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Un des piliers
militaires de la lutte anti-apartheid, l'ancien
ministre de la Défense Joe Modise est
décédé le 26 novembre d'un cancer
à l'âge de 72 ans. Joe Modise, commandant
pendant 35 ans d'Umkhonto we Sizwe (Lance de la Nation),
l'aile militaire du Congrès National
Africain (ANC), s'est éteint à
son domicile de Centurion, près de Pretoria.
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Cerveau militaire, essentiellement depuis l'exil, de
la lutte contre le régime d'apartheid, Modise joua
un rôle clef de négociateur de la transition
démocratique, puis supervisa la délicate
fusion des mouvements de guérilla noirs et de
l'armée de l'apartheid. Il fut ministre de la
Défense de l'Afrique du Sud démocratique,
de 1994 à 1999.
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Né à Doornfontein, près de
Johannesburg, Modise s'initia au militantisme
anti-apartheid lors des expulsions de populations de
quartiers noirs, dans les années 1956-60.
Après avoir rejoint la lutte en exil en Tanzanie,
en 1963, il reçut une formation militaire en
Tchécoslovaquie et dans l'ex-URSS.
- Il établit par la suite des bases de MK en
Tanzanie, en Angola et en Ouganda notamment, supervisant
aussi des programmes d'entraînement de
guérilleros dans les pays de l'Est, à Cuba,
en Algérie, en Egypte, en Ethiopie et en Chine.
Au début des années 1990, Modise fut
mis en cause par une commission d'enquête, pour son
apparent manque de contrôle sur les violations des
droits de l'homme commises dans les camps de l'ANC en
exil. La Commission Vérité et
Réconciliation, dans son rapport en 1998, devait
elle aussi dénoncer la torture "largement
utilisée" et les exécutions sommaires dans
ces camps dans les années 1980.
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Connu comme un chef dur et intransigeant, Modise fut
cependant salué, y compris par plusieurs de ses
anciens adversaires, pour son professionnalisme et son
sens du compromis dans le processus de transformation de
l'ancienne armée sud-africaine en un corps
multiracial.
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Modise, retiré de la politique depuis 1999,
supervisa aussi le volumineux contrats d'armements
publics finalisés fin 1999 pour un montant de plus
de 5 milliards de dollars (plus de 6 Mds d'euros). Il a
été récemment épinglé
par une commission d'enquête sur ces contrats
controversés.
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Dans un communiqué, le président Thabo
Mbeki a salué en Joe Modise " un pilier de la
lutte pour la libération, un homme qui a bien
servi son pays ", en tant " qu'ancien ministre de la
Défense du gouvernement démocratiquement
élu et combattant vétéran pour la
liberté ".
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Son épouse Jackie Sedibe fut la
première femme nommée général
dans l'armée post-apartheid, une promotion qui
valut à Modise des accusations de
népotisme.
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