BARA) et la Convention Nationale Démocrate (CND). Spécialiste en travaux publics, il est actuellement président du Conseil économique, social et culturel du Mali, après avoir été président de la Fédération Nationale des Employeurs du Mali.
Sa candidature est soutenue par trois autres petits partis. L'UDD a deux députés à l'Assemblée et près d'un millier de conseillers communaux. Il est né le 19 septembre 1933 à Tenkodogo (Ségou).

Mamadou Bakary Sangaré, dit "Blaise" : 50 ans (né le 6 juin 1954 à Bamako), administrateur civil de formation, secrétaire général de la Convention démocrate et sociale (CDS, mouvance présidentielle), parti qu'il a créé après avoir quitté le Parti pour la Démocratie et le Progrès (PDP).
La CDS a trois députés (circonscription de Bougouni) et environ mille conseillers municipaux.

Dr Oumar Mariko : candidat du Parti de la Solidarité africaine pour la Démocratie et l'Indépendance (SADI, opposition très à gauche).
Né le 4 février 1959, à Bafoulabé, il est médecin, ancien leader de l'Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM), le fer de lance de la contestation en 1991 et fut ensuite membre du Comité de transition pour le salut du peuple.
Président de l'ONG MEDES/SAPCOM (Médecin de l'Espoir Santé pour la Communauté), il toucha aussi dans le passé à l'audiovisuel, notamment dans la radio "Kayira".

Daba Diawara : candidat du Parti de l'Indépendance, de la Démocratie et de la Solidarité (PIDS, opposition modérée se réclamant de la "gauche démocratique").
Daba Diawara a commencé sa carrière politique au sein de l'US RDA (parti fondé par Modibo Keita, père de l'indépendance du Mali), dont il fut en 1996 secrétaire politique du bureau politique national. L'éclatement de cette formation en deux tendances en 1998, l'amena a créé son propre parti, le PIDS, le 2 septembre 2001.
Daba Diawara, né le 15 août 1951 à Bamako, administrateur civil. Ce "fidèle" de l'ancien président Modibo Keita, a été secrétaire général du gouvernement (octobre 1988 à janvier 1991), puis ministre de la fonction publique et du travail du gouvernement issu de la révolution de mars 1991. En juin 1992, il est à nouveau secrétaire général du gouvernement, jusqu'en 1995.
Il exerce aujourd'hui au sein du Centre d'analyse et de formulation de politiques de développement.

Almamy Sylla : président du Rassemblement pour la Démocratie et le Progrès (RDP, opposition radicale).
Né le 10 septembre 1926, fonctionnaire international à la retraite, il est candidat pour la seconde fois (arrivé en quatrième position à l'élection de 1992). Il fut conseiller économique du président Modibo Keita et a exercé différentes fonctions au sein de la CEA et à l'ONUDI et à la FAO.

Tiébilé Dramé : président du Parti Renaissance nationale, (PARENA).
Né le 9 juin 1955 à Nioro (Nord-Ouest), professeur, député depuis 1997 et ancien ministre des Affaires étrangères et des Maliens de l'Extérieur dans le gouvernement de transition (1991-1992). A cette époque, il était membre du CNID.
Il a ensuite été ministre des Zones arides et semi-arides (1996-1997) dans le gouvernement d'Ibrahim Boubakar Keita. Il a créé le PARENA avec neuf anciens du CNID en 1995. Militant des droits de l'homme, il a dirigé un temps le mouvement estudiantin entre 1977 et 1980, a connu la prison et a vécu en exil une dizaine d'années en Europe. C'est à cette époque qu'il a travaillé au sein d'Amnesty International, avant de rentrer au Mali après la chute du régime de Moussa Traoré. C'est aussi lui qui a lancé en 1992 l'hebdomadaire Le Républicain.
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Me Mountaga Tall: président du Congrès national d'initiative démocratique (CNID).
Originaire d'une grande famille de marabout de Ségou, il est né le 10 décembre 1956 à Ségou. Avocat, député de Ségou, de 1992 à 1997, il se présente pour la seconde fois à la présidentielle (troisième en 1992 avec 11,41 % des voix.) Son parti, le CNID a éclaté en 1995, avec le départ de Tiébilé Dramé.

