N° 246
du 14/03/2002

Afrique du Sud


Le docteur Basson
L'ancien chef des laboratoires militaires de l'apartheid hospitalisé

afex
 
Wouter Basson, l'ancien chef des laboratoires militaires de l'apartheid, a subi une légère congestion cérébrale, entraînant son hospitalisation et l'ajournement de son procès en cours depuis plus de deux ans.
Le Dr Basson est hospitalisé dans un hôpital de Pretoria dans l'unité de soins intensifs. Son procès a été ajourné.
Le Dr Basson, 52 ans, comparaît libre depuis octobre 1999 à la Haute Cour de Pretoria pour 46 chefs d'accusations de meurtres, trafic de drogue et fraudes lorsqu'il dirigeait le programme d'armement chimique de l'apartheid, de 1982 à 1992. Il plaide non coupable.
Le procès a déjà été marqué par maints ajournements, et de vifs échanges, en audience, entre l'accusation et le juge-président, Willie Hartzenberg, soupçonné par le procureur de préjuger le procès en faveur de l'innocence de Basson. L'accusation avait tenté en vain d'obtenir la récusation du juge.
Depuis le début du procès, Basson a déjà été relaxé d'une vingtaine des chefs d'inculpation initiaux, dont ceux relatifs au meurtre de 200 guérilleros de l'indépendance namibienne dans les années 80.
Dans la première partie du procès en 2000, d'anciens membres des Forces spéciales de l'apartheid ont fait d'effroyables récits d'élimination d'opposants, injectés avec un asphyxiant musculaire, utilisés comme cobayes de substances mortelles.
En 2001, Basson, que la presse surnomma le "Docteur la Mort", a relaté dans le détail sa quête d'un arsenal chimique pour l'apartheid dans les années 80, avec multiples voyages et transactions à l'étranger, contacts avec la "mafia chimique" internationale, et fonds quasi-illimités de Pretoria.