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Walter Sisulu était un immense pilier de la lutte anti-apartheid en Afrique du Sud, au même titre que Nelson Mandela, dont il fut lami intime et le compagnon de détention à Robben Island.
Des années 40 à la fin de lapartheid en 1994, Sisulu a joué un rôle-clef à toutes les étapes de la lutte, émergeant avec la génération de leaders de Mandela et Oliver Tambo, comme secrétaire général de lANC, puis en prison comme dirigeant consulté par tous et sur tout, enfin acteur des premières négociations avec le régime dapartheid.
Elu vice-président de lANC en 1991, il conserva cette fonction jusquaux élections démocratiques de 1994, après quoi sa santé déjà déclinante le poussa à se retirer de la vie politique.
Aussi menu que Mandela est immense, aussi discret et mesuré que son ami est enclin à la facétie publique ou au coup de sang, Sisulu était infiniment moins connu que lex-président. Mais il est révéré en Afrique du Sud, reconnu à sa juste influence sur le mouvement, lorganisation, la stratégie, et sur Mandela lui-même.
Walter était fort, raisonnable, pratique et consciencieux. Il ne perdait jamais sa tête lors dune crise. Il était souvent silencieux quand les autres autour de lui criaient, écrivit Mandela dans son autobiographie Le long chemin vers la Liberté, expliquant linfluence de Sisulu sur lui dès leur rencontre en 1941.
Né en 1912 à Encobo chez des paysans du Transkei (sud-est), Sisulu est élevé par sa mère et son oncle, puis vient sinstaller à Johannesburg dans les années 20, travaillant successivement dans une coopérative laitière, une mine dor, des usines, une boulangerie, avant de créer une éphémère agence immobilière pour Noirs.
Pendant ces années il forge son militantisme, organisant une grève salariale (elle échouera, il sera licencié), puis rejoignant les rangs du Congres National Africain (ANC). Il fait aussi ses premières expériences de prison, pour une algarade avec un contrôleur de train blanc, puis comme organisateur de la campagne de résistance passive.
En partie à cause dune lointaine ascendance métisse, Sisulu ressentait avec amertume la déférence de sa famille pour les Blancs. Doù une quête résolue de son identité xhosa (il subit les rites initiatiques), doù aussi dans sa jeunesse une ligne africaniste et anti-blancs, quil adoucira peu à peu après avoir travaillé avec des non-noirs contre lapartheid.
Avec les Mandela, Tambo, il devint lun des leaders de la Ligue des Jeunes de lANC (1940) puis secrétaire général du parti.
Entré dans la clandestinité, il est aux côtés de Mandela et Govan Mbeki lors du raid de juillet 1963 où le leadership de lANC est arrêté. Il sera condamné en 1964 et emprisonné à Robben Island, jusquen 1989. Là encore, son influence rayonnera sur le mouvement lors des décisions prises à lextérieur, ou par le collectif de prisonniers.
Walter et moi avons tout connu ensemble. Cétait un homme de raison et de sagesse, et personne ne me connaissait mieux que lui. Il était lhomme dont lopinion me paraissait la plus digne de confiance et la plus précieuse, a encore écrit Mandela, expliquant pourquoi Sisulu fut le premier auquel il soumit, en prison, les approches discrètes du régime en vue de pourparlers.
Libéré en 1989, Sisulu reprend ses fonctions dans la direction du parti, et est le premier à accueillir Mandela à sa sortie de prison le 11 février 1990, puis à parader avec Winnie et Mandela dans les rues de Soweto, sa townhsip au sud-ouest de Johannesburg.
Cest à Soweto, que Sisulu et son épouse depuis 1944, Albertina Ma Sisulu, elle-même militante célèbre, accueillaient et régalaient les jeunes activistes lors de dîners-débats dans les années 40. Sisulu et Albertina, ont eu cinq enfants.
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