Année 2003
Afrique-Express N° 263 Mercredi 29 janvier 2003
Naufrage du Joola
Des familles de victimes en appellent au Parlement européen
Des familles de victimes européennes du naufrage du ferry le Joola, qui voudraient que le navire et les dépouilles des victimes soient récupérés, ont demandé au Parlement européen de les aider dans leurs démarches.
Le naufrage, survenu le 26 septembre, avait fait au moins 1.200 morts, dont une trentaine d’Européens (Français, Belges, Néerlandais, Espagnols), pour seulement 64 rescapés. L’épave repose toujours au large de la Gambie et moins de la moitié des victimes ont été récupérées et inhumées, pour la plupart anonymement.
“L’association des familles des victimes du Joola (AFV-Joola) vous demande (...) de lancer une initiative du Parlement européen” en direction de la Commission européenne et du Sénégal, afin que soient compris “les vœux des parents : la récupération du Joola, l’identification des victimes et l’organisation d’obsèques”, a écrit un jeune Néerlandais, Marnix Arendshorst, dans un message adressé au député européen français Philippe Morillon.
M. Arendshorst a perdu dans le naufrage son frère Roel, 34 ans, et sa sœur Lisette, 32 ans.
Afrique-Express N° 265 Lundi 03 mars 2003
Moustapha Niasse très critique
L'opposant accuse le régime de "trahison" lors du congrès de son parti
L'opposant Moustapha Niasse a vigoureusement dénoncé le régime du président Abdoulaye Wade, l'accusant de "trahison" vis-à-vis du peuple qui l'a porté au pouvoir le 19 mars 2000.
"Il y a eu trahison : trahison du peuple, des engagements pris, des espoirs exprimés par la jeunesse du Sénégal, trahison de l'alternance", a martelé Moustapha Niasse devant des milliers de militants de l'Alliance des forces du progrès (AFP), réunis en congrès à Dakar. "Depuis l'avènement du régime dit de l'alternance, voilà bientôt trois années, les droits des citoyens sont constamment menacés, souvent bafoués dans l'opacité", a-t-il ajouté.
A l'arrivée de M. Wade au pouvoir en avril 2000 et jusqu'en février 2001, Moustapha Niasse a été son Premier ministre. Arrivé troisième au premier tour de la présidentielle, il avait soutenu Wade au second tour, permettant la victoire de ce dernier face au candidat Abdou Diouf du Parti socialiste (PS, ex-parti au pouvoir).
Dénonçant les déséquilibres institutionnels "au sommet de l'Etat, en faveur du président de la République" qui deviennent "source de dérives pernicieuses dans la gestion de la chose publique", M. Niasse a estimé que cette "situation outrepasse, dans des proportions inadmissibles, les prérogatives prévues par la constitution", qui "doit être révisée".
Il a aussi pointé du doigt la "détresse du monde rural", dont "dépend au moins 70 % des populations sénégalaises".
"L'année 2002 a connu la plus faible production d'arachides depuis 40 ans, avec environ 250.000 tonnes (...) et moins de 10.000 tonnes commercialisées", a-t-il affirmé, accusant l'Etat de négliger ce secteur de l'économie.
Plus d'une dizaine de délégations étrangères ont assisté à ce premier congrès de l'AFP, parti fondé en 1999 par M. Niasse après son départ du PS.
Karim Wade "conseiller personnel" de son père
Le fils du président Abdoulaye Wade, Karim, a été nommé par décret "conseiller personnel" du chef de l'Etat. Pour mémoire, la fille du président, Sindiély, était déjà quant à elle "assistante personnelle" du chef de l'Etat.
Karim Wade devrait ainsi prendre en charge les dossiers précédemment gérés par Idrissa Seck ex-directeur de Cabinet qui a été nommé Premier ministre, en novembre.
Afrique-Express N° 270 Mardi 20 mai 2003
En Casamance
Le roi Sibiloumbaye perpétue une tradition qui "interdit de verser le sang"
Le roi d'Oussouye, grand chef coutumier de l'ethnie diola de l'ouest de la Casamance, région méridionale du Sénégal en rébellion depuis vingt ans, vient de réaffirmer son engagement à œuvrer pour la paix, tout en faisant remarquer qu'il s'y employait depuis son intronisation, en janvier 2000.
C'est un fait, notent les Casamançais, que la violence liée au conflit indépendantiste ne s'est pas complètement arrêtée dans le département d'Oussouye, mais s'est nettement atténuée ces trois dernières années.
Tout de rouge vêtu comme à son habitude, pieds nus et portant à la manière d'un sceptre une sorte de balai de feuilles de palmiers, Sibiloumbaye Diédhiou, la quarantaine, vient de recevoir dans son royaume les responsables d'une organisation américaine venus lui demander de soutenir leur programme de "consolidation de la paix en Casamance".
"Ma première mission est de protéger mes sujets et de perpétuer la tradition, qui interdit de verser le sang de son prochain", a déclaré le grand prêtre du bois sacré, qui "règne" sur la région du Kassa, englobant le département d'Oussouye et une partie de la Guinée-Bissau.
Dès son intronisation, il a mené la croisade contre la violence sur toute l'étendue du Kassa et usé de son influence auprès des maquisards diola, ethnie de Casamance qui demeure très attachée à ses traditions, ses rites animistes, ses fétiches.
Roi d'Oussouye et personnalité centrale du système social, également appelé "Mane", "Euyi" ou "Euwi", il a sous son autorité les chefs coutumiers du département, qui compte autant de "petits" rois qu'il y a de "bois sacrés", forêts aux réputations mystiques.
Même certains féticheurs de Guinée-Bissau ont prêté allégeance à Sibiloumbaye, membre d'une famille dont sont traditionnellement issus les rois d'Oussouye, depuis "la nuit des temps", disent les Casamançais.
A la mort de son prédécesseur, en 1985, la Casamance était déjà entrée dans une rébellion armée conduite contre le pouvoir central de Dakar par les indépendantistes du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC).
Plusieurs dignitaires, ou sages, qui devaient choisir le nouveau roi ont été arrêtés, ou se sont exilés, laissant le Kassa sans repère, sans roi, où chacun pouvait faire ce qu'il voulait sans craindre la foudre mystique du Mane.
Pendant quinze ans de vacance du "trône" d'Oussouye, le département a connu de fréquents assassinats, attaques, explosions de mines antipersonnel et antichar...
Puis vint Sibiloumbaye Diédhiou, qui entreprit sa "croisade" et dont les recommandations ont manifestement été observées, en partie au moins, par les maquisards.
Pourtant, "l'administration et le gouvernement n'avaient aucune considération pour nous, dirigeants de la religion de nos ancêtres", estime le Mane, qui reconnaît toutefois que les choses commencent à changer, puisqu'il est maintenant consulté sur certains sujets, que des ministres lui rendent visite, que des ONG lui demandent conseil et soutien.
Tous viennent le voir dans son domaine, vaste bois sacré dont le saint des saints n'est accessible qu'aux "initiés". Il vit avec femmes et enfants dans ce "royaume", bordé de rivières que, pour des raisons mystiques, il lui est interdit de franchir. (AFP)
Afrique-Express N° 271 Mardi 03 juin 2003
Décès de Sidy Badji, un des leaders historiques de la rébellion casamançaise
Sidy Badji, un des chefs historiques de la rébellion indépendantiste en cours depuis plus de vingt ans en Casamance (sud), est décédé lundi 26 mai à son domicile de Ziguinchor, principale ville de la région.
Sidy Badji, âgé de 83 ans, était souffrant depuis plusieurs semaines. Il est considéré comme le fondateur du «maquis» casamançais et contestait l’autorité de l’abbé Augustin Diamacoune Senghor, actuel «président» du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC, indépendantiste).
Sidy Badji, qui s’était autoproclamé secrétaire général «par intérim» du MFDC, s’était élevé à plusieurs reprises contre des décisions prises par l’abbé Diamacoune, notamment lorsque le président du MFDC avait rencontré, le 4 mai dernier à la présidence à Dakar, le chef de l’Etat sénégalais, Abdoulaye Wade.
Contrairement au prélat, Sidy Badji a toujours revendiqué sa participation active à la toute première manifestation des indépendantistes, en décembre 1982. Engagé sous les drapeaux de l’armée coloniale en 1941, l’ancien chef du maquis s’est «volontairement» ré-engagé dans l’armée jusqu’aux premières années de l’indépendance.
A sa libération en 1962, il a exercé divers petits métiers et revendiquait avoir milité, jusqu’en 1982, au sein du Parti démocratique sénégalais (PDS) du président Wade, alors parti d’opposition.
Principal fondateur de l’aile armée du MFDC, avec un groupe de quatre autres personnes toutes disparues aujourd’hui, il est resté dans le maquis pendant huit ans et est rentré à Ziguinchor en 1992, à la faveur des premiers accords de paix, signés un an auparavant.
Depuis lors, il vivait à Ziguinchor et était sous la surveillance des forces de sécurité sénégalaises. Sidy Badji était marié et père de sept enfants.
«C’est une triste nouvelle qui a plongé tout le monde dans la consternation», a déclaré l’abbé Augustin Diamacoune Senghor, soulignant le «poids important» de Sidy Badji «dans la région» de Casamance.
Obsèques «politiques» à Ziguinchor
Réunis à la levée du corps à l’hôpital régional de Ziguinchor, en présence des autorités administratives et de l’abbé Augustin Diamacoune Senghor, les fidèles de Sidy Badji, fondateur de l’aile armée de la rébellion, ont rendu hommage à leur ancien chef.
Soulignant la «valeur de l’homme qu’était Sidy Badji» qui l’a «formé dans le maquis», Abdoulaye Diédhiou, ancien combattant devenu «secrétaire à l’aile intérieure» du MFDC, a rendu hommage à l’octogénaire disparu.
M. Diédhiou a notamment rappelé les derniers moments de la vie de Sidy Badji, qui, a-t-il dit, avait réuni peu avant son décès, le 22 mai, ses fidèles pour leur recommander de rester «unis».
L’abbé Diamacoune a quant à lui formulé des prières pour le repos de l’âme du défunt.
Après cette cérémonie, le cortège s’est dirigé vers Diatock, village natal de Sidy Badji à une quarantaine de km au nord-ouest de Ziguinchor, où il a été inhumé par sa famille et ses proches.
Mais, le jour même des obsèques de Sidy Badji, un «communiqué» du MFDC, manuscrit et critiquant sévèrement l’Etat du Sénégal, a été remis à la presse locale à Ziguinchor réaffirmant «le droit immémorial de la Casamance à l’indépendance».
Signé de Salif Sadio, «chef d’Etat-major général du maquis», plusieurs fois annoncé mort, le communiqué a dénoncé notamment la rencontre du 4 mai entre le président sénégalais et l’abbé Diamacoune, considéré comme «un otage» du gouvernement sénégalais.
Afrique-Express N° 276 Jeudi 07 septembre 2003
"Wade, un opposant au pouvoir, l'alternance piégée?"
Le livre sur le président Wade suscite une polémique politico-médiatique
Le livre du journaliste sénégalais, Abdou Latif Coulibaly, "Wade, un opposant au pouvoir, l'alternance piégée?" a provoqué une sérieuse polémique politico-médiatique au Sénégal depuis sa sortie en juillet.
Les multiples problèmes soulevés par le livre se sont transformés en débat au sein de la classe politique et dans les journaux sénégalais.
Le livre dénonce des pratiques de concussion notamment dans trois affaires qui font l'objet actuellement d'une enquête parlementaire.
Mardi, l'Assemblée nationale a mis sur pied une commission d'enquête parlementaire pour "faire la lumière" sur ces affaires.
