La Cour constitutionnelle sud-africaine a reconnu le 10/09/2002 aux couples homosexuels le droit dadopter des enfants, un jugement salué comme une première en Afrique et qui distingue encore davantage lAfrique du Sud en matière de droits des homosexuels sur le continent.
La Cour avait été saisie du cas de deux magistrates vivant ensemble depuis 1989 qui souhaitaient adopter les deux enfants dune dentre elles. Lorgane judiciaire suprême du pays a estimé que des personnes vivant dans une relation permanente de même sexe devraient être autorisées à adopter ensemble.
Le juge de la Cour Constitutionnelle, Lewis Skweyiya, dans ses attendus, a estimé que les droits à légalité et à la dignité des plaignantes sont violés par certains textes existants, en loccurrence certains passages du Child Care Act (sur le soin de lenfance) et du Guardianship Act (sur le tutorat).
Ces textes naccordent pas nécessairement une importance suprême aux meilleurs intérêts de lenfant, a estimé le juge Skweyiya, ajoutant que la vie de famille, telle quenvisagée par la Constitution, peut être vécue de différentes façons.
La Cour considère que la stabilité, le soutien et laffection pour un enfant recherchés par la législation peuvent tout à fait être assurés par un couple homosexuel, et quen conséquence les couples en relation permanente de même sexe devraient pouvoir adopter.
Ce jugement sinscrit dans une récente série de victoires marquantes pour les droits des homosexuels en Afrique du Sud. Jadis victimes de discriminations et de persécutions sous lapartheid, ils ont vu leurs droits garantis par la Constitution de 1996, à la fois voulue et considérée comme particulièrement libérale. Et avec laquelle la justice se met peu à peu au diapason.
La Gay and Lesbian Alliance, qui revendique 112.000 adhérents, a salué ce jugement comme un exemple, une première en Afrique, qui porte un coup sévère aux homophobes du continent comme Robert Mugabe et Sam Nujoma.
Les présidents du Zimbabwe et de Namibie, par leurs fréquentes attaques contre les homosexuels, illustrent la condition très variable de lhomosexualité en Afrique, cible selon les pays de stigmatisation, de menaces, voire de poursuites, à limage du récent procès de 50 jeunes en Egypte.
En Afrique du Sud, les homosexuels vont de victoire en victoire: en juillet, la justice a reconnu à un couple dhomosexuelles vivant ensemble depuis 1986 les mêmes droits et avantages financiers quà un couple hétérosexuel marié: transports, déplacements, retraites liées à la profession dune des deux femmes.
A lénoncé du jugement à Johannesburg, la juge Anne-Marie de Vos sest déclarée extatique. Vivant depuis 1989 avec sa collègue Suzanne du Toit, elle entend à présent adopter deux enfants de 10 et 13 ans nés pendant cette période.
Javais besoin dêtre sûre que si quelque chose marrivait, Suzanne pourrait formellement prendre soin des enfants, a-t-elle déclaré, expliquant son action en justice. Nous voulions juste être définitivement sûres que chacune dentre nous pourrait prendre soin deux.
Enhardie, la communauté gay dAfrique du Sud vise a présent une reconnaissance totale, dans les textes législatifs, du mariage homosexuel et du droit dadoption.
Elle se lance également dans des opérations publiques offensives comme la publication dune liste rose dénonçant les firmes, églises, ou politiciens suspects dhomophobie, et menace de boycott certaines institutions pour démontrer le pouvoir du rand rose. Elle a récemment appelé à un boycott touristique de la Namibie et du Zimbabwe. |
|