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Amadou Toumani Touré, dit "ATT" - biographie

"ATT"

Toumani ToureCe n'est plus un acronyme. Ce n'est plus un surnom. C'est un nom. Personne, absolument personne, du fin fond du marché central de Bamako ou sur une lointaine piste aux abords de Gao, ne vous parlera du président, le général Amadou Toumani Touré, autrement qu'en l'appelant "ATT".
Le Mali n'est peut-être pas béni des Dieux question pluviométrie, mais il a eu la chance d'avoir en mars 1991, à la tête de son unité de parachutistes, un certain lieutenant-colonel dénommé Amadou Toumani Touré.
Dans les années 90, les aspirations à plus de démocratie éclatent au grand jour en Afrique. Au Mali comme ailleurs, la révolte gronde. A Bamako, en ce mois de mars 1991, le président de l'époque, Moussa Traoré, au pouvoir depuis 1968, fait réprimer dans le sang des manifestations de rues organisées par les étudiants et les syndicats qui réclament l'instauration de la démocratie. Bilan : 200 morts, un millier de blessés.
Le 26 mars 1991, le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré fait intervenir ses troupes d'élite qui arrêtent le président Moussa Traore et les dignitaires du régime. Il prend alors le pouvoir à la tête d'un Comité Transitoire de Salut du Peuple (CTSP).
Mais, grosse surprise, dans une Afrique où les militaires une fois arrivés au pouvoir s'y arriment corps et biens, lui, ATT, promet de ne pas le confisquer et d'organiser dans un délai d'un an des élections libres. Et plus grosse surprise encore, il tient parole. Au terme d'une transition de 14 mois, il organise l'élection présidentielle en juin 1992. C'est un civil, Alpha Oumar Konaré, qui était à la tête des organisations de lutte pour la démocratie avec son mouvement l'Adema, qui est élu.
On rêve. Un nuage enchanteur plane sur le Mali. Car il ne faut pas oublier qu'à l'époque, les pays voisins du Mali ne sont pas enclins à donner l'exemple. Au Togo, le général Eyadéma est au pouvoir depuis 1967. Au Niger, c'est un autre général, Ali Saïbou, qui tient les rênes du pays. Au Bénin, il a fallu une conférence nationale pour forcer au départ le général Kérékou qui était au pouvoir depuis 1978.
Le jeune Toumani Touré - il n'a que 43 ans en 1991 - aurait pu prendre exemple sur les "anciens". Il n'en fit rien.
Après avoir instauré le multipartisme et organisé l'élection présidentielle, il se retire des affaires de l'Etat non sans avoir signé le 11 avril 1992 à Bamako un Pacte national de Paix avec les rebelles touaregs et arabes du nord du pays qui aboutira, quatre ans plus tard, à la fin des hostilités.
Le nouveau président Konaré le nomme général et "médiateur de la République", c'est-à-dire ambassadeur du Mali pour les bonnes causes.
A ce titre, ATT participe alors à diverses missions de médiation en Afrique, notamment dans la région des Grands Lacs avant de s'occuper de la crise en Centrafrique.
Parallèlement, il œuvre dans l'humanitaire, avec la fondation de l'ancien président américain Jimmy Carter, pour l'éradication de la maladie du ver de Guinée, ou dans des associations en faveur de la démocratie et de la paix.
Le temps passe. Alpha Konaré est réélu président en 1997 et ne pourra plus se présenter une troisième fois en 2002.
C'est alors que "ATT" se lance dans la bataille pour la présidence. Il n'a pas de parti politique, tout juste des associations de soutien. Et face à lui des candidats soutenus par des partis poids lourds et historiques.
Mais grâce aux divisions internes qui ont miné l'Adema, le parti au pouvoir sous le président Konare, ATT est élu président de la République, au deuxième tour, le 12 mai 2002.
Là encore, on peut s'arracher les cheveux, car l'ancien militaire revient au pouvoir, mais par la grande porte, sans parti politique, avec comme programme électoral, sa seule aura et sa volonté de travailler avec tout le monde. C'est ce qu'il fera pendant son premier mandant, en prenant des ministres venus de quasiment toutes les sensibilités politiques du Mali.
Le 29 avril 2007, Il est réélu président, sans aucun problème, et dès le premier tour cette fois, avec plus de 68 % des suffrages.
D'origine songhai, Amadou Toumani Touré est né le 4 novembre 1948 à Mopti.
René-Jacques Lique

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données de base
Population : 14 millions
Superficie : 1 240 000km2
Monnaie : Franc CFA (1 euro = 655 FCFA)
Langue officielle : Français
Principales ethnies : Bambaras, Malinkés, Dogons, Peuls, Songhais, Maures, Touaregs
Président : Amadou Toumani Touré (ATT)
Premier ministre : Modibo Sidibé (25/01/07)
Parti au pouvoir : Aucun. Le président n'appartient à aucun parti et s'appuie sur une coalition qui le soutient à l'Assemblée.
Capitale : Bamako
Principales villes : Kaye, Mopti, Ségou, Gao, Kita
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