N°
274 du 16/07/2003
17 députés changent de groupe parlementaire
L’Assemblée nationale malienne, où aucun
parti ou bloc politique ne détient la majorité
absolue, s’est recomposée avec le départ
de 17 députés de 3 formations politiques de
leur groupe pour celui d’un parti créé
début juin.
15 députés de l’Alliance pour la démocratie
au Mali (ADEMA, ex-parti au pouvoir), un député
du Rassemblement pour le Mali (RPM, d’Ibrahima Boubacar
Keïta), et un autre de l’Union pour la démocratie
et le développement (UDD, de Moussa Balla Coulibaly)
ont tous rejoint le groupe parlementaire de l’Union
pour la république et la démocratie (URD), parti
formé par des dissidents de l’ADEMA menés
par Soumaïla Cissé, ancien candidat à l’élection
présidentielle d’avril-mai 2002.
Le nouveau groupe parlementaire se présente sous la
dénomination "URD-UDD" et se réclame
officiellement de la mouvance présidentielle, à
l’instar de l’ADEMA, du RPM et de l’UDD.
L’URD, dont les rangs se sont par ailleurs grossis de
deux autres petites formations n’ayant aucun député
à l’Assemblée, devient ainsi la troisième
force politique du Mali (après le RPM et l’ADEMA).
N° 271 du 03/06/2003
Scission de l’ADEMA, l’ancien parti présidentiel
: création de l’URD par Soumaïla Cissé
L’Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA),
l’ancien parti au pouvoir, s’est scindée
le 1er juin avec la naissance de l’Union pour la république
et la démocratie (URD), formée par des dissidents
menés par Soumaïla Cissé, ancien candidat
à l’élection présidentielle de
2002.
La nouvelle formation a élu comme "président
provisoire" Younoussi Touré, ancien Premier ministre
du pays.
Dans un discours, M. Touré a réaffirmé
le soutien de l’URD à la laïcité
de l’Etat, et évoqué la "nouvelle
vision du Mali" promue par le parti. "Nous voulons
un Mali fort, uni du nord au sud, de l’est à
l’ouest, un Mali solidaire où les inégalités
se réduiront de plus en plus, un Mali actif et productif
où l'on n’attendra plus les aides extérieures",
a-t-il déclaré sous les vivats des partisans.
Les responsables de l’URD, qui se disent contre "
un
libéralisme sauvage", espèrent le
ralliement d’autres formations politiques pour former
"
un grand parti d’avenir".
Aucun parti ou bloc politique ne détient la majorité
absolue à l’Assemblée nationale, issue
des législatives de juillet 2002.
Soumaïla Cissé n’a pas été
élu président de l’URD en raison de son
statut de fonctionnaire international à l’Union
économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA),
où il occupe le poste de Commissaire du Mali.
Candidat officiel de l’ADEMA à la présidentielle
disputée des 28 avril et 12 mai 2002, M. Cissé
avait été "lâché" par
une partie de sa formation et avait été battu
au second tour par le général Amadou Toumani
Touré.
L’URD servira donc de rampe de lancement à Soumaïla
Cissé pour une éventuelle candidature à
la prochaine élection présidentielle, prévue
en 2007.
N°258 du 04/11/2002
Un nouveau gouvernement
Le président Amadou Toumani Touré, “sur
proposition du Premier ministre” Ahmed Mohamed Ag Hamani,
a formé un nouveau gouvernement de 28 membres, qualifié
par l’entourage du président de “gouvernement
d’union nationale”, tous les groupements politiques
représentés à l’Assemblée
en faisant partie.
La plupart des principaux ministères (Affaires étrangères,
Défense, Administration territoriale, Sécurité
intérieure) ne changent pas de titulaire par rapport
à la précédente équipe. Le département
des Finances et de l’Economie a toutefois été
confié à Bassari Touré, précédemment
fonctionnaire à la Banque mondiale.
Choguel Maïga, ancien candidat à la présidentielle
d’avril-mai dernier et président du Mouvement
patriotique pour le renouveau (MPR) fait son entrée
au poste de ministre de l’Industrie et du Commerce.
