- Des démolisseurs
mandatés par la ville de Johannesburg, ont
rasé le 24 octobre un café-restaurant et un
petit magasin appartenant à Winnie
Madikizela-Mandela à Soweto, pour infraction
aux réglementations de construction et de vente de
boissons.
- Des représentants du Conseil du Grand
Johannesburg, assistés de policiers, ont
démoli le bâtiment, situé juste en
face du "Musée Familial Mandela", dans la
maison que Winnie et son ex-époux Nelson Mandela
occupèrent brièvement en 1958-59, puis en
1990-91.
- La démolition est le résultat d'un
différend de plusieurs années avec le
conseil, pour la construction "sauvage" du bâtiment
en face du musée, inauguré en 1997, et
devenu un passage obligé pour les touristes dans
la township de Soweto (sud-ouest de Johannesburg).
- En septembre, la police avait en outre
perquisitionné les lieux et saisi des
quantités d'alcool, que le café-restaurant
et le magasin n'étaient pas habilités
à vendre.
-
- Ca, c'est encore le moins grave. Winnie, 65 ans,
traverse actuellement une phase difficile de
démêlés avec la loi. La
présidente de la Ligue des Femmes et
député de l'ANC a été
inculpée le 18 octobre de fraude et vol dans une
affaire de prêts bancaires frauduleusement obtenus.
Elle a été laissée en liberté
sous caution. Elle s'est vue notifier 60 chefs
d'inculpation pour fraude et 25 autres pour vol, portant
sur un montant global d'environ 1 million de rands
(110.000 USD). L'inculpation de Winnie est le
résultat d'une enquête sur des prêts
bancaires d'un montant total de 932.000 rands, obtenus
l'an dernier auprès de la banque afrikaner
Saambou, pour des membres fictifs de la Ligue des
Femmes de l'ANC, au moyen de lettres à
en-tête et signature de Winnie.
- Dans les mois suivants, et depuis le début de
l'année, les comptes bancaires de Winnie ont
reçu divers virements équivalant à
550.000 rands, selon les investigations
présentées en audience.
- Un courtier et agent bancaire principal
intermédiaire de ces prêts, Addy Moolman, 46
ans, a déjà été
inculpé en juin et se trouve en détention
provisoire dans le cadre de la même affaire.
- L'ancienne "Mère de la Nation", icône de
la lutte contre l'apartheid, continue malgré
à se mobiliser de temps à autre pour la
cause de déshérités, comme cette
visite dans un bidonville de Zandspruit pour tenter
d'apaiser des violences xénophobes à
l'encontre d'immigrés zimbabwéens.
-
- Rappel : cette inculpation marque un
énième avatar dans la vie de Winnie
Madikizela-Mandela depuis une demi-douzaine
d'années. Depuis la fin de la lutte de
libération, Winnie a subi maints revers
personnels et politiques: évincée du
gouvernement (1995), divorcée de Nelson
Mandela (1996), gravement mise en cause par la
Commission Vérité et
Réconciliation (TRC), mise à
l'index pour absentéisme au Parlement, et
rappelée à l'ordre par le fisc.
- Souvent critique vis-à-vis du gouvernement
et de la lenteur des transformations au profit de la
majorité noire, Winnie a entretenu des
relations progressivement de plus en plus difficiles
avec la direction de l'ANC. Elle avait
déclenché une polémique l'an
dernier en écrivant une lettre au
vice-président Jacob Zuma, dans laquelle
elle dénonçait l'hostilité du
président Thabo Mbeki à son
égard.
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