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Amadou Toumani Touré, dit "ATT"
Biographie actualisée au 08-04-2012

Une première fois au pouvoir par les armes et avec le peuple, par les urnes ensuite, pour finir chassé par des mutins branquignoles…

Toumani ToureCe n'est plus un acronyme. Ce n'est plus un surnom. C'est un nom. Personne, absolument personne, du fin fond du marché central de Bamako ou sur une lointaine piste aux abords de Gao, ne vous parlera du président, le général Amadou Toumani Touré, autrement qu'en l'appelant "ATT".
Le Mali n'est peut-être pas béni des Dieux question pluviométrie, mais il a eu la chance d'avoir en mars 1991, à la tête de son unité de parachutistes, un certain lieutenant-colonel dénommé Amadou Toumani Touré.
Dans les années 90, les aspirations à plus de démocratie éclatent au grand jour en Afrique. Au Mali comme ailleurs, la révolte gronde. A Bamako, en ce mois de mars 1991, le président de l'époque, Moussa Traoré, au pouvoir depuis 1968, fait réprimer dans le sang des manifestations de rues organisées par les étudiants et les syndicats qui réclament l'instauration de la démocratie. Bilan : 200 morts, un millier de blessés.
Le 26 mars 1991, le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré fait intervenir ses troupes d'élite qui arrêtent le président Moussa Traore et les dignitaires du régime. Il prend alors le pouvoir à la tête d'un Comité Transitoire de Salut du Peuple (CTSP).
Mais, grosse surprise, dans une Afrique où les militaires une fois arrivés au pouvoir s'y arriment corps et biens, lui, ATT, promet de ne pas le confisquer et d'organiser dans un délai d'un an des élections libres. Et plus grosse surprise encore, il tient parole. Au terme d'une transition de 14 mois, il organise l'élection présidentielle en juin 1992. C'est un civil, Alpha Oumar Konaré, qui était à la tête des organisations de lutte pour la démocratie avec son mouvement l'Adema, qui est élu.
On rêve. Un nuage enchanteur plane sur le Mali. Car il ne faut pas oublier qu'à l'époque, les pays voisins du Mali ne sont pas enclins à donner l'exemple. Au Togo, le général Eyadéma est au pouvoir depuis 1967. Au Niger, c'est un autre général, Ali Saïbou, qui tient les rênes du pays. Au Bénin, il a fallu une conférence nationale pour forcer au départ le général Kérékou qui était au pouvoir depuis 1978.
Le jeune Toumani Touré - il n'a que 43 ans en 1991 - aurait pu prendre exemple sur les "anciens". Il n'en fit rien.
Après avoir instauré le multipartisme et organisé l'élection présidentielle, il se retire des affaires de l'Etat non sans avoir signé le 11 avril 1992 à Bamako un Pacte national de Paix avec les rebelles touaregs et arabes du nord du pays qui aboutira, quatre ans plus tard, à la fin des hostilités.
Le nouveau président Konaré le nomme général et "médiateur de la République", c'est-à-dire ambassadeur du Mali pour les bonnes causes.
A ce titre, ATT participe alors à diverses missions de médiation en Afrique, notamment dans la région des Grands Lacs avant de s'occuper de la crise en Centrafrique.
Parallèlement, il œuvre dans l'humanitaire, avec la fondation de l'ancien président américain Jimmy Carter, pour l'éradication de la maladie du ver de Guinée, ou dans des associations en faveur de la démocratie et de la paix.
Le temps passe. Alpha Konaré est réélu président en 1997 et ne pourra plus se présenter une troisième fois en 2002.
C'est alors que "ATT" se lance dans la bataille pour la présidence. Il n'a pas de parti politique, tout juste des associations de soutien. Et face à lui des candidats soutenus par des partis poids lourds et historiques.
Mais grâce aux divisions internes qui ont miné l'Adema, le parti au pouvoir sous le président Konare, ATT est élu président de la République, au deuxième tour, le 12 mai 2002.
Là encore, on peut s'arracher les cheveux, car l'ancien militaire revient au pouvoir, mais par la grande porte, sans parti politique, avec comme programme électoral, sa seule aura et sa volonté de travailler avec tout le monde. C'est ce qu'il fera pendant son premier mandant, en prenant des ministres venus de quasiment toutes les sensibilités politiques du Mali.
Le 29 avril 2007, Il est réélu président, sans aucun problème, et dès le premier tour cette fois, avec plus de 68 % des suffrages.