Le cinéaste malien Cheick Oumar Sissoko, président
du parti de la Solidarité africaine pour le développement
et l’indépendance (SADI), détient le portefeuille
de la Culture.
Un nouveau poste de ministre délégué
auprès du ministre des Affaires étrangères,
chargé des Maliens de l’extérieur et de
l’Intégration africaine, est attribué
à Oumar Hamadoun Dicko, président du Parti progressiste
soudanais (PSP), dont la formation avait soutenu la candidature
d’Amadou Toumani Touré à la présidentielle.
Le fauteuil de ministre de la Communication et des Nouvelles
technologies est occupé par Gaoussou Drabo, précédemment
directeur du quotidien national L’Essor.
Commentaire : ce gouvernement fait la part belle aux partisans
du président Toumani Touré, qui avait pourtant
promis de gouverner avec la majorité sortie des urnes.
Les “pro-ATT”, comme on les appelle à Bamako,
ont obtenu 16 ministères, alors que les deux grandes
coalitions politiques qui dominent l’Assemblée
nationale, n’ont obtenu que six ministères pour
“Espoir-2002” et quatre pour l’ARD.
Le gouvernement du Mali, formé le 16 octobre 2002
Président : Amadou Toumani Touré
Premier ministre : Ahmed Mohamed Ag
Ministres
Santé : Mme Keita Rokiatou N’Diaye (nouveau)
Economie et des finances : Basssari Touré (nouveau)
Artisanat et tourisme : Bah N’Diaye (ancien)
Domaines de l’Etat, affaires foncières et habitat:
Boubacar Sidiki Touré (ancien)
Industrie et commerce : Choguel Kokala Maïga (nouveau)
Agriculture, élevage et pêche : Seydou Traoré
(ancien)
Éducation nationale: Mamadou Lamine Traoré (ancien)
Equipement et transports : Ousmane Issoufi Maïga (ex-ministre
de l’Economie)
Affaires Etrangères et coopération internationale
: Lassana Traoré (ancien)
Défense et anciens combattants : Mahamane Kalil Maïga
(ancien)
Administration territoriale et collectivités locales
: Général Kafougouna Koné (ancien)
Mines, de l’énergie et eau : Hamed Diane Sémega
(ancien)
Environnement : Nancouma Keita (nouveau)
Sécurité intérieure et protection civile:
Colonel Souleymane Sidibé (ancien)
Communication et nouvelles technologies de l’information
: Gaoussou Drabo (nouveau)
Développement social, solidarité et personnes
âgées : Mme N’Diaye Fatoumata Coulibaly
(ancien)
Travail et fonction publique : Modibo Diakité (nouveau)
Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille
: Mme Berthé Aïssata Bengaly (nouveau)
Culture : Cheick Oumar Sissoko (nouveau)
Justice, Garde des Sceaux : Me Abdoulaye Garba Tapo (nouveau)
Jeunesse et sports : Djibril Tangara (ancien)
Ministres délégués
auprès du Premier ministre, chargé de la réforme
de l’Etat des relations avec les institutions : Badi
Ould Ganfoud (nouveau)
auprès du Premier ministre, chargé du plan :
Marimatia Diarra (nouveau)
auprès du ministre de l’Agriculture, chargé
de la sécurité alimentaire : Ibrahima Oumar
Touré (nouveau)
auprès du ministre de l’Economie, chargé
de la promotion des investissements et du secteur privé:
Ousmane Thiam (nouveau)
auprès du ministre des Affaires étrangères,
chargé des Maliens de l’extérieur et de
l’intégration africaine : Oumar Hamadoun Dicko
(nouveau)
auprès du ministre de l’Equipement et des transports,
chargé des transports : Ousmane Amion Guindo (nouveau)
auprès du ministre du Travail, chargé de l’emploi
et de la formation professionnelle: Dramane Haïdara
N° 257 du 17/10/2002
Démission du gouvernement
Ahmed Mohamed Ag Hamani reconduit au poste de Premier ministre
Le gouvernement, dirigé par Ahmed Mohamed Ag Hamani
et formé le 14 juin dernier, a présenté
sa démission le 12 octobre. M. Hamani qui avait été
nommé à la tête d’un “gouvernement
de mission” au lendemain de l’arrivée au
pouvoir du président Touré, élu le 12
mai dernier, a aussitôt été reconduit
dans son poste.
