N° 271
du 03/06/2003

Afrique du Sud


Actions devant la justice américaine
au nom des victimes de l’apartheid

afex
 
Des plaintes contre 34 grands noms de la banque, de la finance et de l’industrie mondiale accusés d’avoir tiré profit de l’apartheid en Afrique de Sud devaient être déposées le 19/05 devant la justice américaine, a annoncé l’un des avocats des plaignants, Ed Fagan. L’avocat a annoncé à l’édition américaine du Financial Times qu’il comptait réclamer devant la justice américaine quelque 100 milliards de dollars au nom de dizaines de milliers de personnes ayant été victimes de l’apartheid.
Ed Fagan a participé aux actions en nom collectif contre les banques suisses et l’industrie allemande accusées, d’avoir tiré profit de l’Holocauste durant le nazisme. Elles ont versé des millions de dollars pour mettre fin aux poursuites plutôt que d’aller devant la justice américaine, traditionnellement généreuse avec les plaignants dans ce genre d’action en nom collectif.
La liste des 34 entreprises prises pour cible, qui n’est pas exhaustive et pourrait être rallongée, comprend des géants de la banque comme les américains Citigroup et JP Morgan Chase, les suisses Credit Suisse et UBS, les allemands Deutsche Bank ou Commerzbank, les français Crédit Lyonnais et IndoSuez, mais aussi de grands noms de l’industrie comme IBM, DaimlerChrysler, Novartis ou ExxonMobil.
Un juge du tribunal fédéral de Manhattan aura des mois pour décider si les plaintes sont recevables ou non. S’il juge qu’elles le sont, la procédure pourra encore durer des années avant l’éventuelle convocation d’un jury.
Dans la plupart des cas similaires, si elles ne parviennent pas à persuader le magistrat de déclarer les plaintes irrecevables, les entreprises préfèrent transiger et verser de fortes sommes en échange du retrait des plaintes.
Ed Fagan et son équipe vont tenter de convaincre la justice, en faisant appel s’il le faut au témoignage de victimes de l’apartheid qui pourraient aller à New York, que ces entreprises ont soutenu le régime raciste de l’apartheid et en ont tiré profit.
“Le gouvernement sud-africain n’a rien fait depuis sa formation en 1994 pour préserver les droits et les intérêts des victimes de l’apartheid” a souligné l’avocat sur les ondes de la BBC.
 


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