Toutes les grosses pointures de la classe politique malienne sont alors en rang serré derrière le président. Chaque parti qui compte à des représentants au gouvernement. Le consensus à la sauce malienne fonctionne à plein régime. Pas une mouche ne critiquerait le président. Et pour cause, ce dernier ne pourra pas se présenter à la prochaine élection présidentielle en 2012, alors mieux vaut l’avoir comme soutien potentiel.
Vers la fin de son mandat, en  juillet 2010, ses sympathisants créent même le Parti pour le développement économique et social (PDES) qui se revendique ouvertement comme état le "parti présidentiel", même si ATT n’en dit rien.

Tout va bien dans le meilleur des mondes ? Hélas, ATT ne connaîtra pas son chant du cygne.
Début 2011, le printemps arabe n’épargne pas la Libye de Kadhafi. En mars, les occidentaux sous mandat de l’OTAN interviennent militairement pour déloger le guide libyen qui oppose une résistance farouche aux combattants d’un Conseil national de transition, organe politique de la rébellion libyenne.
La pluie de bombes qui s’abat alors sur la Libye fait fuir les centaines de Touaregs maliens et nigériens enrôlés depuis des lustres dans une brigade toute dévouée à Kadhafi. Ces Touaregs regagnent alors leur pays respectifs. Fermement désarmés par les autorités du Niger, ils sont accueillis presque à bras ouverts par ATT qui leur laisse tout leur armement.
C’est l’erreur fatale. Dès la fin de l’année 2011 et au début 2012, hyper armés, les Touaregs maliens regroupés sous la bannière du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) reprennent les armes contre le pouvoir central de Bamako en attaquant plusieurs villes du Nord et de l’Ouest du Mali.
Le "général"  Amadou Toumani Touré se montre alors un piètre stratège. Son armée subit revers sur revers, humiliation sur humiliation, avec ce qui sera sans doute la goutte d’eau qui fera déborder le vase, l’exécution sommaire de dizaines de soldats prisonniers à Aguelhok, sans doute par les islamistes du mouvement Ançar Dine qui s’était joint aux combattants du MNLA.

La colère gronde dans les rangs de l’armée malienne. Des femmes de militaires manifestent jusqu’aux portes du palais présidentiel pour exprimer leurs dépit au président. Amadou Toumani Touré a beau accuser les rebelles touaregs du MNLA de "crimes de guerres" à Aguelhok et s'étonner du "silence des organisations internationales sur ces atrocités", c’est lui que les Maliens taxent maintenant de laxisme. Adulé en 2002, intouchable en 2007, le président devient le problème de la nation.

Le 22 mars de cette année 2012, un groupe de militaires partis de la garnison de la ville de Kati située à une dizaine de kilomètres de la capitale avec sous le bras des revendications catégorielles arrive à Bamako avec l’envie de renverser el régime d’ATT. Ce sera chose faite en 24 heures.  Amadou Toumani Touré doit fuir son palais de Koulouba sous les tirs de putschistes qui ne rencontrent qu’une faible résistance.
Plus surprenant, en 24 h, toute la classe politique semble avoir tiré un trait sur l’ATT qu’elle encensait quelques mois auparavant. Si on condamne le coup d’Etat dirigé par un certain capitaine Sanogo, et si l’on réclame le retour à l’ordre constitutionnel, personne ne réclame le retour au pouvoir du président ATT. Il en est de même des chefs d’Etat de  Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) qui condamnent le putsch, réclament une transition mais ne disent mot sur le devenir d’ATT.
Le président déchu est alors en cavale dans Bamako. Il donne signe de vie quelques jours plus tard et déclare à une radio : « Le plus important pour moi aujourd’hui ce n’est pas ma personne ». On l’aura dès lors compris, c’en est fini de sa présidence.
Si ATT fut critiqué pour son manque d’actions contre les rebelles du MNLA et les islamistes, les putschistes qui l’ont renversé pour cette raison se montreront encore plus incapables que lui. En une semaine, Touaregs et islamistes s’emparent de tout le Nord du Mali. Les villes tombent les unes après les autres dans leurs mains : Kidal, Ménaka, Tinzawaten, Tessalit,  Goundam, Diré, Ansongo, Aguelhok, Anéfis, Ansongo, Boureme et pour finir Gao et Tombouctou.
Le Mali est coupé en deux ce qui autorise les Touaregs du MNLA de proclamer unilatéralement l’indépendance de l’Azawad qui englobe toute la partie Nord et ouest du pays.
Maintenant, ce sont les putschistes du  capitaine Sanogo qui sont sous la pression de la Communauté internationale qui leur demande de rendre le pouvoir aux civils, en l’occurrence au président de l’Assemblée nationale,  Diouncounda Traoré, qui sera président par intérim.
Les putschistes acceptent le deal et le dimanche 8 avril 2012, c’est un Amadou Toumani Touré, l’air fatigué et amaigri, qui déclare  au ministre des Affaires étrangère burkinabè, Djibril Bassolé, représentant la médiation de la CEDEAO : « J'ai décidé de vous remettre ma lettre de démission (…) Je le fais sans pression du tout, de bonne foi et surtout pour l'amour de mon pays, le Mali ».
Fin de partie pour celui que les Malines ont encensé par deux fois, d’abord en mars 1991, quand il leur a apporté la démocratie sur un plateau, puis en 2002, quand il s’est pris au jeu de la politique.

