Tourisme
Un ambitieux plan de relance
pour contrer le «lynchage médiatique dont le Mali est victime»
16-08-2011
Le Mali a élaboré un plan de relance du tourisme avec une aide aux professionnels du secteur et une sécurisation des principaux sites touristiques du pays dont certains, situés dans le Nord, ont souffert de la menace d'Al-Qaïda.
L’annonce de ces décisions prises à la suite d’un Conseil de défense présidé début août 2011 par le chef de l'Etat , Amadou Toumani Touré, a été faite par le ministre du Tourisme et de l'artisanat, Mohamed El Moctar.
Concernant les aides aux opérateurs, il s’agira principalement d'allègements fiscaux aux hôteliers, aux agences de voyages, aux guides touristiques et aux artisans.
Quant à la sécurisation des sites touristiques du Mali, il est prévu le déploiement sur le terrain de moyens roulant, de communication, d'hommes en uniforme, avec une implication des élus et populations locales. Pas question pour autant de « militariser » les zones touristes. La liberté d’aller et venir doit demeurer la règle.
Le Mali a perdu environ 50 milliards de FCFA (plus de 76 millions d'euros) et quelque 8 000 emplois en deux ans, selon une estimation officielle, une baisse de recettes touristiques due aux problèmes de sécurité dans la bande sahélo-saharienne menacée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). A la suite de rapts d'Européens, plusieurs pays occidentaux ont déconseillé et déconseillent encore leurs ressortissants de se rendre dans le Nord du Mali qui abrite quelques uns de ses principaux sites touristiques.
Les autorités françaises suivies par d’autres pays européens, ont divisé le Mali en deux zones « rouge » et « jaune ». Le rouge identifie les trois régions du nord (Gao, Tombouctou, Kidal) et celle de Mopti. Or, ce sont là quatre régions où l’activité touristique était intense avec des milliers de visiteurs chaque année notamment dans les plateaux Dogon aux abords de Mopti et à Tombouctou.
A Tombouctou, dont 80% des activités sont liées au tourisme, les hôteliers sont en en « chômage technique » faute de clients, a rapporté le journal Bamako Hebdo. Les guides ont dû changer de profession.
Mais le Mali conteste vivement les analyses occidentales soulignant que, depuis 2006, sur 42 otages enlevés au Sahel, un seul (le français Pierre Camatte) a été kidnappé en territoirel malien, tous les autres ayant été enlevés au Niger, en Mauritanie ou en Algérie.
Lors de sa visite début juillet à une exposition sur l’art Dogon à Paris, au musée du Quai Branly à Paris, le président de la République, Amadou Toumani Touré, a poussé un « coup de gueule », appelant les touristes à revenir au Mali.
« En privant de revenus les populations qui vivent exclusivement des recettes du tourisme, on les jette dans les bras de la criminalité transfrontalière et des tenants de l’idéologie obscurantiste. », a lancé le président Toumani Touré. Ce qui est loin d’être faux, car certaines sources affirment que des guides désœuvrés s’en sont allés rejoindre les rangs d’Aqmi faute de travail. |