Le changement de gouvernement était attendu depuis
la mise en place d’une nouvelle Assemblée nationale.
Les législatives de juillet avaient permis une reconfiguration
du paysage politique, mais aucun des grands blocs qui s’étaient
formés pour briguer les suffrages des électeurs
n’a réussi à obtenir la majorité
absolue.
Après plusieurs tergiversations et tractations, Ibrahim
Boubacar Keita, ex-Premier ministre (1994 à 2000) sous
le régime de l’ancien président Alpha
Oumar Konaré, a fini par remporter la présidence
de l’Assemblée, 115 députés sur
138 ayant voté pour lui le 16 septembre dernier.
M. Keita était à la tête d’une coalition
d’opposition, “Espoir 2002”, conduite par
sa formation politique le Rassemblement pour le Mali (RPM).
Espoir 2002 avait, aux législatives, devancé
de très peu l’autre grand bloc formé autour
de la majorité sortante de l’Alliance pour la
démocratie au Mali (Adéma).
N° 255 du 17/09/2002
Visite officielle du président Toumani Touré
en France
Coopération et immigration au programme
Le président malien Amadou Toumani Touré s’est
montré embarrassé par le difficile problème
posé par l’immigration, souvent illégale,
de ses compatriotes en France, mais s’est déclaré
satisfait dans le domaine de la coopération, à
l’issue de sa visite officielle à Paris du 9
au 12 septembre.
Le président a abordé la question importante,
pour les autorités françaises, de l’immigration
et des sans-papiers, au cours d’une conférence
de presse, après avoir rencontré à ce
sujet le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy.
“
M. Sarkozy a été invité à
Bamako, nous entendrons ce que veulent nous dire les Français
et nous leur dirons ce que nous en pensons”, a-t-il
déclaré.
A l’issue de leur réunion, le ministre français,
qui doit se rendre prochainement à Bamako, avait annoncé
que la France apporterait son aide au Mali, notamment pour
“
sécuriser” les documents administratifs,
en particulier les documents d’identité, et “aider
à l’organisation de la police malienne”
pour “
une meilleure gestion des flux migratoires”.
“
Nous avons abordé la question de la réadmission”
des immigrés en situation irrégulière,
“c’est une question sensible”, a affirmé
M. Sarkozy, “
les Maliens ont parfois mal ressenti
des initiatives unilatérales, mais ils sont prêts
à accepter des réadmissions si cela se fait
dans le cadre d’un partenariat”.
“
Je n’ai donné un accord sur rien.
Les discussions auront lieu avec M. Sarkozy à Bamako
(...)
Je comprends leur désarroi (des Maliens,
ndlr),
ce sont mes frères et sœurs, je suis
à leur écoute. J’ai le devoir de protéger
tout le monde, qu’ils soient ou non des sans papiers.
Nous n’avons pas discuté de qui doit rester ou
non en France, et qui doit retourner au Mali”,
a expliqué “ATT”, visiblement ennuyé
par les questions sur le sujet.
“
Mais, a-t-il poursuivi,
nous parlerons
aussi de ceux qui sont bien intégrés, depuis
deux ou trois générations, et de ceux qui sont
nés en France. Nous parlerons aussi de la polygamie
et du co-développement”.
Le président s’est prononcé en faveur
de la création d’un ministère chargé
de l’intégration africaine et des Maliens de
l’extérieur.
Environ 60.000 Maliens vivent en situation irrégulière
en France, selon le consulat, le double du nombre des Maliens
en situation régulière.
Sur le plan de la coopération, le président
malien s’est montré nettement plus enthousiaste
sur sa visite à Paris.
Le Mali a obtenu un effacement de 40% de sa dette monétaire
envers Paris. La dette monétaire du Mali vis-à-vis
de la France s’élève à environ
200 millions d’euros, sur une dette globale de 520 millions
d’euros.
