- Population : Environ 9,7 millions
- Superficie : 1 284 000km2
- Monnaie : Franc CFA (1 euro = 655 FCFA)
- Langues officielles : Français, Arabe
- Principales ethnies : Toubous, arabes, Sara, Zaghawas, Goranes, Tamas, Baguirmiens, Fitri Batha, Hadjarai, Kanem-Bornou, Mayo-Kébbi, Ouaddaîens, Peuls, Tandjilé.
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- Président : Idriss Déby Itno (depuis 1990)
- Premier ministre : Youssouf Saleh Abbas (16/04/2008)
- Parti au pouvoir : Mouvement Pour le Salut (MPS), mais quatre membres de l'opposition font partie du dernier gouvernement
- Capitale : N'Djaména
- Principales
villes : Bongor, Sarh, Abeche, Moundou, Lai, Doba, Mongo, Mao, Faya Largeau
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Le Tchad est sans aucun doute, sans conteste, et sans aucun
rival capable de jouer dans la même catégorie que lui,
recordman du monde des mouvements rebelles.
Résultat : des centaines de sigles incompréhensibles
pour qui pose un regard novice sur la politique tchadienne, mais
des sigles qui révèlent un malaise profond au pays
du «démocratiquement élu».
Le premier, le Front de libération nationale du Tchad (FROLINAT),
a été créé le 22 juin 1966 par Ibrahima
Abatcha au Soudan (déjà), six ans après la
proclamation de l’indépendance. C’était
un peu normal. A l’époque, le premier président
tchadien, François Tombalbaye, originaire du Sud du Tchad,
intronisé le 11 août 1960, avait interdit tous les
partis politiques dès le 19 janvier 1962.
Le FROLINAT rassembla alors des musulmans du nord et du centre-est,
mais également des opposants de toutes origines. Le Frolinat
était soutenu par le Soudan et menait ses opérations
à partir du Tibesti. La France envoya (déjà
encore) ses troupes au secours du régime de Tombalbaye en
février 1968.
A partir de ce moment-là, ce fut l’engrenage sans fin
: rébellion, prise du pouvoir, nouvelle rébellion
et la France, toujours acteur et « solidaire » du régime
en place.
Aussi,
l’histoire politique du Tchad se conjugue-t-elle avec les
factions armées, qui tout à tour ont donné
un « président » au pays : Goukouni Oueddeï,
chef du FROLINAT, fut nommé président du Conseil d’Etat
provisoire le 24 mars 1979. Tout juste le temps de passer le flambeau
à la tête de l’Etat le 29 avril 1979 à
Lol Mohamed Shawwa qui dirigeait le Mouvement populaire de libération
du Tchad (MPLT).
Le 21 août 1979, Goukouni Oueddeï redevient chef de l’Etat
et chef du gouvernement, à la suite d’une conférence
de réconciliation nationale qui s’est tenue à
Lagos au Nigeria.
Pas moins de onze tendances politico-militaires y participèrent.
C’est le début des sigles incompréhensibles
pour qui pose un regard novice sur la politique tchadienne. A l’époque,
on trouve entre autres – que les oubliés nous excusent
– le CDR, le groupe ACYL, le CCFAN tendance Goukouni, appelé
encore la « deuxième Armée », le FROLINAT-VOLCAN,
le FROLNAT-FPL, la « troisième Armée »,
le FROLINAT Fondamental, le MPLT, les FAO …
Vous suivez ? Non ? Vous n'êtes pas les seuls. Les Nigérians,
qui s’arrachaient les cheveux lors de cette conférence
de paix en 1979, ont proposé que tous ces mouvements gardent
le sigle FROLINAT, en y accolant chacun un autre sigle pour marquer
sa différence.
Avec
l’arrivée au pouvoir de Déby, c’est le
grand boom des mouvements rebelles
On n’entre pas dans le détail de l’histoire et
on saute directement à la période Idriss Déby,
qui s’empare du pouvoir en décembre 1990, à
la tête de son propre mouvement rebelle, le Mouvement patriotique
du salut (MPS), en venant (encore) du Soudan voisin. Le président
en place, Hissein Habré, fuit N'Djaména pour se réfugier
déjà ou à nouveau au Cameroun, avec l'étape
obligée à Kousséri.
