N° 241
du 17/12/2001

Afrique du Sud


Le rand en chute libre
mais pas encore la panique

Le rand sud-africain, en chute libre depuis le 11 septembre, ne cesse de battre depuis plusieurs semaines des records à la baisse face aux devises des pays industrialisés, en dépit de fondamentaux économiques jugés sains par les spécialistes. En un an, la monnaie sud-africaine a perdu plus de 30% de sa valeur face au dollar.
Le 6 décembre, le rand a touché un nouveau plancher à 11,28 rands pour un dollar, contre 7,64 début 2001. La tendance est la même face à l'Euro qui s'échangeait début janvier contre 6,85 rands et valait ce 6 décembre 9,76 rands.
Les analystes peinent à donner une explication de cette chute continue. Pour certains, il s'agit d'une série de facteurs qui vont de la politique du président Thabo Mbeki sur le sida à l'instabilité au Zimbabwe voisin.
Aucune inversion de tendance n'apparaît à court terme.
Le gouverneur de la Reserve Bank, Tito Mboweni, maintient une politique de non intervention de la Banque centrale sud-africaine dont l'objectif prioritaire reste la lutte contre l'inflation. Mais les objectifs d'inflation fixés par le gouvernement, entre 3 et 6% annuels, risquent maintenant d'être remis en cause par la faiblesse de la monnaie.
 
Le vice-président sud-africain Jacob Zuma a dû appeler les Sud-Africains à ne pas paniquer. Dans une interview au quotidien financier Business Day (06/12/01), M. Zuma a affirmé que la faiblesse actuelle du rand n'entraînera pas de changement de cap de politique économique, ni une levée précipitée des contrôles de changes, qui selon lui constituerait un choc trop fort. "C'est une question sur laquelle le gouvernement veut avancer progressivement, pour ne pas provoquer un big bang, qui traumatiserait l'économie... jusqu'au chaos", a-t-il déclaré, en référence aux appels d'analystes et d'industriels pour une levée du contrôle partiel des changes existant.
Le vice-président a attribué la chute du rand, à la globalisation, mais aussi à la facile convertibilité de la devise. Il s'est aussi dit "préoccupé" par d'éventuelles attaques de spéculateurs, mais a exclu d'imposer des mesures unilatérales pour s'en protéger.
Il a assuré que les grands axes de la politique économique de rigueur budgétaire ne seraient pas modifiés, pas plus que le programme de privatisation, en particulier celle prévue en 2002 du géant public des télécommunications, Telkom.
Evoquant la crise au Zimbabwe, M. Zuma a assuré que les relations entre les deux capitales ne s'envenimaient pas. Il a indiqué que Pretoria continuera de privilégier un dialogue constructif avec Harare "pour essayer de trouver une solution".


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