N° 239
du 20/11/2001

Afrique du Sud


La direction du NNP entre en négociation avec l'ANC

La direction du Nouveau Parti National (NNP -au pouvoir sous l'apartheid) a entériné le retrait de cette formation de l'alliance d'opposition de droite formée en 2000, ouvrant ainsi la voie à un partenariat avec le Congrès National Africain (au pouvoir), a indiqué le NNP, le 8 novembre.
Le conseil fédéral du NNP, réuni à Pretoria, a modifié la constitution interne du parti, avalisant son retrait de l'Alliance démocratique (DA) formée il y a 16 mois avec le Parti démocrate (DP - droite libérale) (cf. Afrique Express 238)
Le chef du NNP, Marthinus van Schalkwyk a annoncé des pourparlers "dès que possible" avec l'ANC en vue d'accords de "gouvernement participatif" aux trois niveaux de gouvernement (municipal, provincial ou national).
Le Conseil fédéral du NNP n'a par contre décidé d'aucune sanction immédiate contre le Premier ministre provincial du Cap Occidental, le chef local du NNP Gerald Morkel, en rébellion ouverte contre sa direction nationale car il rejette la scission NNP-DP.
Le Cap Occidental est la seule des neuf provinces sud-africaines échappant au contrôle de l'ANC. Elle est gouvernée depuis 1999 par la coalition NNP-DP, et un éclatement de cette alliance pourrait voir, à terme, le NNP et l'ANC s'unir pour gouverner en tandem au Cap, comme de 1994 à 1998.
M. Morkel, suivi pour l'instant par plusieurs de ses ministres provinciaux, entend saisir la justice pour invalider le changement de constitution du NNP décidé à Pretoria. Il a déjà remporté une victoire judiciaire quand le NNP, qui l'avait suspendu, a dû le rétablir, faute d'avoir respecté ses propres procédures internes.
Mais le sort de M. Morkel paraissait encore incertain, le démantèlement effectif de la DA le rendant désormais plus vulnérable à une sanction interne de son parti.
Un porte-parole du NNP, revenant sur l'éclatement de la DA, alliance à base électorale majoritairement blanche, a indiqué que le souhait du NNP est de rapprocher les minorités blanche, métisse, et indienne du pays avec la majorité noire, base électorale de l'ANC, "dans le cadre d'un accord raisonnable accommodant chacun".
 
Les critiques vers cet éventuel rapprochement entre le NPP et l'ANC ne viennent pas que des membres du NPP. Winnie Madikizela-Mandela, en butte avec la justice pour des affaires de prêts illégaux (cf. Afrique Express 238), a donné de la voix en dénonçant en termes vifs un futur accord ANC/NNP, dans une interview rapportée jeudi par le quotidien Sowetan.
"C'est comme si une femme invitait dans son lit un homme dont elle sait qu'il est séropositif", a estimé, tout en finesse, la présidente de la Ligue des femmes de l'ANC.


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