N° 227
du 18/04/2001

Afrique du Sud


La Commission Vérité cesse ses activités,
des victimes attendent réparation

La Commission Vérité et Réconciliation (TRC) a fermé le premier de ses bureaux, fin symbolique d'un processus de six ans pour panser les plaies de l'apartheid, mais des milliers de victimes de violations de droits de l'homme attendent toujours leurs dédommagements.
Après la fermeture le 30 mars du bureau d'East London (sud-est), ceux de Johannesburg et Durban suivront d'ici juillet, puis le siège de la TRC au Cap, vraisemblablement en septembre. Pour l'association d'aide aux victimes, Khulumani, c'est une course contre la montre.
"On se bagarre. On sent que si la TRC ferme, nous serons oubliés alors que nombre de victimes n'ont reçu aucun soutien", a déclaré Ntombi Mosikare de Khulumani, qui organisera en avril une rencontre entre TRC, ministères, secteur privé, sur "l'après TRC" pour les victimes.
Au mois de mars, seulement 13.757 des 18.000 personnes identifiées depuis 1998 comme "victimes" par la TRC avaient reçu des compensations dites "d'urgence" ou "intérimaires". Ces enveloppes, d'un montant moyen de 2.000 rands (250 dollars) visaient des besoins immédiats comme frais médicaux, enterrements, etc. 43 millions de rands ont ainsi été versés.
Mais dès son premier rapport en 1998, ce sont des dédommagements de l'ordre de 17.000 à 23.000 rands par an sur une période de six ans que la TRC avait recommandées pour les victimes, prédisant un coût global autour de 3 milliards de rands.
Jusqu'à cette année, le gouvernement n'avait dévolu que 300 millions de rands aux réparations des violations des droits de l'homme sous l'apartheid. Ce montant a été porté à 800 millions pour l'année budgétaire 2001/02 et la suivante.
Mais il n'a pas précisé la méthode, les critères sur lesquels ces fonds seront attribués, le président Thabo Mbeki indiquant en février qu'il attendrait le rapport final de la TRC.
Afin d'accélérer ce processus, la branche "Réparation et reconstruction" de la TRC a indiqué qu'elle remettra au ministère de la Justice un pré-rapport pour qu'il puisse faire ses recommandations au gouvernement.
Ce pré-rapport et le final, attendu en septembre, s'étendront aussi sur les aspects non chiffrables. "Sur ce qui a poussé les gens à venir vers la TRC, leur besoin de connaître le sort d'un parent enlevé, leurs espoirs dans les exhumations", encore menées de temps à autres à travers le pays pour retrouver les restes de disparus.
La TRC, qui n'est pas encore tout à fait en vacances, mène toujours des recherches sur des victimes récemment identifiées par des auteurs de crimes sous l'apartheid, lors d'audiences du Comité amnistie de la TRC depuis 1998 et jusqu'à ces dernières semaines.
A ce jour, 913 damnisties ont été accordées, 5.457 autres refusées, sur plus de 7.100 demandes de pardon reçues pour crimes commis sous l'apartheid.


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