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La Commission
Vérité et Réconciliation (TRC) a
fermé le premier de ses bureaux, fin symbolique d'un
processus de six ans pour panser les plaies de l'apartheid,
mais des milliers de victimes de violations de droits de
l'homme attendent toujours leurs dédommagements.
Après la fermeture le 30 mars du bureau d'East London
(sud-est), ceux de Johannesburg et Durban suivront d'ici
juillet, puis le siège de la TRC au Cap,
vraisemblablement en septembre. Pour l'association d'aide
aux victimes, Khulumani, c'est une course contre la
montre.
"On se bagarre. On sent que si la TRC ferme, nous serons
oubliés alors que nombre de victimes n'ont
reçu aucun soutien", a déclaré
Ntombi Mosikare de Khulumani, qui organisera en avril
une rencontre entre TRC, ministères, secteur
privé, sur "l'après TRC" pour les
victimes.
Au mois de mars, seulement 13.757 des 18.000 personnes
identifiées depuis 1998 comme "victimes" par la TRC
avaient reçu des compensations dites "d'urgence" ou
"intérimaires". Ces enveloppes, d'un montant moyen de
2.000 rands (250 dollars) visaient des besoins
immédiats comme frais médicaux, enterrements,
etc. 43 millions de rands ont ainsi été
versés.
Mais dès son premier rapport en 1998, ce sont des
dédommagements de l'ordre de 17.000 à 23.000
rands par an sur une période de six ans que la TRC
avait recommandées pour les victimes,
prédisant un coût global autour de 3 milliards
de rands.
Jusqu'à cette année, le gouvernement n'avait
dévolu que 300 millions de rands aux
réparations des violations des droits de l'homme sous
l'apartheid. Ce montant a été porté
à 800 millions pour l'année budgétaire
2001/02 et la suivante.
Mais il n'a pas précisé la méthode, les
critères sur lesquels ces fonds seront
attribués, le président Thabo Mbeki
indiquant en février qu'il attendrait le rapport
final de la TRC.
Afin d'accélérer ce processus, la branche
"Réparation et reconstruction" de la TRC a
indiqué qu'elle remettra au ministère de la
Justice un pré-rapport pour qu'il puisse faire ses
recommandations au gouvernement.
Ce pré-rapport et le final, attendu en septembre,
s'étendront aussi sur les aspects non chiffrables.
"Sur ce qui a poussé les gens à venir vers la
TRC, leur besoin de connaître le sort d'un parent
enlevé, leurs espoirs dans les exhumations", encore
menées de temps à autres à travers le
pays pour retrouver les restes de disparus.
La TRC, qui n'est pas encore tout à fait en vacances,
mène toujours des recherches sur des victimes
récemment identifiées par des auteurs de
crimes sous l'apartheid, lors d'audiences du Comité
amnistie de la TRC depuis 1998 et jusqu'à ces
dernières semaines.
A ce jour, 913 damnisties ont été
accordées, 5.457 autres refusées, sur plus de
7.100 demandes de pardon reçues pour crimes commis
sous l'apartheid.
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