Quinze parlementaires, dont dix appartiennent au groupe libéral et démocratique, issu du Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir) vont se pencher sur les questions soulevées par la rénovation de l'avion présidentiel sénégalais, l'indemnisation pour 600 millions de F.CFA (915.000 euros) de la famille de l'ancien vice-président du conseil constitutionnel sénégalais Babacar Sèye, assassiné le 15 mai 1993, et l'utilisation de 400 millions de F.CFA (610.000 euros) pour la réalisation d'infrastructures sportives dans le département de Mbacké (centre du Sénégal).
Le livre dénonce aussi l'impunité à l'encontre des militaires jugés par l'opinion responsables de la tragédie du Joola, le bateau reliant la Casamance à Dakar, qui a fait naufrage dans la nuit du 26 au 27 septembre 2002, causant la mort ou la disparition de 1863 personnes.
Le 18 août, sept militaires, dont le général de division Babacar Gaye, chef d'Etat-major général des armées, ont été relevés de leurs fonctions par décret présidentiel pour "lenteur des secours et mauvaise appréciation de la situation".
"Depuis que (le président Wade) a prêté serment, le 20 mars 2000, je l'ai observé. Chaque jour, j'ai pris des notes. Dans mon livre, je ne fais que me prononcer par rapport à des faits que j'ai constatés", explique Abdou Latif Coulibaly.
Selon lui, "l'alternance marche en évitant difficilement les pièges qu'elle s'emploie à dresser devant elle-même".
Le livre critique clairement les orientations diplomatiques d'Abdoulaye Wade dont le pays avait manifesté ces derniers mois sa volonté de se rapprocher des Etats-Unis au détriment de la France.
"Avait-on besoin de se brouiller avec la France pour devenir les amis des Etats-Unis?", s'interroge l'auteur.
La gestion quotidienne de l'Etat et la lenteur d'exécution de certains projets sont également mis en relief dans le livre.
"On attend encore l'arpentage de nos routes défoncées par les premiers (bus) montés à Thiès (centre-est)", dans une usine créée à cet effet, écrit l'auteur.
"Le premier bus made in Sénégal sortira dans une semaine" de l'usine de montage de Thiès, titre en réponse le quotidien privé Wal Fadjiri dans son édition de mardi.
Concernant toutes ces affaires, "s'ils veulent dire la vérité aux Sénégalais, qu'ils créent une commission indépendante, comme ils l'ont fait à d'autres moments, pour le Joola", souhaite Abdou Latif Coulibaly.
Le journaliste espère obtenir de "vraies réponses", des "documents démentant les allégations de (son) livre".
M. Coulibaly "est un citoyen (qui) a le droit de dire ce qu'il pense, ce qu'il veut (...) seulement il y a des limites à ne pas franchir. Si on les franchit, il appartient au tribunal de juger", lui avait répondu Abdoulaye Wade le 27 juillet dans l'unique intervention qu'il a consacrée au livre.
Abdoulaye Wade a ordonné au ministre du Budget de faire débloquer les comptes du Groupe Sud communication, dont Abdou Latif Coulibaly est membre. Les comptes du Groupe Sud communication et les créances de ses fournisseurs avaient été gelées par le Trésor public sénégalais alors que jusqu’à présent les services fiscaux s'étaient montrés arrangeants pour gérer l'endettement du groupe à leur égard.
"La question qui trotte dans les esprits est : pourquoi attendre ce moment précis pour déclencher la machine fiscale ?", s'était interrogé le Quotidien.
Sit-in des intellectuels sénégalais pour dénoncer "les appels au meurtre"
Le Comité d'initiatives des intellectuels sénégalais (CIIS) a prévu un sit-in à Dakar pour dénoncer "les appels au meurtre" contre Abdou Latif Coulibaly, a annoncé le président de ce Comité, Malick Ndiaye.
"Le ministre de l'Agriculture et de l'élevage (Habib Sy) a appelé au meurtre de M. Coulibaly en demandant sur les ondes de briser sa plume satanique", a déploré M. Ndiaye, remarquant que "briser la plume d'un écrivain, d'un chercheur ou d'un journaliste est le symbole universel du silence qu'on veut imposer à la créativité, c'est la fin".
"C'est une fatwa (décret religieux) post Khomeni qui est incompatible avec les idéaux de l'alternance(...) Nous allons donc organiser ce sit-in pour dénoncer ces dérives et sauver ce qui reste de la République par une socialisation du débat", a-t-il indiqué.
Pluies diluviennes : déclenchement du plan ORSEC
Le Sénégal a déclenché le plan ORSEC (Organisation des radiocommunications dans le cadre des secours et de leur coordination) pour faire face aux dégâts causés par les pluies diluviennes qui ont déjà fait trois morts.
Outre les trois morts, trois autres personnes sont portées disparues et de nombreux dégâts matériels ont été enregistrés.
La région de Kanel a enregistré 152 mm eaux de pluie en 24 heures, la situation est critique, un village de la localité a été coupé en deux, le bétail emporté, la route nationale impraticable à différents endroits.
Afrique-Express N° 277 Jeudi 28 septembre 2003
Léger remaniement ministériel
Le gouvernement a été remanié mercredi 27 août par le Premier ministre, Idrissa Seck, et réaménagé le lendemain par le président Abdoulaye Wade.
M. Seck avait présenté la démission de son équipe et la sienne le 22 août, mais il avait aussitôt été reconduit à son poste par le président Wade.
Premier ministre : Idrissa Seck
Ministres d'Etat
Intérieur et Collectivités locales : Macky Sall, également porte-parole du gouvernement
Industrie et Artisanat : Landing Savané
Sports : Youssoupha Ndiaye
Affaires étrangères: Cheikh Tidiane Gadio
Ministres
Garde des Sceaux et Justice: Serigne Diop
Forces armées: Bécaye Diop
Economie et Finances: Abdoulaye Diop
Infrastructures, Equipement et Transports: Mamadou Seck
Environnement et Assainissement: Modou Fada Diagne
Agriculture et Hydraulique: Habib Sy
Education: Moustapha Sourang
Santé et Prévention: Issa Mbaye Samb
Famille, Développement social et Solidarité nationale: Mme Awa Guèye Kébé
Pêche: Pape Diouf
Tourisme: Ousmane Masseck Ndiaye
Culture: Mme Safiétou Ndiaye Diop
Fonction publique, Travail, Emploi et Organisations professionnelles: Yéro Deh
Urbanisme et Aménagement du territoire: Seydou Sy Sall
Plan: Opa Ndiaye
Elevage: Ameth Yoro Diallo
Entreprenariat féminin: Mme Marième Ndiaye
Information et Coopération panafricaine dans les nouvelles technologies de l'information et de la communication: Mamadou Diop
Commerce: Mme Aïcha Agne Pouye
Petites et moyennes entreprises et Micro-finance: Mme Maïmouna Sourang Ndir
Energie et Mines: Madické Niang
Jeunesse: Aliou Sow
Habitat et Construction: Salif Bâ
Sénégalais de l'extérieur: Abdou Malal Diop
Recherche scientifique: Christian Sina Diatta
Coopération décentralisée et Planification régionale: Mme Soukeyna Ndiaye Ba
Relations avec les institutions parlementaires nationales, régionales et de l'Union africaine: Bakar Dia
Ministres délégués
Budget: Cheikh Hadjibou Soumaré
Enseignement technique, Formation professionnelle, Alphabétisation et Langues nationales: Georges Tendeng
Petite enfance et Case des tout petits: Mme Ndèye Khady Diop
A noter : le parti d'opposition, l'Alliance des forces de progrès (AFP), de l'ancien Premier ministre Moustapha Niasse, a refusé de participer à ce nouveau gouvernement.
Moustapha Niasse avait pourtant été reçu par le président Abdoulaye Wade.
Afrique-Express N° 278 Vendredi 03 octobre 2003
La FIDH proteste contre la condamnation à mort de l’assassin d’un militaire
Le président de la Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH), Sidiki Kaba, a «demandé expressément» le 23/09 aux autorités sénégalaises de «ne pas exécuter» Abdoulaye Diagne, condamné à mort deux jours plus tôt par la cour d’assises de Dakar.
La dernière condamnation à mort, non exécutée, remonte aux années 70. Les deux dernières exécutions datent de 1967 au Sénégal.
Signataire de la charte africaine des droits de l’Homme, le Sénégal a en outre ratifié en 1978 le Pacte international civil et politique, qui encadre strictement l’usage de la peine de mort dans les pays qui la pratiquent.
Abdoulaye Diagne a été déclaré coupable de «vol avec usage d’armes et de violence ayant entraîné mort d’homme». Il était accusé d’avoir poignardé dans le cou un jeune soldat et de lui avoir subtilisé ses biens dans la nuit du 27 au 28 août 1993.
Baaba Maal
Le chanteur sénégalais nommé «émissaire du PNUD»
Le chanteur sénégalais Baaba Maal a été fêté au Sénégal suite à sa nomination, fin juillet, dernier comme «émissaire pour la jeunesse» par le Programme des nations unies pour le développement (PNUD).
M. Maal, 50 ans, a été choisi par l’institution onusienne pour sensibiliser la jeunesse sur la réduction de la pauvreté et de la lutte contre le VIH/sida dans le cadre d’une initiative dénommée «Afrique 2015», visant notamment l’éradication de la pauvreté, la faim et la maladie à cette échéance.
Le chanteur a été fêté au cours d’une soirée ayant rassemblé plusieurs milliers de personnes au Théâtre national Daniel Sorano de Dakar.
Dans l’assistance figuraient des ministres, des artistes, mais surtout beaucoup de membres de la communauté haalpulaar ou toucouleure (Peuls du Fouta, au nord du Sénégal), ethnie du chanteur.
Baaba Maal, surnommé «roi du yéla», est né en 1953 à Podor (près de 490 km au nord de Dakar), dans une famille de pêcheurs. Il est l’auteur de plusieurs albums («Djam leelii», «Taara», «Baayo», «Firin’ in Fouta», «Nomad Soul», «Missing you»...), pour lesquels il a «invité» des chanteurs et musiciens comme le quatuor féminin irlandais «Screaming Orpheans», le bassiste jamaïcain Robbie Shakespeare, le guitariste guinéen Manfila Kanté, ou travaillé avec Peter Gabriel.
Afrique-Express N° 279 Vendredi 17 octobre 2003
L'opposant Talla Sylla, agressé à coups de marteau, a été évacué en France
L'opposant sénégalais Talla Sylla, hospitalisé après avoir été attaqué à coups de marteau par des hommes non identifiés le 5 octobre à Dakar, a été évacué vers la France.
M. Sylla, 37 ans, connu pour ses prises de position très critiques vis-à-vis du pouvoir, souffre notamment de "contusion pulmonaire" et de "fractures crâniennes".
Son parti, l'Alliance Jëf-Jël a déposé une plainte contre X. Une enquête a été ouverte pour retrouver les agresseurs de Talla Sylla, qui ont pris la fuite.
Cette agression a provoqué l'indignation de plusieurs organisations de défense des droits de l'homme et partis politiques.
Le gouvernement a condamné dans un communiqué cette agression. "Le gouvernement réprouve et condamne l'agression dont a été victime M. Talla Sylla (...) les forces de sécurité ont été saisies et l'enquête suit son cours", indique le communiqué émanant du ministère sénégalais de l'Intérieur et des Collectivités locales. Les autorités sénégalaises se sont déclarées déterminées à poursuivre et arrêter "les auteurs de ces actes graves".
Mekhe, future capitale ?
Un projet d’une nouvelle capitale administrative et politique pour soulager Dakar est sur la table
Un projet de nouvelle capitale administrative et politique, située à Mekhe, à 120 km au nord-est de Dakar, est en développement au Sénégal, pour soulager l'actuelle capitale saturée par un exode rural qui dure depuis plus de quarante ans.
"Dakar est congestionnée à 85 %. D'ici quinze ans, il n'y aura plus aucun espace vacant dans cette ville. Il faut donc la réaménager, pour lui donner une seconde vie", a déclaré Malick Sarr, directeur de l'aménagement du territoire.