D'origine songhai, Amadou Toumani Touré est né le 4 novembre 1948 à Mopti. Il est marié à Touré Lobbo Traoré.
René-Jacques Lique

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MALI : données de base

Population : 14 millions
Superficie : 1 240 000km2
Monnaie : Franc CFA (1 euro = 655 FCFA)
Langue officielle : Français
Principales ethnies : Bambaras, Malinkés, Dogons, Peuls, Songhais, Maures, Touaregs
Président élu : Ibrahim Boubacar Keita, dit "IBK", du parti le Rassemblement pour le Mali (RPM).
Elu au 2e tour de la présidentielle le 31 juillet 2013. Remplace le président par intérim Dioncounda Traoré (secrétaire général de l'Alliance pour la Démocratie au Mali-Adéma-PASJ) qui lui-même remplaçait le président élu Amadou Toumani Touré (démissionnaire le 8 avril 2012 car renversé par un coup d'Etat militaire)
Premier ministre : Diango Cissoko (nommé par le président par intérim, le 12/12/2012
Parti au pouvoir : Aucun.
Capitale : Bamako
Principales villes : Kaye, Mopti, Ségou, Gao, Kita

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La lettre de démission au président de la cour constitutionnelle, Amadi Tamba Camara

A la suite de l’élection du président de la République en Avril 2007, les Maliennes et les Maliens m’ont renouvelé leur confiance. En application des dispositions de l’article 37 de la Constitution du 25 février 1992, j’ai pris fonction le 08 juin 2007 pour un mandat de cinq (05) ans.
Dans le prolongement des acquis de mon mandat précédent, j’ai consacré toute mon énergie et toute mon imagination à la satisfaction exclusive des besoins essentiels de mes compatriotes et à la réalisation d’un Mali émergent. Aujourd’hui, il ne me revient pas de dresser le bilan de mes deux quinquennats. Les historiens s’en chargeront. Toutefois, depuis quelques mois, notre pays est en proie à des convulsions sur le triple plan sécuritaire, politique et social. Cette situation a atteint son paroxysme les 21 et 22 mars 2012, lorsqu’une violente mutinerie de la garnison militaire de Kati m’a mis dans l’impossibilité d’exercer mes fonctions de président de la République.
C’est pourquoi, dans l’intérêt supérieur de mon pays, j’ai l’honneur de demander qu’il vous plaise de recevoir ma démission et, subséquemment, de constater la vacance de la présidence de la République conformément à l’article 36, alinéa 2 de la Constitution susvisée.
Ce faisant, j’adresse mes sincères remerciements à toutes les Maliennes et à tous les Maliens qui m’ont fait confiance, m’ont accompagné durant le temps que j’ai passé à la tête de l’Etat et qui continuent d’œuvrer  pour le rayonnement d’un Mali éternel.
Enfin, je demande pardon à toutes celles et à tous ceux qui ont pu souffrir du fait des actes que j’ai posés, sans intention de nuire, durant mes deux mandats.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma considération très distinguée.

Amadou Toumani Touré