Zimbabwe
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  • Population : 13 millions
  • Superficie : 391 000 km2
  • Monnaie : Dollar zimbabwéen, abandonné temporairement au profit du Rand sud-africain et du dollar Us en raison de l’inflation incontrôlable
  • Langue officielle : Anglais
  • Langues usuelles : Shonas, Ndebele, venda, nambya, shangaan, kalanga, southou, tonga
  • Capitale : Harare
  • Principales villes : Bulawayo, Mutare, Masvingo, Chinhoyi, Hwange, Kariba, Shurugwi
  • Principales ethnies : Shona (plus de 70 %) et Nedebele (près de  20 %)
  • Président : Robert Mugabe (depuis le 30/11/1987)
  • vice-Présidente : Joyce Mujuru (depuis le 04/12/2004, reconduite en octobre 2008)
  • vice-Président : Joseph Msika (depuis le 23/12/1999, décédé le 5 août 2009
  • Premier ministre : Morgan Tsvangirai (MDC)
  • Parti au pouvoir : avant les élections générales de 2008, l'Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique (Zanu-PF).
    Aux législatives du 29 mars 2008, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) est devenu majoritaire au Parlement avec 109 députés.
    Mugabe a été réélu président, le 27 juin lors d'un second tour contesté et en l'absence d'adversaire, l'opposant, Tsvangirai, ayant boycotté ce scrutin

Le Zimbabwe en deux ou trois mots ?
Maudit, Souillure, Matabeleland …

Maudit

Maudit fut le jour où Lobengula, le roi des populations Ndébélés qui contrôlait le pays à partir de Bulawayo signa une convention avec des émissaires de l’homme d’affaires et politicien britannique Cecile Rhodes, concédant à sa compagnie privée, la British South Africa Company (BSAC) de simples droits de prospections minières.
Ce fut en 1888, et depuis ce jour, le Zimbabwe connut l’enfer d’une colonisation des plus ignobles qui soient.
Cecile Rhodes, les poches déjà bien pleines avec sa compagnie minière la "de Beers" qui contrôlait toute l’exploitation de diamants dans la région de Kimberley en Afrique du Sud, ambitionnait d’étendre l’empire britannique de la ville du Cap au Caire en Egypte. Grandeur, quand tu nous tiens …
L’aventure coloniale de Rhodes et de sa compagnie privée fut entretenue et encouragée par le Royaume-Uni.
En 1889, une Charte royale octroya la gestion de tous les territoires situés au-dessus et au-dessous du fleuve Zambèze à la BSAC. Ces territoires furent alors appelés Zambézie du Nord (l’actuel Zambie) et Zambézie du Sud (l’actuel Zimbabwe).
Le 6 mai 1890, une colonne de pionniers partit de la ville de Kimberley en Afrique du sud, direction le Nord, la concession accordée par le roi Lobengula en main : 180 colons et 500 hommes, policiers et missionnaires compris. Ce fut le début d’une histoire tragique. En 1891, la Grande-Bretagne fait de la région du Mashonaland un protectorat puis autorise les colons de la BSAC à envahir le Matabeleland en 1893.
En quelques années, après avoir écrasé dans le sang deux rébellions des populations noires locales, celle des Ndébélés en 1893, puis celle de l’ensemble de la population africaine, Ndébélés et Shonas, en 1896, la BSAC mit la main sur tout le territoire qui englobait alors le Mashonaland et le Matabeleland et lui donna le nom de Rhodésie, le 23 avril 1895, en hommage à Cecil Rhodes, qui décédera en 1902.
La révolte de 1896, baptisée Chimurenga ("guerre de libération") est gravée à tout jamais dans la mémoire des Zimbabwéens.
L’armée impériale britannique, venue en renfort des colons de la BSAC, joua du canon Maxim, de la mitrailleuse Armstrong, et finit le travail à la dynamite pour déloger - tuer quand ils ne se rendaient pas - les derniers résistants shonas, réfugiés avec femmes et enfants dans des "kopjes", des amas granitiques empilés, dans leur fief des Matopos-Hills.
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Une biographie de Mugabe

Mugabe, Robert Gabriel
« Souillure » or not « Souillure » ?

par René-Jacques Lique

Sortie avril 2010. Edition L’Harmattan - 457 p.

Une plaidoirie en défense du « dictateur », de la « souillure »,
du « rien qu’un escroc », du « rien qu’un assassin » …

Lire un extrait sur l'avocat blanc David Coltart qui fut l'un des pontes du MDC, le parti d'opposition de Morgan Tsvangirai, et qui est depuis 2009 ministre de l'Education. Lire