Bâtie sur la presqu'île du Cap-Vert, Dakar est dans une impasse. "Son positionnement était pertinent politiquement, quand les colons l'ont construite. Mais c'était le plus mauvais choix en termes d'urbanisme", analyse M. Sarr.
Au temps de la colonisation, Dakar était la capitale de l'Afrique occidentale française. A l'indépendance, elle devient celle du Sénégal et remplace alors Saint-Louis. Sa population explose, passant de 300.000 habitants en 1960 à 1,2 million en 1996 et 2,5 millions aujourd'hui, sur une population totale de 9,2 millions.
Les infrastructures ne suivent pas cette croissance.
Dakar, qui concentre 80 % des activités industrielles du Sénégal, est une ville engorgée. "Le trafic y est trop difficile. Cela coûte chaque année 108 milliards de FCFA (164,6 millions d'euros) au Sénégal", soit 4,7% de son PIB, rappelle le ministre de l'Urbanisme et de l'Aménagement du territoire, Seydou Sy Sall.
D'où le projet de "nouvelle ville", visant à délocaliser vers Mekhe, sur la route de Saint-Louis, les administrations et ministères.
La réalisation de la "nouvelle capitale", au financement hypothétique, est conditionnée par l'accueil du sommet de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) en 2006.
"Si celui-ci se déroule au Sénégal, il se fera à Mekhe", affirme le ministre de l'Urbanisme qui assure que l'OCI financera le palais des congrès et la maison des hôtes de la ville.
Les autres infrastructures lourdes, comme l'hôpital ou les écoles, proviendront de projets déjà financés à Dakar et délocalisés à Mekhe. Le reste du financement sera assuré par les revenus fonciers dégagés de la vente des ministères à Dakar.
Casamance
Le MFDC pour une "solution intermédiaire" à l'indépendance
Le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) ne renonce pas à l'indépendance de cette région du sud du Sénégal mais souhaite "une solution intermédiaire" à la crise en cours depuis plus de vingt ans, a annoncé Jean-Marie François Biagui, son secrétaire général.
"La revendication du MFDC n'a pas changé d'un iota. (...) Nous sommes pour l'indépendance", a indiqué M. Biagui au cours d'une conférence de presse concluant les assises du MFDC, qui se sont déroulées durant trois jours à Ziguinchor, principale ville de la Casamance.
Mais il a ensuite appelé à la tenue de négociations avec le gouvernement sénégalais pour une "solution intermédiaire" à la crise.
Selon M. Biagui, la "solution intermédiaire" désigne un règlement de la situation politique et économique en Casamance, qui se réfère à la "volonté casamançaise", déterminée après "la plus large (consultation) possible" des "forces vives" de la région.
"Nous souhaitons la relance du développement de la Casamance à tout point de vue: politique, économique, culturel et social", a insisté Jean-Marie Biagui.
Dénonçant le comportement des médias plaçant "les bons" d'un côté et "les diables" de l'autre, Jean-Marie Biagui s'est "interdit" tout commentaire sur le futur politique de la Casamance.
"Nous avons été pour l'indépendance, mais nous ne l'avons pas obtenue. Si nous avions gagné la guerre, nous aurions libéré la Casamance", a-t-il seulement ajouté.
La rébellion, déclenchée en décembre 1982, a fait des centaines de victimes rebelles, militaires et civiles, et a fragilisé l'économie de la région, principalement basée sur l'agriculture et le tourisme.
Les assises du MFDC ont accueilli de lundi à mercredi plusieurs centaines des sympathisants et de membres du MFDC, dans le but d'établir une base de négociation avec le gouvernement sénégalais sur le devenir de la Casamance.
Les responsables du MFDC ont remis le rapport de ces assises au ministre d'Etat sénégalais de l'Intérieur et des Collectivités locales, Macky Sall. (avec AFP)
Afrique-Express N° 280 Vendredi 31 octobre 2003
Les auteurs présumés de l'incendie de la Bourse de travail de Dakar libérés
Les syndicalistes de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal - force de changement (CNTS-FC), accusés d'avoir incendié la Bourse du Travail de Dakar le 21 mars 2002, faisant un mort et plusieurs blessés, ont été déclarés non coupables de ces chefs d'accusation le 20 octobre par la Cour d'assises de Dakar.
Le secrétaire général de la CNTS-FC, Cheikh Diop, et cinq autres militants de la centrale syndicale ont toutefois été condamnés à 18 mois de prison ferme pour "rassemblement illicite" devant la Bourse du Travail, peine qu'ils ont déjà purgée en détention préventive.
Trois autres militants, également poursuivis pour assassinat et complicité d'assassinat, ont été déclarés non coupables et acquittés.
Avocat de la partie civile, Me El Hadj Diouf a qualifié le verdict de "mascarade" dans un entretien accordé à l'AFP. "Ces hommes ne sont pas reconnus coupables de l'incendie alors que ce sont eux les assaillants et qu'ils ont été condamnés comme tel", a-t-il estimé.
Me El Hadj Diouf s'est déclaré "extrêmement déçu" par la justice sénégalaise. "La main du pouvoir n'est pas étrangère à ce verdict", a-t-il poursuivi, rappelant que Cheikh Diop est un militant du Parti démocratique sénégalais (PDS - au pouvoir).
Le constat est tout autre pour la défense. "On nous avait accusés d'assassinat, de tentative d'assassinat. Rien n'a été prouvé par la partie civile", s'est félicité le doyen des avocats de la défense Me Mbagnick Macodou Diop.
La Bourse du Travail de Dakar, siège des centrales syndicales sénégalaises, a été attaquée le 21 mars 2002 par une cinquantaine d'assaillants armés de cocktails molotov, gourdins, coupe-coupes et autres armes blanches, qui l'ont ensuite incendiée.
Plusieurs personnes ont été grièvement blessées dans l'incident. L'une d'entre elles, un chauffeur de 32 ans, est morte de ses blessures à l'hôpital neuf jours après le sinistre.
Les dirigeants de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS), la plus grande centrale syndicale sénégalaise, créée en 1969 et affiliée au Parti socialiste, ont rapidement porté plainte contre leurs rivaux de la CNTS-FC (Force de changement - proche du pouvoir), qui ont fait sécession en janvier 2002, les accusant d'être les commanditaires de l'incendie.
Plusieurs militants de la CNTS-FC, dont son secrétaire général Cheikh Diop, soupçonnés d'avoir participé à l'attaque, ont ensuite été arrêtés.
Le 30 mars 2002, le président Abdoulaye Wade s’était déclaré "horrifié" par l'incendie et avait demandé que ses auteurs, "quels qu'ils soient, soient réprimés avec sévérité".
"Que personne n'espère une intervention du chef de l'Etat", a-t-il ajouté. "Je serai personnellement impitoyable".
Le président donne "carte blanche à l'UE" pour renflouer le Joola
Le président sénégalais Abdoulaye Wade s'est dit prêt à donner "carte blanche à l'Union européenne" pour procéder au renflouement du Joola, en réaffirmant que son pays n'avait lui-même "pas les moyens" de procéder à une telle opération.
Les familles des "victimes européennes ont contacté des députés européens qui m'ont écrit une lettre en me disant que l'UE pourrait aider au renflouement du bateau. Je m'en réjouis", a déclaré M. Wade, lors d'une conférence de presse à Strasbourg à l'issue d'une allocution solennelle devant le Parlement européen.
Selon l'Association des familles des victimes du Joola (AFV-Joola), basée à Toulouse (sud-ouest de la France), le commissaire européen au Développement, Poul Nielson, serait prêt à ce que Bruxelles finance tout ou partie des frais engendrés par une telle opération, "à condition que le Sénégal introduise une demande officielle".
Afrique-Express N° 281 Vendredi 14 novembre 2003
L'opposant Talla Sylla accueilli par près de 2.000 personnes à Dakar
Près de 2.000 personnes ont accueilli le 9 novembre à Dakar l'opposant sénégalais Talla Sylla, revenant de Paris où il avait été évacué après son agression à coups de marteau par des hommes non identifiés début octobre,.
M. Sylla, 37 ans, leader de l'Alliance Jëf-Jël et connu pour ses prises de position très critiques vis-à-vis du pouvoir, avait été hospitalisé à Dakar le 5 octobre puis évacué le 13 à l'hôpital Georges Pompidou de Paris en raison notamment de "contusion pulmonaire" et de "fractures crâniennes".
Vêtu d'un costume-cravate beige, le visage amaigri, il a été salué par plusieurs leaders de l'opposition politique et une foule de militants de son parti scandant son prénom, au milieu de forces de l'ordre. Parmi les leaders, figuraient Amath Dansokho, du Parti pour l'indépendance et le travail (PIT), Ousmane Tanor Dieng, du Parti socialiste sénégalais (PS), Madior Diouf, du Rassemblement national démocratique (RND) et plusieurs responsables de l'Alliance des forces de progrès (AFP), parti de l'ancien Premier ministre Moustapha Niasse.
Les différents leaders, dont les formations sont regroupées au sein du Cadre permanent de Concertation de l'opposition (CPC), ont ensuite formé un cortège qui s'est ébranlé en direction des lieux où l'agression s'est produite.
Afrique-Express N° 283 Vendredi 05 décembre 2003
Le parti de Talla Sylla demande la comparution de M. Wade pour haute trahison
Le parti de l'opposant sénégalais Talla Sylla, agressé début octobre à coups de marteau, a demandé début décembre la comparution du président Abdoulaye Wade devant la Haute cour de justice pour "haute trahison", une démarche aussitôt qualifiée de "vaste blague" par des proches du pouvoir.
"Mon projet de résolution et la lettre introductive ont été déposés hier (mardi) sur le bureau du président de l'Assemblée nationale", a confirmé Moussa Tine, secrétaire général et député de l'Alliance Jëf-Jël, le parti de Talla Sylla.
Pour aboutir, une telle démarche devrait être votée à la majorité qualifiée des trois cinquièmes par l'Assemblée nationale, où le parti du président Wade et ses alliés disposent des trois quarts des sièges.
Avant son agression, qui provoque depuis deux mois de nombreux remous sur la scène politique, M. Sylla avait déjà estimé que M. Wade devrait comparaître pour haute trahison, parce qu'il n'avait pas dit la vérité sur le financement de la réparation de l'avion présidentiel.
Cette affaire d'avion avait été "révélée" cet été par le journaliste
Alexandre Djiba
L'ancien porte-parole des indépendantistes casamançais arrêté à Banjul
L'ancien porte-parole des indépendantistes de Casamance, Alexandre Djiba, qui vit en exil en Gambie depuis plusieurs années, a été arrêté à Banjul en vue de son expulsion.
M. Djiba, considéré comme un élément radical du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), est détenu au commissariat central de Banjul, a précisé Pa Hamadi Jallow, porte-parole de la police.
Aucune raison précise n’a été annoncé de manière officielle pour cette arrestation. M. Djiba avait été désavoué par le chef historique de la rébellion casamançaise, l'abbé Augustin Diamacoune Senghor. La présence de Djiba à Banjul a souvent été une cause de friction entre la Gambie et le Sénégal.
En mars 2002, Alexandre Djiba avait aussi été arrêté en Guinée-Bissau, d'où il avait été renvoyé au Sénégal. De là, il avait pu rentrer à Banjul. |
Année 2004
Afrique-Express N° 285 Mardi 06 janvier 2004
"Menaces de mort" contre les évêques sénégalais
Les évêques du Sénégal, qui avaient déploré fin novembre la dégradation du climat politique dans leur pays, ont reçu des menaces de mort, a affirmé le 05/01 l'Organisation nationale pour la défense des droits de l'Homme (ONDH).