Cette dette avait été contractée par
Bamako en 1984 lors de sa réintégration dans
la zone CFA.
Paris s’est également engagé à
“
effectuer l’étude technique de l’impact
sur l’environnement pour le projet du barrage de Tossaye,
sur le fleuve Niger”.
La France va également intervenir, en coopération
avec la Belgique, dans le domaine hospitalier.
La France est le premier bailleur de fonds bilatéral
du Mali avec environ 60 millions d’euros par an.
Formation d’un groupe parlementaire dénommé
“Bloc présidentiel”
Dix-neuf députés ont formé officiellement
début septembre un groupe parlementaire appelé
“Bloc présidentiel” (BP), dont l’objectif
est de “contribuer à la formation d’une
majorité présidentielle stable”. Le BP
est composé de 11 députés de la Convergence
pour l’alternance et le changement (ACC, partisans déclarés
du président Amadou Toumani Touré) et de huit
députés indépendants.
A l’issue des législatives de juillet, aucun
parti ou regroupement de partis n’a obtenu la majorité
absolue des 139 sièges de députés pourvus,
pour former seul un gouvernement.
Tiébilé Dramé dont le parti (PARENA)
est membre du Bloc présidentiel, a déclaré
que le BP souhaitait “
un gouvernement d’ouverture,
de rassemblement au sein duquel toutes les sensibilités
politiques du Mali trouveront leur place”.
Deux blocs dominent la vie politique malienne : “Espoir
2002”, piloté par le Rassemblement pour le Mali
(RPM) de l’ancien Premier ministre Ibrahim Boubacar
Keïta, et l’Alliance pour la république
et la démocratie (ARD), dirigée par l’ADEMA
(majorité sortante).
N° 254 du 02/09/2002
Législatives : aucun parti ou alliance de partis n’obtient
la majorité absolue
Aucun parti ou alliance de partis n’a obtenu la majorité
absolue, selon les résultats définitifs des
élections législatives proclamés le 10
août par la Cour constitutionnelle. Le Rassemblement
pour le Mali (RPM), de l’ancien Premier ministre Ibrahim
Boubacar Kéita (“IBK”) arrive en tête
avec 46 sièges de députés contre 45 à
l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma,
majorité sortante).
Au niveau des alliances, “Espoir 2002”, piloté
par le RPM, totalise 66 sièges contre 51 à son
rival, l’Alliance pour la République et la Démocratie
(ARD) dirigée par l’ADEMA.
Finalement, 139 sièges ont été pourvus,
la cour ayant annulé les résultats des circonscriptions
électorales de Sikasso au sud et Tine-Essako dans le
nord, soit un total de huit sièges, respectivement
pour “vice de procédure” et pour “fraude
massive”. Des partielles y seront à nouveau organisées
dans un délai de trois mois.
Par ailleurs, l’annulation de plusieurs dizaines de
milliers de voix pour diverses irrégularités
(fraude, corruption, intimidation) a modifié les résultats
provisoires publiés par le ministère malien
de l’Administration territoriale, qui donnaient l’ADEMA
et ses partisans vainqueurs.
Les autres résultats : le Congrès d’Initiative
démocratique (CNID) enlève 13 sièges
alors que le SADI de l’ex-leader estudiantin Oumar Mariko
obtient six sièges. Cinq autres partis politiques maliens,
partisans déclarés du président Amadou
Toumani Touré et regroupés au sein de l’alliance
dénommée “ACC” totalisent 10 sièges
alors que des candidats indépendants enlèvent
six sièges. Enfin, des petites formations alliées
à Espoir 2002 et à l’ARD ont remporté
treize sièges.
Les résultats définitifs indiquent un effondrement
de l’ADEMA qui détenait dans l’ancienne
Assemblée 127 des 147 sièges de députés.
Cet effondrement est le fruit des divisions au sein de l’ancien
parti au pouvoir, de l’invalidation d’une vingtaine
de ses candidats avant le scrutin, et peut-être surtout
d’un faible bilan socio-économique à mettre
en avant.
