La 50ème conférence nationale du Congrès
national africain (ANC), qui s'est tenue du 17 au 20 décembre
1997 à Mafikeng, a désigné
Thabo Mbeki,
l'actuel vice-président sud-africain, pour succéder
à Nelson Mandela à la présidence du parti au
pouvoir. 3.064 délégués ont participé
à ce congrès de l'ANC.
L'élection du Comité National Executif de l'ANC, le
"cabinet élargi" du parti, a été marquée
par la désignation de nombreux théoriciens et
stratèges, et le modeste succès de Winnie
Madikizela-Mandela.
L'ex-épouse de Mandela est arrivée en 15ème
position sur les, 60 élus du NEC qui en fin de compte offre un
relatif équilibre parmi les mieux placés, entre
communistes, syndicalistes et ANC indépendants, entre anciens
militants "intérieurs" et "exilés" de la lutte
anti-apartheid.
La personnalité plébiscitée par les
délégués du congrès est Cyril
Ramaphosa, 45 ans, l'un des politiciens les plus populaires du
pays, souvent présenté comme l'homme de l'avenir pour
l'organisation. Ramaphosa, ancien du Mouvement de la Conscience noire
de Steve Biko et leader syndical de talent (étudiants, puis
mineurs), fut en 1991, au titre de
secrétaire-général de l'ANC, l'homme-clef des
négociations avec le régime d'apartheid. Il
était considéré comme le favori pour la
succession de Nelson Mandela, qui lui préféra pourtant
Thabo Mbeki, son vice-président depuis 1994. Ramaphosa a
pourtant depuis rejoint les milieux d'affaires.
Parmi les personnalités les mieux élues figurent un
constitutionnalise, Kader Asmal, un historien et intellectuel
situé à gauche, Pallo Jordan, un ex-communiste
ancien stratège de l'aile armée de l'ANC, Mac
Maharaj, un ancien leader syndical, Jay Naidoo, un
économiste apprécié des milieux d'affaires,
Trevor Manuel, et un avocat de formation, Dullah Omar.
Tous sont ministres.
Le nouveau NEC, où siègent 15 femmes, représente
toutes les minorités de l'ANC (Indiens, métis, blancs).
Cinq Indiens, tous ministres, figurent dans les dix premiers.
Le premier blanc, le secrétaire d'Etat à la
Défense, Ronnie Kasrils, ancien stratège du
renseignement militaire"dans l'aile armée de l'ANC
dénommée Umkhonto we Sizwe, arrive en dixième
position. Le mandat de ce NEC, comme celui du nouveau
président Thabo Mbeki, court jusqu'en 2002.