Ces menaces ont été reçues en particulier par l'archevêque de Dakar, Mgr Théodore Adrien Sarr, et sont contenues notamment dans une lettre "postée à partir de Dakar le 9 décembre 2003 par un groupe qui se nomme Le Cercle d'Acier".
Se disant "extrêmement préoccupée", l'ONDH a lancé "un appel à toutes les organisations de la société civile, à tous les partis politiques, à tous les démocrates, à la Nation entière pour que tous (...) condamnent sans équivoque ces pratiques d'un autre âge, qui n'ont pour seul objectif que de saper la cohésion nationale et d'installer un sentiment d'impunité dans le pays".
L'Etat doit " prendre des mesures urgentes visant à la protection des personnes ciblées et à l'arrestation des auteurs de cette conspiration ", a encore écrit l'ONG de défense des droits de l'Homme.
Selon l'ONDH, " la tonalité des menaces " proférées à l'encontre des évêques rappelle celles qui ont visé ces derniers mois d'autres personnalités, notamment l'opposant Talla Sylla, agressé début octobre à coups de marteau par des inconnus.
Le 30 novembre, les évêques du Sénégal, réunis à Tambacounda (sud-est du Sénégal), avaient déploré la dégradation " du climat social et politique ", assortie de " violences verbales et physiques ", en estimant que le ciel sénégalais était " chargé de gros nuages ".
Casamance
Wade promet une loi d'amnistie générale et la reconstruction
Le président Abdoulaye Wade a promis le vote d'une loi d'amnistie générale à l'endroit du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC, indépendantiste) dans la perspective de recherche de la paix dans cette région nord du pays, au cours de son message de nouvel an.
"Je tiens (...) à féliciter pour leur lucidité les dirigeants du MFDC, les chefs de guerre et leurs militants pour avoir choisi la paix à l'intérieur de la patrie une et indivisible", a déclaré le président Wade. "Je les encourage à accélérer le pas vers la paix qu'une loi d'amnistie générale consolidera", a-t-il ajouté.
Abdoulaye Wade a également affirmé que "l'œuvre de reconstruction" de la Casamance va se poursuivre.
Depuis quelques mois, les responsables du MFDC et le gouvernement se sont engagés dans une dynamique de retour à la paix.
La rébellion, déclenchée en décembre 1982, a fait des centaines de victimes rebelles, militaires et civiles, et a fragilisé l'économie de la région, principalement basée sur l'agriculture et le tourisme.
Toujours à l'occasion de ses vœux à la nation, le président s'est engagé à veiller "au respect strict des normes de sécurité et de sûreté de la navigation" sur le trajet Dakar-Ziguinchor où a coulé en septembre 2002 le Joola faisant 1.863 morts.
M. Wade a assuré qu'il veillera "personnellement à tout ce qui touche à la poursuite sans encombre du processus d'indemnisation dont la procédure a été considérablement allégée" à l'endroit des familles des victimes.
Environ 300 familles ont été dédommagées depuis que la commission gouvernementale chargée des indemnisations a commencé à délivrer fin septembre des chèques de 5 millions de francs CFA (7.622 euros) par victime.
Environ 800 familles de victimes ou de rescapés, sur près de 2.000 ayants droit, auront reçu 5 millions de francs CFA chacune. Cette somme correspond à un "acompte" sur les 10 millions de francs CFA (15.244 euros) promis le 30 juillet par le président Wade aux proches des victimes et aux rescapés.
Un livre-bilan des 4 années « Wade »
Abdoulaye Wade a profité de ses vœux pour annoncer qu'un livre sera publié le 19 mars sur ses quatre années passées à la tête du Sénégal, date du quatrième anniversaire de son accession au pouvoir.
M. Wade a assuré qu'il ne fera "pas de bilan, car il suffit de regarder autour de nous pour s'apercevoir que le Sénégal est devenu un chantier, au bonheur du pays profond". Rien de moins ! Pas sûr que les dizaines de bonnes qui attendent chaque matin à Dakar qu'on veuille bien les employer pour des salaires de misère de l'ordre de 30 000 FCFA par mois aient le sentiment de vivre dans un nouveau Sénégal paradisiaque, mais passons.
En juillet, un journaliste sénégalais Abdoul Latif Coulibaly avait publié "Wade, un opposant au pouvoir, l'alternance piégée?". Un livre très critique qui dénonçait un certain nombre d'agissements et de décisions prises par le président Wade depuis son arrivée au pouvoir le 19 mars 2000.
Les révélations dispensées dans l'ouvrage avaient déclenché une polémique virulente dans l'ensemble des médias et partis politiques locaux.
Abdou Latif Coulibaly, directeur général de Sud FM, l'une des principales radios privées sénégalaises, avait lui aussi été menacé de mort après la sortie de son livre.
En août, l'Assemblée nationale sénégalaise avait créé une commission d'enquête parlementaire pour "faire la lumière" sur trois affaires contenues dans ce livre.
Grâce présidentielle à 158 détenus
Le président a signé un décret portant grâce présidentielle à 158 détenus visant "la remise totale des peines, tant principales qu'accessoires et complémentaires", à l'occasion du nouvel an. Cette grâce ne concerne pas toutefois "les personnes ayant commis des infractions graves" notamment des atteintes à l'ordre public, économique et social ainsi que les crimes de sang, la concussion, la pédophilie et le trafic de stupéfiants".
Afrique-Express N° 286 Mardi 20 janvier 2004
Interpellation d'une trentaine d'étudiants
Une trentaine d'étudiants de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) qui participaient à une marche de protestation interdite ont été arrêtés le 9 janvier. "On voulait marcher malgré l'interdiction incompréhensible (du) préfet de Dakar", a déclaré sur les ondes de Walf-FM Samba Dramé, présenté comme le président de l'Amicale des étudiants de la faculté de médecine et de pharmacie de l'UCAD. Selon M. Dramé, un étudiant a été blessé. Les étudiants manifestaient pour réclamer des sanctions contre les responsables d'une fuite et les auteurs de tricheries lors des examens de la précédente année universitaire.
Le président Wade reçoit les évêques
Les évêques sénégalais, qui avaient reçu une lettre anonyme contenant des menaces de mort (cf. Afrique Express 286), ont rencontré le président Abdoulaye Wade à son palais dans une tentative d'apaiser les tensions nées de cette situation.
Il s'agissait "d'une réunion de famille", a déclaré aux journalistes l'archevêque de Dakar, Théodore Adrien Sarr à l'issue de l'audience.
La télévision a montré les images de l'archevêque priant pour la "paix" au Sénégal et appelant à la préservation de l'unité nationale aux côtés du président Wade. Le président a été montré par la suite priant et récitant des versets coraniques devant ses ministres, et en présence des évêques.
Le 5 janvier dernier, l'Organisation nationale pour la défense des droits de l'homme (ONDH, sénégalaise) avait révélé qu'un groupe se faisant appeler "le Cercle d'acier" avait adressé à l'archevêque de Dakar une lettre contenant des menaces de mort contre les évêques sénégalais.
"S'agissant des menaces proférées contre les chefs de l'Eglise du Sénégal, il est simplement inimaginable qu'elles soient inspirées ou cautionnées, même indirectement, par un responsable du pouvoir", avait déclaré le président Wade avant sa rencontre avec les évêques, se présentant "comme le rempart le plus sûr de protection de la communauté chrétienne".
Plusieurs partis politiques avaient également réagi dans la presse à ces menaces contre les religieux catholiques.
Pour le Parti de l'indépendance et du travail (PIT, opposition) "c'est le président de la République (Abdoulaye Wade) qui crée les tensions politiques, sociales et religieuses".
Madieyna Diouf, de l'Alliance des forces du progrès (AFP, opposition), a noté quant à lui une politique de deux poids, deux mesures. Selon lui, des religieux musulmans ont déjà dénoncé les actes de violence politique, sans être inquiétés pour autant.
Pour Amadou Bamba Ndiaye, du Mouvement pour le socialisme et l'unité (MSU, proche du pouvoir), ces menaces sont une "provocation cousue de fil blanc, pour discréditer les institutions et agresser notre démocratie". Selon lui, les auteurs de ce genre de lettre de menaces sont des "débiles mentaux".
Les chrétiens représentent environ 4 % de la population sénégalaise, musulmane à 95 %.
Deux cents ex-combattants casamançais ont quitté le maquis
Deux cents combattants séparatistes casamançais sont volontairement sortis du maquis depuis octobre dernier et se trouvent en Guinée-Bissau en attendant leur réinsertion sociale. Regroupés à Bissora, en Guinée-Bissau, à 70 km au nord de la capitale Bissau, ces ex-combattants, membres du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC, séparatiste), sont encadrés par l'Association sénégalaise pour l'appui à la création d'activités socio-économiques (Asacase), a annoncé Omar Ba, responsable de l'Association.
Le MFDC mène depuis plus de deux décennies une lutte armée pour l'indépendance de la Casamance. Certains des ex-combattants sont encore très méfiants lorsqu'on leur propose de rentrer au Sénégal, selon le responsable de l'Asacase, qui promet d'aider ceux-ci à conduire leurs activités de réinsertion en Guinée Bissau.
Afrique-Express N° 287 Mardi 03 février 2004
Décès de l'opposant Pape Babacar Mbaye, ancien ministre d'Abdou Diouf
Pape Babacar Mbaye, un des députés du Parti socialiste sénégalais (PS, opposition) et ancien ministre sous le régime du président Abdou Diouf, est décédé dans la nuit du 29 janvier à Dakar. M. Mbaye, 37 ans, avait été admis dans une clinique de la capitale où il s'est éteint, a indiqué le porte-parole du PS, Abdoulaye Elimane Kane.
Pape Babacar Mbaye était secrétaire général du Mouvement des jeunesses socialistes du Sénégal. Il était chargé des relations avec les Assemblées dans le dernier gouvernement du président Abdou Diouf, formé en juillet 1998.
Il avait été élu député de son parti aux élections législatives d'avril 2001, après la défaite d'Abdou Diouf à la présidentielle de mars 2000 remportée par Abdoulaye Wade.
Le PNUD en Casamance pour soutenir le processus de paix
Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a décidé d'intervenir en Casamance pour soutenir le processus de paix dans cette région du sud du Sénégal en proie à la rébellion indépendantiste depuis 1982.
"Le PNUD mènera des activités partielles en attendant des accords de paix pour engager la phase des activités globales", a déclaré à Ziguinchor, principale ville de Casamance, Ahmed Rhazaoui, coordinateur des Nations unies et représentant du PNUD au Sénégal.
Une accalmie a été notée ces derniers mois dans la région, dont le développement est entravé depuis plus de deux décennies par le conflit entre le gouvernement de Dakar et le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), qui a pris les armes fin 1982 pour réclamer l'indépendance.
Le PNUD compte consacrer à la Casamance au moins un million de dollars, dans le cadre de son programme triennal représentant sur l'ensemble du Sénégal un montant global de 4,5 millions de dollars. Cette somme servira notamment à la construction d'infrastructures sanitaires, au soutien à l'éducation, au financement de micro-projets.
Jusqu'à présent, le système des Nations unies n'était présent en Casamance qu'à travers son Fonds pour l'enfance (Unicef) et le Programme alimentaire mondial (Pam).
Afrique-Express N° 288 Mardi 17 février 2004
Quand le président Wade tente de récupérer ses opposants
Le parti de l'opposant et ancien ministre Djibo Ka a donné son "accord de principe" pour participer à un "gouvernement d'ouverture ". Djibo Ka, leader de l'Union pour le renouveau démocratique (URD), est l'un opposants consultés depuis le 10 février par le président Abdoulaye Wade, qui les a conviés à un "grand rassemblement national autour de l'essentiel". M. Wade a également reçu Amath Dansokho, du Parti pour l'indépendance et le travail (PIT) et prévoit de rencontrer le secrétaire général de l'Alliance des forces de progrès (AFP), Moustapha Niasse.