Mamadou dit Maribatrou Diaby: président fondateur du Parti pour l'unité, le développement et le progrès.
Candidat à l'élection présidentielle pour la troisième fois, Maribatrou Diaby, exportateur (PDG de Mali-Reptiles) est né en 1942 à Kiban.
Pour "sauver la démocratie" il participa à l'élection présidentielle de 1997 boycottée par tous les ténors de l'opposition au président Konaré.

Habibou Dembélé "Guimba" : né le 19 avril 1962 à San (région de Ségou), comédien, écrivain, c'est une "figure" dans le monde artistique malien. Après avoir créé avec Ousmane Sow la Compagnie Gouakoulou, il a créé sa propre compagnie théâtrale, la compagnie "Guimba National".

Ibrahima Diakité: né le 29 août 1945 à Bamako, inspecteur des finances.
Youssouf Hassane Diallo : né le 10 septembre 1953 à Fafa (Ansongo, région de Gao). Spécialiste de la langue arabe, féru de religion, il travaille depuis juin 1993 au secrétariat général de l'OCI (Organisation de la Conférence Islamique), tout en exerçant la profession de consultant à Djeddah en Arabie Saoudite.

Sanoussi Nanacassé : né vers 1949 à Banamba région de koulikoro. Docteur, il a longtemps exercé dans divers services de santé publique du Mali, avant de s'installer à son compte en 1983. Il a eu des activités syndicales, secteur de la santé, dans les années 1988, il préside aujourd'hui l'Association de la Société Malienne de Dermatologie. Sans parti politique.

Modibo Sanagaré : président de l'UNPR (Union nationale pour la renaissance), Modibo Sanagaré, entrepreneur, est né le 23 avril 1955 à Bamako.
(Synthèse réalisée avec l'aide de la presse malienne)

N° 243 du 18/01/2002
Annulation de cartes d'électeurs déjà confectionnées

Le ministère de l'Administration territoriale a décidé d'annuler les cartes d'électeurs déjà confectionnées en vue des élections présidentielle et législatives d'avril.
Le 3 janvier dernier, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) avait demandé cette annulation, invoquant le non respect de certaines procédures, notamment celle de la supervision par la CENI de la fabrication des cartes.
"Nous ne voulons pas polémiquer, notre souci, c'est des élections sans triche, et nous voulons nous conformer à la loi", a déclaré le ministre de l'Administration du territoire, Ousmane Sy.
"C'est tout simplement une victoire de la démocratie malienne", a de son côté déclaré Me Moustapha Cissé, président de la CENI qui dit prendre "acte de la bonne foi des autorités".
Environ 5 millions de cartes d'électeurs avaient été confectionnées en France pour un coût de plus de 100 millions FCFA (environ 152.450 euros).
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Foisonnement de candidats en vue de l’élection présidentielle