En revanche, le RPM de “IBK” a fait une entrée
remarquée, de même que son allié du CNID
de Me Mountaga Tall dont c’est le “grand retour”
à l’Assemblée nationale après avoir
boycotté les élections législatives de
1997.Créé il y a à peine sept mois, le
Sadi de l’ex-leader estudiantin Oumar Mariko (qui n’a
pas été élu) fait une aussi une entrée
remarquée au Parlement avec six députés.
Sans parti politique, le président Amadou Toumani Touré,
a toujours déclaré qu’il gouvernera avec
la majorité qui se dégagera de l’assemblée.
N° 253 du 30/07/2002
Législatives : l'ancien parti au pouvoir, l’Adema,
en tête du 1er tour marqué par un désintérêt
des électeurs
L’Alliance pour la Démocratie au Mali (Adéma,
majorité parlementaire sortante) a remporté
9 sièges de députés sur les 23 pourvus
au premier tour le 14 juillet des élections législatives,
selon les résultats définitifs publiés
le 23 juillet par la Cour constitutionnelle à Bamako.
Le Rassemblement pour le Mali (RPM) de l’ancien Premier
ministre Ibrahim Boubacar Kéita arrive en seconde position
avec quatre sièges.
Le Congrès d’initiative démocratique (CNID)
de Me Mountaga Tall obtient trois sièges, le BDIA et
le RAMAT deux députés, le Parti de la renaissance
nationale (PARENA), le RDT, et le Mouvement patriotique pour
le Renouveau (MPR) remportent chacun un siège.
123 sièges restent à pourvoir lors du second
tour, prévu le 28 juillet, et l’Adéma
est en ballottage favorable dans une vingtaine de circonscriptions
électorales
La Cour constitutionnelle a annulé pour “irrégularités”
les suffrages exprimés dans “tous les bureaux
de votes itinérants du Mali”, ainsi que le scrutin
dans la circonscription électorale de Tine-Essako (nord).
Ces irrégularités concernent notamment des falsifications
de procès-verbaux, la distribution “anarchique”
des cartes d’électeurs, des votes multiples,
le dépouillement “clandestin” des votes
et la “corruption” d’électeurs, a
indiqué la cour. Les suffrages exprimés dans
les 431 bureaux de votes itinérants ont ainsi été
invalidés par la Cour constitutionnelle qui a précisé
que cette invalidation n’entraîne pas l’annulation
du premier tour des législatives.
En revanche, le vote sera repris dans la circonscription électorale
de Tine-Essako, dans un délai de trois mois selon la
loi malienne. Au total, ce sont quelque 160 000 voix qui ont
été annulées au premier tour de ces législatives.
La plupart de ces bureaux de votes itinérants où
le scrutin a été annulé pour “irrégularités”
(Goundam, Tombouctou, Diré, Kidal, Abeibara...) se
trouvent dans le nord du Mali.
Sur environ cinq millions d’électeurs inscrits,
1.2O5.238 personnes ont voté sur le territoire national,
soit un taux de participation de 23 %. Un taux de participation
qui baisse encore si l’on prend en compte les plus de
160 000 voix annulées.
La cour a confirmé l’élection dès
le premier tour de personnalités marquantes de la vie
politique malienne comme l’ancien Premier ministre Ibrahim
Boubacar Kéita, Me Mountaga Tall et Ali Diallo, président
de l’Assemblée nationale sortante.
Divers incidents plus rocambolesques les uns que les autres
ont marqué ce scrutin. Quatre des six maires de Bamako
ont été “suspendus” pour trois mois
pour “faute lourde” par le ministère de
l’Administration territoriale, en raison d’une
affaire de cartes d’électeurs mystérieusement
disparues, 55.000 cartes au total.
Le 14 juillet, jour du scrutin, une trentaine de personnes,
dont la plupart étaient en possession de cartes disparues,
ont été arrêtées pour “fraude”.
N° 251 du 18/06/2002
L’ancien président Moussa Traoré gracié
au nom de la réconciliation
Au nom de la réconciliation nationale l’ancien
président malien Moussa Traoré a été
gracié le 29 mai 2002 par le président Alpha
Oumar Konaré, après plus de dix ans de détention.
