- Tony Yengeni, chef du
groupe parlementaire du Congrès national
africain (ANC, au pouvoir), a annoncé
le 4 octobre sa démission de ce poste, au
lendemain de son inculpation pour corruption, usage de
faux et faux témoignage, dans le cadre des
contrats d'armements sud-africains de 1999.
- M. Yengeni a expliqué sa démission "par
égard pour l'ANC et pour sa famille" mais a
annoncé qu'il conservait son siège de
député. "Je réaffirme mon innocence
de toutes les charges retenues contre moi, et je le
prouverai au tribunal", a-t-il lancé à la
presse au Cap.
- M. Yengeni, 46 ans, ancien dirigeant anti-apartheid
du Cap occidental (sud-ouest), est le premier politicien
arrêté dans l'enquête sur ces contrats
d'armement signés en décembre 1999 par
Pretoria avec des groupes européens, pour un
montant estimé à plus de 5 milliards de
dollars.
- Ces contrats sont, depuis janvier, l'objet d'une
enquête du Médiateur public, des services du
Procureur national et du Commissaire aux comptes, sur des
allégations de corruption, conflits
d'intérêt, et irrégularités de
procédure.
- M. Yengeni, qui a été
libéré sous caution, est poursuivi pour son
acquisition d'un véhicule 4X4 de luxe via la
branche sud-africaine de DaimlerChrysler Aerospace qui,
par l'intermédiaire une joint-venture avec une
firme locale, avait bénéficié de
contrats secondaires.
- Selon les services du procureur, rien n'indique
toutefois à ce stade que les faits
reprochés à M. Yengeni aient effectivement
eu une incidence sur le choix final des fournisseurs.
- Andrew Feinstein, un ex-député
ANC qui a démissionné du Parlement en
août en raison de désaccords avec le
gouvernement et le parti sur la gestion des contrats et
de l'enquête, a qualifié M. Yengeni de
"petit poisson", dont l'arrestation ne doit être
qu'un début. Il a mis en cause l'ancien ministre
de la Défense (1994 à 1999) Joe
Modise.
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