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Lire un extrait sur l'anxiété britannique quand il s'agit de "génocides à venir".
Cet extrait est tiré du dernier chapitre intitulé "Promis, c’est fini …"
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Mugabe Pas question dans ce livre de repeindre un Zimbabwe idyllique aux couleurs flamboyantes. Foin de naïveté, ce n’est pas du Douanier Rousseau, bien plus « Le Jugement dernier » de Jérôme Bosch, où chaque scène est une horreur accomplie.
Pas de vilenies estompées dans les bleus du lointain. Rien n’est caché. Tout est sur la table. La lumière éclaire d’une même intensité, la très sombre période coloniale britannique, la monstrueuse Rhodésie « blanche » de Ian Smith que d’aucuns ont tant aimée, et le Zimbabwe indépendant dirigé par Robert Mugabe depuis 1980.
On a tué beaucoup dans ce pays. De tout temps et de mille manières : à la dynamite, à la baïonnette, par pendaisons, au couteau, à la kalachnikov, à la bombe. À chacun sa méthode.
On a aussi beaucoup menti. La toute première fois, en bernant le pauvre chef Ndébélé qui offrit son pays sans le savoir aux rapaces de la bande à Cecil Rhodes. Puis après, au nom de la « civilisation », puis aujourd’hui encore, very shocked, au motif que « Nous ne sommes responsables de rien ».
Mugabe, qui a massacré le « joyau » qu’on lui a remis en main propre en 1980 ? Parlons-en du « joyau » rhodésien, si cher aux journalistes, ce formidable tas de boue immonde !
Médias aveugles ou engagés, Ong, bras armés des politiques, diplomates délirants, qui alimentent la chaudière pour la maintenir à température constante en attendant le grand feu d’artifice, tous ont sans doute une part de responsabilité dans le « drame » du Zimbabwe, et pas le seul Mugabe. C’est aussi une ligne directrice de cet ouvrage.
Mugabe, « Une honte pour le continent africain tout entier », comme l’a clamé Condoleezza Rice ? Alors offrons-nous quelques escapades pour aller voir ailleurs, et dormons tranquilles : Sierra Leone, Cameroun, Mozambique, quand la communauté internationale s’empresse de mettre fin aux carnages …
Le monde occidental, plein de compassion pour le peuple zimbabwéen ? Là, ça fait monter la tension quand on sait qui a fait rouiller la tuyauterie du système économique et social.
L’opposant Morgan Tsvangirai et la brochette de Blancs qui l’entourent, une petite équipe de gens bien sympathiques ? Peut-être ne parle-t-on pas des mêmes personnes.


Combien de morts pendant la période dite des "massacres du Matabeleland"?

Retour sur un exercice d’emphase journalistique réussi avec brio par moult médias.

En février 1982, l’autre grande figure de la guerre de libération, Joshua Nkomo, est écartée du gouvernement dirigé par Mugabe depuis l’accession à l’indépendance en 1980, et est accusée de complot. Aussitôt, une dissidence armée, menée par des Ndébélés et d’anciens membres de l’armée de Nkomo, prend corps dans le Matabeleland, sa région d’origine.
Impossible de lire la moindre biographie ou le moindre article concernant Mugabe sans que ces événements ne soient disséqués et relatés avec de bien belles variantes.

La guerre dite du Matabeleland dura de 1982 à 1985, voire même après. Nkomo partit d’abord en exil puis rentra au pays en 1986 et signa un accord politique au terme duquel son parti, la ZAPU (Zimbabwe African People's Union) fusionna en 1987 avec la ZANU (Zimbabwe African National Union) de Mugabe pour donner la ZANU/PF (Patriotic Front).
Au cours de cette guerre du Matabeleland, Mugabe fit intervenir sa 5e armée, formée et entraînée par des Nord-Coréens.
Les causes du conflit furent multiples : le nouveau régime était menacé par son voisin sud-africain, encore sous régime de l’apartheid, et où s’étaient réfugiés bon nombre de Rhodésiens blancs qui n’acceptaient pas l’arrivée d’un pouvoir « noir » au Zimbabwe. Mugabe lui-même subit plusieurs tentatives d’attentat.
L’autre cause majeure fut le mécontentement des anciens combattants issus de l’armée de Nkomo, la Zipra, qui estimaient être mis sur la touche dans le processus d’intégration d’une nouvelle armée. A l’époque, des camps de rassemblement regroupaient les forces des deux armées, celle de Mugabe, la Zanl,a et des membres de la Zipra, en attendant la création d’une armée unifiée.
Des incidents violent et meurtriers éclatèrent, notamment dans des camps de rassemblements à Entumbane, à côté de Bulawayo. En février 1981, un nouvel accès de violence entre Zipra et Zanla à Entumbane s’étendit à Ntabazinduna et Connemara dans les Midlands, faisant plus de 300 morts.
La réponse des autorités fut lourde : des villages furent incendiés, des milliers de personnes furent détenues sans jugements, l’armée, et plus particulièrement la 5e brigade, a commis de nombreuses exactions allant du viol à la torture. Des villageois ont été obligés de creuser leurs propres tombes.
Quelles sont les sources dont disposent les historiens et journalistes pour en tirer le bilan ?
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Ce fut plutôt "chaud", mais ça se calme.
La crise politique entraînée par les élections générales de mars 2008 a fortement perturbé le pays, mais depuis l'accord de partage du pouvoir entre le président Mugabe et son Premier ministre, l'opposant Tsvangirai, la situation s'est considérablement décrispée.
loin d'être réglée.

Si vous voulez vous offrir une vue plongeante sur les Chutes Victoria (Victoria Falls), rien ne vous empêche d'aller admirer le spectacle à partir de la Zambie.

 
 
 
 
 
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