Officiellement, l’ancien chef d’Etat, 65 ans,
et son épouse Mariam, ont été libérés
par souci de cohésion nationale et à titre humanitaire.
Porté au pouvoir en novembre 1968 par un coup d’Etat
qui avait renversé le régime de Modibo Keita,
le général Moussa Traoré a régné
sans partage sur le Mali pendant plus de 22 ans. Le 26 mars
1991, après un soulèvement populaire réprimé
dans le sang et parachevé par un coup d’Etat,
lui et son épouse étaient arrêtés.
En 1992, il était condamné à mort pour
crimes “politiques”, puis de nouveau condamné
à la peine capitale en 1999 pour crimes “économiques”.
Son épouse Mariam était également condamnée
à mort pour crimes économiques.
Entre-temps, un des putschistes de 1991, Amadou Toumani Touré
(“ATT”), était porté à la
tête de l’Etat et organisait la transition vers
la démocratie.
En 1992, Alpha Oumar Konaré qui, hostile à la
peine de mort, devait ensuite commuer la peine des époux
Traoré en prison à perpétuité,
était élu président.
Il y a deux ans, M. Konaré avait gracié des
proches de l’ancien chef d’Etat, dont Sékou
Ly, un ancien ministre, et “Ramos”, frère
de Mariam.
Avant le procès engagé en 1999 pour “crimes
économiques”, la vox populi disait que Traoré
avait “détourné des milliards de dollars”.
Par la suite, il a plutôt été question
de quelques centaines de millions de F.CFA.
Les conditions de détention du couple ont elles aussi
évolué, à chaque étape de la réflexion
de Konaré en vue de leur élargissement.
Séparés l’un de l’autre, ils avaient
été réunis en 1999, à la veille
de leur procès pour “crimes économiques”.
Leur première résidence commune de Markala (270
km au nord de Bamako) était délabrée,
la dernière en date avait téléphone,
radio, télévision.
Moussa Traoré, devenu très religieux, a également
changé, parlant ces derniers temps de “pardon”
et de réconciliation. Au plan politique, un parti d’opposition
se réclamant de Moussa Traoré, le Mouvement
patriotique pour le renouveau (MPR, opposition), est maintenant
devenu incontournable, bien que son leader, Choguel Maïga
ait réalisé un très faible score lors
de la dernière présidentielle.
La plupart des 24 candidats à cette élection
présidentielle avait également, avec plus ou
moins de fermeté, promis la libération de Moussa
Traoré, comme gage de leur volonté d’œuvrer
à la réconciliation nationale, un des grands
thèmes de la campagne électorale.
Interrogé après l’annonce de sa libération,
Moussa Traoré a dit qu’il ne savait pas s’il
allait “
refaire de la politique” et que
sa première tâche serait d’aller s’incliner
sur les tombes de ses parents.A la question de savoir s’il
était “
heureux de cette libération?”, l’ex-chef d’Etat a répondu : “
Libération!
libération! Je dis de toute façon que c’est
mon corps qui était privé de liberté,
mais mon esprit ne l’était pas”.
Formation d’un gouvernement “de mission”
Mohamed Ag Amani, nouveau Premier ministre
Ancien ambassadeur du Mali Rabat et à Bruxelles, Mohamed
Ag Amani, a été nommé Premier ministre
le 9 juin par le président Amadou Toumani Touré.
Le nouveau Premier ministre, 60 ans, est économiste-statisticien
de formation. Il fut plusieurs fois ministre (Jeunesse, Tourisme,
Sport) sous le régime du général Moussa
Traoré. Ag Amani a également été
Haut Commissaire de l’Organisation de Mise en valeur
du Fleuve Sénégal (OMVS, qui regroupe le Mali,
le Sénégal et la Mauritanie). Il avait pris
sa retraite après avoir représenté son
pays en Belgique.
Cette nomination d’un homme “neutre” se
justifie sans doute par le fait que le président n’a
pas encore de majorité parlementaire, et qu’il
doit se préserver une marge de manœuvre assez
large pour l’après législatives qui auront
lieu le 14 juillet.
Un autre décret présidentiel a nommé
le ministre sortant des Affaires étrangères,
Modibo Sidibé, secrétaire général
de la présidence de la République avec “rang
de ministre”.
