- Le rand sud-africain,
en chute libre depuis le 11 septembre, ne cesse de battre
depuis plusieurs semaines des records à la baisse
face aux devises des pays industrialisés, en
dépit de fondamentaux économiques
jugés sains par les spécialistes. En un an,
la monnaie sud-africaine a perdu plus de 30% de sa valeur
face au dollar.
- Le 6 décembre, le rand a touché un
nouveau plancher à 11,28 rands pour un dollar,
contre 7,64 début 2001. La tendance est la
même face à l'Euro qui s'échangeait
début janvier contre 6,85 rands et valait ce 6
décembre 9,76 rands.
- Les analystes peinent à donner une explication
de cette chute continue. Pour certains, il s'agit d'une
série de facteurs qui vont de la politique du
président Thabo Mbeki sur le sida
à l'instabilité au Zimbabwe voisin.
- Aucune inversion de tendance n'apparaît
à court terme.
- Le gouverneur de la Reserve Bank, Tito
Mboweni, maintient une politique de non intervention
de la Banque centrale sud-africaine dont l'objectif
prioritaire reste la lutte contre l'inflation. Mais les
objectifs d'inflation fixés par le gouvernement,
entre 3 et 6% annuels, risquent maintenant d'être
remis en cause par la faiblesse de la monnaie.
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- Le vice-président sud-africain Jacob
Zuma a dû appeler les Sud-Africains à ne
pas paniquer. Dans une interview au quotidien financier
Business Day (06/12/01), M. Zuma a affirmé que la
faiblesse actuelle du rand n'entraînera pas de
changement de cap de politique économique, ni une
levée précipitée des contrôles
de changes, qui selon lui constituerait un choc trop
fort. "C'est une question sur laquelle le gouvernement
veut avancer progressivement, pour ne pas provoquer un
big bang, qui traumatiserait l'économie...
jusqu'au chaos", a-t-il déclaré, en
référence aux appels d'analystes et
d'industriels pour une levée du contrôle
partiel des changes existant.
- Le vice-président a attribué la chute
du rand, à la globalisation, mais aussi à
la facile convertibilité de la devise. Il s'est
aussi dit "préoccupé" par
d'éventuelles attaques de spéculateurs,
mais a exclu d'imposer des mesures unilatérales
pour s'en protéger.
- Il a assuré que les grands axes de la
politique économique de rigueur budgétaire
ne seraient pas modifiés, pas plus que le
programme de privatisation, en particulier celle
prévue en 2002 du géant public des
télécommunications, Telkom.
- Evoquant la crise au Zimbabwe, M. Zuma a
assuré que les relations entre les deux capitales
ne s'envenimaient pas. Il a indiqué que Pretoria
continuera de privilégier un dialogue constructif
avec Harare "pour essayer de trouver une solution".
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