Afrique du Sud- Biographies
Jacob Zuma, stratège et logisticien de l'ombre (décembre 1997)
Jacob Zuma, élu vice-président de l'ANC, à l'issue du Congrès de décembre 1997, est un personnage discret mais crucial du parti, dont il a pendant des années dirigé dans la clandestinité le service de renseignements.
Ce Zoulou de 55 ans, politiquement et militairement actif dès l'âge de 20 ans dans la lutte contre l'apartheid n'a émergé que très récemment sur le devant de la scène politique sud-africaine, comme un homme de confiance sur lequel le nouveau président Thabo Mbeki, un ami d'enfance, a choisi de s'appuyer.
Reconnaissant de par ses origines l'importance des leaders traditionnels, Zuma est partisan d'un rapprochement entre l'ANC et son rival politique noir, le parti zoulou de l'Inkhata. Cette ligne développée par Nelson Mandela lui-même à l'occasion du congrès de Mafikeng, n'est pas étrangère à la nomination de Zuma à ce poste-clef de l'ANC.
Jacob Zuma, après un échec électoral pour conquérir le poste de Premier ministre du KwaZulu-Natal (échu au parti Inkhata), était à ce jour représentant économique du gouvernement dans la province, et "président national" de l'ANC, un poste peu politique et surtout logistique.
C'est pour ses talents d'organisateur et de stratège que Thabo Mbeki a choisi d'en faire son numéro deux. Des talents éprouvés lorsque Zuma dirigea depuis la Zambie le service de renseignements de l'ANC, organisa les structures d'accueil pour des milliers de jeunes exilés, ou plus jeune encore, installa le réseau de lutte clandestine dans le KwaZulu-Natal.
Auparavant, ce fils de domestique du Zululand (sud-est), orphelin de père à 3 ans, contraint très jeune de travailler pour subvenir à sa famille, avait passé 10 ans dans la prison de Robben Island, une détention qu'il mit à profit pour étudier.
Vers la fin de l'apartheid, c'est encore au titre d'organisateur que Zuma fut étroitement associé aux négociations avec le régime d'apartheid en 1989-90, supervisant le retour des leaders exilés, la libération des prisonniers, le calendrier des mesures de fin de l'apartheid.
Réputé comme un modéré en politique, Jacob Zuma était plutôt connu comme un "dur" dans la lutte, et fut égratigné par une commission d'enquête sur les atrocités dans les camps de détention de l'ANC en exil --dont il avait la responsabilité.
Marié au ministre de la Santé Nkosazana Zuma, Jacob Zuma est père de dix enfants.
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