Qualifié de gouvernement “de mission” par
le Premier ministre, cette première équipe de
“l’ère Touré” est composée
de 21 membres et les portefeuilles-clé sont détenus
par des proches du chef de l’Etat.
Au ministère des Affaires étrangères
et des Maliens de l’extérieur, on retrouve M.
Lassine Traoré, ancien directeur de campagne du général
Amadou Toumani Touré. Deux autres proches du chef de
l’Etat malien, le général Kafougouna Koné
et le colonel Souleymane Sidibé prennent en main respectivement
le ministère de l’Administration territoriale
et des collectivités locales et celui de la Sécurité
et de la Protection civile.
Par ailleurs, dans le nouveau gouvernement, outre les partisans
du général Amadou Toumani Touré regroupés
au sein de la Convention pour l’alternance et le changement
(ACC), figurent au moins six représentants des deux
autres principaux regroupements politiques maliens.
Il s’agit de l’alliance “Espoir 2002”
dirigé par l’ancien Premier ministre malien Ibrahim
Boubacar Kéita, qui compte une quinzaine de partis
politiques, et de l’Alliance pour la république
de la démocratie (ARD), composée d’une
dizaine de formations politiques proches de l’Alliance
pour la démocratie au Mali (ADEMA, ancien parti au
pouvoir).
Le nouveau gouvernement du Mali, formé le 14 juin
2002
Premier ministre, ministre de l'Intégration africaine
: Ahmed Mohamed Ag Hamani
Ministre de la Santé: Mme Traoré Fatoumata Nafo
Ministre de l'Education nationale: Mamadou Lamine Traoré
Ministre de l'Administration territoriale et des collectivités
locales: Kafougouna Koné
Ministre des Affaires étrangères et des Maliens
de l'extérieur: Lassine Traoré
Ministre de l'Economie et des finances: Ousmane Issoufi Maïga
Ministre de l'Industrie, du commerce et des transports: Mamadou
Dalo Maïga
Ministre de l'Equipement et de l'aménagement du territoire:
Lanceni Kéita
Ministre du développement rural et de l'environnement:
Seydou Traoré
Ministre de l'Emploi et de la formation professionnelle: Younous
Hammey Dicko
Ministre des Forces armées et des anciens combattants:
Mahamane Maïga
Ministre de la Justice, Garde des Sceaux: Abdoulaye Ogotimbeli
Poudjougou
Ministre du Développement social, de la solidarité
et des personnes âgées: Mme N'diaye Fatoumata
Coulibaly
Ministre des Mines, de l'énergie et de l'eau: Ahmed
Séméga
Ministre des Domaines de l'Etat et des affaires foncières:
Aboubacar Sidiki Touré
Ministre de la Culture: André Traoré
Ministre de l'Artisanat et du tourisme: Bah N'diaye
Ministre de la Communication: Mamadou Mallé Cissé
Ministre de la Promotion de la femme, de l'enfant et de la
famille: Mme Bah Odette Yattara
Ministre de la Jeunesse et des sports: Djibril Tangara
Ministre de la Sécurité et de la protection
civile: Souleymane Sidibé
N° 250 du 24/05/2002
Amadou Toumani Touré, vainqueur (programmé ?)
de l’élection présidentielle
L’on disait que le président sortant Alpha Oumar
Konaré souhaitait que lui succède à la
présidence celui qui lui avait permis d’accéder
au pouvoir en 1992, l’ancien général Amadou
Toumani Touré. Le souhait présidentiel semble
donc se réaliser. Selon les résultats complets
proclamés le 16 mai par le ministère de l’Administration
territoriale - provisoires jusqu’à leur validation
par la Cour constitutionnelle - M. Touré, appelé
“ATT” par les Maliens, a obtenu au deuxième
tour de l’élection, disputé le 12 mai,
1.099.653 voix soit 64,35 % des suffrages exprimés.
