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Le Congrès
national africain (ANC, au pouvoir) a obtenu 59,38 % des
voix aux élections municipales sud-africaines du 5
décembre. Avec 22,12 % des voix, l'Alliance
démocratique (DA), considérée comme
l'opposition de droite, effectue une percée
significative.
L'ANC a remporté 170 municipalités (soit 70%)
sur 237 où se déroulait le scrutin.
Mais avec 59,38 % des voix, l'ANC du président
Thabo Mbeki, enregistre un net recul par rapport aux
66 % recueillis lors des élections
générales de juin 1999.
La DA, coalition d'opposition de droite formée en
juin par le Parti démocratique (DP, droite
libérale) et le Nouveau Parti National (NNP,
au pouvoir sous l'apartheid), réalise une forte
percée, par rapport aux 16,3% combinés du DP
et du NNP en 1999. La DA enlève 18
municipalités.
Le Parti de la Liberté Inkatha (IFP, à
dominante zouloue) a obtenu 9,14% des voix,
légèrement mieux que ses 8,50% de juin 1999.
L'IFP a emporté 36 municipalités.
Le Mouvement démocratique Uni (UDM), parti
créé en 1997, a recueilli 2,55% du vote
(contre 3,4% en juin 1999), et a remporté une seule
municipalité.
Des six "méga-municipalités"
créées par un nouveau redécoupage
municipal à l'occasion du scrutin, l'ANC en a
enlevé quatre: Tshwane (incluant Pretoria), East Rand
(grand est de Johannesburg), Johannesburg, ainsi que la
"Mandela Metropolis" incluant Port Elizabeth dans le Cap
Oriental (sud-est).
L'ANC est aussi arrivé en tête dans la grande
municipalité de Durban avec 47% des voix, mais devra
s'allier pour gouverner la métropole. Dans la
métropole du Cap, la DA a maintenu sa domination.
Dans douze des municipalités ouvertes au vote, aucune
majorité absolue de n'est dégagée, et
des alliances devront être formées. Dans 47
autres districts, le scrutin avait été
retardé et doit se tenir ultérieurement.
La participation à ces municipales, deuxième
scrutin local depuis l'avènement de la
démocratie en 1994, a été de 48,08 %,
sur 18,4 millions d'électeurs inscrits.
Analyse : l'opposition
sud-africaine regroupée dans l'Alliance
démocratique (DA) a montré une capacité
nouvelle à mordre sur une frange mécontente de
l'électorat noir et à gagner de l'influence
parmi la population d'origine indienne.
La DA a élargi son influence au-delà de sa
base électorale traditionnelle: blanche dans le pays
et métisse dans la région du Cap.
Dans la ville de Johannesburg, la DA fait des scores non
négligeables dans les townships noires et pauvres de
la périphérie de la ville, où elle a
présenté des candidats locaux et mené
une campagne très active: 8% à Diepsloot, 6%
à Diepkloof, un secteur de Soweto, 8,3% dans un
quartier d'Alexandra.
Les bons résultats de la DA dans la "megacity" de
Durban (est), où elle est passée de 19,9% lors
des élections générales de 1999
à 26,9% peuvent s'expliquer en grande partie par le
vote de la population d'origine indienne.
La DA y a remporté une victoire spectaculaire dans
les deux principales townships indiennes, en remportant cinq
circonscriptions sur cinq à Phoenix et quatre sur
cinq à Chatsworth.
La faible participation nationale (47%) a certes
bénéficié à la DA car
l'électorat blanc, ainsi que l'électorat
métis dans la région du Cap, se sont plus
mobilisés que l'électorat noir, impatient de
la lenteur de l'amélioration de ses conditions de
vie.
Mais pour passer de 16,4% en 1999 à 23% aux
municipales, il a fallu ce début de franchissement
des lignes de partage raciales.
La DA s'est constituée en juin dernier par la fusion
du parti démocratique (DP), de tradition blanche
libérale anglophone, et du Nouveau parti national
(NNP), au pouvoir sous l'apartheid, dont la base
électorale a longtemps été les
Afrikaners, descendants des premiers colons hollandais et
français du 17ème siècle, ainsi que
parmi les métis de la région du Cap. Le NNP
avait accepté, sans gaieté de c¦ur de
fusionner avec le DP, après sa défaite
cuisante aux élections générales de
juin 99. Question de survie pure et simple. Car l'ancien
parti de l'apartheid était tombé à
moins de 7% en 1999 et avait subi l'humiliation de
céder la place d'opposition officielle au petit DP de
Tony Leon, devenu "opposition officielle".
Le pari de cet attelage quelque peu improbable a
réussi au-delà de ses propres
espérances.
Une circonscription s'est jouée à pile
ou face
La circonscription de la ville d'East London (sud-est),
où deux candidats avaient recueilli le même
nombre de voix a été adjugée à
pile ou face : l'ANC, qui avait choisi le côté
"face", l'a emporté. En vertu de la
législation électorale, les deux candidats ont
dû se présenter devant l'officier
électoral, en présence d'un auditeur
indépendant, et par ordre alphabétique ont
choisi chacun un côté d'une pièce de 2
rands.
La candidate de la DA siégera toutefois elle aussi au
conseil municipal, en vertu du score obtenu par son parti
dans la municipalité entière, le scrutin
mêlant une dose de proportionnelle et de majoritaire.
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