20 ans après sa mort, Steve Biko reste un des héros
les plus incontestés de la lutte anti-apartheid après
avoir fondé le mouvement de Conscience Noire (BCP) qui a
contribué à forger la résistance contre le
régime raciste au pouvoir jusqu'en 1994 en Afrique du Sud.
Il est mort en septembre 1977, après 16 jours de
détention sans procès. Jusqu'à présent,
l'affaire Biko n'avait jamais débouché sur des
poursuites judiciaires. Inconscient, le militant avait
été transporté nu à l'arrière
d'une fourgonnette de police sur une distance de plus de 1000 km. Six
jours plus tard, le 11 septembre 1977, cet homme de 30 ans qui
jouissait d'une parfaite santé avant son arrestation,
décédait des suites d'un traumatisme cranien et de
blessures au foie, selon les rapports médicaux de
l'époque.
En Afrique du Sud, son nom est resté le symbole des
répressions du régime d'apartheid, qui le harcela
pendant toute sa vie pour ses activités politiques. Sa vie a
été immortalisée par le film "Cry Freedom" de
Richard Attenborough, salué par la critique internationale, et
par une chanson du Britannique Peter Gabriel.
Dès la fin des années 60, ce jeune intellectuel
brillant contribua à la propagation de la philosophie de la
Conscience Noire en Afrique du Sud. Importée des Etats-Unis,
cette idéologie qui se présentait comme non-violente,
visait à rendre sa dignité et son identité
propres à la population noire.
Le gouvernement du Parti national, qui accusait le mouvement
d'abriter de dangeureux "anarchistes" préparant un "climat
révolutionnaire", finira par bannir le BCP en octobre 1977, un
mois après la mort de Steve Biko.
Il fit ses premiers pas en politique sur le campus universitaire de
Durban-Westville où il contribua à la fondation du
syndicat étudiant noir SASO à la fin des années
60. Dès 1973, ses activités lui vaudront d'être
banni à King William's Town. Le 25 septembre 1977, la
population de cette petite ville située près de Port
Elisabeth lui réserva des funérailles grandioses.