Son adversaire Soumaïla Cissé, candidat de l’Alliance
pour la démocratie au Mali (ADEMA) , le parti d’Alpha
Konare, au pouvoir ces dix dernières années,
a recueilli 609.320 voix (35,65 %). La participation au second
tour a été encore plus faible qu’au premier
: 30,17 % des quelque 5,7 millions d’inscrits, contre
38 % au premier tour, disputé le 28 avril.
Tous contre l’ADEMA
Cette élection a donné lieu à de multiples
paradoxes, dont le moindre n’aura pas été
l’absence totale de soutien du président sortant
en faveur du candidat de son parti, l’ADEMA. Soumaïla
Cissé s’est battu quasiment seul, non sans bénéficier
toutefois d’importants moyens financiers. Un des piliers
de l’ADEMA, le ministre de la Défense, Soumeylou
Boubeye Maiga, ne l’a lui aussi, soutenu que du bout
des lèvres, ne cachant qu’à peine sa sympathie
pour le général Amadou Toumani Touré
dont il fut conseiller spécial lors de la période
de transition en 1991-92.
Plus que la victoire d’Amadou Toumani Touré,
les Maliens ont semble-t-il voulu signifier par ce vote leur
rancœur ou leur désillusion de dix ans de régimes
ADEMA. Au premier tour de l’élection, disputé
le 28 avril, “ATT” était arrivé
en tête des 24 candidats en lice, avec 28,7 % des voix.
Il avait ensuite reçu le soutien de l’ancien
Premier ministre Ibrahim Boubacar Keïta (“IBK”)
, arrivé troisième avec 21 % des suffrages.
Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), en appelant à soutenir
“ATT”, bien qu’il eut estimé avoir
été écarté injustement du deuxième
tour, a lui aussi montré qu’il était pressé
d’en finir avec l’ère Konaré. Comment
expliquer sinon un tel soutien, alors que pendant la campagne
du premier tour, les militant du parti d’IBK, le rassemblement
pour le Mali n’avaient pas de mots assez ironiques à
l’égard du général Touré,
un “
militaire qui ne connaît rien à
la chose politique”.
Comment expliquer aussi cet étonnant soutien à
ATT du MPR, le Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR,
parti dirigé par Choguel Maïga qui se réclame
de l’héritage du président Moussa Traoré),
délogé du pouvoir par ATT en 1990 ?
Ces retournements de la classe politique malienne ne favoriseront
sûrement pas un regain d’enthousiasme pour la
chose politique de la part des Maliens qui ont, pour beaucoup,
bien du mal à comprendre ces retournements d’alliances
incongrues.
C’est donc un président sans parti, sans majorité
parlementaire (les législatives sont prévues
en juillet), qui accède au pouvoir dans un pays désespérément
pauvre, et dont la seule richesse, le coton (voire l’or)
semble avoir surtout bénéficié à
la nomenklatura de l’ADEMA.
Le futur président devra répondre à une
très forte demande sociale des habitants, dont 64 %,
selon l’ONU, vivent dans la pauvreté.
Résultats du premier tour de l’élection
présidentielle qui a eu lieu le 28 avril
Suite aux recours déposés par plusieurs candidats,
la Cour constitutionnel-le a annulé 541.019 bulletins
de vote et a pris en compte 1.564.576 voix sur 2.201.154 votants.
La Cour constitutionnelle, par la voix de son président,
Abdourahmane Baba Touré, a dénoncé “des
compositions irrégulières, la distribution des
cartes d’électeurs de manière frauduleuse,
la non-sécurité des urnes, le vote par procuration
illégale, le vote de personnes non inscrites, l’absence
de signatures sur les procès verbaux, l’influence
sur le vote, l'existence de bureaux fictifs, et le fonctionnement
irrégulier de bureaux de vote itinérants”.
Bulletins nuls : 95.359
Participation : 38,31 % des inscrits,
Amadou Toumani Touré : 449.176 voix (28,71 %)
Soumaïla Cissé : 333.525 voix (21,32%)
Ibrahim Boubacar Kéita (“IBK”) : 329.143
voix (21,04 %)
Me Mountaga Tall : 83.168 voix (3,86 %)
Choguel Maïga : 59.304 voix (2,75 %)
Almamy Sylla : 11.660 voix (0,54 %).
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