Le Parti socialiste (PS), ancien parti au pouvoir, n'a pas été consulté et a fait savoir qu'il n'était de toute façon pas intéressé par une participation au gouvernement.
Selon le porte-parole de l'URD, "l'accord de principe pour la participation à un gouvernement d'ouverture" donné par la direction du parti est assorti de conditions, telles que l'engagement du chef de l'Etat à entreprendre "des réformes fondamentales".
Pour l'heure, et avant son entré éventuelle au gouvernement, l'URD est toujours membre avec les autres partis d'opposition du Cadre permanent de concertation (CPC).
Plusieurs fois ministre du président socialiste Abdou Diouf (1981-2000), Djibo Ka avait quitté le PS et fondé l'URD en 1998, avant de se présenter à l'élection présidentielle de 2000. Arrivé en 4e position, il avait appelé à voter au second tour pour Abdou Diouf, battu par Abdoulaye Wade.
Déjà en août 2003, le président Wade avait demandé à son Premier ministre, Idrissa Seck, de former "un gouvernement représentatif d'un Sénégal pluriel mais uni". Mais les opposants conviés à rejoindre le gouvernement avaient tous décliné l'offre.
Pluie de brûlots sur le régime d'Abdoulaye Wade
"L'alternance piégée", "Le rêve brisé", "Le Sénégal entre deux naufrages"... Les librairies dakaroises offrent un choix de titres plus critiques les uns que les autres envers le régime du président Wade, au pouvoir depuis bientôt quatre ans.
Le dernier en date, un ouvrage de quelque 220 pages publié fin janvier, est intitulé "Me Wade et l'alternance: le rêve brisé du Sopi" (le "sopi", qui signifie "changement" en wolof, désignant l'alternance politique de mars 2000).
Face aux méthodes de l'actuel régime, l'auteur, Mody Niang, un enseignant, fait part d'une déception d'autant plus "profonde" que, dit-il, il a toujours voté pour Abdoulaye Wade, "élection présidentielle de 1983 mise à part".
"L'objectif de ce livre est de démontrer (...) que l'alternance a raté le coche et que nombre des engagements les plus importants faits avant le 19 mars 2000 sont restés en l'état", en dépit de "promesses" et autres "annonces spectacles", écrit-il.
Cette alternance, intervenue avec l'accession au pouvoir du libéral Abdoulaye Wade, après 40 ans de régime socialiste incarné d'abord par Léopold Sédar Senghor, puis par Abdou Diouf, avait suscité d'immenses espoirs.
Le slogan du "Sénégal qui gagne" était adapté autant à l'euphorie politique qu'aux exploits de l'équipe nationale de football durant le premier semestre 2002. Mais l'ambiance a changé, surtout depuis le naufrage du ferry Le Joola qui, selon un bilan officiel, a fait 1.863 morts le 26 septembre 2002 au large de la Gambie.
L'été dernier, le journaliste Abdou Latif Coulibaly a provoqué un premier coup de tonnerre avec son livre "Wade, un opposant au pouvoir - L'alternance piégée?". Ses affirmations sur l'usage de certains fonds publics font l'objet d'enquêtes parlementaires et son ouvrage n'en finit pas de provoquer des remous politiques.
Est ensuite arrivé un autre livre, signé de l'écrivain Almamy Mamadou Wane et édité en France, intitulé "Le Sénégal entre deux naufrages ? Le Joola et l'alternance". Partant du naufrage de septembre 2002, l'auteur dresse du pouvoir un tableau très sombre, en dénonçant les travers et vieilles habitudes de la "Françafrique".
Selon la presse privée sénégalaise, qui voit déjà poindre un "procès de l'alternance", un ministre de M. Wade, mis en cause dans de supposés méandres politico-financiers reliant la France à son ancienne colonie, a porté plainte à Paris contre Mamadou Wane.
Certains journaux ont aussi écrit que le président Wade lui-même avait porté plainte contre M. Wane pour diffamation. "C'est faux", a affirmé le porte-parole du chef de l'Etat, Souleymane Ndéné Ndiaye.
Pour certains partisans du régime, la prolifération de ces pamphlets, librement vendus, atteste finalement de la bonne santé de la démocratie et des libertés publiques au Sénégal.
Le président Wade, quant à lui, a annoncé le 31 décembre 2003, dans son message de Nouvel An, qu'un "ouvrage exhaustif sur les réalisations de l'alternance" paraîtrait le 19 mars prochain, jour anniversaire de sa victoire à la présidentielle de 2000.
Casamance
Accrochages entre l'armée bissau-guinéenne et de présumés rebelles du MFDC
Des militaires bissau-guinéens et de présumés indépendantistes de Casamance se sont affrontés mi-février près de la frontière entre la Guinée-Bissau et le Sénégal, faisant au moins 4 morts et une dizaine de blessés dans les rangs des militaires.
Les affrontements ont éclaté à la suite de l'attaque de deux bourgades frontalières, les 9 et 10 février, par des hommes armés non identifiés. Ceux-ci, après leur forfait, se sont enfuis en direction de bases du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC, indépendantistes), situées non loin, selon un responsable militaire basé à Dungal, à environ 130 km au nord de Bissau.
Les présumés indépendantistes casamançais ont été pris en chasse par les forces armées bissau-guinéennes en poste dans la zone, donnant lieu à des échanges de tirs.
La zone où se sont déroulés les accrochages a été bouclée par l'armée, qui y mène des opérations de ratissage.
Plusieurs présumés membres du MFDC auraient été arrêtés et seraient détenus dans une caserne à Farim, à environ 100 km de Bissau.
La Guinée Bissau et le Sénégal partagent 338 km de frontière commune, poreuse et très souvent franchie par des combattants du MFDC, qui mène depuis plus de deux décennies une lutte armée pour l'indépendance de la Casamance.
Alexandre Djiba
L'ancien porte-parole du MFDC a quitté la Gambie
Alexandre Djiba, considéré comme un élément radical du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), vivait en exil depuis plusieurs années en Gambie. Arrêté fin novembre 2003 à Banjul, il a été libéré "pour raisons humanitaires" le 31 janvier et a quitté la Gambie. Le porte-parole de la police gambienne, Pa Hamadi Jallow, n'a fourni aucune précision sur la destination d'Alexandre Djiba.
Alexandre Djiba avait été interpellé, entre autres raisons, à cause de ses "nombreuses déclarations" contre les autorités sénégalaises, et considérées par Banjul comme "néfastes" pour les relations entre le Sénégal et la Gambie.
M. Djiba avait été désavoué par le chef historique de la rébellion casamançaise, l'abbé Augustin Diamacoune Senghor. Il avait vivement critiqué la tenue en Casamance d'une réunion du MFDC qui, disait-il, n'engageait que ses organisateurs.
En mars 2002, M. Djiba avait été arrêté en Guinée-Bissau, d'où il avait été renvoyé au Sénégal. De là, il avait pu rentrer à Banjul.
Afrique-Express N° 289 Mardi 09 mars 2004
Le parti de Moustapha Niasse refuse d'entrer au gouvernement
L'ancien Premier ministre Moustapha Niasse, leader de l'Alliance des forces de progrès (AFP, opposition), a décliné, le 17 février, l'offre du président Abdoulaye Wade d'entrer dans un gouvernement élargi.
L'AFP est favorable au dialogue mais reste dans l'opposition, a souligné Moustapha Niasse au sortir d'une audience avec Wade.
Jusqu'à présent, trois leaders de l'opposition ont été consultés par le président Wade, qui les a conviés à un "grand rassemblement national autour de l'essentiel": Moustapha Niasse, Amath Dansokho, du Parti pour l'indépendance et le travail (PIT), et Djibo Ka, de l'Union pour le renouveau démocratique (URD).
Seule l'URD a donné, le 12 février, son "accord de principe" pour participer à un "gouvernement d'ouverture".
Ancien ministre du président socialiste Abdou Diouf (1981-2000), M. Niasse avait démissionné du Parti socialiste (PS) en 1999 et créé l'AFP.
Candidat à la présidentielle de l'an 2000, il était arrivé en troisième position et avait soutenu au second tour Abdoulaye Wade qui, une fois élu, l'avait nommé Premier ministre de son premier gouvernement.
Leur alliance au pouvoir avait duré moins d'un an. M. Niasse est depuis lors un des principaux opposants au régime.
Cinq morts lors d'opérations de l'armée bissau-guinéenne contre des "bandes armées"
L'armée a repris ses "opérations de démantèlement des bandes armées" installées le long de la frontière entre la Guinée-Bissau et le Sénégal faisant cinq morts. Les soldats ont attaqué ce qu'ils considèrent comme l'une des "bases les plus importantes" des bandes armées dans la zone. Outre cinq tués, plusieurs arrestations ont été menées dans les rangs de ces groupes suspectés d'appartenir au Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC, séparatiste).
Pendant l'opération les militaires bissau-guinéens ont saisi 5 motos, 400 vélos et plusieurs lots de marchandises volés lors de braquages contre des civils sur les routes de Casamance.
Une première série d'opérations avait été déclenchée le 11 février par l'armée bissau-guinéenne qui avait perdu quatre de ses hommes avant d'observer une pause.
A la suite de ces opérations, le colonel Clerk Nanana de l'armée bissau-guinéenne avait précisé qu'elles ne visaient pas les combattants du MFDC, mais les "éléments armés" qui sévissent dans la zone.
La Guinée-Bissau et le Sénégal partagent 338 km de frontière poreuse et très souvent franchie par des combattants du MFDC, qui ont pendant longtemps trouvé refuge en terre bissau-guinéenne.
Wade, an IV
Le Sénégal depuis l'arrivée au pouvoir du président Abdoulaye Wade, en mars 2000 (AFP)
Année 2000
19 mars: Abdoulaye Wade, du Parti démocratique sénégalais (PDS, libéral), remporte le second tour de l'élection présidentielle face à Abdou Diouf, au pouvoir depuis 1981. Sa victoire, première alternance après quarante ans de régime socialiste, est saluée comme un "modèle de transition démocratique" en Afrique.
1er avr: Moustapha Niasse, leader de l'Alliance des forces de progrès (AFP), qui avait apporté à M. Wade un soutien déterminant au second tour, est nommé Premier ministre.
11 avr: Reprise de la violence en Casamance (sud) en proie depuis 1982 à une rébellion indépendantiste conduite par le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC).
13 juil: Le chef de l'Union pour le Renouveau démocratique (URD, opposition) Djibo Ka critique "le gouvernement de l'alternance", qu'il qualifie d'"enfer". "La montagne a accouché d'une souris", affirme-t-il.
Année 2001
3 mars: Le président Wade limoge Moustapha Niasse, reprochant à son parti son manque de loyauté politique. Il est remplacé par Mme Mame Madior Boye, première femme nommée à ce poste au Sénégal.
16 et 23 mars: Le gouvernement et le MFDC signent deux accords de paix. Mais les attaques, attribuées à une aile radicale de ce mouvement, se sont multipliées en Casamance.
29 avr: Elections législatives anticipées. Victoire écrasante de la coalition "Sopi" ("changement", en wolof), formée autour du parti de M. Wade.
19-22 juin: Le président Wade s'entretient en France avec le président Jacques Chirac.
Année 2002
26 sept: Le ferry sénégalais Le Joola fait naufrage au large de la Gambie, sous l'effet de la tempête, de la surcharge et d'une accumulation de fautes commises à tous les niveaux: 1.863 morts et seulement 64 rescapés.
4 nov: Le président Wade met fin aux fonctions du Premier ministre, Mame Madior Boye et nomme pour lui succéder un de ses plus fidèles lieutenants, Idrissa Seck.
Année 2003
1er mars: M. Niasse dénonce le régime du président Wade, l'accusant de "trahison" vis-à-vis du peuple qui l'a porté au pouvoir.