Le départ de la scène politique de l’actuel président Alpha Oumar Konaré, qui en est à son deuxième et dernier mandat et quittera le pouvoir le 8 juin 2002, avive les ambitions. Il y aura donc pléthore de candidats pour l’élection présidentielle qui aura lieu en avril, juste avant les législatives.
Amadou Toumani Touré
L’ancien chef d’Etat, le général Amadou Toumani Touré, qui ne s’est pas encore franchement déclaré candidat, le sera de toute évidence. Il a récemment lancé un “Je vous ai compris” à quelque 3 000 de ses partisans réunis dans un stade à Bamako pour lui demander d’être candidat;
Agé de 54 ans, il a obtenu en septembre dernier une mise en “retraite anticipée” de l’armée, condition obligatoire pour qu’il puisse être candidat à la présidence.
Ses atouts ? Il a dirigé le pays de mars 1991 à juin 1992 puis a quitté le pouvoir dignement et l’a remis aux civils, ce qui est rare pour un militaire en Afrique. Depuis, il a accompli avec plus ou moins de succès (Ce fut bien difficile en Centrafrique) des médiations politiques, et il a aussi donné dans l’humanitaire.
Autre atout, il n’est pas soutenu par un parti, et pourra donc ratisser large selon l’expression consacrée. Mais cet avantage de n’être pas à l’étroit dans un parti pourra se retourner contre lui, car il faut beaucoup de monde pour mobiliser les électeurs en Afrique où les campagnes électorales se font plus de village en village qu’à la télévision.
S’il est candidat Toumani Touré pourrait fédérer autour de lui des parties comme le MIRIA de Mohamed Lamine Traoré (ancien ministre de l’Intérieur) et le PARENA (Parti pour la renaissance nationale)
Le PARENA a été créé par des dissidents du Congrès national d’initiative démocratique (CNID, opposition), parti d’opposition dirigé par Me Mountaga Tall.
Le PARENA est présidé par Yoro Diakité, professeur de mathématiques et ancien ministre dans le deuxième gouvernement du président Alpha Oumar Konaré. Ce parti compte dans ses rangs d’anciens ministres de la période de transition de 1991 à 1992, dont Tiéblé Dramé (Affaires étrangères), qui pourraient donc être tentés de soutenir leur ancien “patron”, le général Toumani Touré.
Ibrahim Boubacar Keita
L’ancien Premier ministre Ibrahim Boubacar Keita (alias IBK) vient d’être désigné candidat à la présidentielle par son parti, le Rassemblement pour la République (RPM), à l’issue du premier congrès de son parti qui s’est tenu le 13 janvier à Bamako.
IBK a été Premier ministre et a dirigé l’Alliance pour la Démocratie au Mali (ADEMA, au pouvoir), de 1994 à octobre 2000 avant de démissionner et de créer son propre parti en juin 2001. Il avait démissionné de l’ADEMA n’étant pas certain que ce parti le désignerait comme candidat. Il avait aussi attendu en vain un signe du président Konare pour le soutenir, signe qui n’est jamais venu.
La plupart des cadres de la direction et les militants du RPM, qui se réclament de la sociale démocratie et de l’opposition, sont issus de l’ADEMA.
Ses atouts ? Ibrahim Boubacar Keita a entraîné avec lui une trentaine de députés de l’ADEMA, des gens qui seront de précieux relais lors de la campagne électorale.
Ses thèmes de campagne ? “L’Etat comme force de régulation dans le partage des biens”, la solidarité et la lutte contre “la déliquescence sociale et politique” et “le règne de l’argent, de la corruption et de la trahison”.
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Soumaïla Cissé
Le ministre de l’Equipement, Soumaïla Cissé, a été investi le 5 janvier candidat de l’Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA, le parti du président Alpha Oumar Konaré) pour la présidentielle.
M. Cissé, qui était opposé au ministre de la Défense, Soumeylou Boubeye Maïga, a été choisi lors d’une convention de l’ADEMA.
Quatre hauts responsables du parti étaient au départ en lice pour cette investiture. Des élections primaires avaient été initialement prévues pour permettre une “pré-sélection” de deux candidats avant la convention, mais elles avaient été finalement annulées.
Un des candidats s’est désisté et un autre, le Premier ministre Mandé Sidibé, a annoncé qu’il n’irait pas aux primaires en raison, selon lui, de la violation des textes du parti.
Soumaïla Cissé, 52 ans, part donc avec un sérieux handicap, car il n’apparaît pas comme l’homme de la synthèse au sein de son parti. Il lui faudra panser les plaies ouvertes qui ont résulté de la bataille au sein de l’ADEMA et il lui sera bien difficile de mettre en ordre de bataille derrière lui tous les rivaux d’hier.
S’exprimant après son investiture, Soumaïla Cissé a d’ailleurs plaidé en faveur de “la cohésion et de l’unité pour la victoire en 2002”.
Titulaire de diplômes supérieurs en gestion des entreprises et en informatique, M. Cissé occupe depuis février 2000 le ministère de l’Equipement, de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme.
Auparavant, M. Cissé qui avait débuté sa carrière professionnelle au sein de grands groupes en France (IBM, Pechiney, Thomson), avait occupé les fonctions de secrétaire général à la présidence de la République, puis de ministre des Finances en 1992.
“Chouchou” des institutions financières internationales, le candidat de l’Adéma a déjà rédigé un projet de société centré autour de la “lutte contre la pauvreté par le micro-crédit, la décentralisation et le renforcement de l’Etat de droit”, qu’il compte soumettre au parti.
Choguel Maïga
M. Choguel Maïga qui a été reconduit sans problème le 30 octobre dernier à la tête du Mouvement patriotique pour le Renouveau (MPR, opposition), devrait lui aussi être candidat et figurer parmi les sérieux prétendants puisque son parti se réclame de l’ancien chef d’Etat le Général Moussa Traoré, destitué en 1991 et emprisonné depuis.
Le MPR a rendu public son projet de société en vue des élections : résolution de la crise scolaire, autosuffisance alimentaire et désenclavement du Mali constituent “les vastes chantiers” de ce parti qui a pour emblème le tigre.
Il faudra aussi compter sûrement sur la candidature de Me Mountaga Tall, leader du Congrès national d’initiative démocratique (CNID-opposition), et pourquoi pas sur celle de l’actuel Premier ministre, Mandé Sidibé, qui a boudé les primaires au sein de l’ADEMA mais qui n’a peut-être pas dit son dernier mot.