Mais avec l’arrivée au pouvoir de Déby, c’est
le grand boom des mouvements rebelles, le feu d’artifice.
Tous les anciens reprennent du service comme le Conseil démocratique
de la révolution (CDR) d’Acheikh Ibn Oumar, mais cette
fois, le Sud du pays fournit lui aussi un beau contingent de rébellions,
Idriss Déby étant originaire du Nord-est du Tchad
et son armée, formée essentiellement de membres de
son ethnie, les Zaghawas, ayant la main particulièrement
lourde et facilement meurtrière envers les sédentaires
paysans du sud du pays.
On cite en vrac, le Comité national de redressement du Tchad (CNRT) d’Abbas Koty, le Comité de sursaut national
pour la paix et la démocratie (CSNPD) de Moïse Kette,
les Forces armées pour la République fédérale
(FARF), le Front national du Tchad (FNT).
Idriss Déby réussit aussi l’exploit de générer
des mouvements dans le Nord, le Tibesti plus précisément
où se crée, en mars 1999, le Mouvement pour la démocratie
et la justice au Tchad (MDJT), dirigé alors par Youssouf
Togoïmi.
Vous êtes complètement perdus ? Pas grave, on continue.
Et encore, on a été gentil parce qu’on aurait
pu vous parler du Mouvement pour la Démocratie et le Développement
(MDD), basé dans la région du lac Tchad et créé
en 1995, enfin juste de la tendance Moussa Medella, pas de celle
d’Ibrahim Mallah pour ne pas trop vous égarer.
Ou encore de la merveilleuse CMAP (Coordination de mouvements armés
et partis politiques de l'opposition) qui a regroupé un temps
le Front National du Tchad Rénové (FNTR) de Ahmat
Yacoub, l’Action Tchadienne pour l'Unité et le Socialisme
(ACTUS) du Dr Ley Ngardigal Djimadoum, le Front Uni pour une alternance
démocratique au Tchad (FU/ADT) de Jean-Prosper Boulada, le
Rassemblement pour le progrès et la justice sociale (RPJS)
de Mme Bourkou Louise Ngaradoum, le Front Extérieur pour
la Rénovation (FER) d’Antoine Bangui, le Front Démocratique
Populaire (FDP) du Dr. Nahor, l’Alliance des Démocrates
Résistants (ADR) d’Younous Ibedou, la Convention des
Forces Nationalistes (CFNT) de Moussa Tchorgué - respirez
…soufflez … - le Conseil d'Union pour le Renouveau (CURE)
d’Amadou Ahidjo Ngaro, la Force pour le Ratissage, le Regroupement
et le Redressement du Tchad (FRRRT) de Yaya Batit Ali, le Front
Uni pour une alternance démocratique au Tchad (FU/ADT) de
Jean-Prosper Boulada, et, on allait l’oublier, le Mouvement
pour la Révolution Populaire (MRP) de Titinan Biré.
Du bel ouvrage cette CEMAP !
Vous
souriez, vous pensez que c’en est assez ? Naïfs et bien
heureux qui ne connaissez pas le Tchad.
Idriss Déby dure au pouvoir. Il est élu et réélu
en 1996, 2001 et 2006. Une telle durée, ça crée
des divisions, des rancunes, des exclus, des disgrâces, des
conflits interethniques.
A titre d'exemple, la première "tentative de putsch"
contre son régime a eu lieu le 13 octobre 1991, par son ancien
bras droit, le colonel Maldom Abbas, qui était soutenu par
une dizaine de responsables politiques et militaires appartenant
pour la plupart à l'ethnie Hadjarai. Il s'agissait d'un premier
conflit de partage du pouvoir, entre les Hadjarai (l'ethnie du colonel
Maldom Abbas) et les Zaghawa (ethnie du président Idriss
Déby).
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