19 mars: M. Wade se refuse à "condamner" l'utilisation de la force en Irak sans le feu vert de l'Onu, en considérant qu'il ne peut pas "empêcher un pays comme les Etats-Unis de faire ce qu'il a à faire".
30 mai: Idrissa Seck déplore "la qualité" de la coopération avec la France, qui "fait déjà beaucoup" mais manque "d'outils de réaction rapide" pour faire face à des situations d'urgence.
28 juin: Renvoi de neuf Français "en délicatesse avec la législation sénégalaise", selon les autorités. En mars et avril, plusieurs "vols groupés" ont ramené à Dakar plus de 120 Sénégalais non admis sur le territoire français. Le président Wade a estimé que la France ne "traite pas bien" ses compatriotes en situation irrégulière, en les renvoyant dans leur pays comme "du bétail".
8 juil: Visite du président américain George W. Bush dans le cadre d'une tournée africaine.
5 oct: L'opposant Talla Sylla, connu pour ses prises de position très critiques vis-à-vis du pouvoir, est agressé à coups de marteau par des hommes non identifiés.
24 oct: Expulsion de la correspondante de Radio France internationale (RFI), Sophie Malibeaux, Dakar lui reprochant un traitement "tendancieux" d'une réunion du MFDC.
30 oct: Quatre organisations ouest-africaines des droits de l'Homme expriment leur "préoccupation" face à la "situation d'incompréhension", selon elles, entre la France et le Sénégal.
16 nov: La Rencontre africaine pour la défense des droits de l'Homme (Raddho) inquiète de la "dégradation" de la situation politique.
14-15 déc: Visite du ministre français de l'Intérieur Nicolas Sarkozy.
Année 2004
10 fév: Paris confirme que Jacques Chirac recevra le 19 février Abdoulaye Wade pour un entretien suivi d'un déjeuner de travail. Une source proche de la présidence à Dakar estime que cette rencontre montre que leurs "relations sont très bonnes".
17 fév: M. Niasse décline l'offre du président Wade d'entrer dans un gouvernement élargi. A ce jour, seule l'URD a donné son "accord de principe" pour participer à un "gouvernement d'ouverture".
Afrique-Express N° 290 Mardi 23 mars 2004
Wade fête ses quatre ans de pouvoir sur des airs de campagne électorale
Sur des airs de campagne électorale fortement médiatisée, le président Abdoulaye Wade a fêté le 4e anniversaire de sa victoire historique à la présidentielle du 19 mars 2000, qui avait mis fin à 40 ans de régime socialiste. M. Wade, soutenu par une coalition de partis (coalition "sopi", mot wolof signifiant "changement"), avait remporté le second tour de la présidentielle face au président sortant Abdou Diouf, candidat du Parti socialiste (PS).
Wade et ses partisans, harcelés par une opposition qui n'a de cesse de décrier leur "amateurisme" depuis qu'ils se sont installés au pouvoir, ont décidé de profiter de cet anniversaire pour contre-attaquer et occuper la Une des médias.
Au passage, M. Wade, qui aura 81 ans en 2007, et qui ne s'est toujours pas clairement prononcé sur son désir ou non de briguer un second mandat, s'est fait " investir " comme candidat à la présidentielle de 2007 par les élus locaux qu'il a rencontrés à l'occasion de cette commémoration.
Menée par la "CAP 21" (Coalition des partis de la mouvance présidentielle), cette contre-offensive médiatique a été marquée par la publication, d'un "Livre blanc" sur les "réalisations de l'alternance".
C'est le Premier ministre Idrissa Seck qui a été chargé d'aller au charbon en présentant ce livre intitulé "L'Alternance - Le changement preuves en main".
"Je viens aujourd'hui déférer à une exigence de la gouvernance publique comme privée: celle de rendre compte et de répondre de ses actes", a-t-il expliqué, parlant de "changements constatés, preuves en main" et de "défis, nombreux, à relever".
Selon le Premier ministre, le Sénégal de 2004 "rayonne" grâce, notamment, à "la posture diplomatique exceptionnelle de son président, au talent de ses sportifs et pas seulement en football".
Le pays n'a "aucun prisonnier politique", "la liberté d'expression est totale", "au plan économique, la confiance revient" avec la maîtrise de l'inflation au taux de 0,9%, a-t-il dit.
En Casamance, province du sud du pays marquée depuis 1982 par un conflit indépendantiste armé, "le feu est éteint", a poursuivi Idrissa Seck. "Il ne nous reste plus qu'à verser de l'eau sur les quelques braises qui sommeillent pour qu'elles ne se réveillent plus", a-t-il estimé.
Par ailleurs, des progrès ont été enregistrés dans l'éducation et d'importants investissements faits en matière de santé (63 milliards de francs CFA, soit plus de 96 millions d'euros) ont permis d'améliorer l'accès aux soins, de prévenir et réduire la mortalité, en particulier pour les mères et les enfants, selon le bilan de "l'Alternance".
Investissements de 95 milliards de FCFA (près de 145 millions d'euros) pour les routes et les infrastructures, hausse du budget pour la sécurité et des biens, reprise en main de dossiers judiciaires remontant souvent à plusieurs années, création d'emplois... figurent parmi les "résultats" présentés.
"Aujourd'hui, les Sénégalais respirent l'ère du changement que j'avais promis et tout le monde peut constater (...) que le pays est en chantier et se construit selon un rythme accéléré et prometteur", déclare le président Wade en éditorial de ce "livre blanc".
"Dans la conception de cet ouvrage, nous avons voulu offrir le moins possible un espace à la polémique (...). C'est pourquoi nous avons choisi d'éviter la littérature des affirmations gratuites pour privilégier les chiffres qui, eux, sont difficilement contestables, puisque vérifiables en permanence", ajoute-t-il.
Ces chiffres doivent prochainement être mis en ligne, sur le site internet http://www.alternance04.sn.
Ce nouveau paradis " semble toutefois peu convaincre l'opposition, dont font partie d'anciens alliés du candidat Wade. Ce sont de "fausses statistiques ne reposant sur aucune donnée vérifiable", a accusé une responsable de l'Alliance des forces de progrès (AFP), le parti de l'ancien Premier ministre Moustapha Niasse, aujourd'hui bien ancré dans l'opposition.
Le Cadre permanent de concertation (CPC) de l'opposition a annoncé qu'il allait à son tour publier un ouvrage pour "marquer la différence".
Et même mêmes dans le camp présidentiel, des fissures sont apparues dans les rangs. Ainsi, les deux principaux partis de gauche au sein du gouvernement - la Ligue démocratique/Mouvement pour le parti du travail (LD/MPT) et And-Jef/Parti africain pour la démocratie et le socialisme (AJ/PADS) - ne cachent plus leur appréhension et leur amertume sur la gestion de l'alternance, à laquelle "ils ont participé en tant qu'acteurs", ayant soutenu la candidature de M. Wade dès le 1er tour en 2000.
Il y a de "sérieuses divergences" entre la LD/MPT et le Parti démocratique sénégalais (PDS) du président Wade, a ainsi admis Mme Khady Wade, responsable de la LD/MPT qui, dans un entretien avec la radio privée Walf-FM, a déploré les "dérives monarchiques" du régime.
Sa déclaration faisait suite à des propos de M. Wade, qui affirmait la veille sur une autre radio qu'il "n'est pas facile de (le) remplacer".
Une couleuvre pour le Premier ministre
La fête de l'Indépendance prendra ses quartiers à Dakar et non plus à Thiès
Le transfert annoncé du défilé de l'indépendance sénégalaise le 4 avril, de la ville de Thiès à celle de Dakar, a été interprété par certains journaux comme un camouflet infligé au Premier ministre Idrissa Seck par le président Wade.
Le Premier ministre, natif et maire de Thiès (70 km de Dakar), a lui-même expliqué que, selon l'état-major des armées, les travaux entrepris pour organiser la fête ne seraient pas terminés à temps pour garantir son plein succès et que le président Wade avait donc dû décider de l'organiser dans la capitale.
Au départ, l'idée était de délocaliser les fêtes de l'indépendance afin de permettre aux "capitales régionales" de se développer grâce aux investissements induits par l'événement.
M. Seck a aussi demandé à chacun de se plier à la "volonté divine" et "d'éviter les commentaires", mais la presse ne l'a pas entendu, au vu des titres de mardi: "Le coup fatal de Me Wade à Idrissa Seck" (Walfadjri), "une gifle de plus" (Le Quotidien), "énième acte du conflit présidence-primature" (Le Populaire).
Pour la presse, ce "conflit" remonterait à l'été dernier, lors de la publication d'un livre très critique à l'égard du régime suivie, en août, de la démission-reconduction du Premier ministre Idrissa Seck, jadis un des plus fidèles lieutenants d'Abdoulaye Wade.
La police a dû disperser à l'aide de grenades lacrymogènes des lycéens qui ont manifesté leur mécontentement face à ce transfert annoncé des festivités pour la fête de l'indépendance.
Querelles au sein du MFDC, le secrétaire général limogé
Le chef historique du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC, indépendantiste), l'abbé Augustin Diamacoune Senghor, a démis de ses fonctions le 17 mars le secrétaire général de son organisation, Jean-Marie François Biagui qui a contesté cette décision.
Le communiqué manuscrit mettant fin aux fonctions de M. Biagui portait le sceau et la signature de Diamacoune, président du MFDC.
Le MFDC a souvent été en proie par le passé à des querelles de pouvoir, qui ont jusqu'à présent empêché de mener à bien des négociations de fond avec le gouvernement sénégalais. La rébellion dure depuis plus de 21 ans dans cette région mais la situation sur le terrain s'est néanmoins considérablement calmée ces derniers mois.
Selon certains journaux sénégalais, qui ont contacté M. Biagui, secrétaire général du MFDC depuis 2001, celui-ci s'est dit surpris par cette annonce, qu'il a contestée. "Je suis investi par la volonté du mouvement (...), volonté réaffirmée lors des assises du MFDC" d'octobre dernier, a ainsi déclaré M. Biagui au quotidien Le Matin.
A l'issue de ces assises tenues à Ziguinchor, principale ville de la région, M. Biagui avait dit que le MFDC, sans pour autant renoncer à l'indépendance, souhaitait "une solution intermédiaire" à la crise.
Dans son message de Nouvel An, le président sénégalais, Abdoulaye Wade, avait ensuite "félicité pour leur lucidité les dirigeants du MFDC, les chefs de guerre et leurs militants pour avoir choisi la paix à l'intérieur de la patrie une et indivisible".
Afrique-Express N° 291 Mardi 06 avril 2004
Six présidents africains et le chef du MFDC à Dakar pour la fête de l'indépendance
La célébration du 44e anniversaire de l'indépendance du Sénégal a réuni le 4 avril à Dakar six chefs d'Etat africains - Pedro Pires (Cap-Vert), Yahya Jammeh (Gambie), Teodoro Obiang Nguema (Guinée Equatoriale), Amadou Toumani Touré (Mali), Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya (Mauritanie) et Olusegun Obasanjo (Nigeria) - et le président du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC, mouvement séparatiste), l'abbé Augustin Diamacoune Senghor, aux côtés du président Abdoulaye Wade.
Outre les six présidents africains, la fête de l'indépendance du Sénégal, célébrée chaque 4 avril, a rassemblé des détachements militaires du Ghana, du Mali, du Maroc, de la Mauritanie, du Niger, du Togo et de la France. Ceux-ci ont participé au défilé, avec de milliers de militaires et civils sénégalais, lui donnant, selon le président Wade, "une dimension africaine et internationale".
"C'est une grande fête pour tout le pays, c'est une grande fête pour moi également", a déclaré l'abbé Augustin Diamacoune Senghor à sa sortie d'audience à la présidence.
Le prélat, entouré de quelques "collaborateurs" dont son frère et porte-parole, Bertrand Diamacoune, a précisé être né "le 4 avril 1928", avoir fait sa confirmation "le 4 avril 1937" et avoir été ordonné prêtre "le 4 avril 1956".
