Une chanson composée par un Zoulou, accusant la population indienne dAfrique du Sud dexploiter les Noirs depuis la fin de lapartheid, a créé la controverse et a été interdite sur les ondes jusquà nouvel ordre.
Intitulée Amandiya (les Indiens en Zoulou), cette chanson écrite par Mbongeni Ngema, est considérée par des représentants de la communauté indienne comme porteuse de haine. Les Indiens refusent le changement, les Blancs étaient bien mieux que les Indiens, assure lauteur dans un couplet. Les Indiens ont tout pris, cest pourquoi nous (les Noirs) devons subir tant de souffrances à Durban (est). Ils nous exploitent, poursuit la chanson.
LAlliance démocratique (AD, opposition) a déposé le 27 mai une plainte devant la commission des Droits de lHomme sud-africaine, qui a estimé deux jours plus tard que la chanson ne répondait pas aux critères de diffusion sur les ondes. Nous pouvons considérer quelle véhicule un discours de haine, a indiqué le vice-président de la commission, Jody Kollapen.
Tout en condamnant la chanson, Adam Habib, un sociologue de lUniversité de Natal, admet quelle se fait lécho dun sentiment de malaise croissant entre les deux groupes (Indiens et Noirs) depuis la fin officielle de lapartheid, en 1994.
Nelson Mandela, qui na pas écouté les paroles, estime que si ce quil a entendu dans les média est vrai, lauteur devrait présenter ses excuses à la communauté indienne.
Mais M. Ngema refuse, estimant que sa chanson va permettre un débat sur les relations entre Indiens et Noirs, particulièrement les Zoulous, majoritaires dans le KwaZulu-Natal et à Durban, la plus grande ville de la région, où réside un nombre important de membres de la population dorigine indienne.
La population africaine est très mécontente, a expliqué lauteur lors dune interview à la radio sud-africaine SABC. Ceux qui ont combattu lors de la lutte de libération dans les townships, notamment au KwaZulu-Natal, sont dans la même situation que sous lapartheid.
Les premiers membres de la communauté indienne sont arrivés en Afrique du Sud au milieu du 19ème siècle pour travailler dans les plantations de sucre du Natal.
Les Indiens, victimes de lapartheid, ont lutté au côté des Noirs contre loppression coloniale et la ségrégation.
Depuis la fin de lapartheid, de nombreux Indiens sont devenus des commerçants ou des hommes daffaires prospères et à Durban, leurs enfants fréquentent les meilleures écoles, les quartiers et les boîtes huppées tandis que la majorité des Noirs continue à vivre dans la misère.
Une étude publiée par lInstitut sud-africain sur les Relations entre les communautés indique quen 2000, seuls 7,4% de la population indienne dAfrique du Sud (1,1 million au total) vivait sous le seuil de pauvreté, contre 58,7% des 35,2 millions de Noirs. (avec AFP) |
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