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Une nouvelle charte minière sud-africaine prévoyant de céder 26% de participation à des compagnies noires dici 10 ans a été généralement bien accueillie dans un secteur où elle est qualifiée de compromis pragmatique entre considérations politiques et impératifs pour un développement durable de lindustrie.
La nouvelle législation sera loutil idoine pour transformer lextraordinaire héritage en minéraux de notre pays en richesse réelle au bénéfice de tous les Sud-africains, à condition quelle soit appliquée dans le même esprit qui a prévalu lors de son élaboration, a déclaré Bobby Godsell, président du géant de lor AngloGold.
De son côté, le plus grand syndicat minier, le Syndicat National des Mineurs (NUM), sest félicité de la charte, exprimant lespoir quelle permettrait la création de nombreux nouveaux emplois.
Par contre, pour lanalyste économique Mike Shuessler, la charte revient simplement à transférer des participations de lélite blanche à lélite noire (...) et cela naidera en rien les 30% de la population sud-africaine au chômage.
La charte, approuvée en conseil des ministres, prévoit une prise de participation de 15% dans lindustrie minière par des intérêts noirs dici 5 ans, le pourcentage devant passer à 26% dici 10 ans.
La charte prévoit aussi la création dun fonds de près de 10 milliards de dollars (107 milliards de rands) par lindustrie afin daider les sud-africains historiquement désavantagés à faire leur entrée dans le secteur. La valeur totale de lindustrie minière sud-africaine est évaluée à environ 75 milliards de dollars.
Traduisant la réaction positive du secteur et des investisseurs, les cours des principaux groupes miniers sont restés pratiquement inchangés sur la bourse de Johannesburg, certaines valeurs, telles quAngloGold, enregistrant même un léger gain.
Un premier projet de loi dévoilé à la mi-juillet et portant sur une participation noire à hauteur de 51% avait à linverse provoqué un mouvement de panique immédiat et des pertes sur les valeurs minières de quelque 100 milliards de rands (9,37 milliards de dollars).
En juin, lAssemblée nationale sud-africaine avait déjà voté une loi controversée qui avait provoqué les protestations des grandes compagnies, transférant à lEtat la tutelle de tous les droits miniers, en accord avec le principe reconnu de la souveraineté des Etats sur leur sous-sol.
Cette redistribution partielle à terme de la plus grande richesse du pays, contrôlée jusquà présent par des intérêts blancs ou occidentaux, pourrait selon le Dr Iraj Abedian, marquer un pas important vers une normalisation de lenvironnement socio-économique en Afrique du Sud et servir de base à dautres chartes similaires pour dautres secteurs dactivités.
Le président sud-africain Thabo Mbeki a placé la nouvelle charte minière sur le même plan, estimant que son adoption représentait probablement lun des jours les plus glorieux de lhistoire de notre transformation (nationale).
Lindustrie minière représente la principale richesse économique de lAfrique du Sud -or, diamants, platine, pétrole, charbon, uranium, gaz naturel- et emploie plus dun demi-million douvriers, soit 4,3% de la population active. Elle compte pour un tiers dans la valeur des exportations sud-africaines.
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