Le 1er avril, des militaires procédant à une opération de déminage ont été attaqués par des membres présumés MFDC à environ 15 km de Ziguinchor. Trois militaires ont été tués et cinq autres blessés.
"Ce sont encore trois soldats qui sont tombés sous les balles de bandits et d'autres blessés par la traîtrise", avait déclaré Abdoulaye Wade dans son message à la Nation à l'occasion de cette 44e fête de l'indépendance.
"Les desperados perdus pensent qu'ils pourront, par le banditisme, s'opposer au profond mouvement de paix entamé largement en Casamance. Ils se trompent lourdement, car rien, je dis rien, ne nous détournera de notre voie vers la paix définitive", avait-il affirmé, en précisant que cette paix était "voulue par le peuple sénégalais, l'abbé Augustin Diamacoune Senghor et la direction historique du MFDC.
La paix n'est pas encore signée en Casamance, mais la région, en proie depuis 1982 à une rébellion indépendantiste, connaît depuis quelques mois une accalmie et diverses opérations de reconstruction, de déminage et de retour de réfugiés sont en cours, bien qu'aucun accord de paix n'ait été signé entre le MFDC et le gouvernement sénégalais.
Grâce présidentielle pour 229 prisonniers
Abdoulaye Wade, a accordé une grâce présidentielle à 229 personnes condamnées pour différents délits à l'occasion de la célébration de la 44e fête de l'indépendance.
Afrique-Express N° 292 Mardi 20 avril 2004
Le parti de Djibo Ka quitte l'opposition
L'Union pour le renouveau démocratique (URD) de l'opposant Djibo Ka a quitté le 13 avril le Cadre permanent de concertation de l'opposition (CPC, regroupant différents partis. L'URD a récemment répondu positivement à un appel du président Abdoulaye Wade pour siéger au gouvernement.
Wade veut un gouvernement capable d'absorber les financements étrangers
Le président Abdoulaye Wade qui avait annoncé officiellement le 16 avril son "intention de remanier le gouvernement", a déclaré vouloir une équipe "avec une bonne capacité d'absorption des ressources mises à la disposition du Sénégal" par les partenaires étrangers.
"Le président n'est pas tellement content de l'actuelle équipe dans ce domaine, puisque nous sommes à 12 % d'utilisation des fonds de la Banque mondiale et à 30 % pour ceux de l'Union européenne", a expliqué une source à la présidence sous couvert de l'anonymat.
Le remaniement attendu va se dérouler dans un contexte difficile, les relations étant devenues très tendues entre le président et son Premier ministre.
Selon plusieurs journaux sénégalais, M. Wade avait, lors du dernier conseil des ministres de l'actuelle équipe, interpellé le Premier ministre, Idrissa Seck, sur les montants des fonds utilisés pour des chantiers à Thiès (ville dont M. Seck est le maire, situé à 70 km à l'est de Dakar), qui dépassaient de très loin les montants autorisés.
Selon les mêmes journaux, le président s'était aussi inquiété que ces marchés aient été attribués "de gré à gré".
L'entrée possible de l'opposant Djibo Ka, à la demande du président Wade mais non souhaitée par Idrissa Seck, constitue une autre pomme de discorde entre le dirigeant du Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir) et son second.
Afrique-Express N° 293 Mardi 04 mai 2004
Divorce entre Wade et Seck, Macky Sall nouveau Premier ministre
Le président sénégalais, Abdoulaye Wade, a mis fin mercredi 21 avril aux fonctions de son Premier ministre, Idrissa Seck, sur fond de divergences sur la formation d'un nouveau gouvernement, et nommé à sa place Macky Sall, ministre sortant de l'Intérieur.
"Le président la République vient, en toute responsabilité et en parfait accord avec moi, de prendre une décision, conformément à ses prérogatives constitutionnelles, de mettre fin à mes fonctions de Premier ministre", a indiqué M. Seck dans une déclaration lue devant la presse.
Dans sa déclaration, M. Seck, 44 ans, a souligné qu'il n'avait pas démissionné, tout en affirmant qu'il n'était pas "affligé" par son départ de la "primature", de nature, selon lui, à "restaurer sans équivoque l'unicité du siège de la décision dans l'ordonnancement constitutionnel" sénégalais.
En effet, a-t-il dit, "le pays souffre du désordre et du manque de tranquillité occasionnés par la perception entretenue d'une dualité au sommet de l'Etat, dualité qui ne saurait en aucune façon exister, car (...) le président est le lieu unique de la décision, parce qu'il est le siège où se concentrent les suffrages des citoyens".
Le départ de M. Seck a lieu après plusieurs mois de rumeurs sur des frictions croissantes entre le camp du président, âgé de 77 ans, et celui de son Premier ministre, jadis un de ses plus fidèles lieutenants. Il a lieu également après plusieurs jours d'une agitation politique extrême, avec la formation annoncée d'un nouveau gouvernement.
Prévu depuis février pour la deuxième quinzaine d'avril, puis confirmé en fin de semaine dernière par la présidence, ce remaniement devait notamment permettre, selon le vœu de M. Wade, l'entrée au gouvernement d'un parti d'opposition, l'Union pour le renouveau démocratique (URD), de Djibo Kâ. Sans doute le « couac » de trop pour Idrissa Seck
Le ministre de l'Environnement et de l'Assainissement, Modou Fada Diagne, avait même démissionné afin de "mettre à l'aise" les deux dirigeants de l'exécutif, tous membres du Parti démocratique sénégalais (PDS).
Le chef de l'Etat avait déjà exprimé en août 2003 le vœu "d'élargir au maximum la base politique du pouvoir", et demandé à Idrissa Seck de former "un gouvernement représentatif d'un Sénégal pluriel mais uni".
Plusieurs opposants avaient alors été consultés mais avaient refusé d'entrer dans le gouvernement, finalement formé sans eux le 27 août.
M. Wade avait officiellement assuré son Premier ministre de sa confiance, mais la relation autrefois quasi-filiale entre les deux hommes, aux personnalités très fortes, était manifestement cassée.
Le gouvernement sortant était le cinquième depuis l'arrivée au pouvoir d'Abdoulaye Wade, en avril 2000. M. Seck était son troisième Premier ministre, après Moustapha Niasse (2000-2001) et Mme Mame Madior Boye (2001-2002).
M. Sall, 42 ans, originaire de Fatick (centre), ingénieur, géologue et géophysicien de formation, avait rejoint le gouvernement en mai 2001, comme ministre des Mines, de l'Energie et de l'Hydraulique. Il avait été nommé à l'Intérieur en novembre 2002.
Macky Sall, nommé Premier ministre, a formé un gouvernement, pratiquement identique au précédent.
L'équipe d’Idrissa Seck reste majoritaire dans le nouveau gouvernement avec 26 ministres reconduits dans la nouvelle équipe, a annoncé la présidence, à Dakar. Le nouveau gouvernement compte 39 membres, contre 34 dans le précédent, dont 6 ministres d'Etat, 27 ministres et 6 ministres délégués.
Huit femmes font parties de ce gouvernement dont Aminata Fall, nommée ministre d'Etat et ministre des Collectivités locales et de la Décentralisation.
Parmi les nouveaux arrivants, le leader de l'Union pour le renouveau démocratique (URD), Djibo Leïty Ka, a été nommé ministre d'Etat et ministre de l'Economie maritime, un poste nouvellement créé.
Outre M. Seck, remercié mercredi, l'ex-ministre de la Pêche, Pape Diouf, celui de la Santé et de la Prévention, Issa Mbaye Samb, celle du Commerce, Mme Aïcha Agne Pouye et celui du Plan, Opa Ndiaye, quittent l'équipe. Leurs collègues chargés de l'Elevage, Ameth Yéro Diallo, de l'Entreprenariat féminin, Mme Marième Ndiaye, et déléguée à la Petite enfance, Mme Ndèye Khady Diop, connaissent le même sort.
Le département de l'Intérieur et des Collectivités locales, précédemment dirigé par Macky Sall, a été partagé entre deux ministres "revenants", non-membres de l'équipe sortante. Mme Aminata Tall, une ex-ministre du Développement social, devient ministre d'Etat, ministre des Collectivités locales et de la Décentralisation, et Cheikh Sadibou Fall, un ex-ministre de l'Urbanisme puis de la Pêche, est nommé ministre de l'Intérieur.
Le ministère de la Santé et de la Prévention est également scindé au profit de Mme Aminata Diallo (Santé), une nouvelle, et Lamine Bâ (Prévention, Hygiène publique et Assainissement), chargé de l'Environnement dans un précédent gouvernement). Le département du Commerce revient à Mme Awa Guèye Kébé, une "sortante" reconduite, qui cède son portefeuille (Famille) à une nouvelle ministre, Mme Aïda Mbodj.
Parmi les ministres faisant leur entrée pour la première fois au gouvernement, se trouvent Aziz Sow (NEPAD et Politique de bonne gouvernance), également désigné porte-parole du gouvernement, Farba Senghor (délégué à la Solidarité nationale) et Diégane Sène (délégué à l'Alphabétisation), tous détenteurs de nouveaux portefeuilles.
La situation n'a, en revanche, pas changé pour Landing Savané, qui conserve son portefeuille (Artisanat et Industrie), de même que Cheikh Tidiane Gadio (Affaires étrangères) et Youssoupha Ndiaye (Sports), tous rejoints au rang de ministre d'Etat par Serigne Diop (Justice).
Ont également été reconduits Bécaye Diop (Forces armées), Abdoulaye Diop (Economie et Finances), Moustapha Sourang (Education) et Aliou Sow (Jeunesse), dont plusieurs collègues se retrouvent avec des ministères remaniés. C'est le cas d'Ousmane Masseck Ndiaye (Tourisme plus Transports aériens), et de Modou Fada Diagne, qui avait démissionné de son poste cette semaine, retrouve le ministère de l'Environnement.
La coloration politique de la nouvelle équipe est sensiblement la même que celle de la précédente, avec une nette domination de la formation libérale au pouvoir, le Parti démocratique sénégalais (PDS). L'URD de M. Djibo Ka fait son entrée aux côtés de la "société civile" et de quatre formations (dont deux anciennement d'extrême-gauche).