Nouveau ministre de l’Equipement

Le président Alpha Oumar Konaré a nommé le 7 janvier Mohamed Ag Moussa ministre de l’Equipement, de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme, en remplacement de Soumaïla Cissé qui va se consacrer à la bataille électorale. Mohamed Ag Moussa est un économiste de formation. Il est membre du comité exécutif de l’Adéma.

Annulation de cartes d’électeurs déjà confectionnées

Le ministère de l’Administration territoriale a décidé d’annuler les cartes d’électeurs déjà confectionnées en vue des élections présidentielle et législatives d’avril.
Le 3 janvier dernier, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) avait demandé cette annulation, invoquant le non respect de certaines procédures, notamment celle de la supervision par la CENI de la fabrication des cartes.
“Nous ne voulons pas polémiquer, notre souci, c’est des élections sans triche, et nous voulons nous conformer à la loi”, a déclaré le ministre de l’Administration du territoire, Ousmane Sy.
C’est tout simplement une victoire de la démocratie malienne”, a de son côté déclaré Me Moustapha Cissé, président de la CENI qui dit prendre “acte de la bonne foi des autorités”.
Environ 5 millions de cartes d’électeurs avaient été confectionnées en France pour un coût de plus de 100 millions FCFA (environ 152.450 euros).

N° 242 du 02/01/2002
Le Premier ministre maintient sa candidature à la présidence

Le Premier ministre Mandé Sidibé a annoncé son retrait des primaires de l'Alliance pour la Démocratie au Mali (ADEMA, parti au pouvoir) et le maintien de sa candidature à l'élection présidentielle de 2002, dans une lettre adressée au président du parti. Il a justifié son retrait des primaires par les violations de procédures qui devaient aboutir à la désignation des candidats pour ces primaires.
Après son retrait, deux autres candidats restent en lice pour les primaires au sein de l'ADEMA : Soumeylou Boubeye Maïga, ministre de la Défense, et Soumaïla Cissé, ministre de l'Equipement. L'ADEMA est le parti du président Alpha Oumar Konaré qui ne se représente pas à la présidentielle.
En fait, l'ADEMA a renoncé à organiser les primaires et s'en remettra à une convention du parti, prévue début janvier pour désigner son candidat.

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