Le gouvernement suisse a refusé le 26 juin de se prononcer sur le bien-fondé de la plainte collective déposée par le cabinet dEd Fagan, au nom de victimes de lapartheid, contre UBS et Credit Suisse Group, tout en critiquant ce type dactions en justice.
Le célèbre avocat américain reproche aux deux banques suisses ainsi quà la banque américaine Citicorp davoir fourni au régime dapartheid les moyens financiers pour quil dispose de la technologie, des équipements, des systèmes, des infrastructures et des armes permettant au régime de fonctionner.
Le Conseil fédéral (gouvernement) a pris acte du dépôt dune plainte collective le 19 juin à New York. (...) Il ne lui appartient pas de se prononcer sur son bien-fondé, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Achille Casanova.
Toutefois, a-t-il noté, ce type daction en justice ne permet pas de répondre à la question de la coopération économique avec des pays où le droit international et les droits de lhomme sont violés.
Le dépôt dune plainte collective devant un tribunal américain nest pas le moyen approprié pour résoudre les problèmes politiques dautres pays, a encore estimé le porte-parole du gouvernement.
Le gouvernement suisse a chargé le ministère des Affaires étrangères de suivre lévolution de la situation avec les autres ministères et les représentants des milieux économiques.
Berne rappelle que la Suisse et lAfrique du Sud entretiennent des relations étroites, et que, dans leurs contacts réguliers, rien ne donne lieu de penser que les autorités sud-africaines soutiendraient ce type de plainte, a encore estimé M. Casanova.
Un juge de Manhattan doit, dans le délai quil jugera bon, examiner la plainte, éventuellement demander des compléments dinformation ou convoquer plaignants et accusés pour des audiences, avant de décider ou non dentamer les poursuites.
Ed Fagan, véritable bête noire pour de nombreux citoyens suisses et ses milieux économiques, est à lorigine de la plainte collective qui a déclenché laffaire des avoirs juifs détenus par les banques suisses.
Après plusieurs années de combat, Ed Fagan, rejoint par une horde davocats, a obtenu finalement gain de cause. Les banques suisses ont versé 1,25 milliard de dollars, pour avoir gardé et géré pendant des dizaines dannées des milliers de comptes appartenant à des juifs victimes de lHolocauste.
Dans ce nouveau dossier, plus dun millier de personnes se présentant comme des victimes de lapartheid en Afrique du Sud ont appelé un numéro de téléphone spécial, pour sinformer des possibilités de se joindre aux éventuelles poursuites.
Ces poursuites sont éventuellement rendues possibles par des lois américaines, dont lAlien Tort Claims Act et le Torture Victims Protection Act permettant de saisir un juge américain de faits sétant déroulés en dehors des Etats-Unis, même si ni accusateurs ni accusés nont aucun rapport avec ce pays.
Dans le cas des avoirs juifs comme dans celui de lindustrie allemande, les accusés ont préféré négocier et sont parvenus à un règlement à lamiable, après des années dâpres négociations, plutôt que de courir le risque de procès et surtout de campagnes de dénigrement auprès de lopinion publique américaine et internationale.
Banques suisses et industrie allemande avaient notamment été menacées de boycott et surtout dun éventuel bannissement de Wall Street. |
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