Le nouveau gouvernement du Sénégal, formé jeudi 22 avril 2004
Président : Abdoulaye Wade
Premier ministre: Macky Sall
Ministres d'Etat
Collectivités locales et Décentralisation: Mme Aminata Tall (nouvelle, département remanié)
Industrie et Artisanat: Landing Savané (ancien)
Affaires étrangères: Cheikh Tidiane Gadio (ancien)
Garde des Sceaux et Justice: Serigne Diop (ancien, passé ministre d'Etat)
Economie maritime: Djibo Leïty Kâ (nouveau, nouveau portefeuille)
Sports: Youssoupha Ndiaye (ancien)
Ministres
Forces armées: Bécaye Diop (ancien)
Economie et Finances: Abdoulaye Diop (ancien)
Intérieur: Cheikh Sadibou Fall (nouveau, département remanié)
Agriculture, Elevage et Hydraulique: Habib Sy (ancien, département remanié)
Education: Moustapha Sourang (ancien)
Tourisme et Transports aériens: Ousmane Masseck Ndiaye (ancien, département remanié)
Energie et Mines: Madické Niang (ancien)
Fonction publique, Travail, Emploi et Organisations professionnelles: Yéro Deh (ancien)
Infrastructures, Equipement, Transports terrestres et Transports maritimes intérieurs: Mamadou Seck (ancien, département remanié)
Santé: Mme Aminata Diallo (nouvelle, département remanié)
Information, Intégration économique africaine et Promotion des technologies de l'information et de la communication: Mamadou Diop (ancien, département remanié)
Urbanisme et Aménagement du territoire: Seydou Sy Sall (ancien)
Famille, Développement social et Solidarité nationale: Mme Aïda Mbodj (nouvelle)
Postes et Télécommunications: Joseph Ndong (nouveau, nouveau portefeuille)
Prévention, Hygiène publique et Assainissement: Lamine Bâ (nouveau, nouveau portefeuille)
Environnement et Protection de la nature: Modou Fada Diagne (ancien, département remanié)
Culture et Patrimoine historique classé: Mme Safiétou Ndiaye Diop (ancienne, département remanié)
NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique) et Politique de bonne gouvernance: Aziz Sow (nouveau, nouveau portefeuille), également porte-parole du gouvernement
Patrimoine bâti, Habitat et Construction: Salif Bâ (ancien, département remanié)
Commerce: Mme Awa Guèye Kebé (ancienne, change de portefeuille)
PME (Petites et moyennes entreprises), Entreprenariat féminin et Micro-finance: Mme Maïmouna Sourang Ndir (ancienne, change de portefeuille, département remanié)
Plan et Développement durable: Mamadou Sidibé (nouveau, département remanié)
Jeunesse: Aliou Sow (ancien)
Sénégalais de l'extérieur: Abdoul Malal Diop (ancien)
Recherche scientifique: Christian Sina Diatta (ancien)
Coopération décentralisée et Planification régionale: Mme Soukeyna Ndiaye Ba (ancienne)
Relations avec les institutions parlementaires nationales, régionales et de l'Union africaine: Bacar Dia (ancien)
Ministres délégués
Budget (auprès du ministre de l'Economie et des Finances): Cheikh Hadjibou Soumaré (ancien)
Elevage (auprès du ministre de l'Agriculture, de l'Elevage et de l'Hydraulique): Oumy Khaïry Guèye Seck (nouvelle, nouveau portefeuille)
Enseignement technique et Formation professionnelle: Georges Tendeng (ancien, département remanié)
Questions pédagogiques (auprès du ministre de l'Education): Ibrahima Fall (nouveau, nouveau portefeuille)
Alphabétisation, Langues nationales et Francophonie (auprès du ministre de l'Education): Diégane Sène (nouveau, nouveau portefeuille)
Solidarité nationale (auprès du ministre de la Famille, du Développement social et de la Solidarité nationale): Farba Senghor (nouveau, nouveau portefeuille) (AFP)
Djibo Leïty Kâ, l’ex-opposant à Wade issu du sérail socialiste
Djibo Leïty Kâ, ancien opposant désormais rallié au président Abdoulaye Wade, était autrefois un "pilier" du Parti socialiste (PS) lorsque celui-ci était au pouvoir au Sénégal. Nommé ministre d'Etat, ministre de l'Economie maritime, il apparaît comme une des fortes personnalités du nouveau gouvernement.
M. Kâ, 55 ans, a quitté le PS, formation aujourd'hui dans l'opposition face au libéral Abdoulaye Wade, et créé en 1998 son propre parti, l'Union pour le renouveau démocratique (URD).
Grand commis de l'Etat, titulaire de pas moins de sept maroquins ministériels quatorze années durant sous le règne de Léopold Sédar Senghor, le poète-président, puis de son successeur et fils spirituel Abdou Diouf, "Djibo" ou "DLK" comme on le surnomme, est qualifié de "traître" par ses anciens camarades politiques.
Djibo Leïty Kâ, membre de l'ethnie peule et natif de Thiargny, une localité de la région de Linguère (nord), est en tout cas, de l'avis de ceux qui le connaissent, une véritable "bête politique" au regard perçant derrière de fines lunettes cerclées.
Son charisme certain lui a valu l'appellation de "peul bou rafett", "le beau peul", en wolof, une des langues parlées au Sénégal.
Ce fils d'éleveurs, orateur prolixe et brillant, est un ex-"soixante-huitard" du lycée dakarois Van Vollenhoven (aujourd'hui Lamine Guèye), naguère lecteur de Marx, entré en politique en 1970 dans les rangs du PS "senghorien".
Issu de l'Ecole nationale d'administration et de magistrature (ENAM) en 1976, il a, comme il le souligne lui-même, "pratiqué l'Etat comme personne ici dans l'espace politique sénégalais" et n'a "connu que le pouvoir".
Administrateur adjoint pour la région naturelle du fleuve Sénégal (nord), adjoint puis directeur de cabinet du président Senghor, il a été notamment ministre de l'Information et des Télécommunications, ministre de l'Education nationale, ministre des Affaires étrangères et ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur.
Ecarté du gouvernement par Abdou Diouf en 1995, il forme avec quelques proches le courant du "Renouveau démocratique" du PS en 1997. Cela lui vaut une suspension puis une exclusion du parti, et l'amène à lancer sa propre formation: l'URD.
Son parti s'impose comme troisième force politique aux élections législatives de 1998 avec une dizaine de députés. A la présidentielle de 2000, il arrive en troisième position au premier tour. Au second, il demande dans un premier temps à Abdou Diouf de se désister et, finalement, le soutient.
Cette volte-face lui vaut, dans les médias locaux, d'être qualifié de "tortueux" ainsi qu'une certaine "traversée du désert".
L'URD n'obtient que trois sièges à l'Assemblée nationale lors des législatives de 2001.
"DLK" n'en poursuit pas moins sa carrière politique. Avec plusieurs partis d'opposition au président Wade - le PS, l'Alliance des forces de progrès (&) et le Parti de l'indépendance et du travail (PIT) - il forme une coalition, le Cadre permanent de concertation (CPC) de l'opposition.
Rappelé aux affaires par le président Wade, maître habile, à presque 78 ans, du jeu politique local, Djibo Leïty Kâ a quitté le CPC la semaine dernière.
Même intégré au pouvoir pour "le neutraliser", selon ses confidences rapportées par la presse locale, "Djibo" sera sans nul doute un des hommes qui compteront dans le nouveau gouvernement. (afp)
Afrique-Express N° 299 Mardi 03 août 2004
Le journaliste Madiambal Diagne en liberté provisoire
Le journaliste Madiambal Diagne, dont l'incarcération le 9 juillet à Dakar a déclenché la mobilisation de la presse privée sénégalaise dénonçant une "atteinte à la liberté d'expression", a été mis en liberté provisoire le 26/07 par la justice.
Le directeur de publication du Quotidien a été inculpé pour "diffusion de correspondances et de rapports secrets, diffusion de fausses nouvelles et diffusion de nouvelles tendant à causer des troubles politiques graves".
"C'et un soulagement et une satisfaction pour le Sénégal et les Sénégalais et pour tous ceux qui, à l'extérieur, ont œuvré pour mettre fin à cette injustice", a déclaré Alpha Sall, secrétaire général du Syndicat des professionnels de l'information et de la communication du Sénégal (Synpics).
Son incarcération a suscité une forte mobilisation de la presse privée dakaroise ainsi que de nombreuses protestations d'organisations internationales de défense de la presse.
Les 17 et 23 juillet, des marches de soutien avaient été organisées dans les rues de Dakar, attirant des représentants de la politique sénégalaise et de la société civile, de la presse nationale et internationale. Un sit-in avait été organisé devant le ministère de l'Information le 19 juillet.
La majorité des quotidiens privés dakarois ont publié, à deux reprises, des articles communs sur cette affaire et observé une journée sans journaux.
Le président Wade avait annoncé la suppression prochaine de l'article 80 du Code pénal sénégalais, invoqué pour l'emprisonnement du journaliste.
Le journal Le Quotidien a été condamné le 16/07 pour diffamation dans une affaire l'opposant à l'ancien directeur général des Douanes sénégalaises, Boubacar Camara qui avait porté plainte pour diffamation et diffusion de fausses nouvelles.
Le coordonnateur de la rédaction et l'administratrice du site Internet était poursuivis pour complicité de diffamation et de diffusion de fausses nouvelles après la publication d'un article intitulé "Limogeage du directeur des Douanes: les casseroles de Boubacar Camara".
La responsable du site internet, Aïssatou Diallo, reconnue non coupable, a été relaxée.
L'ex-directeur général des douanes réclamait au départ 500 millions de FCFA (plus de 760.000 euros) et la condamnation de tous les prévenus.
Réaménagement du gouvernement
Deux départs, deux arrivées
Un "réaménagement technique" du gouvernement, opéré le 19/07 par le président Wade, a été marqué par le départ de deux ministres et l'entrée de deux nouveaux, suite à la démission pour convenance personnelle de Mme Aminata Diallo, ministre de la Santé".
Mme Diallo a été remplacée par Issa Mbaye Samb, "nommé ministre de la Santé et de la Prévention médicale".
Mme Awa Guèye Kébé, ministre du Commerce est remplacée à ce poste par Ousmane Ngom, précédemment ministre conseiller à la présidence.
Le gouvernement du Sénégal, remanié le 19 juillet 2004
Président : Abdoulaye Wade
Premier ministre: Macky Sall
Ministres d'Etat
- Collectivités locales et Décentralisation: Mme Aminata Tall
- Industrie et Artisanat: Landing Savané
- Affaires étrangères: Cheikh Tidiane Gadio
- Garde des Sceaux et Justice: Serigne Diop
- Economie maritime: Djibo Leïty Kâ
- Sports: Youssoupha Ndiaye
Ministres
- Economie et Finances: Abdoulaye Diop
- Forces armées: Bécaye Diop
- Intérieur: Cheikh Sadibou Fall
- Agriculture, Elevage et Hydraulique: Habib Sy
- Education: Moustapha Sourang
- Tourisme et Transports aériens: Ousmane Masseck Ndiaye
- Energie et Mines: Madické Niang
- Fonction publique, Travail, Emploi et Organisations professionnelles: Yéro Deh
- Infrastructures, Equipement, Transports terrestres et Transports maritimes intérieurs: Mamadou Seck
- Santé et Prévention médicale: Issa Mbaye Samb (nommé en remplacement de Mme Aminata Diallo, département réaménagé)
- Information, Intégration économique africaine et Promotion des technologies de l'information et de la communication: Mamadou Diop
- Urbanisme et Aménagement du territoire: Seydou Sy Sall
- Famille, Développement social et Solidarité nationale: Mme Aïda Mbodj
- Postes et Télécommunications: Joseph Ndong
- Prévention, Hygiène publique et Assainissement: Lamine Bâ
- Environnement et Protection de la nature: Modou Fada Diagne
- Culture et Patrimoine historique classé: Mme Safiétou Ndiaye Diop
- NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique) et Politique de bonne gouvernance: Aziz Sow, également porte-parole du gouvernement
- Patrimoine bâti, Habitat et Construction: Salif Bâ
- Commerce: Ousmane Ngom (nommé en remplacement de Mme Awa Guèye Kébé)
- PME (Petites et moyennes entreprises), Entreprenariat féminin et Micro-finance: Mme Maïmouna Sourang Ndir
- Plan et Développement durable: Mamadou Sidibé
- Jeunesse: Aliou Sow
- Sénégalais de l'extérieur: Abdoul Malal Diop
- Recherche scientifique: Christian Sina Diatta
- Coopération décentralisée et Planification régionale: Mme Soukeyna Ndiaye Ba
- Relations avec les institutions parlementaires nationales, régionales et de l'Union africaine: Bacar Dia
Ministres délégués
- Budget (auprès du ministre de l'Economie et des Finances): Cheikh Hadjibou Soumaré
- Elevage (auprès du ministre de l'Agriculture, de l'Elevage et de l'Hydraulique): Oumy Khaïry Guèye Seck
- Enseignement technique et Formation professionnelle: Georges Tendeng
- Questions pédagogiques (auprès du ministre de l'Education): Ibrahima Fall
- Alphabétisation, Langues nationales et Francophonie (auprès du ministre de l'Education): Diégane Sène
- Solidarité nationale (auprès du ministre de la Famille, du Développement social et de la Solidarité nationale): Farba Senghor |